«Londres, le 16 novembre 1832.
»Monsieur le duc,
»On attend avec une très vive impatience des nouvelles de l'armée
française dont on dit que l'entrée en Belgique a dû avoir lieu
seulement ce matin. C'est désormais de ce côté que nous devons tourner
nos regards, et je vous prie de me tenir le plus exactement possible
au courant de tout ce qui peut offrir de l'intérêt; on cherchera sans
aucun doute à répandre ici des bruits fâcheux sur notre armée, et il
est important que je sois toujours en état de les démentir; je
voudrais même, si cela était possible, être instruit directement par
le télégraphe de Lille à Calais. Les personnes les mieux disposées
pour nous, nous témoignent de l'inquiétude; on craint que nous n'ayons
pas assez de troupes sur la frontière du Nord, et que cela ne
fournisse au prince d'Orange l'occasion de se précipiter vers le
centre de la Belgique. Je cherche à calmer ces craintes, mais il est
essentiel que je puisse toujours contredire les faux bruits qui
viendraient leur donner de la consistance...»