«Neuilly, le 25 mai 1833.
»Mon cher prince,
»Je ne veux pas différer davantage à vous exprimer combien je suis
sensible à l'accueil qui vient d'être fait à mon fils en Angleterre,
et combien j'apprécie toute la part que vous avez eue à préparer et à
obtenir ce succès, auquel son importance réelle et mes vieux
sentiments pour cet admirable pays me font attacher le plus grand
prix. Ce succès confirmera mon fils dans ces sentiments, et cela seul
serait un grand bien pour nos deux nations. Il le sent vivement, et me
demande de vous bien témoigner, et particulièrement à madame de Dino,
combien il est sensible à tout ce que vous avez fait pour lui dans
cette circonstance. J'espère qu'elle me permettra aussi de m'associer
à ce remerciement, en attendant que je puisse le lui réitérer
moi-même.
»Je vous prie, mon cher prince, de rechercher et de saisir une
occasion de témoigner, de ma part et de celle de la reine, au roi et à
la reine d'Angleterre, combien nous sommes sensibles à l'accueil
qu'ils ont fait à notre fils, et à toutes les attentions dont il a été
l'objet de leur part. Vous serez de même mon fidèle interprète auprès
des princes et princesses de la famille royale, aussi bien que de
toutes les autres grandeurs anglaises et étrangères, et vous leur
direz surtout combien j'ai joui et combien je suis touché de la
manière dont mon fils a été reçu en Angleterre.
»_And the last not least_: j'ai encore à vous faire mon compliment de
la signature de la convention du 21 mai, avec M. Dedel. Je la
regarde comme assurant la conclusion pacifique de la grande tâche que
je m'applaudis tant de vous avoir confiée, et que vous avez conduite
avec tant d'habileté et de succès. J'espère et je crois qu'on en sera
satisfait à Bruxelles, et qu'elle y produira l'effet que je regarde
comme le point décisif de la question, c'est-à-dire que la dépense
sera réduite dans les limites du revenu. Une fois cet équilibre
établi, nous attendrons avec beaucoup de patience et de résignation le
moment où le roi des Pays-Bas jugera à propos de signer le traité
définitif.»
»Vous connaissez depuis longtemps, mon cher prince, toute mon amitié
pour vous.