[Note 325: Cette porte, par son style, appartient

évidemment aux reconstructions de 1257; bien que la plupart

des _Guides_, nous ne savons d'après quelles autorités, la

signalent comme appartenant au XVe siècle. Le XVe siècle n'a

pas posé une seule pierre dans la cathédrale de Paris.]

PORTES D'ÉDIFICES CIVILS EXTÉRIEURS ET INTÉRIEURS.--Dans les villes du

moyen âge, les châteaux et les palais possédaient seuls des portes

charretières, et ces portes étaient habituellement fortifiées. Quant aux

portes des maisons proprement dites, ces habitations, fussent-elles

pourvues de cours, n'étaient toujours que ce que nous appelons des

portes d'allée, c'est-à-dire disposées seulement pour des piétons, d'une

largeur de 1 mètre à lm,50, et d'une hauteur de 2m,50 à 3 mètres au

plus.

Nous ne connaissons pas de portes d'édifices civils appartenant au XIe

siècle en France, qui présentent un caractère particulier. Les baies

d'entrée, très-rares d'ailleurs, de cette époque, ne consistent qu'en

deux jambages avec un arc plein cintre en petit appareil, et ne

diffèrent pas des petites portes d'églises que l'on voit encore ouvertes

sur les flancs de quelques monuments religieux du Beauvaisis, du Berry,

de la Touraine et du Poitou.

Ce n'est guère qu'au commencement du XIIe siècle qu'on peut assigner aux

portes de maisons un caractère civil, et c'est encore dans la ville de

Vézelay, au sein de cette ancienne commune, que nous trouverons des

exemples de ces entrées d'habitations bourgeoises. Parmi ces maisons,

quelques-unes possédaient un premier étage au-dessus du rez-de-chaussée,

et quelquefois une tour carrée. La façade extérieure était percée de

fenêtres rares et assez étroites, les jours des appartements étant pris

sur un petit jardin intérieur. De la rue au jardin ou à la cour, on

pénétrait par un vestibule assez spacieux et par une porte plein cintre,

relativement large. La figure 83 donne l'élévation extérieure d'une de

ces portes en A, et sa coupe en B. En C, nous avons tracé, au cinquième,

les profils des deux archivoltes. On observera que cette baie (qui

d'ailleurs se répète plusieurs fois sur la façade des maisons du XIIe

siècle, à Vézelay, avec quelques modifications dans les détails) ne

rappelle en rien le style de l'architecture religieuse de l'abbaye.

Cette porte a un caractère civil, se rapprochant plutôt de ces édifices

romano-grecs de Syrie dont nous avons déjà parlé. À l'intérieur est une

arrière-voussure D relevé, qui permet le développement des vantaux. Ces

portes d'habitations du XIIe siècle sont parfois accompagnées

latéralement d'une petite fenêtre carrée, sorte de guichet percé à

hauteur d'homme à l'intérieur, et qui permettait de reconnaître les gens

qui frappaient; ou encore d'un jour au-dessus de l'archivolte, qui

éclairait le vestibule[326]. On abandonne bientôt cependant les portes

plein cintre pour l'entrée des habitations, ou du moins des linteaux de

pierre avec tympan viennent se loger sous ces cintres, qui demeurent

comme arcs de décharge. C'est ainsi que sont conçues les portes des

maisons des villes de Cluny, de Provins, bâties vers la fin du XIIe

siècle et le commencement du XIIIe. Souvent même l'arc de décharge

disparaît complétement à l'extérieur et ne forme qu'arrière-voussure à

l'intérieur. Les vantaux de bois s'accommodent assez mal de la forme

plein cintre; il était plus simple de donner à ces vantaux la forme

rectangulaire, surtout lorsqu'ils se composaient d'un seul battant. Le

cintre fut donc abandonné pour les portes, et remplacé par l'ouverture

rectangulaire. L'archivolte, si elle subsistait, ne faisait que soulager

le linteau, afin d'éviter qu'il ne se brisât sous la charge. Alors, mais

rarement, dans l'architecture civile, le tympan est décoré de

sculptures. On voit encore, dans les bâtiments dépendant autrefois de

l'abbaye de Saint-Vane, aujourd'hui englobés dans la citadelle de

Verdun, une porte de ce genre, dont la composition est originale, et qui

date des premières années du XIIIe siècle.

