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cloison du café, afin qu'il pût entendre ce qu'on disait à

côté, et causer avec les amis, car sa tête était demeurée

libre, tandis que son corps, un corps énorme, impossible à

remuer, à soulever, restait frappé d'immobilité. On

[5]espérait, dans les premiers temps, que ses grosses jambes

reprendraient quelque énergie, mais cet espoir disparut

bientôt, et Toine-ma-Fine passa ses jours et ses nuits dans

son lit qu'on ne retapait qu'une fois par semaine, avec le

secours de quatre voisins qui enlevaient le cabaretier par

[10]les quatre membres pendant qu'on retournait sa paillasse.

Il demeurait gai pourtant, mais d'une gaieté différente,

plus timide, plus humble, avec des craintes de petit enfant

devant sa femme qui piaillait toute la journée:

--Le v'là, le gros sapas, le v'là, le propre à rien, le

[15]faigniant, ce gros soûlot! C'est du propre, c'est du propre!

Il ne répondait plus. Il clignait seulement de l'oeil

derrière le dos de la vieille et il se retournait sur sa couche,

seul mouvement qui lui demeurât possible. Il appelait

cet exercice faire un «va-t-au nord,» ou un «va-t-au sud.»

[20]Sa grande distraction maintenant c'était d'écouter les

conversations du café, et de dialoguer à travers le mur;

quand il reconnaissait les voix des amis, il criait:

--«Hé, mon gendre, c'est té Célestin?»

Et Célestin Maloisel répondait:

[25]--C'est mé, pé Toine. C'est-il que tu regalopes, gros

lapin?

Toine-ma-Fine prononçait:

--Pour galoper, point encore. Mais je n'ai point

maigri, l'coffre est bon.

[30]Bientôt, il fit venir les plus intimes dans sa chambre et

on lui tenait compagnie, bien qu'il se désolât de voir qu'on

buvait sans lui. Il répétait:

Contes Français · 第 125 / 396 题