§ =351=. P. 149, l. 16: Quant messires.--_Ms. d’Amiens_: Et li roys

de Franche vint logier sus le mont de Sangate, et envoya à Callais

monseigneur Ernoul d’Audrehen parler au roy d’Engleterre pour atraire

hors; mès il s’escuza et dist que il n’en feroit pour celle saison

plus. Enssi se desrompi ceste chevauchie, et retourna li roys Jehans en

Franche. Fº 100 vº.

P. 149, l. 17 et 18: l’enclinèrent.--_Ms. B 3_: s’aclinèrent. Fº 172.

P. 149, l. 18: bien.... point.--_Ms. B 3_: bien honnestement.

P. 149, l. 27: la bataille.--_Ms. B 3_: batailler.

P. 149, l. 31: finable.--_Ms. B 3_: finale.

P. 150, l. 11: en sès.--_Mss. B 3 et 4_: en ses.

P. 150, l. 13 et 14: le bastide d’Arde.--_Ms. B 5_: la ville d’Ardre.

P. 150, l. 21: Valenchiènes.--_Ms. B 6_: delés le boin conte Guillaume

de Haynau son frère: Dieu leur faiche pardon! Car le gentil chevalier

resgna moult vaillamment et fu en son vivant moult amés de ses amis et

redoubtés de ses ennemis. Sy s’en rala son hirtaige, tout che qu’il en

tenoit, as enfans monseigneur le conte Loys de Blois, qui furent filz

de se fille, et qui adonc estoient moult jouene: Loys, Jehan et Guis.

Chil resgnèrent moult honnourablement et moult loyaument, si comme vous

orés recorder chy avant en ceste matère. Fº 494.

P. 150, l. 25:--Guis.--_Le ms. B 5 ajoute_: de Blois. Fº 365 vº.

§ =352=. P. 151, l. 1: à cent.--_Ms. B 3_: avec cent. Fº 172 vº.

P. 151, l. 13: emprise.--_Ms. B 3_: entreprinse.

P. 151, l. 18: Gautiers.--_Ms. B 6_: avecques luy soixante compaignons

bien montés et bien armés. Fº 495.

P. 151, l. 19: Bervich.--_Ms. B 6_: et se bouta ou chastel qui se

tenoit Englès et qui siet delés la cité. Et adonc messire Thomas Kol

estoit chastelain. Quant le sire de Mauny fut venu jusques à là,

il avisa et ymagina comment le plus tost il pouroit faire ouvraige

qui apparust pour constraindre cheaulx de Bervich. Il avoit avec

luy sept mineurs de l’esvesquiet de Liège, car toudis les menoit il

vollentiers avoecq luy, puis qu’il pensoit à faire siège ne assault à

une fortresse. Si les appella et leur dist: «Regardés entre vous se

par mine nous porimes entrer en ceste cité.» Il respondirent: «Sire,

oil.»--«Or vous aparliés et vous esploitiés, adonc dist le sire de

Mauny. Mettés vos hostieus en euvre, car se nous poons entrer par mine,

je vous feray tous riches.»

Adonc se ordonnèrent et commenchèrent à miner à l’endroit de une grose

tour qui estoit sur les murs et respondant à le cité et servoit

à l’encontre du dit castiel. Et commenchèrent à fouir mouvant en

l’enprise du chastiel. Il n’eurent gaire minet ne alé avant quant il

trouvèrent bieau[x] degrés bien assis et bien machonnés et une croute,

toute vautée à manière de ung chelier, qui s’en aloit vers le cité de

Bervich par desous les murs.

Advint, entreuz que ces mineurs minoient, chil de la cité s’en

perchurent bien. Et bien savoient ly aucuns anchiens hommes que là en

che contour il devoit avoir crouste et chelier qui aloit de la ville

ou castiel. Sy se doubtèrent et esmaièrent durement qu’il ne fussent

par là pris, et le remoustrèrent à aulcuns chevaliers d’Escoche qui là

estoient pour garder la cité; et leur dirent qu’il s’avisaissent, car

il estoient en grande volenté que de yaus rendre à monseigneur Gautié

de Mauny, et anchois que le roy englès y peuist venir ne qu’il fust

pris par forche.

