MADAME ADÉLAÏDE AU PRINCE DE TALLEYRAND[276].

Tuileries, le 13 février 1833.

... J'ai fait part à notre cher roi de ce que vous me mandez

relativement au Portugal et a la reine doña Maria: je vous dirai

très sincèrement que nous n'avons jamais désiré cette situation

délicate pour notre cher Nemours, ni aucun de nos enfants. Je suis

persuadée qu'ils seront beaucoup plus heureux restant en France ce

qu'ils sont. Ainsi à cet égard nos vues ne pourront jamais porter

ombrage au gouvernement anglais. Le _jamais_ m'afflige, non pour la

chose en elle-même, mais pour le sentiment que cela prouve de

préjugé et d'éloignement, de défiance qui malgré tout existe encore

contre nous, ce que je regarde comme malheureux dans les intérêts

des deux pays; mais, quant à cette affaire de Portugal, je vous le

répète, nous ne le pensons ni ne le désirons pour aucun de nos

enfants. Mais, en même temps, il me semble qu'il ne serait pas dans

nos intérêts que ce fût un archiduc, et que l'Autriche acquît par

cet arrangement une influence sur l'Espagne dans le même genre que

celle qu'elle n'a déjà que trop grande sur l'Italie. Je vous soumets

cette idée, en vous engageant à songer à un autre choix et à

m'écrire quel est votre avis sur le prince qu'il serait le plus

désirable de voir là et que nous ferions bien de soutenir. Je

penserais peut-être à un prince de Naples. Pour moi, je vous avoue

que je crois que cela vaudrait beaucoup mieux qu'un Autrichien qu'il

faut surtout éviter...

[276] Voir page 233.

Mémoires du prince de Talleyrand, Volume 5 · 第 214 / 313 题