évidemment aux reconstructions de 1257; bien que la plupart
des _Guides_, nous ne savons d'après quelles autorités, la
signalent comme appartenant au XVe siècle. Le XVe siècle n'a
pas posé une seule pierre dans la cathédrale de Paris.]
PORTES D'ÉDIFICES CIVILS EXTÉRIEURS ET INTÉRIEURS.--Dans les villes du
moyen âge, les châteaux et les palais possédaient seuls des portes
charretières, et ces portes étaient habituellement fortifiées. Quant aux
portes des maisons proprement dites, ces habitations, fussent-elles
pourvues de cours, n'étaient toujours que ce que nous appelons des
portes d'allée, c'est-à-dire disposées seulement pour des piétons, d'une
largeur de 1 mètre à lm,50, et d'une hauteur de 2m,50 à 3 mètres au
plus.
Nous ne connaissons pas de portes d'édifices civils appartenant au XIe
siècle en France, qui présentent un caractère particulier. Les baies
d'entrée, très-rares d'ailleurs, de cette époque, ne consistent qu'en
deux jambages avec un arc plein cintre en petit appareil, et ne
diffèrent pas des petites portes d'églises que l'on voit encore ouvertes
sur les flancs de quelques monuments religieux du Beauvaisis, du Berry,
de la Touraine et du Poitou.
Ce n'est guère qu'au commencement du XIIe siècle qu'on peut assigner aux
portes de maisons un caractère civil, et c'est encore dans la ville de
Vézelay, au sein de cette ancienne commune, que nous trouverons des
exemples de ces entrées d'habitations bourgeoises. Parmi ces maisons,
quelques-unes possédaient un premier étage au-dessus du rez-de-chaussée,
et quelquefois une tour carrée. La façade extérieure était percée de
fenêtres rares et assez étroites, les jours des appartements étant pris
sur un petit jardin intérieur. De la rue au jardin ou à la cour, on
pénétrait par un vestibule assez spacieux et par une porte plein cintre,
relativement large. La figure 83 donne l'élévation extérieure d'une de
ces portes en A, et sa coupe en B. En C, nous avons tracé, au cinquième,
les profils des deux archivoltes. On observera que cette baie (qui
d'ailleurs se répète plusieurs fois sur la façade des maisons du XIIe
siècle, à Vézelay, avec quelques modifications dans les détails) ne
rappelle en rien le style de l'architecture religieuse de l'abbaye.
Cette porte a un caractère civil, se rapprochant plutôt de ces édifices
romano-grecs de Syrie dont nous avons déjà parlé. À l'intérieur est une
arrière-voussure D relevé, qui permet le développement des vantaux. Ces
portes d'habitations du XIIe siècle sont parfois accompagnées
latéralement d'une petite fenêtre carrée, sorte de guichet percé à
hauteur d'homme à l'intérieur, et qui permettait de reconnaître les gens
qui frappaient; ou encore d'un jour au-dessus de l'archivolte, qui
éclairait le vestibule[326]. On abandonne bientôt cependant les portes
plein cintre pour l'entrée des habitations, ou du moins des linteaux de
pierre avec tympan viennent se loger sous ces cintres, qui demeurent
comme arcs de décharge. C'est ainsi que sont conçues les portes des
maisons des villes de Cluny, de Provins, bâties vers la fin du XIIe
siècle et le commencement du XIIIe. Souvent même l'arc de décharge
disparaît complétement à l'extérieur et ne forme qu'arrière-voussure à
l'intérieur. Les vantaux de bois s'accommodent assez mal de la forme
plein cintre; il était plus simple de donner à ces vantaux la forme
rectangulaire, surtout lorsqu'ils se composaient d'un seul battant. Le
cintre fut donc abandonné pour les portes, et remplacé par l'ouverture
rectangulaire. L'archivolte, si elle subsistait, ne faisait que soulager
le linteau, afin d'éviter qu'il ne se brisât sous la charge. Alors, mais
rarement, dans l'architecture civile, le tympan est décoré de
sculptures. On voit encore, dans les bâtiments dépendant autrefois de
l'abbaye de Saint-Vane, aujourd'hui englobés dans la citadelle de
Verdun, une porte de ce genre, dont la composition est originale, et qui
date des premières années du XIIIe siècle.