Quant les Escochois qui là estoient entendirent che langaige et

perchurent le coraige des bourgois de Bervich, sy se doubtèrent que

mauls ne leur en venist. Si se consillèrent et avisèrent entre yaulz

sur che, et toursèrent tout che qu’il pourent et qui leur estoit, et

se partirent ung jour et rentrèrent en leur pais. Et à l’endemain, ung

traitiet se fist entre cheaus de Bervich et monseigneur Gautié de Mauny

qu’il se rendroient, sauve leurs corps et leurs biens. Et les devoit le

sire de Mauny parmy tant apaisier au roy d’Engleterre, ensy qu’il fist;

car le roy i entra le second jour après à grant joie. Fºs 495 à 497.

P. 151, l. 29: Asneton.--_Ms. B 3_: Anreton. Fº 172 vº.--_Ms. B. 4_:

Ameton. Fº 159 vº.

P. 151, l. 32: sente.--_Ms. B 3_: sache.

P. 152, l. 15: perilz.--_Ms. B 3_: dangiers.

P. 152, l. 16 et 17: toursèrent.--_Ms. B 3_: troussèrent.

P. 152, l. 19: vaghe.--_Ms. B 3_: vuide.--_Ms. B 4_: vage.

P. 152, l. 28: vasselage.--_Ms. B 3_: vaillance.

P. 152, l. 29: menestraudies.--_Ms. B 3_: menestriers.--_Ms. B 4_:

menestreux. Fº 159 vº.

§ =353=. P. 153, l. 11: Aindebourch.--_Ms. B 3_: Andebourg. Fº 173.

P. 153, l. 12: tèle.--_Ms. B 3_: tellement.

P. 153, l. 13: estant.--_Ms. B 3_: estat.

P. 153, l. 16: aforains.--_Ms. B 3_: forains.

P. 153, l. 23 et 24: Haindebourch.--_Ms. B 6_: la souveraine ville

d’Escoche. Fº 498.

P. 153, l. 23 à 26: en approçant.... fourer.--_Ms. B 5_: et en

approchant Haindebourc, couroient les fourriers, mais ilz ne trouvoient

neant. Fº 366.

P. 153, l. 26: fourer.--_Ms. B 3_: fourrager.

P. 153, l. 29: li rois.--_Ms. B 6_: en le souveraine abeye dehors

la ville, et le plus grant partie de ses gens en la ville, car elle

n’estoit point frummée. Mais il y a ung chastel, qui siet au desoubz

sur une roche haulte et belle, et est très bien fruméz; et adonc y

avoit dedens de bons chevaliers et escuiers pour le garder. Fº 498.

P. 154, l. 3: nostre.--_Ms. B 5_: vostre.

P. 154, l. 8: il.--_Ms. B 5_: le roy d’Escoce.

P. 154, l. 10: en remunerant les.--_Ms. B 3_: pour remuneration des.

P. 154, l. 16 et 17: uns.... offisces.--_Ms. B 3_: une belle ºffice.

P. 154, l. 21: nostre.--_Ms. B 5_: vostre.

§ =354=. P. 155, l. 2 et 3: pourveances.--_Ms. B 6_: et se navire, qui

le devoit sieuvir par mer, mais point ne vinrent, car ilz eurent vent

toudis sy contraire qu’il ne porent oncques à celle fois aprochier

Escoche. Quant le roy englès vit che que ses pourveanches ne venoient

pas, ne le grant engien dont il devoit assallir Handebourch et les

aultres fortresses, sy eut consail qu’il retourneroit en ardant le plat

pais d’Escoche. Fº 499.

P. 155, l. 3 à 13: dont... vivre.--_Ce passage manque dans le ms. B 5_,

fº 366 vº.

P. 155, l. 10: ens ès gragnes.--_Ms. B 3_: dedens les granges. Fº 173

vº.--_Ms. B 4_: ens ès granges. Fº 160.

