Nouvellez vinrent en l’ost des Franchois que li Englès venoient

rafrescir le ville de Saint Jehan. A ce donc estoit retrais li roys

Jehans à Poitiers, et avoit laissiet ses gens et ses marescaux là

au siège. Si eurent consseil li Franchois que une partie de leurs

gens iroient garder le pont de le rivierre de Charente, et li autre

demoroient au siège. Si se partirent messires Guis de Neelle, marescaux

de France, li sires de Pons, li sires de Parthenay, li sires de Tannai

Bouton, li sires d’Argenton, messires Guichars d’Angle et bien quatre

cens chevaliers, et estoient bien mil hommes d’armes, de bonne estoffe.

Si se avanchièrent et vinrent desoubz Taillebourcq, au pont de le

Charente, tout premiers, ainschois que li Englès y pewissent venir. Si

se logièrent bien et biel sus le rivierre et furent signeur dou pont.

A l’endemain au matin, vinrent là li Englèz et li Gascon qui furent tout

esbahi quant il virent là ces seigneurs de France là logiés enssi, et

perchurent bien qu’il estoient decheu et qu’il avoient falli à leur

entente. Si se consillièrent grant temps, car à envis retournoient, et

envis sus le pont se mettoient. Tout consideré il se missent au retour

et fissent touttes leurs pourveanches et leurs soummiers retourner.

Quant chil seigneur de France en virent le mannière et que li Englèz

s’en ralloient: «Or tos passons le pont; car il nous fault avoir de

leurs vitailles.» Dont passèrent il outre communaument à grant esploit,

et toudis s’en alloient li Englès. Quant il furent tout oultre et li

Englès en virent le mannierre, si dissent entr’iaux: «Nous ne demandons

autre cose; or tos allons les combattre.» Lors se missent il en bon

arroy de bataille, et retournèrent tout à ung fès sur les Franchois.

Là eut de premières venuez grant hurteis et fort lanceis, et maint

homme reverssé par terre. Finablement, li Englès et li Gascon, par leur

proèche, obtinrent le place. Et furent là desconfi li Franchois, tout

mort et tout pris; oncquez homme d’onneur n’en escappa. Si retournèrent

li dit Englès et Gascon deviers Bourdiaux à tout ce gaaing, et en

remenèrent arrierre leur pourveanches. Fºs 98 vº et 99.

P. 104, l. 7: Biaucamp.--_Ms. B 3_: Beaumont. Fº 160 vº.

P. 104, l. 8: Byaucamp.--_Mss. B 3 à 5_: Beaumont.

P. 104, l. 9: Jame.--_Ms. B 3_: Jehan.

P. 104, l. 10: Brues.--_Ms. B 3_: Bruges.--_Ms. B 4_: Bruhes. Fº 149

vº.--_Ms. B 5_: Bruues. Fº 360 vº.

P. 104, l. 29: havene.--_Ms. B 3_: havre.

P. 104, l. 30: kay.--_Ms. B 3_: chays.

P. 105, l. 7: Blaves.--_Ms. B 3_: Blaye.--_Ms. B 4_: Bloves. Fº 150.

P. 105, l. 10: cinq cens.--_Mss. B 3 à 5_: six cens.

P. 105, l. 11: brigans.--_Ms. B 6_: bidaus. Fº 433.

P. 105, l. 13: Carente.--_Ms. B 3_: Charante.

P. 105, l. 17: amas.--_Mss. B 3 et 4_: armée.

P. 105, l. 18: Jehan.--_Ms. B 6_: Sy s’acordèrent à chou que le sire de

Bieaugeu demor[r]oit au siège tout cois à tout le moitié de l’ost; et

messire Guy de Nielle, marisaulx de Franche, messire Renault de Pois,

ung vaillant chevalier, messire Guichart d’Angle, le sire de Partenay,

le sire de Matelin et pluiseurs aultres grant barons et chevaliers, qui

là estoient à tout l’autre moitié de l’ost, iroient garder le pont de

la forte rivière de Quarente: par lequel pont il couvenoit ces Englès

passer, s’il volloient venir en la ville de Saint Jehan, et se n’y

avoient que cinq lieues. Fºs 433 et 434.

