«Paris, le 2 novembre 1832.
»Mon prince,
»En faisant partir nos vaisseaux de Cherbourg j'ai donné ordre au
contre-amiral Ducrest de Villeneuve de vous rendre compte de son
arrivée, et, de plus, de se conformer à toutes les directions que vous
croiriez devoir lui donner.
»Il m'a paru tout naturel que ces directions vinssent de Londres
sans l'intermédiaire de Paris. Le temps est précieux et il ne faut pas
le perdre en détours inutiles. Vous, mon prince, qui l'avez si
utilement employé dans cette circonstance, vous en jugerez comme moi.
»Nos dissidents s'humanisent un peu; cependant, il serait hasardeux de
dire que tous se rangeront. Dupin est arrivé et a vu le roi hier. Il
dit qu'il ne fera pas d'opposition et qu'il s'asseoira _neutre_ au
fauteuil de la présidence. Comme membre obligé de la commission de
l'adresse, il aura quelque influence. L'opposition se propose d'y
mettre un mot significatif au sujet de la _quasi légitimité_.
»Nous pensons que le 4 ou le 5, nous aurons la réponse de La Haye,
peut-être par Londres. Vous pourriez nous la faire donner par le
télégraphe de Calais.--La _Melpomène_ et la _Créole_ partent pour
Spithead...»