Cette porte (fig. 84), se compose d'une archivolte à doubles claveaux,
reposant sur des jambages décorés, de chaque côté, de deux colonnettes
monostyles, ainsi que l'indique en A la section horizontale de l'un de
ces jambages. L'archivolte forme arc de décharge et voussure intérieure
en B (voy. la coupe). Des consoles soulagent le linteau-tympan, orné de
feuillages. Mais parfois ces portes extérieures d'habitations étaient
munies d'auvents à demeure, soit de pierre, soit de bois, afin de
permettre aux personnes qui frappaient à l'huis d'attendre à l'abri
qu'on vînt leur ouvrir. Il existait encore une porte du XIIIe siècle
ainsi composée, sur la façade d'une petite maison de la Châtre (Indre),
il y a quelques années.
Cette entrée (fig. 85), d'une largeur inusitée pour une porte d'allée,
était flanquée de deux pieds-droits saillants, comme des jouées, portant
deux corbeaux, sur lesquels reposait un gâble de pierre, formant une
forte avancée sur la voie. Une archivolte B, au nu du mur (voy. la coupe
A), servait d'arc de décharge au-dessus du tympan, percé d'une petite
fenêtre destinée à éclairer le vestibule lorsque les vantaux étaient
clos[327]. Le gâble-abri se composait de simples dalles incrustées dans
le parement du mur. À cause de la largeur de la baie, le linteau était
remplacé par un arc surbaissé, avec feuillure intérieure pour recevoir
les deux vantaux. En C, nous donnons, au double, la section de l'un des
pieds-droits. Il semblerait que ces sortes d'entrées étaient assez
habituellement employées dans cette province, car l'église du Blanc
(Indre) possède encore une porte construite suivant la même donnée, mais
sans linteau.
Le corbeau, le sommier de l'arc surbaissé, et la pénétration de
l'archivolte, étaient pris dans la même pierre. Le sommier de cette
archivolte faisait corps également avec l'assise G en encorbellement.
Mais les matériaux dont on pouvait disposer ne permettaient pas toujours
de pratiquer des saillies de pierre de nature à résister aux
intempéries. Sans changer le programme, les architectes du moyen-âge
établissaient parfois des auvents de bois au-dessus des portes des
habitations. La figure 86 nous fournit un exemple de ces entrées de
maisons. D'un côté, nous avons supposé l'auvent enlevé, afin de faire
comprendre comment il se plaçait[328]. En B, nous avons tracé la coupe
de cette porte avec le chevronnage de l'auvent, et en C, la section d'un
des jambages au double. Cette porte date de la seconde moitié du XIIIe
siècle; elle était fermée par un seul vantail.
S'il y a une grande variété dans la forme des portes d'églises à cette
époque, c'est-à-dire pendant le XIIIe siècle, l'architecture civile ne
présente pas un moins grand nombre de dispositions originales, et
cependant nous ne possédons plus en France que peu de maisons bâties de
1180 à 1300.
Pendant cette période, d'ailleurs, il était d'un usage assez fréquent,
surtout dans les provinces situées au sud de la Loire, de bâtir les
maisons avec portiques. Sur la voie publique alors, les portes n'étaient
qu'une simple arcade, ou une baie rectangulaire formée de deux jambages
et d'un linteau. Fréquemment aussi les rez-de-chaussée des habitations
urbaines étaient occupés par des boutiques dont les devantures
s'ouvraient sous des arcs[329]; l'une de ces arcades servait d'entrée à
l'escalier communiquant aux étages supérieurs. La fermeture consistait
en une huisserie avec vantaux. Les portes des maisons, pendant le XIVe
siècle, sont généralement simples, très rarement ornées de sculptures;
elles ne consistent qu'en une archivolte en tiers-point au nu du mur,
avec linteau au-dessous, ou en une ouverture quadrangulaire, avec
chanfreins abattus sur les arêtes. Déjà, cependant, vers la fin de ce
siècle, apparaît l'accolade creusée dans le linteau. En revanche, les
portes de palais bâtis pendant cette période sont d'une grande richesse.
Celles du Palais, à Paris, dont il reste quelques débris et des dessins,
étaient fort belles (voy. PERRON). Celles de l'escalier du Louvre, bâti
par Charles V, étaient également très-ornées.
Le XVe siècle, pendant lequel on bâtit peu d'églises, vit élever une
quantité de châteaux, de palais et maisons, dont les portes extérieures
étaient décorées de sculptures, de figures et d'armoiries. Parmi ces
portes de palais du XVe siècle, nous devons placer en première ligne
celle de l'hôtel de Jacques Coeur à Bourges, presque intacte encore
aujourd'hui. Ce fut en 1443 que le célèbre trésorier de Charles VII
commença la construction de cette belle résidence. Arrêté en 1451 à
Taillebourg, sur l'ordre du roi, par Olivier Coetivi, Jacques Coeur put
à peine jouir de l'hôtel qu'il avait fait construire dans sa ville
natale. Le portail de cet hôtel (fig. 87), est percé sous un pavillon
rectangulaire qui occupe à peu près le milieu de la façade sur la rue.
