Quant le prinche entendy che, sy fut moult courouchiés et fist moult

tost partir ses marescaus à tout cinq cens hommes d’armes et trois

mille archiés, et leur dist qu’il mesissent Cabestain en fu et en

flame et sans deport, et toutes les gens à l’espée sans merchy. Et

tant chevauchèrent les gens du prinche qu’il vinrent devant Cabestain.

Sy le trouvèrent trop renforcie et bien garnie de bonnes gens d’armes

et d’artillerie qui commenchèrent fort à traire contre les Englès.

Quant il les virent aprochier et abrochier leurs chevaulx, adonc se

retirèrent ung poy arrière les deux marisaus englès qui là estoient

et le sires de Labreth, et firent retraire leur gens. Sy avisèrent

et ymaginèrent le forche de chiaus de Cabestain et le foison de

gens d’armes qui dedens estoient. Sy dirent bien entre aulx, tout

consideret, que à l’asallir ºn pouroit plus perdre que gaignier. Il

s’en partirent et s’en retournèrent à Nerbonne devers le prinche et ly

recordèrent tout che que il avoient veu et trouvé. Et adonc se tint le

prinche pour decheus de chiaulx de Cabestain et demanda consail à ses

chevaliers quel chose il en feroit, sy il chevaucheroit plus avant ºu

pais et se il lairoient Nerbonne, car à assallir le chité ne poroit

gaire conquerre, car trop estoit forte et bien gardée.

Sy fut dit et conseilliet pour le milleur et plus honourable, à l’avis

des plus saiges, que il se retrairoient tout bellement et saigement,

car pour celle saison il avoient assés avant chevauchiet ens ou pais,

et sy estoient chergiet durement de grant avoir qu’il avoient conquis,

tant que cars et sommiers en estoient chergiet, et ossy de bons

prisonniers dont il en orent grant rainchon. Sy faisoit bon tout che

mettre en garde et à sauveté. D’aultre part, il avoient entendu que le

connestable de Franche, le conte de Forès, le conte d’Erminac et tous

les barons et chevaliers du pais s’asambloient. Sy pourroient bien

tant demorer que [à] leur retour le chemin leur seroit estroit, et que

chil seigneur de Franche dessus nommés leur tauroient leur passaige de

le Geronde par ºù il leur couvenoit passer: sy quez, tout pourpeset et

consideret, le prinche regarda que on le consilloit loyaument. Sy fist

ung jour crier et assavoir en son ost que tout fut tourset et chergiet,

car au matin il volloit partir.

Celle nuit entendirent toutes manières de gens à yaulx ordonner et

apparelier selonc le cry du prinche, et se deslogèrent au matin: dont

chilz de Nerbonne furent moult joieulx, car il avoient esté six jours

en grant esmay. Sy chevauchèrent les Englès devers une bonne ville,

que on clame Limous, où on fait les pines, ung aultre chemin qu’il

n’estoient point venus devers Toulouse. Quant il parfurent venu devers

Toulouse et qu’il furent jusques à là, sy trouvèrent la dite ville de

Limous bien garnie et bien pourveue selonc l’usaige du pais. Pour che

ne demora mie que il ne l’assallisent fierement. Et chil qui dedens

estoient se deffendirent che qu’il porent selon leur povoir, et se

tinrent du matin jusques à heures de viespres; mais finablement elle

fut prise et toute robée et gastée sans deport. Et y gaignèrent ly

Englès et ly Gascons moult grant avoir et pluiseurs bons prisonniers.

Che mesme jour vinrent ly conte d’Erminac, le conte de Pieregoth, le

conte de Laille, le conte de Comminges, le viés conte de Quarmaing, le

conte de Villemur, le viés conte de Thalar, le viés conte de Murudon,

le sire de Labarde et pluiseurs aultres grans seigneurs de Gascongne,

en l’ost de monseigneur Jaques de Bourbon, connestable de Franche, qui

estoit venus à Besiers à tout son grant ost. Quant tout ces contes

furent asamblé, il furent grant gens yauls bien trente mille, c’uns que

aultres, et eurent consail qu’il yroient au devant des Englès et les

encloroient entre le Geronde et les montagnes de Roherge. Sy se mirent

tous à camps à grant esploit et vinrent l’endemain à Cabestain. Fº 511

à 515.

