«Touché de plus en plus par de graves considérations, conduit à juger
de sang-froid les conséquences d'une révolution qui a tout entraîné et
qui dure depuis cinquante ans, je suis arrivé, au terme d'un grand âge
et après une longue expérience, à blâmer les excès du siècle auquel
j'ai appartenu, et à condamner franchement les graves erreurs qui,
dans cette longue suite d'années, ont troublé et affligé l'Église
catholique, apostolique, romaine, et auxquelles j'ai eu le malheur de
participer.
»S'il plaît au respectable ami de ma famille, monseigneur l'archevêque
de Paris, qui a bien voulu me faire assurer des dispositions
bienveillantes du souverain pontife à mon égard, de faire arriver au
Saint-Père, comme je le désire, l'hommage de ma respectueuse
reconnaissance et de ma soumission entière à la doctrine et à la
discipline de l'Église, aux décisions et jugements du Saint-Siège sur
les affaires ecclésiastiques de France, j'ose espérer que Sa Sainteté
daignera les accueillir avec bonté.
»Dispensé plus tard par le vénérable Pie VII de l'exercice des
fonctions ecclésiastiques, j'ai recherché, dans ma longue carrière
politique, les occasions de rendre à la religion et à beaucoup de
membres honorables et distingués du clergé catholique tous les
services qui étaient en mon pouvoir. Jamais je n'ai cessé de me
regarder comme un enfant de l'Église. Je déplore de nouveau les
actes de ma vie qui l'ont contristée, et mes derniers vœux seront
pour elle et pour son chef suprême.
»CHARLES-MAURICE, prince DE TALLEYRAND.
»Signé à Paris, le 17 mai 1838.»
[Écrit le 10 mars 1838.]