Cette porte (fig. 84), se compose d'une archivolte à doubles claveaux,

reposant sur des jambages décorés, de chaque côté, de deux colonnettes

monostyles, ainsi que l'indique en A la section horizontale de l'un de

ces jambages. L'archivolte forme arc de décharge et voussure intérieure

en B (voy. la coupe). Des consoles soulagent le linteau-tympan, orné de

feuillages. Mais parfois ces portes extérieures d'habitations étaient

munies d'auvents à demeure, soit de pierre, soit de bois, afin de

permettre aux personnes qui frappaient à l'huis d'attendre à l'abri

qu'on vînt leur ouvrir. Il existait encore une porte du XIIIe siècle

ainsi composée, sur la façade d'une petite maison de la Châtre (Indre),

il y a quelques années.

Cette entrée (fig. 85), d'une largeur inusitée pour une porte d'allée,

était flanquée de deux pieds-droits saillants, comme des jouées, portant

deux corbeaux, sur lesquels reposait un gâble de pierre, formant une

forte avancée sur la voie. Une archivolte B, au nu du mur (voy. la coupe

A), servait d'arc de décharge au-dessus du tympan, percé d'une petite

fenêtre destinée à éclairer le vestibule lorsque les vantaux étaient

clos[327]. Le gâble-abri se composait de simples dalles incrustées dans

le parement du mur. À cause de la largeur de la baie, le linteau était

remplacé par un arc surbaissé, avec feuillure intérieure pour recevoir

les deux vantaux. En C, nous donnons, au double, la section de l'un des

pieds-droits. Il semblerait que ces sortes d'entrées étaient assez

habituellement employées dans cette province, car l'église du Blanc

(Indre) possède encore une porte construite suivant la même donnée, mais

sans linteau.

Le corbeau, le sommier de l'arc surbaissé, et la pénétration de

l'archivolte, étaient pris dans la même pierre. Le sommier de cette

archivolte faisait corps également avec l'assise G en encorbellement.

Mais les matériaux dont on pouvait disposer ne permettaient pas toujours

de pratiquer des saillies de pierre de nature à résister aux

intempéries. Sans changer le programme, les architectes du moyen-âge

établissaient parfois des auvents de bois au-dessus des portes des

habitations. La figure 86 nous fournit un exemple de ces entrées de

maisons. D'un côté, nous avons supposé l'auvent enlevé, afin de faire

comprendre comment il se plaçait[328]. En B, nous avons tracé la coupe

de cette porte avec le chevronnage de l'auvent, et en C, la section d'un

des jambages au double. Cette porte date de la seconde moitié du XIIIe

siècle; elle était fermée par un seul vantail.

S'il y a une grande variété dans la forme des portes d'églises à cette

époque, c'est-à-dire pendant le XIIIe siècle, l'architecture civile ne

présente pas un moins grand nombre de dispositions originales, et

cependant nous ne possédons plus en France que peu de maisons bâties de

1180 à 1300.

