«Paris, le 29 avril 1833.
»Mon prince,
»Vous trouverez dans ma dépêche ci-jointe la détermination prise ce
matin par le conseil du roi. Nous acceptons la proposition du cabinet
d'Angleterre quant à son principe, sauf à discuter la rédaction quand
elle nous parviendra. J'espère que l'affaire sera finie à
Constantinople avant que nous ayons réponse des deux cours d'Autriche
et de Russie; mais cela sera bon pour faire déguerpir les Russes. Je
suis bien fâché que l'Angleterre n'ait pas pris son parti plus tôt; en
vérité, ce n'est pas ma faute. Depuis mon entrée au ministère, je n'ai
cessé de la solliciter d'envoyer un ambassadeur à Constantinople. J'ai
communiqué presque jour par jour à lord Granville toutes les dépêches
que j'écrivais ou que je recevais à ce sujet; je l'ai averti, prié,
pressé; je ne lui ai rien laissé ignorer, toutes les fois qu'un
incident quelconque, de quelque importance, s'est déclaré; je vous ai
prié, mon prince, de renouveler vos ouvertures à ce sujet. Enfin, il
vaut mieux tard que jamais; j'espère encore que nous nous en tirerons
bien; mais tout serait fini, et à Alexandrie, et à Constantinople, si
le cabinet anglais avait voulu.
»Je vous envoie une dépêche de M. Bresson, qui vous montrera que M.
Matusiewicz a échoué à Berlin[84]. Je crois qu'il nous faut maintenant
commencer à montrer les grosses dents: car, sans cela, on va nous
croire à bout de nos forces et la Hollande se moquera de nous. N'y
aurait-il pas moyen de resserrer le blocus et de peser plus
efficacement sur le commerce hollandais? Voilà la belle saison qui
s'écoule; si nous n'en profitons pas, que dira-t-on de nous? Adieu,
mon prince...»
[84] Voir page 153.