116. Dragey. Emplacement. Le village de Dragey est situé sur l’actuelle

route côtière reliant Granville au nord à Avranches au sud, à vingt

kilomètres de Granville et treize kilomètres d’Avranches. Dragey était

traversé par de trois chemins montois, le premier venant de

Saint-Pair-sur-Mer, le deuxième venant de Coutances et le troisième

venant de Saint-Lô. De plus, le chemin des grèves partant de Saint-Pair

traversait les dunes de Dragey avant d'arriver au Mont Saint-Michel,

destination finale de nombreux pèlerins.

[Illustration]

117. Dragey. Panorama. Sur la butte, au pied de l'église, les

silhouettes du Mont et de Tombelaine émergent de la brume. Pour les

pèlerins, cette vue marquait l'annonce de la fin d'une longue quête.

L’église de Dragey fut donnée au Mont Saint-Michel au onzième siècle

par Robert, duc de Normandie. Dragey et son église faisaient partie des

dépendances de Saint-Jean-au-bout-de-la-mer, devenu

Saint-Jean-le-Thomas. Photo de Claude Rayon. [Claude-34]

[Illustration]

118. Dragey. L'église, bâtie sur un promontoire, est isolée avec son

presbytère à un kilomètre environ du village. Elle est placée sous le

vocable de Saint Médard, et le second saint est Saint Eloi. La paroisse

de Dragey appartenait au doyenné de Genêts et à l’archidiachoné

d’Avranches. La nef romane date du onzième ou douzième siècle, alors

que la tour et le chœur datent du treizième siècle. Photo d'Alain

Dermigny. [Alain-062]

[Illustration]

119. Dragey. L'église n'est pas située dans le bourg, contrairement aux

autres églises de la région. Visible de loin en pleine mer, sa tour

servait de point de repère aux navigateurs. Photo d'Alain Dermigny.

[Alain-063]

[Illustration]

120. Dragey. L’église est formée d’un chœur d’une travée suivi d'une

nef de trois travées. La tour est située entre chœur et nef. Seule la

nef est romane. Le chœur et la tour, plus récents, datent du treizième

siècle. Photo de Claude Rayon. [Claude-35]

[Illustration]

121. Dragey. Le plan de l'église. Un vaisseau rectangulaire

régulièrement orienté d’ouest en est comprend une nef de trois travées

suivie d'un chœur d’une travée. Ce vaisseau a une longueur extérieure

totale de 40,8 mètres et une largeur extérieure totale de 9,1 mètres.

La tour, située entre chœur et nef, s’élève dans l’axe du vaisseau.

Plan de Marie Lebert.

[Illustration]

122. Dragey. La façade occidentale. L'appareil irrégulier des

maçonneries est fait de schiste et de granit, matériaux locaux. Sis à

chaque extrémité de la façade, deux épais contreforts sont terminés par

un glacis. La grande baie géminée à l’arc légèrement brisé date du

treizième siècle. Elle fut débouchée et restaurée en 1860. A la même

date, le portail d'origine fut remplacé par un portail sans caractère.

Photo d'Alain Dermigny. [Alain-064]

[Illustration]

123. Dragey. Le mur sud de la nef. Sa porte, romane, est précédée d’un

porche datant du seizième siècle et réouvert en 1969. Photo d'Alain

Dermigny. [Alain-065]

[Illustration]

124. Dragey. La base de la tour est percée d'une porte à l’arc brisé

datant du treizième siècle. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-066]

[Illustration]

125. Dragey. Le mur nord de la nef (intérieur). L’enduit intérieur des

murs latéraux fut gratté par les habitants du village pour mettre à

jour l’appareil en arêtes de poisson (opus spicatum), sous l'égide de

l’abbé Pierre Danguy, curé de Dragey entre 1954 et 1974.