P. 155, l. 15: le Hombre.--_Ms. B 3_: le avre.

P. 155, l. 22 et p. 156, l. 19: Entrues... Dalquest.--_Cet alinéa est

résumé en une phrase dans le ms. B 5._

P. 155, l. 29: le.--_Ms. B 3_: au.

P. 155, l. 32: plus especiaulz.--_Ms. B 3_: principale.

P. 156, l. 4: retournoit... fois.--_Ms. B 3_: repairoit aucunes fois.

P. 156, l. 12: respirer.--_Mss. B 3 et 4_: respiter.

P. 156, l. 17: fois.--_Ms. B 6_: Et le fist le roy reconduire jusques

à Dalquest par deux de ses chevaliers, le seigneur de Montbray et le

seigneur de Noefville: et fu commandé au deslogier que nulz, sur le

hart, ne boutast le fu ne aultrement à le ville de Haindebourch. Fº 499

et 500.

P. 156, l. 27: Arcebaus.--_Mss. B 3 et 5_: Archambault. Fº 173 vº.

P. 156, l. 29: Asneton.--_Mss. B 4, 5_: Assueton. Fº 160 vº.

§ =355=. P. 157, l. 24: malaisiu.--_Ms. B 3_: malaisé. Fº 173 vº.--_Ms.

B 4_: malaisieu. Fº 160 vº.

P. 157, l. 30: froit.--_Ms. B 6_: ensy que il fait en yvier envers le

Noel. Fº 500.

P. 158, l. 7: soutilleté.--_Ms. B 3_: subtilité. Fº 174.--_Ms. B 4_:

soustilleté. Fº 161.

P. 158, l. 9: aise.--_Ms. B 3_: aiseement.

P. 158, l. 10: Tuydon.--_Ms. B 3_: Tuyde.--_Ms. B 5_: Tuydein. Fº 366

vº.

P. 158, l. 14: se fin.--_Ms. B 3_: la fin.--_Ms. B 4_: le fin.

P. 158, l. 16: Li contes Douglas.--_Ms. B 6_: messire Guillaumez

Duglas, maris à le contesse dessus dite, qui se faisoit chief de tous

les Escochois et estoit moult vaillant et saiges. Fº 500.

P. 158, l. 21: rués.--_Ms. B 3_: boutez.

P. 158, l. 22: arroi.--_Ms. B 6_: Alors fu le duc de Lanclastre très

bon chevalier, et bien le couvenoit, et y fist de la main mainte

apertise d’armes. Fº 501.

P. 158, l. 24: ce.--_Ms. B 3_: ceste.

P. 159, l. 2: menèrent.--_Ms. B 6_: jusques à quinze bons prisonniers,

dont il eurent des chevaliers de Brabant, et les aultres furent Englèz;

et s’en retournèrent en la forest et entre les montaignes, de coy il

faisoient leur fortresse. Fº 502.

P. 159, l. 5: esvanui.--_Ms. B 3_: esvanoys.

P. 159, l. 7: Baudresen.--_Ms. B 3_: Andrehen.--_Ms. B 4_: Baudresem.

Fº 161.

P. 159, l. 9: six.--_Ms. B 3_: unze. Fº 174.

§ =356=. P. 159, l. 11: Depuis.--_Ms. d’Amiens_: Et envoya (le roi

Jean) une partie de ses gens d’armes avoecq son connestable, messire

Jaqueme de Bourbon, devers le Langhe d’ock; car li prinches de Galles

y estoit entrés à tout grant fuisson de gens d’armes de Gascoingne et

d’Engleterre: de laquelle cevaucie nous parlerons maintenant, car elle

fu moult honnerable et de grant emprise.

Li prinches de Galles, en celle saison, estoit yssus de Bourdiaus à

deus mil lanches, Englès et Gascons, et quatre mil archiers et grant

fuisson de gens de piet. Et vint passer le Garonne à Bregerach, et

fist tant que, sus le conduit dou seigneur de Labreth, qui là estoit

parsonelment, dou seigneur de Pumiers, dou seigneur de Muchident, dou

seigneur de Lespare, dou seigneur de Courton, dou seigneur de Cendren,

dou seigneur de Rosem et de cesti de Landuras et dou captal de Beus, il

entra en France et vint passer au Port Sainte Marie dallés Toulouse, et

entra ou pays toulousain. Fº 100 vº.