P. 171, l. 7: redemption.--_Ms. B 3_: rençon. Fº 177.

P. 171, l. 9: à non ardoir.--_Ms. B 3_: pour paour d’estre ars.

P. 171, l. 31: Bediers.--_Ms. B 4_: Besieres. Fº 163 vº.

P. 172, l. 5: pont.--_Ms. B 3_: port.

P. 172, l. 6: fait.--_Le ms. B 4 ajoute_: on.

P. 172, l. 6: pines.--_Ms. B 3_: pignes.--_Ms. B 4_: pures. Fº 163 vº.

P. 172, l. 21: Jakemon.--_Ms. B 3_: Jacques.

P. 172, l. 28: Charcassonne.--_Ms. B 3_: Cabansonne.--_Ms. B 5_:

Terrascon. Fº 369.

§ =362=. P. 173, l. 5: Quant li princes.--_Ms. d’Amiens_: Si se

retraist adonc li prinches à tout son concquès en Bourdelois, sans

avoir nul rencontre. Ne oncques li connestablez de France ne li comtez

d’Ermignach ne li empechièrent son voiaige; mès, se il fuissent un

peu plus demoré, sans faulte il l’ewissent combatu, car il avoient

et eurent sus les camps à une journée plus de trente mil armures

de fier. Mès li prinches et ses gens se retraissent si à point que

oncquez il ne virent l’un l’autre. Enssi se deffist et desrompi celle

grosse chevauchie. Et parlerons des aucunez avenues qui avinrent en

celle saison ou royaumme de Franche, qui durement le grevèrent et

afoiblirent. Fº 101.

P. 173, l. 5: Quant.--_Ms. B 6_: Et ly Englès se partirent de le ville

de Limous che meismes jour et s’en vinrent à Montaral, ºù il avoit

assés bonne ville et forte; mais pour che que elle seoit en leur

chemin, il ne le volloient pas espargnier. Sy l’asallirent et prirent

par forche et le pillèrent toute, et s’y logèrent le jour et le nuit.

Et là seurent il, par les prisonniers qu’il prirent, que le connestable

de Franche et le conte d’Erminac et tout grant puissanche les sievoient

à grant puisanche, et estoient plus de trente mille hommes à cheval,

sans les bidaus qui estoient à piet à tout gravelos et pavais.

Adonc se consillèrent les Englès et Gascons quel chose il feroient,

se il les atenderoient ou se il retourneroient arière en leur pais.

Sy trouvèrent en leur consail, tout consideré et ymaginet, que il

se retourneroient au plus tost que il pouroient et metteroient leur

avoir conquis et leurs prisonniers à sauveté au plus hastivement qu’il

pouroient, et n’entenderoient à nule ville à asallir. Si se partirent

de Montaral et prirent le chemin des montaignes et s’en vinrent vers

Fougans. Et les Franchois passèrent le rivière d’Aude à Carquasonne et

s’en vinrent après yaulx à grant esploit; mais ºncques ne se peurent

tant esploitier que les Englès ne furent deus journées devant yaulx. Et

passèrent le Pont Sainte Marie desoubz Toulouse la rivière de Geronde,

et s’en revinrent en leur pais tous sauvement en Bourdelois, et y

amenèrent leur grant avoir.

Quant le connestable de Franche, le conte de Forès, le conte d’Erminac

et les aultres seigneurs de Franche et Gascons virent que les Englès

en estoient allet et repasset la rivière de Geronde, et que poursievir

ne leur valloit riens, il se retrairent tout bellement. Et donna le

connestable toute[s] les gens d’armes congiet, car il veoit bien que

pour celle saison il n’en avoit plus à faire et ºrdonna que chascun

signeur ralast en son lieu. Et il meismes s’en revint en Franche, et le

conte d’Erminac à Toulouse: ensy se departy celle grose armée.

