«Paris, le 11 octobre 1832.
»Mon prince,
»J'ai vivement regretté hier de ne pouvoir causer dix minutes de plus
avec vous. J'ai besoin de vous répéter combien votre concours le plus
actif, le plus décisif, nous est nécessaire. Nous voilà engagés dans
une grande lutte. Nous acceptons l'honneur et le fardeau de soutenir
la cause de l'ordre, de la paix, des intérêts légitimes et réguliers,
des vrais principes sociaux, la cause de la civilisation et de la
sécurité européenne. Nous nous y dévouerons tout entiers, sans relâche
comme sans réserve, et j'ai très bonne espérance, car la France veut
comme nous, le triomphe de cette belle et bonne cause. Mais faites en
sorte, mon prince, que notre situation soit bien comprise; qu'on sache
bien que la confiance des hommes sensés, des honnêtes gens hors de
France, comme en France, fait notre force et qu'elle ne saurait se
manifester trop tôt ni trop clairement. Investis de cette confiance,
nous pourrons beaucoup, j'ose le dire. Si elle était incomplète,
lente, timide; si nous n'en faisions pas recueillir les fruits à notre
pays, nous rencontrerions des difficultés immenses. Je suis, pour mon
compte, tout prêt à les braver, mais elles peuvent disparaître,
diminuer beaucoup, du moins, dès les premiers pas. Vous nous y
aiderez, mon prince. Ce succès-là mérite bien qu'on y fasse quelques
sacrifices. Vous savez si je suis tout à vous.»