estoient arivet à Calais, et suposoit on que il feroit une chevauchie
en France. Si envoya tantost li dis roys de Franche grant fuisson de
gens d’armes à Saint Omer, desquelx messire Loeys de Namur et li comtez
de Porsiien furent cappittainne; et fist ung coumandement par tout son
royaumme que touttes gens fuissent priès as armes et as chevaux pour
resister contre leurs ennemis. Encorres envoya li roys de Franche grant
gent d’armes à Arde, à Bouloingne, à le Montoire, à Bavelingehen, à
Oudruich, à Hamez et ens ès garnisons françoisses sus lez frontierres
de Callais.
Quant li roys d’Engleterre et ses gens se furent cinq jours reposet et
rafresci à Callais, il s’ordonnèrent pour partir et de chevauchier en
Franche. Si se departirent de Callais en grant arroy et grant fuisson
de chars et de sommiers, et estoient environ deus mil hommes d’armes et
quatre mil archiers. Si prissent le chemin de Tieruanne, et coururent
li Englès le premier jour jusques à Moustroel sus Mer et environ
Saint Pol et Tierrenois. Si ardirent tout le pays là environ, puis
retournèrent à leur grant ºst. Fº 100.
P. 138, l. 19 et 20: les dangiers.--_Ms. B 3_: le dangier. Fº 168 vº.
P. 138, l. 28: ou.--_Le ms. B 5 ajoute_: aillieurs. Fº 364.
P. 138, l. 29 et 30: vesteure.--_Ms. B 3_: vestemens.
P. 138, l. 30: ostilz.--_Ms. B 3_: choses.--_Ms. B 4_: estas. Fº 157.
P. 139, l. 2: au lés.--_Ms. B 3_: du cousté.
P. 139, l. 10: Lyons.--_Ms. B 4_: li uns.
P. 139, l. 18: Sallebrin.--_Ms. B 3_: Salebry.
P. 139, l. 23: le Montoire.--_Ms. B 3_: la Motoire.
P. 140, l. 2: où que fust.--_Ms. B 3_: en quelque part que ce fust. Fº
169.
P. 140, l. 2: fust.--_Ms. B 6_: Et sceult (le roi de France) tantost
par ses garnisons de Boulongne et d’ailleurs que le roy d’Engleterre
estoit arivés à Calais; lors fist ung moult grant mandement à yestre
à Amiens, car il voloit aller à l’encontre du roy d’Engleterre et
deffendre son pais. Sy envoia le dit roy monseigneur Lois de Namur son
cousin à Saint Omer à tout deux cens lanches pour estre capitaine de la
dite ville et des frontières par delà. Et envoia son marisal, messire
Ernoul d’Audrehem, en le bastille d’Ardre, à tout deux cens armés de
fer, pour le garder et deffendre à tous venans. Et envoia le jouene
conte de Saint Pol en la chité de Terouane, à tout deux cens lanches
pour le garder, et les garny bien et soufisanment, et Boulongne et
Monstreul, Heddin, Saint Pol et toutes les fortresses de là entour. Et
le roy meismes se party de Paris et le duc de Normendie son filz, le
duc d’Orliens ses frères, le duc de Bourbon, le conte de Pontieu, le
conte d’Eu, le conte de Dammartin, le conte de Tancarville, le conte
de Vaudemont et de Genville, le conte de Monpensé et de Ventadour,
le conte de Nerbonne et pluiseurs aultres barons et seigneurs; et
chevauchèrent devers Amiens. Et d’autre part vinrent de l’Empire
messire Jehan de Haynau, sire de Bieaumont et de Chymay, en très grant
aroy, car le roy Jehan l’amoit durement et avoit en luy très grant
fiance. Et y vint le conte de Namur nomé Gillame, le conte Jehan de
Nanso, le conte de Clèves, l’evesque de Més, l’evesque de Verdun et
grant foisons de chevaliers d’Alemaigne. Et, d’autre part, se asambla
le roy de Navare ly troisième de frères, messire Phelippes, messire
Lois, à tout grant foisons de saudoiers, pour venir [à] Amiens où le
roy de Franche faisoit son mandement.