Or avint ung pau après que, quant ces choses furent ung pau apaisies

et les seigneurs revenut en leur maisons, le conte d’Erminac, qui se

tenoit à Toulouse, estoit moult fort en hayne de chiaus de Toulouse,

pour tant que ly Englès avoient passé et rapassé le Geronde sans estre

combatus. Et tant se mouteplia cheste murmure que ung jour tout ly

chitoiiens de la ville s’armèrent et assamblèrent et s’en vinrent,

tout d’un acord, au castiel de Toulouse, pour le prendre à forche, et

le conte d’Erminac qui dedens se tenoit, et y livrèrent moult grant

assault. Le conte d’Erminac, qui dedens estoit à privée maignie,

entendy comment les hommes de le ville estoient là venu pour luy

prendre à forche et ochire. Sy fut moult esbahis et se fist hors mettre

en une corbaille par une des fenestre[s] sur les camps ens ès fosés,

et ung seul sien escuier avecq luy, et se sauva par celle manière.

Tant asallirent chil de la chité le castiel qu’il l’enforchièrent et

entrèrent dedens. Et prirent les gens du conte d’Erminac et en ochirent

douze, desquelz il volrent. Entre lesquels il y eult quatre bons

chevaliers du consail et du pais au dessus dit conte, qui adonc n’en

peult avoir aultre chose. Mais le dit conte depuis deffia chiaus de

Toulouse et les greva tellement qu’il furent tous joieulx que il luy

porrent amender che meffait à se vollenté plainement. Fºs 515 à 518.

P. 173, l. 7: estoit.--_Ms. B 3_: est. Fº 177 vº.

P. 173, l. 11: sus le fiance.--_Ms. B 3_: pour la seurté.

P. 173, l. 11: eut.--_Ms. B 3_: avoit.

P. 173, l. 16: Fougans.--_Ms. B 3_: Fouganx.--_Ms. B 4_: Fougians. Fº

164.--_Ms. B 5_: Fondans. Fº 369.

P. 173, l. 17: Rodais.--_Ms. B 3_: Rodès.

P. 174, l. 1: adonc.--_Ms. B 3_: alors.

P. 174, l. 2: toutdis dou pieur.--_Ms. B 3_: tousjours du pire.

P. 174, l. 6: les.--_Ms. B 3_: leurs.

P. 174, l. 8: menroit.--_Le ms. B 3 ajoute_: par.

§ =363=. P. 174, l. 15: Nous nos.--_Ms. d’Amiens_: Vous avés bien chy

dessus oy recorder comment li roys de France hayoit en coer le jone

roy de Navare, quel samblant qu’il li moustrast, pour le cause de son

connestable. Si avint, assés tost apriès que ceste cevauchie fu faite

dou prinche de Gallez en le Langhe d’ock, que li roys de France fu trop

mallement dur enfourmés contre lui. Et seurent adonc moult peu de gens

dont chilx nouviaux mautalens venoit, mès il fu trop grans et trop

mervilleux, et moult cousta puisedi au royaumme de Franche.

Ung jour, en quaresme, environ Pasquez, estoit Carlez, dus de

Normendie, ainnés filz dou roy Jehan, ens ou castiel de Roem, et là

donnoit à disner le dit roy de Navare, son serourge, le comte de

Harcourt, le signeur de Graville et pluisseurs autres. Et y devoit y

estre messires Phelippes de Navarre et ossi messires Godeffroit de

Harcourt, mès point n’y furent.

Ensi que on seoit à table, li roys Jehans entra en la salle, lui

trentime de gens tous arméz et messires Ernoulx d’Audrehen devant lui,

qui traist son espée et dist enssi si hault que tout l’oïrent: «Nulz ne

se mueve pour cose qu’il voie, ou je le pourfenderai de ceste espée.»

Li signeur qui là estoient, quant il virent le roy de Franche venu si

aïré, furent moult esbahi.

