«Londres, le 13 novembre 1832.
»Je vois arriver le 15 plutôt avec plaisir qu'avec inquiétude; il nous
tirera de l'incertitude si fatigante dans laquelle nous sommes.
M. de Zuylen a prodigieusement nui par ses finasseries, ses réserves
et je pourrais dire, sa mauvaise foi à une affaire que tout le monde
voulait éclaircir et terminer. Il a pris des voies détournées; il
s'est lié avec les tories pour faire dire dans les journaux ce qui
convenait aux ennemis du ministère anglais. Avec M. Falck tout se
serait arrangé depuis six mois, et le roi de Hollande serait beaucoup
mieux placé...»
«Le 14 novembre.
»Nous touchons au moment de l'entrée de nos troupes en Belgique; dans
peu d'heures, elles seront en marche. J'ai fait de mon côté tout ce
dont on avait besoin; j'espère qu'à Paris, tout a été préparé pour
l'action; il ne faut faire aucune perte de temps. Plus l'expédition
sera courte, plus elle sera brillante, et sans inconvénient en Europe.
L'escadre anglaise est sur les côtes de la Hollande; c'est l'amiral
Malcolm qui est avec elle.
»Toute démonstration de l'Angleterre nous convient; car c'est par
notre union avec elle que nous éviterons la guerre, quoi qu'en
puissent dire les journaux français. Notre convention avec
l'Angleterre est trop près d'être un traité offensif et défensif pour
que les plus zélés pour la guerre ne se refroidissent pas.
»Adieu, j'ai bien besoin d'être au courant jour par jour, de la marche
de notre armée et des mouvements des troupes prussiennes dont parlent
les journaux[27]...»
[27] Dès l'entrée des troupes françaises en Belgique, la Prusse
concentra une armée d'observation sur la Meuse, mais elle ne fit
aucun mouvement offensif.