Sy se party le roy d’Engleterre de Calais en moult grant arroy et avoit
adonc avecques luy deus de ses enfans, monseigneur Lois et monseigneur
Jehan, et le duc de Lenclastre son cousin, le duc de Norhantone et
de Herfort, le conte d’Arondel, le conte de Pennebourcq, le conte de
Kenfort et le plus grant partie des contes et des chevaliers qu’il
avoit, quant il cuida ariver en Normendie sus le povoir du roy de
Navare. Et estoit connestable de toute son armée le conte de la Marche,
et marescal le sire de Noefville et messire Jehan de Bieaucamp.
Sy vint le roy englès ce prumier jour entour Fiènes; et y eult ung très
grant assault au castiel, mais riens n’y fourfirent, car il estoit bien
garny de bonnes gens d’armes qui bien le tinrent et deffendirent tant
qu’il n’y perdirent riens. Adonc s’en partirent les Englès en celle
entente que pour venir devant le chité d’Arras et le assegier, se le
roy n’ot aultre[s] nouvelles. Sy chevauchèrent l’endemain devers Saint
Pol en Ternois, et coururent les coureurs des Englès environ Monstreul,
mais point ne passèrent la rivière. Et s’en vint le roy englès à tout
son ost logier à Blangy de lès Heddin, et là se tint tout cois sans
aler plus avant, car il entendy que le roy de Franche estoit [à] Amiens
et faisoit là sen asamblée de gens d’armes. Fºs 478 à 480.
P. 140, l. 5: Pikardie.--_Le ms. B 3 ajoute_: en la conté de
Boulonnois. Fº 169.--_Les mss. B 4, 5 ajoutent_: en le conté de
Boulongne. Fº 157.
P. 140, l. 9: y assist.--_Ms. B 3_: assigna.
P. 140, l. 15: especial.--_Le ms. B 3 ajoute_: devers.--_Le ms. B 4
ajoute_: à.
P. 140, l. 24: du Maine.--_Ms. B 5_: d’Auvergne. Fº 364.
P. 140, l. 32: Poitiers.--_Ms. B 3_: Ponthieu.--_Ms. B 4_: Pontiu.
P. 141, l. 5: tanisons.--_Mss. B 3, 5_: ennuy.--_Ms. B 4_: merveilles.
P. 141, l. 7: les.--_Mss. B 3, 4_: ses.
P. 141, l. 8: trente mil.--_Le ms. B 3 ajoute_: hommes.
P. 141, l. 14: avoient.--_Ms. B 3_: avoit.
P. 141, l. 21 et 22: entrues.--_Ms. B 3_: cependent.
§ =348=. P. 141, l. 31: faisoient.--_Ms. B 3 ajoute_: grande. Fº 169.
P. 142, l. 3: resongnoient.--_Ms. B 3_: ensonnyoient. Fº 169, vº.
P. 142, l. 5: vasselage.--_Ms. B 3_: vaillance.
P. 142, l. 7: sept.--_Ms. B 5_: huit. Fº 364 vº.
P. 142, l. 7: des.--_Ms. B 3_: devant les.
P. 142, l. 14: Lancastre.--_Ms. B 6_: Sy s’avisa ou prumier il feroit
son enprise et s’en descouvry à son serouge qui sa seur il avoit, le
conte de le Mare, et à ung sien cousin, monseur Archebault Douglas,
vaillant homme; et leur dist qu’il avoit aviset d’esquieller et de
prendre par fait d’armes, tout en une nuit, le bonne chité de Bervich
et le castiel de Rosebourcq qui jadis fu de leur yretaige. Chil deus
chevaliers et messire Robiert de Versy avecques yaulx sy s’acordèrent.