Adonc se traist li roys de Franche deviers le roy de Navarre, et

s’avancha parmi la table et le prist par le kevech de sa cote, et li

dist: «Sus, mauvais traistres, tu n’es pas dignes de seoir à la table

de mon fil.» Et le tira si roit à lui qu’il li pourfendi jusques en le

poitrinne. Là fu pris de sergans d’armez et de machiers li dis roys de

Navarre, et boutéz en une cambre en prisson et li comtez de Harcourt

d’autre part, et messires Jehans de Graville, et messires Maubués et

Collinés de Bleville qui trençoit devant le dit roy de Navarre.

Tantost apriès disner, li roys de Franche fist decoller soudainnement

le comte de Harcourt, le signeur de Graville, monsigneur Maubué et

ce Colinet, sans entendre à homme, ne à sen fil le duc de Normendie,

qui moult en prioit, ne à autrui; et fist de nuit amener moult

villainnement le jouene roy de Navarre à Paris et bouter en Castelet,

et avoecq lui ung chevalier que on appelloit messire Fricket de

Frikans. Fº 101.

P. 174, l. 15: soufferons.--_Ms. B 3_: tairons. Fº 177 vº.

P. 174, l. 16: d’aucunes incidenses.--_Ms. B 3_: d’aucuns incidens.

P. 174, l. 23: et par.--_Ms. B 3_: de. Fº 178.

P. 174, l. 29: reprise.--_Ms. B 3_: prinse.

P. 174, l. 30: levèrent.--_Mss. B 3, 4_: levoient.

P. 175, l. 2: se revelèrent.--_Ms. B 4_: se rebellèrent. Fº 164

vº.--_Ms. B 3_: se rebella.

P. 175, l. 4: à heure.--_Ms. B 3_: depuis l’eure. Fº 178.

P. 175, l. 8: Jakemon.--_Ms. B 3_: Jaques.

P. 175, l. 9: li motion.--_Ms. B 3_: la commotion.

P. 175, l. 14: tel cose.--_Ms. B 3_: telz succides.

P. 175, l. 15: en Harcourt.--_Ms. B 3_: à Arecourt.

P. 175, l. 16: Roem.--_Ms. B 3_: Rouen.

P. 175, l. 26: otretant.--_Ms. B 3_: autant.--_Ms. B 4_: autretant. Fº

164 vº.

P. 176, l. 2: soudains.--_Ms. B 3_: boullant.

P. 176, l. 6: retint.--_Ms. B 3_: extima.

P. 176, l. 7: voloit.--_Le ms. B 3 ajoute_: avoir.

P. 176, l. 8: fors.--_Les mss. B 3, 4 ajoutent_: que.

P. 176, l. 11: sus.--_Ms. B 3_: contre.

P. 176, l. 17: voirs.--_Ms. B 3_: vray.

P. 176, l. 19: estration.--_Ms. B 3_: lignée.

P. 176, l. 21: veurent.--_Ms. B 3_: vousirent.

P. 176, l. 23 et 24: legiers à enfourmer et durs à oster.--_Ms. B 3_:

de legière creance et fort à oster....

P. 176, l. 26: fuissent.--_Ms. B 3_: seroient.

P. 176, l. 30: ens ou.--_Ms. B 3_: dedens le.

P. 177, l. 2: l’amour et le vicinage.--_Ms. B 3_: pour l’amour du

voisinage. Fº 178 vº.

P. 177, l. 4: Roem.--_Ms. B 6_: Ung jour de quaresme, environ Pasque

florie, l’an mil trois cens cinquante cinq, Charles, aisnés filz du roy

de Franche, duc de Normendie, estoit en son castel à Roem et donnoit à

disner le roy Charlon de Navare, le conte de Harcourt, le signeur de

Graville, et pluiseurs barons et chevaliers de Normendie. Fº 519.

P. 177, l. 5 et 6: ne li vorrent mies escondire.--_Ms. B 3_: ne le

voulurent pas escondire. Fº 178 vº.

