Tuileries, le 13 février 1833.
... J'ai fait part à notre cher roi de ce que vous me mandez
relativement au Portugal et a la reine doña Maria: je vous dirai
très sincèrement que nous n'avons jamais désiré cette situation
délicate pour notre cher Nemours, ni aucun de nos enfants. Je suis
persuadée qu'ils seront beaucoup plus heureux restant en France ce
qu'ils sont. Ainsi à cet égard nos vues ne pourront jamais porter
ombrage au gouvernement anglais. Le _jamais_ m'afflige, non pour la
chose en elle-même, mais pour le sentiment que cela prouve de
préjugé et d'éloignement, de défiance qui malgré tout existe encore
contre nous, ce que je regarde comme malheureux dans les intérêts
des deux pays; mais, quant à cette affaire de Portugal, je vous le
répète, nous ne le pensons ni ne le désirons pour aucun de nos
enfants. Mais, en même temps, il me semble qu'il ne serait pas dans
nos intérêts que ce fût un archiduc, et que l'Autriche acquît par
cet arrangement une influence sur l'Espagne dans le même genre que
celle qu'elle n'a déjà que trop grande sur l'Italie. Je vous soumets
cette idée, en vous engageant à songer à un autre choix et à
m'écrire quel est votre avis sur le prince qu'il serait le plus
désirable de voir là et que nous ferions bien de soutenir. Je
penserais peut-être à un prince de Naples. Pour moi, je vous avoue
que je crois que cela vaudrait beaucoup mieux qu'un Autrichien qu'il
faut surtout éviter...
[276] Voir page 233.