Et deult le dit messire Guillaumes Douglas et messire Archebaus son
cousin avecques leur route venir à Bervich, et le conte de la Mare et
messire Robert de Versy allèrent à Rosebourcq en celle meismes nuit.
Et sy s’ordonnèrent si bien leur besoigne et sy couvertement que il
vinrent de jour en leur embusque. Et le dit messire Guillaumes et son
cousin messire Archebaut se boutèrent en ung bosquet assés près de le
cité de Bervich, sans che qu’il fuissent de nuluy aperceut et là se
tinrent jusques à bien avant en la nuit; et pooient [estre] environ
trois cens hommes de guerre. Sy se partirent de leur embusque environ
minuit et vinrent tout coiement jusques à Bervich. Et envo[ièrent]
devant trois de leurs varlès pour sçavoir se chil de Bervich faisoient
point de gait sur les murs; il raportèrent à leur mestres que nanil.
Adonc s’avanchèrent il et vinrent sur les fossés et avoient eschelles
cordées. Sy passèrent oultre les fossés, en portant leurs eschelles, au
plus foible lieu et où il n’i avoit point d’iaue. Et jettèrent leurs
eschelles et montèrent contremont, et entrèrent en la ville environ
deux cens. Et vinrent tout coiement à la porte que cil de la cité ne
s’en perchurent riens jusques à tant que de haches et de cuignies
il busquèrent au flaiel pour le coper. Aulcuns gens qui estoient en
leurs lis se esvillèrent pour le busquement. Sy se levèrent et vinrent
à leur fenestre et se commenchèrent à estourmir; mais anchois qu’il
fussent levés et armet ne asamblé, le porte fut ouverte par forche,
et tout les Escochois entrèrent dedens la ville. Et decopoient tous
cheulx qui encontre eulx venoient à main armée. Et fyrent tant qu’il
furent maistre de la cité et que les bourgois se rendirent à yaulx,
saulve leurs vies et leurs biens; mais il ne porent avoir le castiel
qui est assés près, car le gait oy la noize. Sy esvilla le castelain et
les compaignons qui gardoient ledit chastiel; et jamais de forche les
Escochois ne l’euissent eut.
Or vous dirons de leurs aultres compaignons qui devoient Rochebourch
esceller. Il ne demora mie en leur defaulte qu’il ne fesissent leur
aproches saigement; mais il fallirent, car le gait du dit chastiel
villoit et s’apoioit à crestieaulx qu’il les virent sus les murs du
dit chastiel. Sy entendy le bruit des Escochois murmurer ensamble;
sy coury moult tost esvillier le chastelain et les compaignons de
laiens et se pourveirent de leur fait et vinrent as garites. Quant les
Escochoiz les virent, il retournèrent arière tout esbahy, et virent
bien qu’il avoient fally à leur emprinse. Sy se retirèrent devers
Bervich et trouvèrent messire Guillame Douglas et leur compaignie qui
tenoient la cité comme le leur. Si en furent tous joieulx; sy prirent
consail ensamble qu’il asegeroient le dit chastiel. Sy l’asegèrent de
tous costés, car à l’un des lés il marchist à le ville. Ches nouvelles
vinrent en Engleterre que les Escochois avoient reprins Bervich. Sy en
furent les Englès moult courouchiés, mais amender ne le peurent tant
que à celle fois. Fºs 481 à 484.
P. 142, l. 18: siet.--_Ms. B 3_: est assis.
P. 142, l. 24: cremeur.--_Ms. B 3_: crainte.
P. 142, l. 27: Bervich.--_Le ms. B 5 ajoute_: qui siet sur la dicte
rivière. Fº 364 vº.
