LE COMTE DE RIGNY AU PRINCE DE TALLEYRAND.

«Paris, le 25 juillet 1834.

»Mon prince,

»Les dépêches de Madrid ne sont pas rassurantes et ne donnent pas un

grand appétit d'aller se fourrer là.

»Il est bon que vous sachiez que les ministres étrangers ici qui

peuvent apercevoir les dispositions personnelles du roi s'en prévalent

auprès de don Carlos qu'ils font renseigner et encourager à cet égard:

nous en avons _preuves matérielles_.

»Ils disent beaucoup dans leurs conversations privées que ce sera la

guerre générale si nous soutenons la reine par une intervention armée:

ils _provoquent_ de leurs cours des notes précises sur ce sujet et

disent qu'elles nous arrêteront tout court. Aussi voudrais-je qu'il y

ait parti pris dans un sens ou dans un autre avant que nous entendions

un tel langage.

»Ce qu'il y aurait de mieux, c'est que l'Espagne ne nous demandât

rien, et je n'ai encouragé Rayneval dans aucune espérance à ce sujet.

»Les vaisseaux anglais ont quitté Smyrne et ils ont bien fait, car

cela agitait de nouveau Constantinople et tout son drogmanat à peu

près en pure perte...»

Mémoires du prince de Talleyrand, Volume 5 · 第 188 / 313 题