P. 159, l. 11: avenue.--_Ms. B 3_: aventure. Fº 174.

P. 159, l. 21: grant et estoffet.--_Ms. B 3_: grandement estoffé.

P. 160, l. 15: de Labreth.--_Ms. B 3_: d’Albret. Fº 174 vº.

P. 160, l. 17: Aymemon.--_Ms. B 3_: Aymond.

P. 160, l. 18: Tarste.--_Ms. B 6_: Tharse. Fº 503.

P. 160, l. 18: Aymeri de Tarste.--_Ms. B 3_: Aymon de Castre.

P. 160, l. 18 et 19: Mucident.--_Ms. B 6_: le sire de Condon, messire

Jehan de Caumont. Fº 503.

P. 160, l. 19 et 20: Longheren.--_Ms. B 3_: Lengoiren.

P. 160, l. 20: Rosem.--_Ms. B 3_: Rosan.

P. 160, l. 21 et 22: Geronde.--_Ms. B 4_: Gironde. Fº 161 vº.

P. 160, l. 21: Bernadet de Labreth.--_Ms. B 3_: Bernardet d’Albret.

P. 160, l. 22: Beus.--_Ms. B 3_: Buch.

P. 161, l. 3: hostoiier.--_Ms. B 4_: hostier. Fº 161 vº.--_Ms. B 3_:

passer. Fº 174 vº.

§ =357=. P. 161, l. 4: A ce conseil.--_Ms. d’Amiens_: Et passèrent

(le prince de Galles et les Anglais) assés priès de le bonne chité

de Thoulouse, et y vinrent si marescal escarmuchier, et boutèrent

le feu ens ès fourbours. Et puis passèrent oultre, et s’en vinrent

logier à Montgisart, une bonne ville et grosse, mais elle n’estoit

adonc point fremmée: si fu de ces Englès arsse, courue et robée. Et

de là il vinrent à Avignoulet, qui estoit fremmée de murs de terre.

Si se missent li homme de dedens à deffensce; mès chil archier, qui

traioient si roit et si dur, ne les laissoient aprochier à garittes. Si

fu la ditte ville de Avignoulet, prise, concquise et toutte arse, et y

eut grant occision d’ommez et de femmez. Fº 100 vº.

P. 161, l. 7: lances.--_Ms. B 6_: et deux mille bidauls à piet parmy

les Bernès et trois mille archiés. Fº 503.

P. 161, l. 8: Bernès.--_Mss. B 3, 4_: Bornès. Fº 174 vº.--_Ms. B 5_:

Biernois. Fº 367.

P. 161, l. 13: gué.--_Ms. B 6_: et puis entrèrent en che biau plain et

cras pais de Toulouse. Fº 503.

P. 161, l. 24 et 25: n’estoit.... Paris.--_Ms. B 3_: n’estoit pas

grandement murée ne que Paris. Fº 174 vº.

P. 161, l. 29: feus.--_Ms. B 6_: car point n’y avoit de frumeté. Et

fist tantost lettres escripre et messaigiers monter pour senifier

l’estat des Englès à monseigneur Jaques de Bourbon, connestable de

Franche, qui se tenoit à Limoge et là faisoit son asamblée de gens

d’armes pour aler contre les Englès et deffendre le pais. Mais anchois

qu’il y peuist parvenir, ly Englès et les Gascon eulrent villainement

escardé le bon pais de Toulonsein, le senescaudie de Carquasonne, le

terre de Limous et le visconté de Nerbonne, sy comme vous orés chy

après. Fºs 503 et 504.

P. 162, l. 22: usé.--_Ms. B 3_: rusez. Fº 175.--_Ms. B 5_: maniers. Fº

367.