Il consiste en une porte charretière avec poterne au côté gauche. Les
vantaux de bois sculpté de la grande baie sont percés en outre d'un
guichet très-étroit, surmonté d'un heurtoir, et s'ouvraient carrément en
dedans de l'arc en tiers-point, sous un portail voûté en berceau
surbaissé. Au-dessus de la porte, une niche est pratiquée, partie aux
dépens de l'épaisseur du mur, partie en encorbellement; cette niche est
surmontée d'un dais très-ouvragé, soutenu par deux pilettes délicates:
elle contenait une statue équestre du roi Charles VII[330]. Une large
fenêtre à meneaux s'ouvre au-dessus de cette niche, et éclaire la
chapelle située au premier étage. Des deux côtés de la niche sont
simulées deux fenêtres garnies, celle de droite, donnant du côté de
l'entrée des cuisines, d'une figure de femme, et celle de gauche,
donnant du côté de la ville, d'une figure d'homme. Ces deux statues,
visibles seulement en buste par-dessus la balustrade, semblent regarder
au dehors et s'enquérir de ce qui se passe sur la voie publique. Ainsi,
comme le dit M. Vallet de Viriville, dans la curieuse notice qu'il vient
de publier sur Jacques Coeur[331]: «Ces deux personnages semblent
représenter la Vigilance... Dès le frontispice éclatait l'hommage public
et respectueux rendu à l'autorité souveraine par l'officier du roi; mais
en même temps et sous cette égide, la personnalité, l'individualité de
Jacques Coeur se déployait avec une assurance et une liberté
remarquables.» En effet, sur ce portail comme sur toutes les autres
parties de l'édifice, apparaissent les _coeurs_, les coquilles de
pèlerin, et la devise: _À vaillans coeurs rien impossible_.
On remarquera que l'idée de symétrie n'est entrée pour rien dans la
composition de ce portail, et cependant que les vides et les pleins, les
parties lisses et les parties ornées, se pondèrent d'une façon tout à
fait heureuse, sans que l'oeil soit préoccupe de ces démanchements
d'axes. Il fallait une porte charretière et une poterne, l'architecte
les a percées entre les deux murs de refend qui forment le pavillon. Il
a pris l'axe de celui-ci pour ouvrir la fenêtre éclairant la chapelle,
et a réuni la niche à cette fenêtre de manière à former une grande
ordonnance supérieure, indiquant un étage élevé et voûté. Les fenêtres
remplies par les deux figures tombent sous les angles du pavillon; mais
ces fenêtres sont pleines, et l'architecte a eu le soin de supposer un
entrebâillement du vantail dans chacune d'elles qui renforce leurs
pieds-droits sous l'angle du pavillon.
Nous citerons les portes d'entrée des hôtels de Sens et de Cluny à
Paris, qui existent encore, et qui sont postérieures de quelques années
à celles-ci[332]. À l'article MAISON, nous avons présenté quelques
portes des XIV et XVe siècles[333], qui nous dispenseront d'entrer dans
plus de détails sur cette partie importante des habitations du moyen
âge. Cependant nous dirons quelques mots des portes extérieures
d'escaliers, qui sentent une disposition particulière. Nous indiquons
ailleurs[334] comment les escaliers des habitations pendant le moyen âge
étaient presque toujours construits en vis. Ce parti pris nécessitait
l'ouverture de portes assez basses, puisqu'il fallait que le linteau de
ces portes masquât la première révolution du degré. Mais alors ce
linteau était considéré souvent comme une imposte surmontée d'une
fenêtre éclairant la deuxième révolution. Nous trouvons encore dans
l'hôtel de Jacques Coeur, à Bourges, un exemple, complet de ces sortes
de portes (fig. 88). Le linteau, formant imposte, présente une sculpture
intéressante. Trois arbres se détachent sur un fond. Celui du milieu
représente un oranger, celui de droite un dattier, et celui de gauche
une sorte de mimosa. Entre ces arbres croissent des plantes exotiques,
parmi lesquelles est un oeillet. On sait que Jacques Coeur fit plusieurs
voyages en Orient, et qu'il entretenait avec ces contrées un commerce
étendu. Ces plantes semblent être des emblèmes de ces relations, et
peut-être est-ce à l'illustre argentier que nous devons l'introduction
en France de quelques-unes de nos plantes médicinales et de jardin.
Autour de ce bas-relief, on lit la devise, plusieurs fois répétée dans
l'hôtel: _Oïr,--dire,--faire,--taire_, dont les lettres sont séparées
par des branches de plantes.
