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--Allons, obéis, garde ton manteau, je le veux.

Le nègre alors se leva, tira son sabre qu'il savait rendre

coupant comme une faulx, et tenant de l'autre main sa

large capote que je refusais:

5--Si toi pas gadé manteau, moi coùpé; pésonne

manteau.

Il l'aurait fait. Je cédai.

Huit jours plus tard, nous avions capitulé. Quelques-uns

d'entre nous avaient pu s'enfuir. Les autres allaient

[10]sortir de la ville et se rendre aux vainqueurs.

Je me dirigeais vers la place d'Armes où nous devions

nous réunir quand je demeurai stupide d'étonnement devant

un nègre géant vêtu de coutil blanc et coiffé d'un

chapeau de paille. C'était Tombouctou. Il semblait

[15]radieux et se promenait, les mains dans ses poches, devant

une petite boutique où l'on voyait en montre deux

assiettes et deux verres.

Je lui dis:

--Qu'est-ce que tu fais?

[20]Il répondit:

--Moi pas pati, moi bon cuisiné, moi fait mangé colonel,

Algéie; moi mangé Pussiens, beaucoup volé, beaucoup.

Il gelait à dix degrés. Je grelottais devant ce nègre en

coutil. Alors il me prit par le bras et me fit entrer.

[25]J'aperçus une enseigne démesurée qu'il allait pendre devant

sa porte sitôt que nous serions partis, car il avait quelque

pudeur.

Et je lus, tracé par la main de quelque complice, cet

appel:

Contes Français · 第 82 / 396 题