P. 162, l. 26: d’Ermignach.--_Le ms. B 3 ajoute_: pour doubte.

P. 163, l. 2: Charcassonne.--_Ms. B 4_: Carcasone. Fº 162.

P. 163, l. 7: recuevre.--_Ms. B 4_: recouvre.

P. 163, l. 7: d’estrain.--_Ms. B 3_: de paille.

P. 163, l. 8: à grant dur.--_Ms. B 3_: à grant peine.

P. 163, l. 12: prendable.--_Ms. B 3_: prenable.

P. 163, l. 16: veurent.--_Ms. B 6_: et estoit le marisal de l’ost le

conte de Wervich et messire Jehan de Caumont de Gascongne, car les

Gascons les conduisoient qui congnisoient le pais. Fº 505.

P. 163, l. 18: pour le feu.--_Ms. B 3_: pour paour du feu.

P. 163, l. 24: Avignonlet.--_Mss. B 3, 5, 6_: Avignolet.

P. 163, l. 27: un terne.--_Ms. B 3_: une petite montaigne.

P. 163, l. 29 et 30: à segur.--_Mss. B 3, 4_: asseur.

P. 164, l. 3: Noef Chastiel d’Auri.--_Ms. B 3_: Chastel Neuf d’Arry. Fº

175 vº.

§ =358=. P. 164, l. 4: Tant esploitièrent.--_Ms. d’Amiens_: Tant

chevaucièrent li Englès et li Gascon, ardant et essillant tout le pays,

et concquerant villes et castiaux, qu’il vinrent jusques à le cité de

Charcasonne. Fº 100 vº.

P. 164, l. 30: seans.--_Ms. B 3_: assise. Fº 175 vº.--_Ms. B 4_:

saians. Fº 162.

P. 165, l. 3: cras.--_Ms. B 3_: gras.

P. 165, l. 9: kieutes.--_Ms. B 4_: keutes.--_Ms. B 3_: coitis.

P. 165, l. 17: Carcassonne.--_Ms. B 6 ajoute_: qui est chief de tout le

pais. Fº 505.

§ =359=. P. 165, l. 18: La ville.--_Ms. d’Amiens_: La ville de

Carcasonne siet sus une rivierre que on appelle Aude, et est une moult

grosse ville et grande, et estoit adonc. Au dessus de la ville, oultre

le rivière, sus une montaigne imprendable, sciet la chité qui est forte

et bien fremmée. Et là avoient les gens de Carcasonne retrait le plus

grant partie de leurs femmes et enfans; et estoient tout rengiet au

devant des Englès et avoient tendu kainnes au loing des rues.

Quant li princhez et ses gens furent là venu, et il eurent consideré

l’estat de ces hommes qui moustroient samblant de yaux deffendre, se

missent piet à terre et ordonnèrent leurs archiers et fissent passer

devant. Chil archier coummenchièrent à traire de grant mannierre

sus ces gens qui là estoient mal armé. Si tost que il sentirent ces

saiettez, il resongnièrent et coummenchièrent à perdre terre et à

laissier leurs kainnes.

Là fu messires Ustasses d’Aubrecicourt bons chevaliers, car il sailli

oultre deus ou trois de ces kainnes et les concquist à l’espée

sus yaulx. Que vous feroie je loing parlement? Ces kainnez furent

concquises, et cil qui les gardoient, cachiet en voies. Et y eut bien

deus mil de ces bons hommes mors et ochis sus le place.

Enssi fu la ville de Carcassonne prise, courue et robée; et à

l’endemain, au departement dou prince, elle fu si netement arse, que

oncquez n’y demoura ostel ne maison. Fº 101.

