MADAME ADÉLAÏDE AU PRINCE DE TALLEYRAND[278].

Neuilly, le 20 juillet 1833.

... Je viens vous remercier de votre empressement à nous donner les

nouvelles de la conférence si intéressante pour nous. Je dois vous

dire que notre cher roi regrette beaucoup, surtout étant soutenu par

l'Angleterre, que vous n'ayez pas insisté davantage pour obtenir que

les vingt et un articles adoptés et ratifiés par les cinq

puissances ne soient pas remis en discussion.--Il croyait que la

conférence le déclarerait de prime abord aux plénipotentiaires

hollandais, et qu'elle ne s'occuperait que des trois articles

réservés. Il voit avec étonnement qu'au lieu de cela, on va

seulement parafer ceux des vingt et un articles qui s'accordent avec

le projet hollandais et que les autres seront remis en discussion,

ce qui paraît être en contradiction directe avec les engagements que

les cinq puissances ont contractés avec la Belgique par un traité

qu'elles ont formellement ratifié; et tellement, que, pour sa part,

il ne sait pas comment il pourrait ratifier un acte qui serait

entaché de cette contradiction. Je me hâte de vous en faire part,

parce que je suis sûre que ces réflexions de notre cher roi vous

frapperont, et qu'avec votre talent et votre zèle vous trouverez

moyen de remédier à ce premier début fâcheux, et qui nous tourmente

beaucoup...

[278] Voir page 196.

Mémoires du prince de Talleyrand, Volume 5 · 第 216 / 313 题