La première révolution de l'escalier passe derrière ce linteau et est
éclairée par la fenêtre d'imposte[335].
Les portes intérieures des palais et maisons, c'est-à-dire celles qui
s'ouvrent d'une pièce sur une autre, sont habituellement très-simples,
basses et étroites avant la fin du XVe siècle. Ce ne sont que des
ouvertures permettant à une seule personne de passer à la fois. Ces
portes étaient en outre garnies de portières. Dans aucune habitation du
moyen âge, fût-elle princière, on ne trouverait de ces portes
d'appartements ayant 3 ou 4 mètres de hauteur, comme dans nos hôtels
modernes, par cette raison bien naturelle, que si nobles qu'elles
fussent, les personnes passant par ces portes n'avaient pas une taille
qui atteignit six pieds. Si ces portes parfois sont larges, pour
permettre une circulation facile, elles ne dépassent pas 2m,50 sous
linteau.
C'est sous le règne de Louis XIV qu'on a commencé seulement à percer des
portes d'appartements ayant une plus grande élévation: on considérait
cela comme plus noble alors, sinon plus sensé.
Les portes intérieures des habitations du moyen âge sont très-simples,
parce qu'elles s'ouvraient derrière des tapisseries, et qu'on n'en
apercevait qu'à peine les jambages et les linteaux. Leurs vantaux seuls
étaient travaillés avec recherche. Les linteaux sont, ou rectilignes, ou
en portion d'arc de cercle, ou en cintre surbaissé. On voit déjà, dans
des bâtiments du commencement du XIVe siècle, apparaître ces linteaux
tracés au moyen de trois centres; mais c'est surtout vers la fin du XVe
siècle que leur emploi est fréquent. Pendant les XIIIe et XIVe siècles,
très-souvent ces linteaux sont soulagés par des corbeaux ménagés dans
l'épaisseur du tableau. Alors (fig. 89) un chanfrein ou un profil
pourtournent la baie du côté opposé à la feuillure du vantail, car il
est très-rare que ces portes soient à deux vantaux.
Vers la fin du XIVe siècle, les corbeaux soulageant les linteaux ne sont
plus employés pour les portes d'appartements. Celles-ci sont
quadrangulaires et ornées parfois d'un boudin formant colonnette, avec
chapiteau et base (fig. 90). Telles sont construites les portes
d'appartements du château de Pierrefonds. Au-dessus du linteau est
ménagée une clef en décharge, et du côté de l'ébrasement est pratiqué un
arc; ou si les portes sont étroites, un plafond d'un seul morceau de
pierre. Le boudin qui orne le tableau, le chapiteau et la base, sont
d'ailleurs pris dans l'épannelage rectangulaire des pieds-droits, et ne
forment pas saillie sur le nu du mur.
Dans les habitations décorées avec luxe, les linteaux étaient surmontés
de dessus de porte en menuiserie; car nous avons souvent constaté la
présence de scellements sur ces linteaux et sur les parements qui les
recouvrent. Si nos hôtels modernes étaient un jour abandonnés, pillés et
ruinés, on serait bien embarrassé de dire en quoi consistait la
décoration de nos portes d'appartements, car elles ne sont, après tout,
qu'une ouverture quadrangulaire dans un mur, ouverture que l'on revêt de
boiseries, de stucs et de peintures. Sans donner un rôle aussi important
à la décoration d'emprunt, les architectes du moyen âge ne se
préoccupaient cependant que de l'encadrement du tableau qui restait
apparent; les lambris, les dessus de portes et les tapisseries faisaient
le reste; la pierre n'apparaissait absolument que dans le tableau et sur
cette moulure d'encadrement. Cette simplicité des baies de portes
intérieures était cachée sous la richesse des boiseries et tentures qui
concouraient à la décoration des pièces, car il ne faudrait pas croire
que nos aïeux habitaient entre des murailles nues[336], comme celles que
nous laissent voir les ruines des châteaux. Beaucoup de ces portes
d'appartements étaient d'ailleurs garnies de tambours ou de _clotets_,
qui, ne s'élevant qu'à une hauteur de 6 à 7 pieds, empêchaient l'air
extérieur de pénétrer dans la pièce lorsqu'on ouvrait un vantail. On ne
possédait pas alors de calorifères, et si l'on ouvrait une porte, on
introduisait un cube d'air froid, dans les pièces chauffées, fort
désagréable. Ces tambours et ces portières étaient destinés à éviter cet
inconvénient. On sait comme on gelait dans les appartements de
Versailles, grâce à ces portes _nobles_ qui, chaque fois qu'on les
ouvrait, faisaient entrer une vingtaine de mètres d'air glacial dans les
pièces à feu; et comme Mme de Maintenon, qui craignait les coups d'air,
n'avait trouvé d'autre remède contre ce soufflet perpétuel que d'établir
son fauteuil dans ce que le duc de Saint-Simon appelle un tonneau.
