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«Je donnai ma démission et me retirai dans ce village.

Depuis ce moment, il ne s'est pas passé un jour sans que

je songeasse à la vengeance. Maintenant, mon heure est

venue!...

[5]Silvio tira de sa poche la lettre qu'il avait reçue le matin

et me la donna à lire. Quelqu'un, son homme d'affaires

comme il semblait, lui écrivait de Moscou que la personne

en question allait bientôt se marier avec une jeune et belle

demoiselle.

[10]--Vous devinez, dit Silvio, quelle est la personne en

question. Je pars pour Moscou. Nous verrons s'il regardera

la mort, au milieu d'une noce, avec autant de

sang-froid qu'en face d'une livre de guignes!

A ces mots, il se leva, jeta sa casquette sur le plancher,

[15]et se mit à marcher par la chambre de long en large,

comme un tigre dans sa cage. Je l'avais écouté, immobile

et tourmenté par mille sentiments contraires.

Un domestique entra et annonça que les chevaux étaient

arrivés. Silvio me serra fortement la main; nous nous

[20]embrassâmes. Il monta dans une petite calèche où il y avait

deux coffres contenant, l'un ses pistolets, l'autre son

bagage. Nous nous dîmes adieu encore une fois, et les

chevaux partirent.

Contes Français · 第 30 / 396 题