Caractéristique des édifices du onzième siècle et du début du douzième

siècle, l'opus spicatum alterne avec des rangées de plaquettes de

schiste disposées à l’horizontale. La longue baie à fort ébrasement

date du treizième siècle. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-067]

[Illustration]

126. Dragey. Le mur nord de la nef (intérieur). Mené par les habitants

du village, le patient travail consistant à gratter l'enduit a permis

de mettre en valeur l'appareil en arêtes de poisson, signe de

l'ancienneté de l'église. L'enduit intérieur ne recouvre plus que le

dernier quart supérieur des murs. Photo de Claude Rayon. [Claude-37]

[Illustration]

127. Dragey. Le mur nord de la nef (intérieur). La grande baie trilobée

date du treizième siècle. Une baie romane bouchée, à fort ébrasement,

est présente sur la droite, avec une arcade formée d’une rangée de

petits claveaux de granit. Cette baie romane est le seul vestige des

ouvertures primitives. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-068]

[Illustration]

128. Dragey. Le mur nord de la nef (intérieur). Seul vestige des

ouvertures primitives, la baie romane bouchée est à fort ébrasement,

avec une arcade formée d’une rangée de petits claveaux de granit. Photo

de Claude Rayon. [Claude-36]

[Illustration]

129. Dragey. Le chœur de l’église. Les baies du chœur, qu'on devine à

droite et à gauche, furent agrandies au quinzième siècle. Le chœur

était auparavant très sombre. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-069]

[Illustration]

130. Dragey. L'ancienne cuve baptismale supporte un bénitier

fleurdelysé. Photo de Claude Rayon. [Claude-38]

[Illustration]

131. Dragey. Le vitrail d'une des deux grandes baies géminées percées

dans le mur sud de la nef. Il s'agit d'un ex-voto relatant l'une des

nombreuses noyades ayant endeuillé les lieux. Le 5 mai 1921, Harry

Iselin, fils d'une famille de propriétaires terriens de la région, se

noya avec un ami américain au retour d'une traversée de la baie du Mont

Saint-Michel. Photo de Claude Rayon. [Claude-39]

[Illustration]

132. Dragey. Détail du vitrail. En haut, le Mont Saint-Michel et, plus

bas, une vue partielle de l’archange Saint Michel. Cette grande baie

géminée à l’arcade trilobée remplaça en 1860 une ouverture

rectangulaire elle-même percée en 1790 à l’endroit des petites baies

romanes. C'est également le cas pour les autres grandes baies géminées.

Photo d'Alain Dermigny. [Alain-070]

[Illustration]

133. Genêts. Emplacement. La bourgade de Genêts est situé sur

l’actuelle route côtière reliant Granville à Avranches, à dix

kilomètres au nord d’Avranches. La bourgade se trouve face au Mont

Saint-Michel, à quatre kilomètres environ du rocher du Mont. Empruntées

par les pèlerins pour se rendre au Mont Saint-Michel, des voies

montoises partaient de Saint-Pair-sur-Mer, Coutances, Saint-Lô et Caen

pour aboutir à Genêts avant la traversée des grèves pour arriver au

Mont. De plus, le chemin des grèves reliant Saint-Pair au Mont passait

au Bec d’Andaine, près de Genêts.

[Illustration]

134. Genêts. Le bourg et son église. La tour de l’église - avec son

toit en bâtière, sa balustrade et ses gargouilles - émerge au-dessus

des toits du village. Genêts est une localité très ancienne, qui était

le port d'Avranches, capitale de la région, avant son pillage par les

pirates normands au neuvième siècle. La baronnie de Genêts fut donnée

en 1022 à l’abbaye du Mont Saint-Michel par Richard II, duc de

Normandie, ainsi que les baronnies de Saint-Pair et d’Ardevon. Port de

marée, centre d’une baronnie et d’un doyenné, Genêts devint une

localité importante sous les premiers ducs normands. Au début du

quatorzième siècle, la population s’élevait à près de trois mille âmes.

L’église, qui disposait d’un clergé conséquent, comptait sept chapelles

autour d’elle. Ce fut la péride la plus florissante. Lors de la guerre

de Cent Ans, Genêts fut pillé, rançonné et brûlé par les Anglais dès

1356. Lors des guerres de religion, Genêts fut de nouveau pillé en 1562

par les troupes du protestant Montgommery. Pendant la Révolution

française, Genêts perdit sa sénéchaussée, sa sergenterie, son doyenné,

ses foires et ses marchés, et ne fut plus qu’une simple commune rurale.