Les portes des appartements du moyen âge, et jusqu'au règne de Louis
XIV, sont donc basses et peu larges, et ne sont, si l'on peut ainsi
parler, que des soupapes bien munies de clapets, pour éviter les
courants d'air. Il faut en prendre son parti. Ces portes ne
s'élargissent qu'autant qu'elles servent de communication entre de
grandes salles destinées à offrir une série de pièces propres à donner
des fêtes ou à recevoir un grand concours de monde, mais elles
conservent toujours une hauteur variant entre 2 mètres et 2m,50 au plus.
Peut-être voudra-t-on prendre une idée de la manière dont ces portes
d'appartements étaient décorées, dans des châteaux ou palais. C'est pour
rendre intelligible ce que nous venons de dire à ce sujet, que nous
avons réuni dans la figure 91 les renseignements recueillis, soit dans
des édifices civils de la fin du XIVe siècle ou du commencement du XVe,
soit dans des vignettes de manuscrits, des peintures et des bas-reliefs.
On voit ici que la porte proprement dite, la baie de pierre, est à peine
visible; les jambages et le bord inférieur de son linteau sont seuls
apparents. Au-dessus est scellé un grand ouvrage de menuiserie peint, et
qui se raccorde avec les porte-tapisseries moulurés. Ces tapisseries
s'arrêtent sur un lambris inférieur qui garnissait généralement le bas
des murs. La partie du mur laissée nue entre le plafond et les
tapisseries était décorée de peintures, et une portière était suspendue
à la boiserie formant dessus de porte.
Il arrivait que certaines portes d'appartements étaient complétement
masquées sous la tapisserie, laquelle était fendue seulement pour
laisser passer les habitants. C'étaient là de véritables portes _sous
tenture_.
Les exemples de portes d'appartements de la fin du XVe siècle ne
manquent pas, et l'on peut les trouver partout; elles sont généralement
terminées par un arc surbaissé, et quelquefois cet arc est couronné par
une accolade. On voit encore de jolies portes de ce genre au palais des
Ducs de Bourgogne à Dijon, à l'hôtel de Cluny à Paris, à l'évêché
d'Évreux, au palais de justice de Rouen, et dans beaucoup de châteaux de
cette époque, tels que ceux d'Amboise, de Blois, etc.
L'époque de la renaissance éleva de très-belles portes extérieures et
intérieures dans les habitations seigneuriales ou dans les maisons; mais
l'étendue de cet article ne nous permet pas de dépasser la limite de
l'ère gothique. Si nous voulions choisir parmi les beaux exemples des
portes du commencement de la renaissance, nous serions entraîné beaucoup
trop loin. D'ailleurs ces exemples sont reproduits dans un grand nombre
d'ouvrages mis entre les mains de tous les artistes.
[Illustration: Fig. 83.]
[Illustration: Fig. 84.]
[Illustration: Fig. 85.]
[Illustration: Fig. 86.]
[Illustration: Fig. 87.]
[Illustration: Fig. 88.]
[Illustration: Fig. 89.]
[Illustration: Fig. 90.]
[Illustration: Fig. 91.]
[Note 326: Voyez MAISON, et l'ouvrage sur _l'Architecture
civile_, de MM. Verdier et Cattois.]
[Note 327: Cette maison a été détruite depuis; nous
n'avons pu en retrouver que la place lors d'un dernier voyage
dans le département de l'Indre.]
[Note 328: Cette porte provient d'une maison de
Château-Vilain (Haute-Marne).]
[Note 329: Voyez MAISON, et l'ouvrage déjà cité de MM.
Verdier et Cattois.]
[Note 330: On retrouve cette même disposition à l'entrée
du château de Blois et au-dessus de la porte de l'hôtel de
ville de Compiègne.]
[Note 331: Voyez _Jacques Coeur_, par M. Vallet de
Viriville. Paris, 1864.]
[Note 332: Voyez MAISON, fig. 39.]
[Note 333: Voyez fig. 21, 24, 25, 27, 28, 29, 37. Voyez
aussi l'article SALLE.]
[Note 334: Voyez CHÂTEAU, ESCALIER, MAISON.]
[Note 335: Voyez _Notices sur les monuments du Berry_,
par M. Hazé, 1834.]
[Note 336: Voyez le _Dictionnaire du mobilier_.]