P. 142, l. 28: assenèrent.--_Ms. B 3_: essaièrent.
P. 142, l. 32: quoique.--_Ms. B 3_: et qui.
P. 143, l. 7: puisqu’il.--_Ms. B 3_: puisque les Anglois.
P. 143, l. 8: mancevi.--_Ms. B 3_: advertiz.--_Ms. B 4_: manchevi. Fº
157 vº.
P. 143, l. 9: Escos.--_Le ms. B 3 ajoute_: dont toute la marce estoit
en doubtance, et point n’y avoit gens au pais pour faire un siège ne
resister aux Escos.--_Le ms. B 4 ajoute_: de quoi toute le marche
estoit en grant doubtance, et point n’y avoit gens ou pais pour faire
siège ne resister as Escos. Fº 157 vº.
P. 143, l. 10: Bervich.--_Ms. B 3_: Vervich. Fº 169 vº.
P. 143, l. 12: Grastoch.--_Ms. B 3_: Grascop.--_Ms. B 4_: Grascok. Fº
157 vº.
P. 143, l. 13: gouvernance.--_Mss. B 3 et 4_: gouvernement.
P. 143, l. 17: Guillaumes Douglas.--_Ms. B 3_: Jehan de Douglas.--_Ms.
B 4_: Guillaumes de Douglas.
P. 143, l. 17: menères.--_Ms. B 3_: conducteur.--_Ce mot manque dans le
ms. B 4._
§ =349=. P. 143, l. 22: Tant ala.--_Ms. d’Amiens_: A l’endemain
chevauça li roys d’Engleterre et vint logier à Blangi, à deus lieuwez
de Hedin, et point ne passa adonc oultre, et dist qu’il atenderoit là
le roy de Franche.
Li roys de Franche estoit avaléz à Pieronne en Vermendois, et avoit
fait ung si grant mandement partout que merveilles seroit au deviser,
et s’en vint en le chité d’Arras, et touttes mannierres de gens le
sieuvoient, et avoit bien soissante mil hommes. Là estoit dallés lui
messires Jehans de Haynnau o grant routte de gens d’armes, et ouvroit
li dis roys de France en partie par son consseil.
Or avint que messires Bouchicaus, ungs chevaliers de Poito, qui pour le
tamps estoit prison au roy d’Engleterre, et l’avoit li dis roys recreu
sus sa foi le tierme de huit mois, si s’en revenoit messires Bouchicaus
deviers le roy d’Engleterre pour li remettre en se prison, enssi que
couvens portoit, et vint ung soir à Blangi, là où li roys englès estoit
logiés. Quant li roys le vi, se li demanda tout en hault: «Et dont
revient Bouchicaux?»--«En nom Dieu, dist il, sire, de France et de
deviers le roi de Franche.»--«Et que dist ly roys de France? ce dist li
roys d’Engleterre; me venra il point combattre?»--«En non Dieu, sire,
dist il, de cela ne sai je riens, ne je ne sui mies de son consseil si
avant.»
Adonc musa li roys d’Engleterre ung petit et puis dist: «Messire
Bouchicau, je poroie avoir de vous deus mil ou trois mil florins, se
je volloie; mès je lez vous quitteray, se vous volléz aller deviers
mon adverssaire, vostre roy, et lui dire de par my que je l’atens
droit chy, et l’ai attendu et attenderay encorrez trois jours, se il
voelt traire avant pour combattre, et de ce me venrés vous faire le
responsce.»--«Saint Jorge! sire, dist messires Boucicaus, vous me
offrés grant courtoisie, et je le voeil faire et di grant merchis.»
Chilx soirs passa; l’endemain au matin, il monta à cheval et vint à
Arras, et là trouva le roy de Franche; se fist son message bien et à
point.
Li roys de Franche respondi et dist: «Messire Bouchicaux, puisque
en couvent avés de raller par delà, vous dirés à nostre adverssaire
que nous nos partirons, quant bon nous samblera, et non pas par se
ordonnance.» Fº 100.