Le titre de chef-lieu de canton fut donné à Sartilly. Photo d'Alain

Dermigny. [Alain-083]

[Illustration]

135. Genêts. L'église, de belle facture, est l'œuvre de Robert de

Torigni, abbé du Mont Saint-Michel entre 1154 et 1186, qui la bâtit à

l'emplacement d'une église plus ancienne devenue vétuste. L'église

romane fut consacrée en 1157 par Herbert, évêque d’Avranches,

accompagné de Roger, abbé du Bec-Hellouin. L'église et le cimetière de

Genêts furent classés monuments historiques en 1959. Photo de Claude

Rayon. [Claude-40]

[Illustration]

136. Genêts. L’église est formé d’une large nef, d’un transept à bras

saillants et d’un chœur de trois travées à chevet plat. Une tour

massive surmontée d’un toit en bâtière s’élève à la croisée du

transept. Les éléments romans sont la croisée du transept, une partie

des croisillons et la tour aux deux-tiers de sa hauteur. Le porche

précédant le portail sud de la nef date du seizième siècle. Photo

d'Alain Dermigny. [Alain-071]

[Illustration]

137. Genêts. Le plan de l'église. Régulièrement orientée d’ouest en

est, l'église comprend une large nef, un transept à bras saillants et

un chœur de trois travées à chevet plat. La longueur totale extérieure

est de 53,7 mètres et la largeur extérieure de la nef de 10,8 mètres.

La première travée du chœur ouvre au nord et au sud sur deux chapelles

à chevet plat qui ouvrent elles-mêmes sur les croisillons du transept.

Plan de Marie Lebert.

[Illustration]

138. Genêts. Le mur nord. La tour est romane aux deux-tiers de sa

hauteur. Sa partie supérieure fut édifiée au début du seizième siècle.

La nef fut entièrement remaniée au milieu du dix-huitième siècle. Photo

d'Alain Dermigny. [Alain-072]

[Illustration]

139. Genêts. Le transept roman, avec son bras nord et son mur pignon.

L'appareil irrégulier des maçonneries est fait de moellons de schiste

et de granit. Le schiste est la pierre locale. Quant au granit, il

provient sans doute du massif granitique d’Avranches affleurant à

quelques kilomètres au sud-est. Le mur pignon est percé d’une grande

baie en plein-cintre. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-073]

[Illustration]

140. Genêts. La tour, de vastes proportions, est implantée à la croisée

du transept et comprend deux étages. Elle est romane aux deux-tiers de

sa hauteur, avec des blocs de granit de taille moyenne, alors que la

partie supérieure date du début du seizième siècle, avec des blocs de

granit beaucoup plus gros. L’étage inférieur est aveugle. L’étage

supérieur est ouvert au nord, au sud et à l’ouest par des baies

géminées romanes murées. Ces baies géminées sont prolongées par des

baies gothiques trilobées et munies d’abat-sons, ajoutées au début du

seizième siècle. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-074]

[Illustration]

141. Genêts. La tour est surmontée d’un toit en bâtière dont le départ

est caché au nord et au sud par une balustrade ajourée, dont les angles

sont ornés de gargouilles gothiques en forme de chiens, loups et

animaux fantastiques. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-075]

[Illustration]

142. Genêts. Une gargouille gothique ornant un autre angle de la

balustrade cachant le départ du toit en batière de la tour. Photo de

Claude Rayon. [Claude-41]

[Illustration]

143. Genêts. Une gargouille gothique ornant l'un des angles de la

balustrade cachant le départ du toit en batière de la tour. Photo

d'Alain Dermigny. [Alain-076]

[Illustration]

144. Genêts. La porte du bras sud du transept. Lourd et très simple, le

portail date du onzième siècle, avec des voussures en plein-cintre sans

aucune mouluration et d’épaisses colonnettes. Il appartient sans doute

à l’édifice antérieur à l’église romane consacrée en 1157. L’arcade en

plein-cintre est formée de deux épaisses voussures non moulurées. La

voussure extérieure repose sur deux épaisses colonnettes engagées

surmontées d’un tailloir carré et chanfreiné, qui se poursuit en un

bandeau chanfreiné sur le nu du mur. La corbeille des chapiteaux est

sculptée de gros crochets d’angle peu visibles. Le niveau du sol

extérieur arrive à la base du fût des colonnettes. Dans le sol subsiste

une base carrée surmontée d’un double tore. Photo d'Alain Dermigny.

[Alain-077]

[Illustration]

145. Genêts. Croquis de la porte du bras sud du transept. Croquis de

Marie Lebert.