P. 177, l. 6: li.--_Ms. B 3_: le lui.

P. 177, l. 15: se departi.--_Ms. B 6 ajoute_: secretement de Paris

environ à cent hommes d’armes. Fº 519.

P. 177, l. 16: à privée mesnie.--_Ms. B 3_: à peu de gens ses privez.

P. 177, l. 18: Roem.--_Ms. B 6_: armés d’un jaque de noir velours, ly

vingtième, et monta les degrés de le salle là où le disner se fasoit.

Sy tos que le roy de Navare le vit entrer dedens, il dist: «Sire, sire,

venés boire.» Et osy firent tous ly aultres. Et se levèrent tout contre

sa venue, che fu bien raison: amours ne chière nient ment. «Signeurs,

ne vous mouvés, et ne soit nulz qui se mueve sur le hart!» Tantost

messires Ernouls d’Andrehem saça son espée hors du fourel et dist:

«Or y parra qui se mouvra.» Et tantost après che mot, le roy Jehan se

lancha au roy de Navare et le prist par le quevèche et le tira parmi le

table moult vilainnement et luy dist: «Certes, mauvais traites, or vous

couvient morir.»

Le duc de Normendie, son aisné filz, dist: «Ha! chier sires, que es che

chou que vous vollés faire! Jà savés vous qu’il est en ma compaignie et

en mon ostel.»

Le roy Jehan li commanda qu’il se souffresist, et fist mener moult

rudement le roy de Navare en une cambre. Et fist prendre le conte de

Harcourt et monseigneur Jehan de Graville et monseigneur Maubué et

Colinet de Bleville, ung escuier qui trenchoit devant le roy de Navare

et les fist tout quatre decoller. Et prist encore ung moult vaillant

chevalier qui estoit au roy de Navare, que on apelloit monseigneur

Frichet de Fricamps, mais cestui ne fist il point morir. Et les fist

amener en Chastelet à Paris. De ceste prise et de ceste justiche fu

le roialme de Franche de rechief encore moult esmervilliés et moult

tourblés, car nul ne savoit à dire à quelle cause ne raison le roy

l’avoit fait. Fºs 520 et 521.

P. 177, l. 28: vosissent.--_Ms. B 3_: eussent volu. Fº 178 vº.

P. 178, l. 1: contre.--_Ms. B 3_: envers.

P. 178, l. 3: table.--_Ms. B 3_: bataille.

P. 178, l. 5: kevèce.--_Ms. B 3_: chevesse.--_Ms. B 4_: koueto. Fº

165.--_Ms. B 5_: keute. Fº 370.

P. 178, l. 5: roit.--_Ms. B 3_: rudement.

P. 178, l. 22: dur.--_Ms. B 3_: malement.

P. 178, l. 22: sur.--_Ms. B 3_: contre.

P. 178, l. 26 et 27: m’en voelle amettre.--_Ms. B 3_: le me vueille

mettre sus.

P. 179, l. 4 et 5: Friches de Frichans.--_Ms. B 5_: Friquet de

Friquant. Fº 370.

P. 179, l. 16: trahiteur.--_Ms. B 3_: traittres. Fº 179.

P. 179, l. 17: descouveront temprement.--_Ms. B 3_: descouvrent à

present.

