Stanhope-Street, le 16 avril 1833.
Mon cher prince,
Voici la note que M. Dedel vient de me remettre. Elle est, comme je
lui ai remarqué, une très mince affaire après tant de réflexion.
Quant à la nouvelle rédaction pour l'armistice, elle a le mérite
d'être incompréhensible, ou plutôt, elle est à double sens; car nous
avons toujours soutenu qu'avant novembre dernier il y avait
suspension d'armes sans terme, tandis que de l'autre côté le roi
des Pays-Bas déclarait toujours qu'il était libre de recommencer
les hostilités à tout instant.
En ceci la note ne nous avance pas.
Rien n'y est dit de la neutralité, et il y a ceci à remarquer qu'un
armistice est bilatéral, et que si les Hollandais provoquaient les
Belges à quelque petite agression sur les frontières ou s'ils
alléguaient quelque infraction de la part des Belges, ils pourraient
dire que l'armistice était rompu. Mais un engagement de la part de
la Hollande de respecter la neutralité de la Belgique serait un lien
dont la Hollande n'échapperait pas si facilement.
Rien n'est dit dans cette note de l'ouverture des communications
commerciales par la ville de Maestricht, niais je m'imagine que,
lorsqu'on ouvre la rivière on ne continuerait pas à fermer les rues.
Vous savez naturellement que le prince de Metternich propose un
arrangement qui serait excellent si la Hollande voulait l'adopter.
C'est-à-dire une convention entre nous deux et la Hollande, par
laquelle l'embargo serait levé, armistice indéfini conclu, Escaut
mis sur le pied de novembre dernier et Meuse ouverte; en même temps
un traité serait signé entre les cinq puissances et la Hollande, par
lequel cette dernière accepterait finalement les vingt et un
articles sur lesquels les réserves ne portent pas; les trois autres
articles formeraient le sujet de négociations immédiates.
Quant à moi, je ne vois que du bon dans cette proposition.
Mais il faut voir si elle nous arrivera de Berlin telle qu'elle est
partie de Vienne...
[277] Voir page 156.