P. 165, l. 18: siet.--_Ms. B 3_: est assise. Fº 175 vº.

P. 165, l. 19: Aude.--_Ms. B 5_: Oude. Fº 367 vº.

P. 165, l. 19: au plain.--_Ms. B 3_: en plain.

P. 165, l. 20: de.--_Ms. B 3_: devers.

P. 165, l. 21: rocier.--_Ms. B 6_: outre le rivière, à deux trait[s]

d’un arc, siet la chité de Carcasonne, qui est une des forte[s]

chité[s] du monde, car elle est asise hault si comme le mont de Lan,

et tout sur une roche, bien frumée de pière, de grès, de tours, de

murs, de portes.... Dedens le chité estoit adonc le senescal, ung moult

vaillant chevalier, et avoit avecques luy grant foison de bonnes gens

d’armes. Et quoyque la ville de Carcasonne fuist grande et remplie de

bourgois et de bidauls du pays, li riche et ly saiges hommes avoient

leurs femmes et leurs enfans et leurs corps meismes enfrumés en la

cité. Et tout chil qui ensy firent furent saige. Fº 506.

P. 165, l. 23: ne fait mies.--_Ms. B 3_: est forte. Fº 173 vº.

P. 165, l. 26: celi.--_Ms. B 4_: ce. Fº 162 vº.

P. 165, l. 27: chainnes.--_Le ms. B 3 ajoute_: de fer.

P. 165, l. 30: à segur.--_Ms. B 4_: asseur.

P. 166, l. 1: pavais.--_Ms. B 3_: pavois. Fº 176.

P. 166, l. 19 et 20: d’Aubrecicourt.--_Ms. B 4_: d’Aubregicourt. Fº 162

vº.

P. 166, l. 20: chevaliers.--_Ms. B 5_: jeune baceler. Fº 368.

P. 166, l. 21: ables.--_Ms. B 3_: abile. Fº 176.

P. 166, l. 23: le glave.--_Ms. B 4_: la glave. Fº 162 vº.

P. 166, l. 24 et 25: reculer.--_Ms. B 4_: requellier.

P. 166, l. 25: ennemis.--_Ms. B 6_: Assés tost après se lancha ºultre

ung aultre chevalier de Haynau, messire Jehan de Ghistelle, vaillant

chevalier durement de grant vollenté. Et adonc compaignons ensamble

chil doy chevaliers assallirent ces bidaulx fierement et y firent

mervelles d’armes, car il estoient jouene et amoureus et moult hardis.

Fºs 508 et 509.

P. 166, l. 31: saiettes.--_Ms. B 3_: flèches. Fº 176.

P. 167, l. 6: à garant.--_Ms. B 5_: garantir.

P. 167, l. 18: trouvèrent.--_Ms. B 6 ajoute_: par l’espasse de trois

jours. Fº 508.

P. 167, l. 18: nuis.--_Ms. B 3_: moys. Fº 176.

§ =360=. P. 167, l. 26: Ceste cités.--_Ms. d’Amiens_: Si chevaucièrent

li Englès le chemin de Nerbonne, et vinrent par deviers une ville que

on appelle Tèbres. Si se logièrent li Englès de haulte heure sus celle

rivierre de Tèbres, et robèrent et ardirent toutte le ville et le pays

d’environ. Et puis chevauchièrent viers le ville de Cabestan, qui siet

à deus lieuwez de Nerbonne.

Quant chil de Besiers et de Monpelier entendirent que li princhez de

Gallez cevauçoit si efforciement et approchoit leurs mettes, et avoit

pris en son venant tant de villez et de castiaux, si furent grandement

effraé, et envoiièrent le plus grant partie de leurs biens en Avignon à

sauf garant et ou castel de Aigemorte et de Biauquaire.

Tant esploitièrent li Englèz qu’il vinrent devant Kabestain, une ville

durement rice et où on fait tout le sel que on aleuwe en celui pays;

si l’environnèrent et se appareillièrent pour le assaillir. Quant chil

de le ville virent venu le prinche et ses gens devant leur ville, si

furent moult esbahy et doubtèrent tout à perdre, corps et avoir. Si

se avisèrent sagement et demandèrent trieuwez au prince, et que il

pewissent parler au seigneur de Labreth. Li prinches leur acorda.

