«Paris, le 11 octobre 1832.
»Mon prince,
»Je ne veux pas laisser partir madame de Dino sans vous dire un mot et
de la composition du nouveau ministère et de son avenir.
»Son avenir (je veux dire sa durée) importe, je le crois, à toute
l'Europe, et l'Europe, jusqu'à un certain point, peut influer sur sa
durée.
»Malgré la violence que vont manifester nos débats, nous triompherons,
si nous avons à annoncer une conclusion raisonnable de l'affaire
belge: elle est toute pour nous dans l'évacuation d'Anvers; il faut
qu'on nous laisse aller la demander sous ses murs et nous retirer le
lendemain.
»Il nous faut pour cela l'aveu du cabinet de Londres; le silence des
autres en sera la suite. Mais, sans cela, la lutte parlementaire peut
nous emporter et avec nous la dernière digue.
»Votre haute influence, mon prince, peut seule nous aider. L'œuvre
est digne de vous; nos liens avec l'Angleterre deviendraient
indestructibles et la civilisation de l'Europe, encore sauvée.
»Madame de Dino vous dira que c'est hier à minuit et demi que les
ordonnances ont été signées.
»Je vous renouvelle l'hommage de mon respectueux dévouement.»