«Paris, le 26 octobre 1832.
»Je savais d'avance, mon prince, que vous feriez l'impossible: c'est
votre usage. J'espère que nous accomplirons ce que vous avez fait.
Nous voilà avec une dot: on nous épousera. Certainement, il faut
ménager les préventions du pays où vous êtes, et ne pas mettre le
cabinet britannique aux prises avec l'instinct britannique. Nous
sommes exactement dans la même situation; nous avons nos préjugés qui
sont puissants, nos ignorances qui sont infinies. Nous demandons qu'on
ménage aussi tout cela. Dites-nous ce qu'il faut, et dites ce qu'il
nous faut. Nous réussirons ici et à Londres, Dieu et vous aidant...
»Rien n'est jamais fini en ce monde; et après ce que vous venez de
faire, nous vous demanderons probablement de faire beaucoup encore.
Nous avons besoin d'aller chercher de la raison partout, car nous n'en
avons pas assez sous la main. Vous nous en fournirez toujours,
n'est-ce pas?
»J'ai proposé au roi de rétablir la classe des sciences morales et
politiques de l'Institut[20]. Cela est ici d'un bon effet, et j'ai eu
la bonne fortune de rencontrer là votre nom. Je regrette bien que vous
ne soyez pas ici pour les élections qui vont se faire; mais, quelle
que soit l'importance des académies, ce que vous faites à Londres vaut
mieux...»
[20] Voir le rapport de M. Guizot au roi (_Journal des Débats_ du
28 octobre). La classe des sciences morales et politiques créée
le 3 brumaire an IV par une loi de la Convention avait été
supprimée par arrêté consulaire du 3 pluviôse an XI.