Pendant cette période, d'ailleurs, il était d'un usage assez fréquent,

surtout dans les provinces situées au sud de la Loire, de bâtir les

maisons avec portiques. Sur la voie publique alors, les portes n'étaient

qu'une simple arcade, ou une baie rectangulaire formée de deux jambages

et d'un linteau. Fréquemment aussi les rez-de-chaussée des habitations

urbaines étaient occupés par des boutiques dont les devantures

s'ouvraient sous des arcs[329]; l'une de ces arcades servait d'entrée à

l'escalier communiquant aux étages supérieurs. La fermeture consistait

en une huisserie avec vantaux. Les portes des maisons, pendant le XIVe

siècle, sont généralement simples, très rarement ornées de sculptures;

elles ne consistent qu'en une archivolte en tiers-point au nu du mur,

avec linteau au-dessous, ou en une ouverture quadrangulaire, avec

chanfreins abattus sur les arêtes. Déjà, cependant, vers la fin de ce

siècle, apparaît l'accolade creusée dans le linteau. En revanche, les

portes de palais bâtis pendant cette période sont d'une grande richesse.

Celles du Palais, à Paris, dont il reste quelques débris et des dessins,

étaient fort belles (voy. PERRON). Celles de l'escalier du Louvre, bâti

par Charles V, étaient également très-ornées.

Le XVe siècle, pendant lequel on bâtit peu d'églises, vit élever une

quantité de châteaux, de palais et maisons, dont les portes extérieures

étaient décorées de sculptures, de figures et d'armoiries. Parmi ces

portes de palais du XVe siècle, nous devons placer en première ligne

celle de l'hôtel de Jacques Coeur à Bourges, presque intacte encore

aujourd'hui. Ce fut en 1443 que le célèbre trésorier de Charles VII

commença la construction de cette belle résidence. Arrêté en 1451 à

Taillebourg, sur l'ordre du roi, par Olivier Coetivi, Jacques Coeur put

à peine jouir de l'hôtel qu'il avait fait construire dans sa ville

natale. Le portail de cet hôtel (fig. 87), est percé sous un pavillon

rectangulaire qui occupe à peu près le milieu de la façade sur la rue.

Il consiste en une porte charretière avec poterne au côté gauche. Les

vantaux de bois sculpté de la grande baie sont percés en outre d'un

guichet très-étroit, surmonté d'un heurtoir, et s'ouvraient carrément en

dedans de l'arc en tiers-point, sous un portail voûté en berceau

surbaissé. Au-dessus de la porte, une niche est pratiquée, partie aux

dépens de l'épaisseur du mur, partie en encorbellement; cette niche est

surmontée d'un dais très-ouvragé, soutenu par deux pilettes délicates:

elle contenait une statue équestre du roi Charles VII[330]. Une large

fenêtre à meneaux s'ouvre au-dessus de cette niche, et éclaire la

chapelle située au premier étage. Des deux côtés de la niche sont

simulées deux fenêtres garnies, celle de droite, donnant du côté de

l'entrée des cuisines, d'une figure de femme, et celle de gauche,

donnant du côté de la ville, d'une figure d'homme. Ces deux statues,

visibles seulement en buste par-dessus la balustrade, semblent regarder

au dehors et s'enquérir de ce qui se passe sur la voie publique. Ainsi,

comme le dit M. Vallet de Viriville, dans la curieuse notice qu'il vient

de publier sur Jacques Coeur[331]: «Ces deux personnages semblent

représenter la Vigilance... Dès le frontispice éclatait l'hommage public

et respectueux rendu à l'autorité souveraine par l'officier du roi; mais

en même temps et sous cette égide, la personnalité, l'individualité de

Jacques Coeur se déployait avec une assurance et une liberté

remarquables.» En effet, sur ce portail comme sur toutes les autres

parties de l'édifice, apparaissent les _coeurs_, les coquilles de

pèlerin, et la devise: _À vaillans coeurs rien impossible_.