P. 179, l. 23: estrine.--_Ms. B 3_: estraine.

P. 179, l. 25: vº.--_Ms. B 3_: voz.

P. 179, l. 26: escusance.--_Ms. B 3_: escusation.

P. 179, l. 27 et 28: enflamés.--_Ms. B 3_: enflambé.

P. 179, l. 29: contraire.--_Ms. B 3_: contrarieté.

P. 180, l. 12: à grasce.--_Ms. B 3_: en grant amour.

P. 180, l. 13: le roy des ribaus.--_Ms. B_ 3: le bourreau.

P. 180, l. 20: cesti.--_Ms. B 3_: à cellui là.

P. 180, l. 22: baselaire.--_Ms. B 3_: badelaire.

§ =364=. P. 180, l. 29: Ces nouvelles.--_Ms. d’Amiens_: Encorres estoit

li roys de France à Roem quant ces nouvelles vinrent à monsigneur

Phelippe de Navarre et à monsigneur Godefroy de Harcourt, qui furent

mout courouchiés de ceste avenue, et envoiièrent tantost deffiier le

roy de Franche. Et li manda li dis messires Phelippes de Navarre ensi

que il se gardast bien que il ne fesist morir son frère, et que jammais

n’aroit paix à lui, et que point ne penssast à avoir les villez et

castiaux de Normendie que il tenoit, ensi que il avoit euv la terre au

comte de Ghinnez que il avoit fait morir sans raison, car nulz n’en

aroit. Fº 101 vº.

P. 180, l. 30 et 31: Godefroi de Harcourt.--_Le ms. B 5 ajoute_: oncle

du dit conte de Harcourt. Fº 370.

P. 181, l. 12: amettre de.--_Mss. B 3, 5_: mettre à. Fº 179 vº.

P. 181, l. 13 et 14: aucunement.--_Mss. B 3, 4, 5_: villainement.

P. 181, l. 16: sons.--_Mss. B 3, 4_: sommes. Fº 179 vº.

P. 181, l. 20: ne au nostre.--_Ms. B 5_: ne autre. Fº 370 vº.

P. 181, l. 30: cinq.--_Ms. B 3_: six.

§ =365=. P. 182, l. 1: pensieus.--_Ms. B 3_: pensif. Fº 179 vº.

P. 182, l. 5 et 6: brisièrent son aïr.--_Ms. B 3_: refrenèrent son yre.

P. 182, l. 6: se.--_Ms. B 3_: son.

P. 182, l. 7 et 8: retorroit.--_Ms. B 3_: retiendroit.--_Ms. B 4_:

roteroit. Fº 166.

P. 182, l. 8: la.--_Ms. B 3_: sa.

P. 182, l. 13: l’oir.--_Ms. B 3_: l’eritier.

P. 182, l. 14: Sakenville.--_Ms. B 3_: Saqueville.--_Ms. B 4_:

Sakeville, fº 166.--_Ms. B 5_: Staukeville. Fº 370 vº.

P. 182, l. 16: passa.--_Ms. B 3_: portoit. Fº 179 vº.--_Ms. B 4_:

porta. Fº 166.

P. 182, l. 25: malaises.--_Ms. B 3_: meschief.

P. 183, l. 5: et sur lui.... gardes.--_Ms. B 3_: et mis en bonnes et

seures gardes.

P. 183, l. 9: entroublier.--_Ms. B 3_: mettre en obly.

§ =366=. P. 183, l. 11: Tantost.--_Ms. d’Amiens_: Tantost apriès ces

deffaultez, messires Phelippe de Navarre et messires Ghodeffroix de

Harcourt fissent grant guerre et forte en Normendie, et saisirent tous

les castiaux que li roys de Navarre y tenoit, et y missent gens de par

yaux; et puis passèrent le mer et vinrent en Engleterre compter leur

fait au roy d’Engleterre, et fissent grans allianchez à lui, et li rois

à yaux. Et fu adonc ordonnés li dus de Lancastres que il passeroit le

mer à une quantité de gens d’armes et d’archiers et venroit ariver en

Constentin; et se metteroient enssamble li Englès et li Navarrois, et

feroient guerre aspre et dure au royaumme de France, en contrevengant

lez despis que on avoit fais au dit roy de Navare et au comte de

Harcourt. Si retournèrent li dit seigneur de Normendie à Saint Sauveur

le Viscomte, et fissent encore en Normendie pluisseurs alianches as

autres seigneurs de leur linaige. Fº 101 vº.

P. 183, l. 13: pourveirent.--_Ms. B 3_: pourveurent. Fº 179 vº.

P. 183, l. 15: sus entente.--_Ms. B 3_: en entencion.

P. 183, l. 17: Harcourt.--_Ms. B 6_: biel chevalier, lequel estoit

adonc chevalier et compains au duc de Normendie et ly uns des plus

privés qu’il euist. Fº 521.