P. 143, l. 21: ensiewant.--_Ms. B 6_: Or revenons au roy d’Engleterre,
qui estoit à Blangy delés Heddin. Entreus que le roy englès estoit à
Blangy, coururent ses marisaulx ens ou pais de Ternois et d’Artois et
vinrent à Saint Pol. Et y eult ung jour moult grant assault; mais chil
qui dedens estoient le gardèrent bien et vaillanment et tant que les
Englès ne firent point de damaige. Fº 484.
P. 143, l. 23: Blangis.--_Ms. B 3_: Blangy. Fº 169 vº.
P. 143, l. 30: entrues que.--_Ms. B 3_: cependent que.
P. 143, l. 30: vint.--_Ms. B 6 ajoute_: sur ung soir. Fº 484.
P. 143, l. 31: bons.--_Ms. B 3_: vaillant.
P. 144, l. 2: de le.--_Ms. B 3_: dès la. Fº 170.
P. 144, l. 3: et.--_Le ms. B 3 ajoute_: y.
P. 144, l. 6: restre.--_Ms. B 3_: revenir.
P. 144, l. 7 à 20: Cilz.... logiés.--_Ce passage manque dans le ms. B
5_, fº 365.
P. 144, l. 10 et 11: tout.... langage.--_Ms. B 3_: tant par son beau et
doulx langaige.
P. 144, l. 11: apparilliet.--_Ms. B 3_: plaisant que par ses autres
prouesses.
P. 144, l. 14: grant cière.--_Ms. B 3_: bonne chière.
P. 144, l. 15: estoit.--_Le ms. B 3 ajoute_: en la grace du roy et son.
P. 144, l. 21: se trest.--_Ms. B 3_: se tira.
P. 144, l. 22: devant.--_Ms. B 3_: dedens.
P. 144, l. 23: luite de deux Bretons.--_Ms. B 5_: luitier deux Bretons.
Fº 365.
P. 144, l. 24: l’enclina.--_Ms. B 3_: se enclina.
P. 144, l. 26: Jehan.--_Le ms. B 3 ajoute_: de France.
P. 145, l. 3: temprement.--_Ms. B 3_: en brief.
P. 145, l. 4 à 13: Li rois... vous.--_Ce passage manque dans le ms. B
5._
P. 145, l. 5: cou.--_Ms. B 3_: ce.--_Ms. B 4_: chou. Fº 158.
P. 145, l. 16 et 17: deus ou trois mil florins.--_Ms. B 6_: trois ou
quatre mille escus. Fº 485.
P. 145, l. 22: combatre.--_Ms. B 6_: et se response vous me lairés
savoir par ung hirault des nostres, que je vous cergeray à vostre
departement. Fºs 485 et 486.
P. 145, l. 22: message.--_Le ms. B 3 ajoute_: bien à point, vous me
ferez service, et je vous quicteray vostre prison.
P. 145, l. 24: resjoïs.--_Ms. B 3_: esjoy.
P. 145, l. 30: yaus.--_Ms. B 3_: luy.
P. 145, l. 31: mesnie.--_Ms. B 3_: compaignie.
P. 145, l. 32: retour.--_Ms. B 6_: ung hirault o luy que on apelloit
Faucon. Fº 486.
P. 146, l. 9: leviers.--_Ms. B 3_: louyer. Fº 170.--_Ms. B 4_: leuiers.
Fº 158 vº.--_Ms. B 5_: louier. Fº 365.
P. 146, l. 12: avés.--_Le ms. B 3 ajoute_: premier.
P. 146, l. 14: ennemis.--_Ms. B 6_: la response du roy fu telle par
Faucon le hirault, qui le aporta arrière, que c’estoit bien l’intencion
du roy de Franche que de aller devers ses ennemis et plus avant, mais
que ses gens fussent tout venus qu’il avoit mandet. Fº 486.