On remarquera que l'idée de symétrie n'est entrée pour rien dans la

composition de ce portail, et cependant que les vides et les pleins, les

parties lisses et les parties ornées, se pondèrent d'une façon tout à

fait heureuse, sans que l'oeil soit préoccupe de ces démanchements

d'axes. Il fallait une porte charretière et une poterne, l'architecte

les a percées entre les deux murs de refend qui forment le pavillon. Il

a pris l'axe de celui-ci pour ouvrir la fenêtre éclairant la chapelle,

et a réuni la niche à cette fenêtre de manière à former une grande

ordonnance supérieure, indiquant un étage élevé et voûté. Les fenêtres

remplies par les deux figures tombent sous les angles du pavillon; mais

ces fenêtres sont pleines, et l'architecte a eu le soin de supposer un

entrebâillement du vantail dans chacune d'elles qui renforce leurs

pieds-droits sous l'angle du pavillon.

Nous citerons les portes d'entrée des hôtels de Sens et de Cluny à

Paris, qui existent encore, et qui sont postérieures de quelques années

à celles-ci[332]. À l'article MAISON, nous avons présenté quelques

portes des XIV et XVe siècles[333], qui nous dispenseront d'entrer dans

plus de détails sur cette partie importante des habitations du moyen

âge. Cependant nous dirons quelques mots des portes extérieures

d'escaliers, qui sentent une disposition particulière. Nous indiquons

ailleurs[334] comment les escaliers des habitations pendant le moyen âge

étaient presque toujours construits en vis. Ce parti pris nécessitait

l'ouverture de portes assez basses, puisqu'il fallait que le linteau de

ces portes masquât la première révolution du degré. Mais alors ce

linteau était considéré souvent comme une imposte surmontée d'une

fenêtre éclairant la deuxième révolution. Nous trouvons encore dans

l'hôtel de Jacques Coeur, à Bourges, un exemple, complet de ces sortes

de portes (fig. 88). Le linteau, formant imposte, présente une sculpture

intéressante. Trois arbres se détachent sur un fond. Celui du milieu

représente un oranger, celui de droite un dattier, et celui de gauche

une sorte de mimosa. Entre ces arbres croissent des plantes exotiques,

parmi lesquelles est un oeillet. On sait que Jacques Coeur fit plusieurs

voyages en Orient, et qu'il entretenait avec ces contrées un commerce

étendu. Ces plantes semblent être des emblèmes de ces relations, et

peut-être est-ce à l'illustre argentier que nous devons l'introduction

en France de quelques-unes de nos plantes médicinales et de jardin.

Autour de ce bas-relief, on lit la devise, plusieurs fois répétée dans

l'hôtel: _Oïr,--dire,--faire,--taire_, dont les lettres sont séparées

par des branches de plantes.

La première révolution de l'escalier passe derrière ce linteau et est

éclairée par la fenêtre d'imposte[335].

Les portes intérieures des palais et maisons, c'est-à-dire celles qui

s'ouvrent d'une pièce sur une autre, sont habituellement très-simples,

basses et étroites avant la fin du XVe siècle. Ce ne sont que des

ouvertures permettant à une seule personne de passer à la fois. Ces

portes étaient en outre garnies de portières. Dans aucune habitation du

moyen âge, fût-elle princière, on ne trouverait de ces portes

d'appartements ayant 3 ou 4 mètres de hauteur, comme dans nos hôtels

modernes, par cette raison bien naturelle, que si nobles qu'elles

fussent, les personnes passant par ces portes n'avaient pas une taille

qui atteignit six pieds. Si ces portes parfois sont larges, pour

permettre une circulation facile, elles ne dépassent pas 2m,50 sous

linteau.

C'est sous le règne de Louis XIV qu'on a commencé seulement à percer des

portes d'appartements ayant une plus grande élévation: on considérait

cela comme plus noble alors, sinon plus sensé.