[Illustration]

146. Genêts. La croisée du transept romane est délimitée par quatre

puissants piliers de section carrée. Isolés à l’est, ces piliers sont

reliés aux bras du transept et à la nef à l’ouest. Ils reçoivent quatre

arcs légèrement brisés, très épais et fourrés. Ces arcs délimitent la

voûte d’arêtes qui surplombe la croisée du transept. La première travée

du chœur ouvre au nord et au sud sur deux chapelles à chevet plat qui

ouvrent elles-mêmes sur les croisillons du transept. Photo d'Alain

Dermigny. [Alain-078]

[Illustration]

147. Genêts. La croisée du transept romane. Les piliers reçoivent

quatre arcs légèrement brisés, très épais et fourrés, qui délimitent la

voûte d’arêtes surplombant la croisée du transept. Photo d'Alain

Dermigny. [Alain-079]

[Illustration]

148. Genêts. La croisée du transept romane. Les quatre piliers sont

parfaitement symétriques, avec deux côtés présentant une surface plane

sans aucune mouluration et deux autres côtés présentant deux colonnes

jumelles engagées sur dosseret et recevant les arcs brisés. Dans l’un

des angles de chaque pilier, une colonne engagée reçoit la retombée

d’une des arêtes de la voûte. Chaque pilier est surmonté d’une large

imposte moulurée en forme de bandeau chanfreiné. Photo de Claude Rayon.

[Claude-46]

[Illustration]

149. Genêts. La croisée du transept romane. Un des piliers supportant

la tour. Deux de ses côtés présentent une surface plane sans aucune

mouluration. Sur les deux autres côtés, les arcs sont reçus par deux

colonnes jumelles engagées sur dosseret. A l’un des angles, une colonne

engagée reçoit la retombée d’une des arêtes de la voûte. La corbeille

des chapiteaux, sculptée, est surmontée d’un épais tailloir carré. Les

bases carrées sont surmontées d’un double tore. Le pilier repose

lui-même sur une base carrée plus large. Les trois autres piliers sont

parfaitement symétriques à celui-ci. Photo de Claude Rayon. [Claude-45]

[Illustration]

150. Genêts. Croquis du pilier sud-est de la croisée du transept. Ce

pilier est surmonté d’une imposte moulurée en forme de bandeau

chanfreiné. Les côtés est et sud du pilier présentent une surface plane

sans aucune mouluration. Au nord et à l’ouest, les arcs sont reçus par

deux colonnes jumelles engagées sur dosseret. A l’angle nord-ouest, une

colonne engagée reçoit la retombée d’une des arêtes de la voûte. La

corbeille des chapiteaux, sculptée, est surmontée d’un épais tailloir

carré. Les bases carrées sont surmontées d’un double tore. Le pilier

repose lui-même sur une base carrée plus large. Croquis de Marie Lebert.

[Illustration]

151. Genêts. Détail du pilier nord-ouest de la croisée du transept. Les

corbeilles, sculptées en bas relief, sont ornées de motifs végétaux

tels que feuilles de marronnier, feuilles de chêne avec glands et

feuilles de vigne. D’autres corbeilles sont sculptées de grappes de

raisin, de motifs animaux, par exemple des lièvres en train de courir,

ou de motifs géométriques, par exemple des arceaux et bourrelets

saillants. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-080]

[Illustration]

152. Genêts. Le porche. Ce vaste porche du seizième siècle précède la

porte sud de la nef, qui date elle-même du treizième siècle. Il permet

d'accueillir pèlerins et paroissiens sur ses deux bancs de pierre, et

de les abriter des vents d'ouest venus de la mer ou des averses

fréquentes. Photo de Claude Rayon. [Claude-44]

[Illustration]

153. Genêts. Le porche du seizième siècle est surmonté d’une charpente

en bois, en carène renversée et entièrement chevillée, ajoutée au

dix-huitième siècle. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-082]

[Illustration]

154. Genêts. Le porche. Détail de la carène renversée et entièrement

chevillée ajoutée au dix-huitième siècle. Photo de Claude Rayon.

[Claude-42]

[Illustration]

155. Saint-Léonard-de-Vains. Emplacement. Le village de

Saint-Léonard-de-Vains est situé à l’extrémité du cap du Grouin du Sud,

à deux kilomètres et demi du bourg de Vains et sept kilomètres de la

ville d'Avranches. L’église prieurale domine la baie du Mont

Saint-Michel et le rocher de Tombelaine. Saint-Léonard-de-Vains était

le point d'arrivée de la voie montoise venant de Caen, avant la

traversée vers le Mont Saint-Michel, destination finale de nombreux

pèlerins. L'église étant devenue une propriété privée depuis la

Révolution française, ce village est désormais rattaché à la paroisse

de Vains.