§ =350=. P. 146, l. 15: Ensi demora.--_Ms. d’Amiens_: Sus cel estat se
parti messires Bouchicaus, et vint arrière à Blangi et recorda au roy
d’Engleterre le responsce que vous avés oy.
Quant li roys entendi ce, si eult sur ce avis, et dounna à monseigneur
Bouchicau congiet et le quita de sa foy et puis se desloga dedens un
jour apriès et retourna vers Saint Omer. Et entrèrent ses gens en le
comté de Fauckenberghe; si le ardirent moult villainnement. Et enssi
que li Englès chevauchoient, messires Hernoulx d’Audrehen, marescaux
de Franche, à deux cens armurez de fier, les costioit et leur porta
plusseurs dammaiges.
Quant li roys de Franche sceut par monsigneur Bouchicau que li roys
d’Engleterre estoit deslogiés et qu’il s’en ralloit vers Callais, si se
departi adonc à grant esploit de le chité d’Arras, et chevaucha viers
Saint Omer et vint gesir à Tieruane. Et li roys d’Engleterre ce jour
vint à Eske sus le rivierre, et là se loga. Et l’endemain li roys de
Franche le poursui. Et li roys d’Engleterre s’en rentra dedens Callais.
Fº 100 vº.
P. 146, l. 15: cel.--_Ms. B 4_: tel. Fº 158 vº.
P. 146, l. 23: lui retraire.--_Ms. B 3_: se retirer. Fº 170.
P. 146, l. 27: Leueline.--_Ms. B 3_: Laueline. Fº 170 vº.--_Ms. B 4_:
Leveline. Fº 158 vº.--_Ms. B 5_: Liveline. Fº 365.
P. 146, l. 27: devers.--_Ms. B 3_: à.
P. 146, l. 28: Faukemberghe.--_Ms. B 6_: Sy tost que le roy de
Franche sceut que le roy Englès estoit deslogiet et qu’il se tiroit
et retraioit arière, il se party de la ville d’Amiens et s’en vint à
Aras et fist commandement que toutes manières de gens à cheval et à
piet le sievissent. Et envoia devant son connestable, messire Jaques
de Bourbon, en le chité de Terouane, à tout trois cens lanches, pour
le garder contre les Englès, se nul assault y fasoient. Le roy Englès
et son host, yauls party de Heddin et de là environ, chevauchèrent et
passèrent assés priès de Terouane, mais point n’y assallirent, car il
entendirent que elle estoit garnie de bonnes gens d’armes. Se passèrent
les Englès oultre et vinrent logier droit à Alekine et sus celle
rivière qui keurt desous le castiel de Maunier et qui vient à Arques.
Et messire Ernoul d’Audrehem, marisal de Franche, à tout cinq cens
compaignons bien montés, les poursievy et se logea celle nuit moult
près d’ieaulx sus le mont de Herfault, et tant qu’il veoient bien l’un
l’autre. Et l’endemain se desloga le roy et passa desous le mont de
Herfault et s’en vint devers Fauquemberghe, qui estoit une bonne ville
et grose et où on faisoit grant draperie. Sy fu la dite ville prinse
des Englès, car il n’y avoit point de deffense, et fu toute pillie et
robée et à leur departement toute arse. Et le roy de Franche s’en vint
che mesme jour à Terouane, et tout son ost, et avoit bien cent mille
hommes, que uns, que aultres. L’endemain, se party le roy englès de
Fauquemberghe et passa à Licques et desoubz Ardre, et fist tant qu’il
rentra en Calais. Fºs 487 et 488.
P. 147, l. 2: o primes se desloga il.--_Ms. B 3_: et qu’il se
deslogeoit. Fº 170 vº.
P. 147, l. 3: sur.--_Ms. B 3_: contre.--_Ms. B 4_: sur. Fº 158 vº.
P. 147, l. 7: Tierenois.--_Mss. B 3 à 5_: Tiernois.
P. 147, l. 8: Tieruane.--_Ms. B 3_: Therouanne.--_Ms. B 4_: Tierewane.
P. 147, l. 8 et 9: estoient... Faukemberge.--_Ms. B 5_: avoient passé
Fauquenbergue. Fº 365.