Les portes intérieures des habitations du moyen âge sont très-simples,

parce qu'elles s'ouvraient derrière des tapisseries, et qu'on n'en

apercevait qu'à peine les jambages et les linteaux. Leurs vantaux seuls

étaient travaillés avec recherche. Les linteaux sont, ou rectilignes, ou

en portion d'arc de cercle, ou en cintre surbaissé. On voit déjà, dans

des bâtiments du commencement du XIVe siècle, apparaître ces linteaux

tracés au moyen de trois centres; mais c'est surtout vers la fin du XVe

siècle que leur emploi est fréquent. Pendant les XIIIe et XIVe siècles,

très-souvent ces linteaux sont soulagés par des corbeaux ménagés dans

l'épaisseur du tableau. Alors (fig. 89) un chanfrein ou un profil

pourtournent la baie du côté opposé à la feuillure du vantail, car il

est très-rare que ces portes soient à deux vantaux.

Vers la fin du XIVe siècle, les corbeaux soulageant les linteaux ne sont

plus employés pour les portes d'appartements. Celles-ci sont

quadrangulaires et ornées parfois d'un boudin formant colonnette, avec

chapiteau et base (fig. 90). Telles sont construites les portes

d'appartements du château de Pierrefonds. Au-dessus du linteau est

ménagée une clef en décharge, et du côté de l'ébrasement est pratiqué un

arc; ou si les portes sont étroites, un plafond d'un seul morceau de

pierre. Le boudin qui orne le tableau, le chapiteau et la base, sont

d'ailleurs pris dans l'épannelage rectangulaire des pieds-droits, et ne

forment pas saillie sur le nu du mur.

Dans les habitations décorées avec luxe, les linteaux étaient surmontés

de dessus de porte en menuiserie; car nous avons souvent constaté la

présence de scellements sur ces linteaux et sur les parements qui les

recouvrent. Si nos hôtels modernes étaient un jour abandonnés, pillés et

ruinés, on serait bien embarrassé de dire en quoi consistait la

décoration de nos portes d'appartements, car elles ne sont, après tout,

qu'une ouverture quadrangulaire dans un mur, ouverture que l'on revêt de

boiseries, de stucs et de peintures. Sans donner un rôle aussi important

à la décoration d'emprunt, les architectes du moyen âge ne se

préoccupaient cependant que de l'encadrement du tableau qui restait

apparent; les lambris, les dessus de portes et les tapisseries faisaient

le reste; la pierre n'apparaissait absolument que dans le tableau et sur

cette moulure d'encadrement. Cette simplicité des baies de portes

intérieures était cachée sous la richesse des boiseries et tentures qui

concouraient à la décoration des pièces, car il ne faudrait pas croire

que nos aïeux habitaient entre des murailles nues[336], comme celles que

nous laissent voir les ruines des châteaux. Beaucoup de ces portes

d'appartements étaient d'ailleurs garnies de tambours ou de _clotets_,

qui, ne s'élevant qu'à une hauteur de 6 à 7 pieds, empêchaient l'air

extérieur de pénétrer dans la pièce lorsqu'on ouvrait un vantail. On ne

possédait pas alors de calorifères, et si l'on ouvrait une porte, on

introduisait un cube d'air froid, dans les pièces chauffées, fort

désagréable. Ces tambours et ces portières étaient destinés à éviter cet

inconvénient. On sait comme on gelait dans les appartements de

Versailles, grâce à ces portes _nobles_ qui, chaque fois qu'on les

ouvrait, faisaient entrer une vingtaine de mètres d'air glacial dans les

pièces à feu; et comme Mme de Maintenon, qui craignait les coups d'air,

n'avait trouvé d'autre remède contre ce soufflet perpétuel que d'établir

son fauteuil dans ce que le duc de Saint-Simon appelle un tonneau.

Les portes des appartements du moyen âge, et jusqu'au règne de Louis

XIV, sont donc basses et peu larges, et ne sont, si l'on peut ainsi

parler, que des soupapes bien munies de clapets, pour éviter les

courants d'air. Il faut en prendre son parti. Ces portes ne

s'élargissent qu'autant qu'elles servent de communication entre de

grandes salles destinées à offrir une série de pièces propres à donner

des fêtes ou à recevoir un grand concours de monde, mais elles

conservent toujours une hauteur variant entre 2 mètres et 2m,50 au plus.