P. 183, l. 19: dalés.--_Ms. B 3_: avec. Fº 180.

P. 183, l. 20: encoupés.--_Ms. B 3_: encoulpez.

P. 183, l. 26 et 27: leur.... blasmes.--_Ms. B 3_: leur venoit à grant

deshonneur.

P. 183, l. 29: lui traire.--_Ms. B 3_: se tirer. Fº 180.--_Ms. B 4_:

lui retraire. Fº 166 vº.

P. 184, l. 4: sus.--_Ms. B 3_: contre. Fº 180.

P. 184, l. 7 et 8: denrée.--_Ms. B 6_: et prist les enfans du dit conte

de Harcourt; trois jone filz demoret en estoient. Fº 522.

P. 185, l. 1: li uns.--_Ms. B 3_: les uns. Fº 180.

P. 185, l. 2: li aultres.--_Ms. B 3_: les autres.

P. 185, l. 13 et 14: ce present.--_Ms. B 3_: cest offre.

P. 185, l. 29: tiroient.--_Ms. B 3_: traictoient. Fº 180 vº.

P. 186, l. 3: conjoissemens.--_Ms. B 3_: conjonctions. Fº 180 vº.

P. 186, l. 5: conseil.--_Ms. B 6_: Et fu adonc ordonné et acordé que le

duc de Lencastre passerait la mer à cinq cens hommes d’armes et quinze

cens archiés et s’en yroit en Normendie avecq les dessus diz seigneurs

pour faire guerre au roy de Franche. A ches parolles entendy et fist

faire ung mandement et delivra au duc de Lenclastre son cousin cinq

cens hommes d’armes et quinze cens archiés. Et là estoient avecques luy

d’Engleterre le conte de la Marche, le conte de Pennebourc, messire

Jehan le visconte de Biaumont, messire Gautiet de Mauny, le sire de

Moubray, le sire de Ros, le sire de Fil Watier, messire Jehan Boursier,

messire Jehan de Vanthone et pluiseurs aultres chevaliers et escuiers.

Sy montèrent en mer et vinrent ariver en Normandie en Coustantin sur le

pooir de messire Godefroy de Harcourt. Sy commenchèrent bien avant en

Normendie, et ardoient villes et maisons, et firent moult forte guerre

envers l’Assension l’an mil trois cens cinquante six. Fº 523.

§ =367=. P. 186, l. 11: Depuis.--_Ms. d’Amiens_: Entroes se pourvei li

dus de Lancastre de gens d’armes et d’archiers, et avoit en se route

quatre cens hommez d’armes et huit cens archiers. Là estoient avoecq

lui d’Engleterre li comtez de le Marche, li comtes de Pennebruc,

messires Jehans, viscomtez de Biaumont, messires Baucestre, messires

Jehan de Lantonne et pluisseur aultre. Si montèrent en mer à ung port

d’Engleterre que on dist Wincesée, et arivèrent en Normendie et droit à

Chierebourc.

Là estoient messires Phelippes de Navarre, messires Godefroix de

Harcourt et bien mil hommez d’armes. Si se conjoïrent cil seigneur

grandement quant il se trouvèrent, et rafresquirent là quatre jours.

Entroes il se appareillièrent et envoiièrent leurs coureurs devant; si

coummenchièrent à faire une forte guerre, et vinrent ces gens d’armes

faire frontière à Ewruez.

Quant li roys Jehans de France eut entendu que li dus de Lancastre

estoit arivés en Normendie, et là venu sus le conduit à monseigneur

Phelippe de Navarre et à monseigneur Godeffroi de Harcourt, et avoient

jà leurs gens chevauchiet et ars et destruit dou pays de Normendie

environ Kem et en l’evesquié d’Ewrues, si y vot pourveir de remède, et

fist tantost et sans delay ung très especial et grant mandement à estre

à Biauvais et à Poissi sus Sainne, et que nuls ne s’escusast sus se

honneur et à perdre corps et avoir; car il volloit cevaucier sus les

Englèz et les Navarois qu’il tenoit pour ennemis, et yaux combattre.