Adonc se traist li sirez de Labreth avant, et demanda qu’il volloient

dire. Il dissent que c’estoient povres gens et mal usé de gueriier, et

que li prinches ewist pité d’iaux, parmy tant que ce voiaige il lez

volsist respiter, et il li donroient vingt mil florins. Li sires de

Labreth dist et respondi qu’il en parleroit vollentiers au prince. Si

en parla, et en pria pour tant que il l’avoient demandé par fianche. Li

prinches eult consseil que il lez prenderoit et leur donroit trieuwez

pour celle saison, parmi vingt mil florins que il devoient envoiier, où

que li princhez fust, dedens quatre jours, et de ce delivrèrent il bons

hostaiges.

Apriès ce fait et ordonné, li princes et ses gens se departirent de

Kabestain et prissent le chemin de Nerbonne, et ne veurent adonc

aller plus avant en aprochant Montpelier, car on leur dist que li

connestablez de Franche y estoit, qui faisoit là ung grant amas de gens

d’armes, et ossi li comtez d’Ermignach d’autre part à Toulouse. Fº 101.

P. 167, l. 27: Carsaude.--_Ms. B 4_: Charsaude. Fº 163.

P. 167, l. 30: maçonnement.--_Ms. B 3_: maçonnerie.

P. 168, l. 6: et le.--_Mss. B 4, 5_: de le.

P. 168, l. 10: bastions.--_Mss. B 3, 4_: biens.

P. 168, l. 18: aise.--_Le ms. B 3 ajoute_: quant ilz vouloient. Fº 176

vº.

P. 168, l. 23: à non ardoir.--_Ms. B 3_: affin qu’ilz ne fussent ars ne

assailliz.

P. 168, l. 26: route.--_Ms. B 3_: compaignie.

P. 169, l. 4: bruis.--_Ms. B 3_: brouys. Fº 176 vº.--_Ms. B 4_: brulés.

Fº 163.

P. 169, l. 7: à segur.--_Ms. B 3_: asseurés.--_Ms. B 4_: asseur.

P. 169, l. 12: Biaukaire.--_Ms. B 3_: Belkaire.

P. 169, l. 17: le sel.--_Ms. B 6_: de quoy tout le pais de environ vit.

Fº 509.

P. 169, l. 25: quarante mil escus.--_Ms. B 6_: vingt cinq mille

moutons. Fº 509.

P. 169, l. 26: pourveance.--_Ms. B 3_: terme. Fº 176 vº.--Ms. B 4:

pourveanche. Fº 163.

P. 169, l. 32: assalli.--_Ms. B 6_: Sy passa oultre (le prince de

Galles), et alèrent ses coureulx jusques à Besiers et jusques à Saint

Thiberi, et point ne passèrent la rivière de delà, et prist son chemin

devers Nerbonne. Adonc estoit le connestable de Franche, messire

Jaques de Bourbon, venu à Monpellier à grant foison de gens d’armes,

et encores l’en venoit il tout les jours. Et atendoit le conte de

Erminach, le conte de Commignes, le conte de Pieregort, le conte de

Laille, le visconte de Quarmain et grant foison de bons chevaliers

de Gascongne, de Roherge, d’Agens et de Toulouse qui estoient mis

as camps. Sy entendy le dit congnestable, entreus qu’il estoit à

Monpellier, que ly bourgois de Kabestain s’estoient racheté devers

le prinche, mais ilz n’avoient point encore paiiés les deniers. Sy

s’aresta le dit connestable sur che et dist à l’Archeprestre: «Prendés

jusques à cinq cens combatans et en alés à Kabestain, et aydiés à

conforter la ville. Et se ly Englès y reviennent, sy le tenez contre

yaulx, et je vous conforteray, comment qu’il soit.»

Adonc se party ly Archeprestre, et grant foison de bons chevaliers et

escuiers avecques luy, du pais d’Auvergne et de Limosin, et se vinrent

mettre en la ville de Kabestain. Et fist tantost les hommes de la

ville entendre à yaulx fortefier et faire grans fossés et parfons. Et

y ouverèrent nuit et jour plus de quatre mille hommes comme à fossés

et as portes et as garites, et moult le renforchèrent. De tout che ne

savoit riens le prinche qui se tenoit au bourcq de Nerbonne, et faisoit

la chité de Nerbonne moult fort assallir, et sejournoit là en atendant

son paiement, mais il estoit mal aparliés. Fºs 509 et 510.