Peut-être voudra-t-on prendre une idée de la manière dont ces portes

d'appartements étaient décorées, dans des châteaux ou palais. C'est pour

rendre intelligible ce que nous venons de dire à ce sujet, que nous

avons réuni dans la figure 91 les renseignements recueillis, soit dans

des édifices civils de la fin du XIVe siècle ou du commencement du XVe,

soit dans des vignettes de manuscrits, des peintures et des bas-reliefs.

On voit ici que la porte proprement dite, la baie de pierre, est à peine

visible; les jambages et le bord inférieur de son linteau sont seuls

apparents. Au-dessus est scellé un grand ouvrage de menuiserie peint, et

qui se raccorde avec les porte-tapisseries moulurés. Ces tapisseries

s'arrêtent sur un lambris inférieur qui garnissait généralement le bas

des murs. La partie du mur laissée nue entre le plafond et les

tapisseries était décorée de peintures, et une portière était suspendue

à la boiserie formant dessus de porte.

Il arrivait que certaines portes d'appartements étaient complétement

masquées sous la tapisserie, laquelle était fendue seulement pour

laisser passer les habitants. C'étaient là de véritables portes _sous

tenture_.

Les exemples de portes d'appartements de la fin du XVe siècle ne

manquent pas, et l'on peut les trouver partout; elles sont généralement

terminées par un arc surbaissé, et quelquefois cet arc est couronné par

une accolade. On voit encore de jolies portes de ce genre au palais des

Ducs de Bourgogne à Dijon, à l'hôtel de Cluny à Paris, à l'évêché

d'Évreux, au palais de justice de Rouen, et dans beaucoup de châteaux de

cette époque, tels que ceux d'Amboise, de Blois, etc.

L'époque de la renaissance éleva de très-belles portes extérieures et

intérieures dans les habitations seigneuriales ou dans les maisons; mais

l'étendue de cet article ne nous permet pas de dépasser la limite de

l'ère gothique. Si nous voulions choisir parmi les beaux exemples des

portes du commencement de la renaissance, nous serions entraîné beaucoup

trop loin. D'ailleurs ces exemples sont reproduits dans un grand nombre

d'ouvrages mis entre les mains de tous les artistes.

[Illustration: Fig. 83.]

[Illustration: Fig. 84.]

[Illustration: Fig. 85.]

[Illustration: Fig. 86.]

[Illustration: Fig. 87.]

[Illustration: Fig. 88.]

[Illustration: Fig. 89.]

[Illustration: Fig. 90.]

[Illustration: Fig. 91.]

[Note 326: Voyez MAISON, et l'ouvrage sur _l'Architecture

civile_, de MM. Verdier et Cattois.]

[Note 327: Cette maison a été détruite depuis; nous

n'avons pu en retrouver que la place lors d'un dernier voyage

dans le département de l'Indre.]

[Note 328: Cette porte provient d'une maison de

Château-Vilain (Haute-Marne).]

[Note 329: Voyez MAISON, et l'ouvrage déjà cité de MM.

Verdier et Cattois.]

[Note 330: On retrouve cette même disposition à l'entrée

du château de Blois et au-dessus de la porte de l'hôtel de

ville de Compiègne.]

[Note 331: Voyez _Jacques Coeur_, par M. Vallet de

Viriville. Paris, 1864.]

[Note 332: Voyez MAISON, fig. 39.]

[Note 333: Voyez fig. 21, 24, 25, 27, 28, 29, 37. Voyez

aussi l'article SALLE.]

[Note 334: Voyez CHÂTEAU, ESCALIER, MAISON.]

[Note 335: Voyez _Notices sur les monuments du Berry_,

par M. Hazé, 1834.]

[Note 336: Voyez le _Dictionnaire du mobilier_.]

Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle - Tome 7 - (P) · 第 35 / 44 段