P. 147, l. 11: Liques.--_Mss. B 3 et 5_: Lisques.--_Ms. B 4_: Licques.
P. 147, l. 14: costiiet.--_Ms. B 3_: coustoié.
P. 147, l. 15: dessouchier.--_Ms. B 4_: deffouchier. Fº 158 vº.--_Ms. B
3_: bouger pour poursuir les Anglois.
P. 147, l. 19: en le kewe.--_Ms. B 3_: à la queue.--_Ms. B 4_: à la
keue.
P. 147, l. 19: le bastide.--_Ms. B 3_: la bastille.
P. 147, l. 20: chapitains.--_Ms. B 6_: Che prope jour, vint le roy de
Franche à Fauquenberghe et là se loga sur la rivière, et cuidoit que
les Englès fussent là environ, et les avoit tout le jour poursievy à
l’avis des fumières qu’il faisoient.
Or advint que, entreulx que le roy de Franche et les seigneurs estoient
là logiet, ung grant remous et moult felle s’entreprist entre les
gens de monseigneur Jehan de Haynau et le commun de Tournay. Et fu la
chose bien ordonée de mal aler, car il furent rengiés ly uns devant
l’autre. Et y eult pluiseurs de chiaulx de Tournay ochis et blechiés,
dont il estoient moult ayret. Et encores euissent il rechut plus grant
damaige, se ly rois n’y eust envoiet et mis deffense sur yaulx et
yaulx appaisiet, car grans foisons de bons chevaliers et escuiers se
tournoient et tiroient devers monseigneur Jehan de Haynau à l’encontre
de cheaulx de Tournay. Sy fu la chose ensy departie: qui plus y eult
mis plus y eult perdu. Chil de Tournay plouroient leur damaige: che fu
le reconfort qu’il en eurent.
Assés tost après ceste advenue, vint le marescaus de Franche, messire
Ernoul d’Audrehem devers le roy, et ly dist que les Englès estoient
entrés à Calais. Quant le roy de Franche entendy che, sy eult consail
de luy retraire à Saint Omer et se party à tout son ost et s’en vint
en sa bonne ville de Saint Omer et là se tint. Et demanda conseil à
monseigneur Jehan de Haynau, en quy il avoit fiance, coment il poroit
perseverer à son honneur de ceste armée; il luy dist: «Sire, se vous
envoierés quatre chevaliers à Calais devers le roy d’Engleterre, et
luy manderés que vous l’avés poursievy au plus hastivement que vous
avés peult depuis les nouvelles que vous eustes de messire Bouchicault
et qu’il vide hors de Calais, et vous luy baillerés plache là où il le
voldra prendre et eslire, et là le combaterés.»
A che consail le roy entendy vollentiers. Et furent les quatre
chevaliers nommés et ordonnés qui yroient ce messaige faire; et furent
messires Ernoul d’Audrehem, messire Guichart de Biaugeu, messire
Bouchicault et le sire de Saint Venant. Et cheulx y alèrent et ung
hirault avecques eulx jusques à Calais pour parler au roy d’Engleterre.