P. 105, l. 19: Saintré.--_Ms. B 3_: Santerré.

P. 105, l. 21: Puiane.--_Ms. B 3_: Puyarne.--Ms. B 4: Pivaire.

P. 105, l. 22: Tannai Bouton.--_Ms. B 3_: Tonnay Bouton.

P. 106, l. 16: passer.--_Ms. B 6_: car otant voldroit soixante hommes

au delà le pont, si comme il disoient, par deviers les Franchois, comme

feroient dix mille de leur costé. Fº 434.

P. 106, l. 18 et 19: les assallir.--_Ms. B 3_: l’assallir. Fº 161.

P. 106, l. 30: gens.--_Ms. B 3_: nombre.

P. 107, l. 3: ou froais.--_Ms. B 3_: au froy.--_Ms. B 4_: de froais.

P. 107, l. 8: droit.--_Ms. B 3_: fin.

P. 107, l. 25: ablement.--_Ms. B 3_: asprement.

P. 107, l. 30: desconfirent.--_Ms. B 6_: mais il detinrent le camp

et prinrent le marescal du roy monseigneur Gui de Nelle, monseigneur

Guichart d’Engle, che bon chevalier, monseigneur Renault de Pons,

le seigneur d’Esprenay, monseigneur Bouchicau, monseigneur Ernoul

d’Audrehem, le sire de Matelin et pluiseurs bons chevaliers de Poitou

et de Saintonge et ossy de Vermendois et de Franche qui estoient

là alés avec le marescal, tant qu’il eurent bien soixante bons

prisonniers, et se logèrent celle nuit en celle plache. Bien le sceut

le sire de Biaugeu, mais il n’osoit laissier le siège que cil de Saint

Jehan ne se ravitaillaissent. Fº 436.

P. 107, l. 32: Neelle.--_Les mss. B 3 et 4 ajoutent_: et grant foison

de bons chevaliers et escuiers de Picardie qui furent tous prins ou

tuez. Fº 161.

§ =333=. P. 108, l. 12: Vous devés.--_Ms. d’Amiens_: Ces nouvelles

vinrent en l’ost que messires Guis de Neelle, marescaux de France, li

sirez de Pons, li sirez de Partenay et tout li baron et li chevalier

qui là [estoient] avoient estet pris; si le segnefiièrent au roi de

Franche qui se tenoit à Poitiers, qui en fu moult courouchiéz, mès

amender ne le peult, tant c’a ceste fois. Si renvoia nouvelles gens

d’armes au siège, et ne veult mies que ºn s’en departesist enssi.

Quant chil de Saint Jehan l’Angelier entendirent ces nouvellez, que

leur secours estoit perdus et que point n’en aroient, ne que ravitaillé

ossi point ne seroient, si furent plus esbahi que ºncques mès, car

il estoient durement astraint; si eurent consseil de tretiier à ces

seigneurs de Franche qui là estoient. Si tretiièrent sus cel estat que,

s’il n’estoient comforté, dedens un mois, de gens fors assés pour lever

le siège, il se renderoient. Li sires de Biaugeu envoya ce tretiet

deviers le roy de France qui se tenoit à Poitiers, assavoir se il le

vorroit faire, ou non. Il l’acorda et se parti de Poitiers et vint en

l’ost dallés ses gens; et pour tant qu’il savoit que li deffaulte de

vivres estoit si grans en le ville de Saint Jehan, qu’il moroient de

famine, il y envoya de tous vivrez, bien et largement, tant qu’il en

furent tout raempli: laquel cose il tinrent à grant courtoisie. Li roys

Jehans tint là sa journée bien et puissamment, ne oncques nus n’aparut

pour lever le siège.

Si couvint que cil de Saint Jehan se rendesissent, car à che estoient

il obligié, et en avoient livré bon ostaigez. Si furent franchois comme

en devant, et jurèrent feaulté et hoummaige à devoir et à paiier au

roy de Franche. Si y mist li roys de recief ºfficiiers de par lui, et

y fist ung senescal dou pays d’un chevalier que on appelloit messire

Jehan de Montendre. Et puis s’en parti li dis roys et dounna touttez

ses gens congiet, et retourna en France et vint sejourner à Paris. Fº

99.