Au mandement dou roy obeirent tout chevalier et escuier, ce fil

bien raisons; et montèrent amont viers Biauvais, où li mandement se

faisoient, d’Artois, de Vermendois, de Cambresis, de Flandrez, de

Haynnau et de Pikardie. D’autre part, il revenoient de Campagne, de

Barrois, de Lorainne, de Braibant et de Bourgoingne.

Meysmement li roys se parti de Paris cointousement avoecq ses

marescaux, monsigneur Ernoul d’Andrehen et monsigneur Bouchicau, et

s’en vint à Mantez sus Sainne pour mieux moustrer que la besoingne li

touchoit. Et envoya adonc le roy de Navarre, que il avoit fait tenir en

prison dedens Castelet à Paris, à Crievecoeur en Cambresis, une très

forte place, et le delivra as bonnes gardes et leur recarga sus leur

honneur.

Quant le roy de France eut tous ses gens assambléz, si en eut bien

soissante mil, ungs c’autrez, et estoit en grant vollenté de trouver

sez ennemis et d’iaux combattre. Si se mist as camps efforciement au

lés deviers Ewruez, car on li dist que li annemis chevauçoient et

avoient jà passé Vrenuel et Vrenon.

Quant li dus de Lancastre et li autre entendirent cez nouvelles, que

li roys de Franche venoit sus yaux quoitousement et avoit en se routte

plus de soissante mil hommes as armez, si se avisèrent et consillièrent

enssamble, et dissent entr’iaux qu’il n’estoient mies fors assés

pour atendre tel numbre de gens d’armes que li rois menoit; si se

retraissent tout bellement deviers Constentin. Et les pourssuiwirent li

roys et li Franchois par trois jours, et venoient toudis au soir là où

il avoient disné. Fºs 101 vº et 102.

P. 186, l. 12: dus.--_Les mss. B 3 à 5 ajoutent_: Henri.

P. 186, l. 20: recueilla.--_Ms. B 3_: recueillit. Fº 180 vº.--_Mss. B

4_: requella. Fº 167.

P. 186, l. 22 et 23: et devers.--_Ms. B 3_: pour venir.

P. 187, l. 9: Gauville.--_Ms. B 3_: Graville. Fº 180 vº.

P. 187, l. 9 et 10: Carbeniaus.--_Ms. B 3_: Carbonneau.--_Ms. B 4_:

Carbonniaux.--_Ms. B 5_: Carboniau. Fº 371.

P. 187, l. 12: Foudrigais.--_Ms. B 3_: Foudrigas.

P. 187, l. 12: de Segure.--_Ms. B 3_: de Seure.

P. 187, l. 13: François.--_Ms. B 4_: Franchois. Fº 167.

P. 187, l. 18: Aquegni.--_Ms. B 3_: Aquegnyes.

P. 187, l. 20: essil.--_Ms. B 3_: exil.

P. 187, l. 22: qui n’en attendoit.--_Ms. B 3_: qui ne doubtoit.

P. 187, l. 23: jetté.--_Ms. B 3_: mis.

P. 188, l. 7: Vrenon.--_Mss. B 3, 4_: Vernon. Fº 181.

P. 188, l. 9: Vrenuel.--_Ms. B 3_: Vernueil.

P. 188, l. 16 et 17: aprendre dou couvenant.--_Ms. B 3_: savoir des

nouvelles. Fº 181.

P. 188, l. 18: entours.--_Ms. B 3_: autour de.--_Ms. B 4_: entour. Fº

167 vº.

P. 188, l. 25: ou droit esclos.--_Ms. B 3_: tout ès flotz.

P. 189, l. 9: aigrement.--_Ms. B 3_: hastivement.

Chroniques de J. Froissart, tome 04/13 · 第 38 / 41 段