[Illustration]

156. Saint-Léonard-de-Vains. Panorama hivernal. Le village et son

prieuré roman sous la neige, à la fin de l'hiver. Photo d'Alain

Dermigny. [Alain-084]

[Illustration]

157. Saint-Léonard-de-Vains. Panorama hivernal. Le village et son

prieuré roman, vus d'un peu plus près, à la fin de l'hiver. Photo

d'Alain Dermigny. [Alain-085]

[Illustration]

158. Saint-Léonard-de-Vains. Panorama printanier pris dans l'enceinte

du prieuré. Depuis le prieuré, la baie du Mont s'ouvre aux pèlerins et

autres voyageurs. Saint-Léonard est une bourgade très ancienne. Le

saint du même nom y vécut au sixième siècle avant d’être élu huitième

évêque d’Avranches en 578. La bourgade connut les invasions normandes

au neuvième siècle. Après la conquête normande, elle entra dans le

domaine ducal et fut fieffée aux seigneurs de Vains. En 1087, peu de

temps avant sa mort, Guillaume le Conquérant la donna à l’abbaye

Saint-Etienne de Caen. En 1158, Henri II confirma cette donation qui

comprenait un manoir, des terres labourables et des vignes, ainsi que

des salines avec le droit de pêche et de varech. Photo de Claude Rayon.

[Claude-47]

[Illustration]

159. Saint-Léonard-de-Vains. Panorama printanier pris dans l'enceinte

du prieuré. Le prieuré était un prieuré simple, c’est-à-dire un petit

monastère où quelques religieux détachés des grandes abbayes vivaient

sous la direction d’un prieur, mais sans charge d’âmes. L’église

prieurale fut la propriété de l’abbaye Saint-Etienne de Caen jusqu’à la

Révolution française. Photo de Claude Rayon. [Claude-50]

[Illustration]

160. Saint-Léonard-de-Vains. Le prieuré fut vendu en 1793, pendant la

Révolution française, et l’acquéreur transforma l’église en bâtiment de

ferme. Dans un article de la revue Le Pays de Granville de décembre

1976, Jean Bindet relate que, «après la nationalisation des biens du

clergé en novembre 1789 et la vente des biens nationaux à partir de

1791, le prieuré et le colombier furent laissés à l’abandon et leurs

ruines, avec l’église qui n’avait pas trop souffert, furent cédées en

1793 pour la somme de 200 francs en assignats... L’acquéreur, voulant

tirer parti de son achat, résolut de transformer l’église en bâtiment

de ferme. Le chœur de la vénérable église devint une cuisine avec une

cheminée aménagée au chevet de l’abside; la nef devint une grange et

une étable; la tour elle-même fut utilisée: la base comme cellier, et

l’étage fut divisé en chambre et en grenier et surmonté d’une

cheminée.» Le prieuré resta longtemps une ferme, comme l'atteste la

vache à la barrière. Photo ancienne numérisée par Claude Rayon.

[Claude-48]

[Illustration]

161. Saint-Léonard-de-Vains. Le prieuré est toujours une propriété

privée à la fin du vingtième siècle, mais il n'est plus une ferme. En

collaboration avec les Monuments historiques, le propriétaire a

transformé la nef en maison d’habitation, en ouvrant des fenêtres

rectangulaires et en aménageant l’intérieur. Mais, en 1985, la tour et

le chœur sont encore dans un triste état. Photo d'Alain Dermigny.

[Alain-086]

[Illustration]

162. Saint-Léonard-de-Vains. Le prieuré. La nef est devenue une maison

d’habitation à la fin du vingtième siècle, ce qui explique les portes

et fenêtres rectangulaires. Le bâtiment a toutefois gardé sa forme

originale, avec une nef consolidée par des contreforts et un chœur de

deux travées à chevet plat. La tour, implantée entre chœur et nef, est

surmontée d’un toit en bâtière. En 1985, la tour et le chœur n'ont pas

encore été restaurés. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-087]

[Illustration]

163. Saint-Léonard-de-Vains. Le prieuré. Présent sur cette photo datant

des années 1980, l'escalier menant au premier étage de la tour a

maintenant disparu, tout comme les baies rectangulaires de la tour et

du chœur et la cheminée surplombant le chœur. Photo de Marie Lebert.