Quant il furent venus assés près de Calais, il envoièrent leur hirau
dedens la ville dire et senefier au roy englès que là estoient quatre
chevaliers franchois pour parler au roy d’Engleterre de par le roy de
Franche, mais que il eussent sauconduit. Le roy respondy au hirault
qu’il n’avoient que faire de entrer en la ville de Calais; mais il
envoiroit de son consail pour parler à y aulx et sçavoir quelle chose
il volloient dire. Sy i envoia son cousin le duc Henry de Lenclastre et
messire Gautier de Mauny et deux aultres chevaliers. Sy chevauchèrent
tant que il vinrent là où les quatre chevaliers de Franche les
atendoient. Sy les saluèrent courtoisement et leur demandèrent qu’il
leur plaisoit. Messire Ernoul d’Audrehem prist le parolle et dist qu’il
estoient là envoiet de par le roy de Franche pour requerre au roy
d’Engleterre qu’il volsist yssir hors de Calais et venir en ung biel
camp, car il se volroit combattre à luy. Le duc de Lancastre respondy
que ly roy Jehan avoit eut assés tamps et losir de venir jusques à
yauls, s’il volsist, car il avoit sejourné au pais de l’Artois bien
onze jours, où le roy son seigneur l’avoit atendut et luy avoit mandé
bataille «par vous monseigneur Bouchicault qui chy estes presens.
Sy vous respondons de par le roy nostre seigneur qu’il n’est pas
consilliés de faire che que vous ly requerés, car jà le moitié de ses
gens en sont rallet leur voie, et ly aultres sont moult travilliet. Se
ly venroit mal à point de combatre au plaisir et à l’aise du roy de
Franche et à tous les bons poins.» Là endroit furent pluiseurs raisons
dites entre yauls, dont je m’en tais, car riens n’en fut accordé. Sy
se partirent atant les chevaliers de Franche et vinrent à Saint Omer
raporter au roy de Franche leur response, et ly chevaliers d’Engleterre
s’en ralèrent à Calais. Fºs 488 à 492.
P. 147, l. 26: li Englès estoit.--_Ms. B 3_: les Anglois
estoient.--_Ms. B 4_: ly Englès estoient.
P. 148, l. 3: royaus.--_Ms. B 3_: roialle.
P. 148, l. 5: chevaucie.--_Ms. B 3_: chevauchée.
P. 148, l. 13: pièce de terre.--_Ms. B 3_: terre.
P. 148, l. 20: Arde.--_Ms. B 3_: Ardre. Fº 171 vº.
P. 148, l. 23 et 24: havene.--_Ms. B 3_: havre.
P. 148, l. 24 et 25: Bervich.--_Ms. B 3_: Vervich. Fº 172.
P. 148, l. 26: Rosebourch.--_Le ms. B 3 ajoute_: et fally.
P. 148, l. 27: pensieus.--_Mss. B 3, 5_: pensif.
P. 148, l. 28: Grastoch.--_Ms. B 3_: Grastop.--_Ms. B 4_: Grascok. Fº
159.--_Ms. B 6_: Grisep. Fº 492.
P. 149, l. 3: eussent... songniet.--_Mss. B 3, 4_: eussent esté bien
soigneux. Fº 172.
P. 149, l. 3: songniet.--_Ms. B 6_: Adonc se mirent les seigneurs
d’Engleterre entre le roy et le chevalier, et dirent: «Monseigneur,
il sera bien amendé.» Lors soupa le roy moult petit et fist là venir
tout son consail après souper en sa chambre. Sy fu dit et ordonné que,
à heure de minuit, quant la marée venroit, que il entraissent tous en
leurs batieaulx et s’en yroient en Engleterre; et ne dormiroit jamais
en une ville que une nuit, sy seroit venu devant Bervich. Ensi fu il
segnefiet et criet parmy la ville de Calais. Et fu tout toursé, et les
chevaulx mis en ès batieaulx devant minuit, et à chelle heure le roy
entra en son batiel et toute[s] ses gens; et furent l’endemain, à heure
de prime, à Douvres. Sy dessendirent et mirent tout leur baghes hors,
et puis montèrent à cheval, et prirent le chemin de Londres. Et fist
commandement le roy par toute son ost que nulz ne presist aultre chemin
que chely d’Escoche. Fº 493.
P. 149, l. 6: tel.--_Ms. B 3_: tellement. Fº 172.--_Ms. B 4_: atourné
telle paix.
P. 149, l. 7: sist.--_Ms. B 3, 4_: fut. Fº 172.