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d'immenses fenêtres très-hautes, surmontées de frontons,

de chapiteaux qui s'élèvent aux derniers étages comme

autant de petits toits dans le toit, et enfin sur le faite, au

milieu des ardoises, les lucarnes des mansardes, rondes,

[5]coquettes, encadrées de guirlandes comme des miroirs.

Avec cela un grand perron de pierre, rongé et verdi par

la pluie, une vigne maigre qui s'accroche aux murs, aussi

noire, aussi tordue que la corde qui se balance là-haut à

la poulie du grenier, je ne sais quel grand air de vétusté et

[10]de tristesse... C'est l'ancien hôtel de Nesmond.

En plein jour, l'aspect de l'hôtel n'est pas le même. Les

mots: Caisse, Magasin, Entrée des ateliers éclatent partout

en or sur les vieilles murailles, les font vivre, les

rajeunissent. Les camions des chemins de fer ébranlent

[15]le portail; les commis s'avancent au perron la plume à

l'oreille pour recevoir les marchandises. La cour est

encombrée de caisses, de paniers, de paille, de toile

d'emballage. On se sent bien dans une fabrique... Mais avec

la nuit, le grand silence, cette lune d'hiver qui, dans le

[20]fouillis des toits compliqués, jette et entremêle des ombres,

l'antique maison des Nesmond reprend ses allures seigneuriales.

Les balcons sont en dentelle; la cour d'honneur

s'agrandit, et le vieil escalier, qu'éclairent des jours

inégaux, vous a des recoins de cathédrale, avec des niches

[25]vides et des marches perdues qui ressemblent à des autels.

Cette nuit-là surtout, M. Majesté trouve à sa maison

un aspect singulièrement grandiose. En traversant la

cour déserte, le bruit de ses pas l'impressionne. L'escalier

lui parait immense, surtout très lourd à monter. C'est le

[30]réveillon sans doute... Arrivé au premier étage, il

s'arrête pour respirer, et s'approche d'une fenêtre. Ce

que c'est que d'habiter une maison historique! M. Majesté

Contes Français · 第 167 / 396 题