[Marie-19]

[Illustration]

164. Saint-Léonard-de-Vains. Le prieuré. Sur cette photo récente, les

grandes baies rectangulaires percées dans le chœur et la tour ont été

remplacées par des petites baies d'inspiration romane. L'escalier

menant au premier étage de la tour a disparu, tout comme la cheminée

surplombant le chœur. L'ensemble est redevenu harmonieux. Photo de

Claude Rayon. [Claude-49]

[Illustration]

165. Saint-Léonard-de-Vains. Le plan du prieuré. Un vaisseau

rectangulaire régulièrement orienté d’ouest en est comprend une nef

suivie d'un chœur de deux travées à chevet plat. Le vaisseau a une

longueur extérieure totale de 32,75 mètres et une largeur extérieure

totale de 9,65 mètres. La tour, située dans l’axe du vaisseau, est

implantée entre chœur et nef. Plan de Marie Lebert.

[Illustration]

166. Saint-Léonard-de-Vains. La tour romane date du début du douzième

siècle. Située dans le prolongement du chœur, sa base carrée est

surmontée de deux étages en léger retrait. Le premier étage devait être

aveugle à l’origine, avec des ouvertures postérieures à la Révolution

française. Le deuxième étage est percé au nord, à l’est et au sud de

deux arcatures jumelles en plein-cintre. Photo d'Alain Dermigny.

[Alain-088]

[Illustration]

167. Saint-Léonard-de-Vains. La tour romane. L'appareil irrégulier des

maçonneries est fait de plaquettes de schiste et de moellons de granit,

avec quelques rangées de blocs réguliers en granit. Le toit en bâtière

repose au nord et au sud sur une corniche supportée par des modillons.

Photo d'Alain Dermigny. [Alain-089]

[Illustration]

168. Saint-Léonard-de-Vains. La tour romane. Sur trois faces – au nord,

à l'est et au sud - le deuxième étage est orné de deux arcatures

jumelles en plein-cintre dont l’arc double est formé de deux rangées de

claveaux de granit. L’arcade repose sur des piédroits sans ornement par

le biais d’un tailloir carré se prolongeant sur le mur en un bandeau

droit. La corniche est supportée par des modillons sculptés de têtes

humaines très frustes ou moulurés en quart-de-rond. Photo d'Alain

Dermigny. [Alain-090]

[Illustration]

169. Saint-Léonard-de-Vains. La tour romane. Le deuxième étage de la

tour et son toit en bâtière. Deux oiseaux font une pause avant l'envol.

Photo de Claude Rayon. [Claude-51]

[Illustration]

170. Saint-Léonard-de-Vains. La base de la tour romane et son mur nord.

Ce mur est consolidé par un contrefort central encadré de deux baies en

plein-cintre à l’arc formé d’une rangée de claveaux de granit. Le

cintre surbaissé et les piédroits de la porte sont faits de gros blocs

de granit. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-091]

[Illustration]

171. Saint-Léonard-de-Vains. La base de la tour romane et son mur nord.

Dans sa partie inférieure, le mur est formé d’un appareil en arêtes de

poisson (opus spicatum) caractéristique du onzième ou du début du

douzième siècle. La partie haute présente un appareil régulier de

granit. Une rangée de modillons très abîmés subsiste au-dessus des

baies. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-092]

[Illustration]

172. Saint-Léonard-de-Vains. La base de la tour romane, avec une porte

cintrée aux contours en granit. L'appareil en arêtes de poisson (opus

spicatum) des maçonneries est un signe d'ancienneté. Photo de Claude

Rayon. [Claude-52]

[Illustration]

173. Saint-Léonard-de-Vains. La base de la tour romane. A l'intérieur,

la tour s'appuie sur de massifs piliers. Photo de Claude Rayon.

[Claude-53]

[Illustration]

174. Saint-Loup. Emplacement. Le village de Saint-Loup - appelé aussi

Saint-Loup-sous-Avranches - est situé au sud-est d’Avranches, à six

kilomètres de la ville, dans une région vallonnée à proximité immédiate

du massif granitique d’Avranches. Le granit était donc facile d'accès

pour la construction de l'église.

[Illustration]

L'art roman dans le Sud-Manche: Album · 第 2 / 3 段