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--Cette chaine maintenant est bien inutile, la main ne

se sauvera pas.

Sir John Rowell reprit gravement:

--Elle voulé toujours s'en aller. Cette chaine été

[5]nécessaire.

D'un coup d'oeil rapide j'interrogeai son visage, me

demandant:

--Est-ce un fou, ou un mauvais plaisant?

Mais la figure demeurait impénétrable, tranquille et

[10]bienveillante. Je parlai d'autre chose et j'admirai les

fusils.

Je remarquai cependant que trois revolvers chargés

étaient posés sur les meubles, comme si cet homme eût

vécu dans la crainte constante d'une attaque. Je revins

[15]plusieurs fois chez lui. Puis je n'y allai plus. On s'était

accoutumé à sa présence; il était devenu indifférent à tous.

Une année entière s'écoula. Or un matin, vers la fin de

novembre, mon domestique me réveilla en m'annonçant

que sir John Rowell avait été assassiné dans la nuit.

[20]Une demi-heure plus tard, je pénétrais dans la maison

de l'Anglais avec le commissaire central et le capitaine

de gendarmerie. Le valet, éperdu et désespéré, pleurait

devant la porte. Je soupçonnai d'abord cet homme, mais

il était innocent.

[25]On ne put jamais trouver le coupable.

En entrant dans le salon de sir John, j'aperçus du premier

coup d'oeil le cadavre étendu sur le dos, au milieu

de la pièce.

Le gilet était déchiré, une manche arrachée pendait,

tout annonçait qu'une lutte terrible avait eu lieu.

Contes Français · 第 47 / 396 题