«Londres, le 27 mai 1833.
»Mon cher duc,
»... On a suivi ici avec beaucoup d'intérêt la discussion de la
garantie de l'emprunt grec à la Chambre des députés, et je dois vous
dire, monsieur le duc, que l'opinion a été unanime sur les différents
discours que vous avez prononcés à cette occasion. On a généralement
admiré l'exposé si vrai, et en même temps si brillant, que vous avez
fait de toutes les négociations sur la Grèce. Il s'agissait du reste,
dans cette affaire, d'une question constitutionnelle d'une haute
importance, et vous avez très bien défini les droits que donne, et les
limites qu'impose aux Chambres, leur intervention dans les
transactions diplomatiques conclues par le gouvernement.
»J'ai l'honneur de vous adresser une dépêche qui est arrivée ce matin
de La Haye et qui vous apprendra le bon effet qu'y a produit la
convention signée le 21. On doit, ce me semble, trouver dans cette
circonstance une nouvelle preuve de l'inconvénient qu'il y aurait eu à
se laisser trop préoccuper par quelques récits exagérés. Si on s'en
était rapporté aux informations qui, depuis plusieurs mois, étaient
transmises de différents côtés, nous aurions dû croire que la
résistance de la Hollande était insurmontable et qu'elle était
soutenue par les trois cours du Nord. Nous voyons aujourd'hui que ces
informations étaient plutôt le résultat d'impressions personnelles et
peut-être d'inexpérience dans les affaires, que d'une connaissance
approfondie de l'état de choses et des lieux.
»On pense que les ratifications de La Haye arriveront le 29. M. Dedel,
que je viens de voir et qui a reçu aussi les nouvelles les plus
satisfaisantes de La Haye, les attend pour ce jour-là.
»M. le duc d'Orléans est revenu aujourd'hui à quatre heures de
Liverpool. Son Altesse Royale se propose d'assister demain au
drawing-room de la reine, et de partir ensuite pour Deal afin
d'inspecter l'escadre française stationnée aux Dunes...»