Trois hommes s'approchèrent.
~-Descellez les gouttières de la maison.
Et en un quart d'heure on eut apporté au commandant
vingt mètres de gouttières.
[5]Alors il fit pratiquer, avec mille précautions de prudence,
un petit trou rond dans le bord de la trappe, et, organisant
un conduit d'eau de la pompe à cette ouverture, il déclara
d'un air enchanté:
--Nous allons offrir à boire à messieurs les Allemands.
[10]Un hurrah frénétique d'admiration éclata suivi de
hurlements de joie et de rires éperdus. Et le commandant
organisa des pelotons de travail qui se relayeraient de
cinq minutes en cinq minutes. Puis il commanda:
--Pompez.
[15]Et le volant de fer ayant été mis en branle, un petit
bruit glissa le long des tuyaux et tomba bientôt dans la
cave, de marche en marche, avec un murmure de cascade,
un murmure de rocher à poissons rouges.
On attendit.
[20]Une heure s'écoula, puis deux, puis trois.
Le commandant fiévreux se promenait dans la cuisine,
collant son oreille à terre de temps en temps, cherchant à
deviner ce que faisait l'ennemi, se demandant s'il allait
bientôt capituler.
[25]Il s'agitait maintenant, l'ennemi. On l'entendait remuer
les barriques, parler, clapoter.
Puis, vers huit heures du matin, une voix sortit du
soupirail:
--Ché foulé parlé à monsieur l'officier français.
[30]Lavigne répondit, de la fenêtre, sans avancer trop la
tête:
--Vous rendez-vous?