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tronc de chêne, avec des poignets bossués et des jambes

torses, déclara:

--Les femmes, c'est jamais prêt, d'abord.

Les deux autres fils du vieux se mirent à rire, et l'un,

[5]se tournant vers le frère ainé, qui avait appelé le premier,

lui dit:

--Va les quérir, Polyte. All' viendront point avant

midi.

Et le jeune homme entra dans sa demeure.

[10]Une bande de canards arrêtée près des paysans se mit à

crier en battant des ailes; puis ils partirent vers la mare

de leur pas lent et balancé.

Alors, sur la porte demeurée ouverte, une grosse femme

parut qui portait un enfant de deux mois, Les brides

[15]blanches de son haut bonnet lui pendaient sur le dos,

retombant sur un châle rouge, éclatant comme un incendie,

et le moutard, enveloppé de linges blancs, reposait sur le

ventre en bosse de la garde.

Puis la mère, grande et forte, sortit à son tour, à peine

[20]âgée de dix-huit ans, fraîche et souriante, tenant le bras

de son homme. Et les deux grand'mères vinrent ensuite,

fanées ainsi que de vieilles pommes, avec une fatigue

évidente dans leurs reins forcés, tournés depuis longtemps

par les patientes et rudes besognes. Une d'elles était

[25]veuve; elle prit le bras du grand-père, demeuré devant la

porte, et ils partirent en tête du cortège, derrière l'enfant

et la sage-femme. Et le reste de la famille se mit en route

à la suite. Les plus jeunes portaient des sacs de papier

pleins de dragées.

[30]Là-bas, la petite cloche sonnait sans repos, appelant de

toute sa force le frêle marmot attendu. Des gamins

montaient sur les fossés; des gens apparaissaient aux

Contes Français · 第 115 / 396 题