P. 170, l. 2: au bourch.--_Ms. B 3_: aux faulx bourgs. Fº 176 vº.

§ =361=. P. 170, l. 3: A Nerbonne.--_Ms. d’Amiens_: Or vint li

prinches de Galles à tout son effort devant Nerbonne, [où] il y a

ville et cité. Adonc estoit la ville, qui sciet sus le rivière d’Aude,

foiblement fremmée. Si furent tantost li Englèz dedens, et moult petit

dura contre yaux. Les bonnes gens de le ville avoient retrait le plus

grant partie dou leur en le cité, femmes et enfans. Et là estoit li

viscontez de Nerbonne et fuison de chevaliers et d’escuiers que il y

avoit assambléz pour aidier à garder et deffendre le chité.

Sachiés que li Englès ne reposèrent gaires ou bourcq de Nerbonne, quant

il y furent venu; mès se traissent tantost à l’assault à la dite cité

de grant vollenté. Et sejourna li prinches et touttes ses gens ou dit

bourcq cinq jours, mès tous les jours il y eult cinq ou six assaux

à le chité. Si le deffendirent li gentilz hommez qui là estoient,

si vaillamment que riens n’y perdirent; autrement elle ewist estet

concquise. Là en dedens aportèrent chil de Kabestain leur raençon, et

paiièrent as gens dou prinche et eurent leurs hostaiges.

Quant li prinches et ses gens virent que point il ne conquerroient la

chité de Nerbonne, où il tendoient à venir et au concquerre, si eurent

consseil de partir et se deslogièrent. Au deslogement du prinche, li

bours de Nerbonne fu tous ars. Si chevauchièrent le chemin de Lymous,

qui est une bonne ville et grosse, en le marce nerbonnoise; si le

prissent et fustèrent et y conquissent grant avoir, et puis Villefrance

et Montroial et pluisseurs autres grosses villez en celi pays. Et

avoient tant d’avoir que li varlès ne faisoient compte de draps ne de

pennes, fors d’or et d’argent et de vaissiel d’argent. Fº 101.

P. 170, l. 3: Nerbonne a.--_Ms. B 3_: par lors avoit. Fº 176 vº.

P. 170, l. 7: Cippre.--_Ms. B 4_: Napple. Fº 163 vº.

P. 170, l. 11: Nerbonne.--_Ms. B 6_: et messire Engascons ses frères et

ung de leurs oncles bon chevalier. Fº 511.

P. 170, l. 16: canonneries.--_Ms. B 3_: chanoynies. Fº 177. _Ms. B 5_:

chanoinenies. Fº 368 vº.

P. 170, l. 19: florins.--_Ms. B 5_: livres. Fº 368 vº.

P. 170, l. 21: cras.--_Ms. B 3_: fertilz. Fº 177.

P. 170, l. 30: trois mil.--_Ms. B 3_: quatre mil.

P. 171, l. 7: jours.--_Ms. B 6_: Quant che vint au sixième jour, le

prinche demanda à son consail se on n’avoit oyt nulles nouvelles de

chaus de Cabestain; on ly respondy que nannil. De che fut le prinche

tous esmervilliés. Adonc fist il partir Fauchon le hirault, et luy dist

qu’il chevauchast jusques à là et demandast à chiaus de Cabestain pour

quoy il avoient fally de couvenenches et qu’il marchandoient de eulx

faire tous ochire et exillier. Le hirault se party et chevaucha tant

qu’il vint à Cabestain. Sy trouva comment chil de la ville estoient

fortifié de grans fossés et parfons et de bons pallis. Sy fist son

messaige à cheaus qu’il trouva à le barière. Il luy respondirent tout

promptement que au prinche n’avoit que faire de sejourner pour che ens

ou pays, car d’argent n’aroit il point. Che fut toute le response qu’il

firent et qu’il raporta arière à son maistre.

Chroniques de J. Froissart, tome 04/13 · 第 37 / 41 段