P. 108, l. 18: et pris.--_Ms. B 3_: et presque toute. Fº 161 vº.

P. 108, l. 19: Saintré.--_Ms. B 3_: Santres.

§ =334=. P. 110, l. 11: envoiiés.--_Le ms. B 4 ajoute_: du roy

d’Engleterre et de son conseil. Fº 151.

P. 110, l. 12: Calais.--_Le ms. B 3 ajoute_: qui estoit de son conseil.

Fº 162.

§ =335=. P. 110, l. 25: En celle.--_Ms. d’Amiens_: En ceste meysme

saison que li sièges fu par devant Saint Jehan l’Angelier, avint en

Bretaingne ung moult mervilleux fait d’armes que on ne doibt mies

oubliier, mès le doit on mettre avant pour tous bacelers encorragier.

Et affin que vous le puissiés mieux entendre, vous devés savoir que

toudis estoient guerres en Bretaingne entre les parties des deus

dammes, coumment que messires Carlez de Blois fust eprisonnés. Et se

guerioient les partiez des deus dammes par garnisons qui se tenoient

ens ès castiaux et ès fortez villes de l’une partie et de l’autre.

Si avint ung jour que messires Robers de Biaumanoir, vaillant chevalier

durement et dou plus grant linage de Bretaingne, estoit castelains

dou Castiel Joselin, et avoit avoec lui grant fuisson de gens d’armez

de son linage et d’aultres saudoiiers, et s’en vint courir par devant

le ville et le castiel de Plaremiel, dont il estoit castelains ungs

saudoiiers allemans que on clammoit Blandebourch, et avoit avoecq lui

grant fuisson de saudoiiers allemans, englès, bretons et d’autrez pays,

et estoient de le partie de la contesse de Montfort.

Quant li dis messires Robiers vit que nuls de le garnison n’istroit, il

s’en vint à le porte et fist appeller ce Blandebourch sus asegurancez,

et li demanda se il avoit layens nul compaignon, deux ou trois, qui

volsissent jouster de fiers de glaves encontre autres troix pour

l’amour de leurs dammez. Blancquebourcq respondi et dist que leurs

dammez ne voroient mies que il se fesissent tuer si simplement que

d’une seulle jouste, car c’est une aventure de fortune trop tost passée.

«Mès je vous dirai que nous ferons, se il vous plaist. Nous prenderons

vingt ou trente de nos compaignons de nostre garnison et nous metterons

à plains camps, et là nous combaterons tant que nous porons durer: si

en ait le milleur à qui Dieux le vorra donner!»--«Par ma foy! respondi

messires Robiers de Biaumanoirs, vous en parlés en bonne manierre, et

je le voeil enssi; or, prendés journée.» Elle fu prise au merquedi

prochain venant, et donnèrent là entr’iaux certainnez trieuwez jusques

ad ce jour, et retournèrent mesirez Robiers et ses gens sus cel estat.

Si se pourveirent de trente compaignons, chevaliers et escuiers, et les

prissent en leurs garnisons, et Branquebourch ossi de trente autrez

compaignons tous à eslite. Fº 99.

P. 110, l. 28: exempliier.--_Ms. B 3_: donner exemple. Fº 162.

P. 111, l. 11: Plaremiel.--_Ms. B 5_: Paremiel. Fº 361.

P. 111, l. 11: uns.--_Les mss. B 3, 4 ajoutent_: uns bons escuiers

alemant, hardis homs d’armes malement. Fº 151.--_Le ms. B 5 ajoute_: un

escuier alemant.

P. 111, l. 24: de fers de glaves.--_Ms. B 3_: de pointes de lances.

P. 111, l. 25: amies.--_Ms. B 3_: dames.

P. 112, l. 4: sus le hart.--_Ms. B 3_: à peine de la hart. Fº 162 vº.

P. 112, l. 13: creante.--_Ms. B 5_: creance.

P. 112, l. 14: creante jou.--_Ms. B 3_: je le prometz.

P. 112, l. 22: yaus.--_Le ms. B 3 ajoute_: mettre.

§ =336=. P. 112, l. 23: Quant li jours.--_Ms. d’Amiens_: Quant li jours

fu venus, li trente compaignon Branquebourch oïrent messe, puis se

fissent armer et s’en allèrent en le pièce de terre là où li bataille

devoit y estre. Et descendirent tout à piet et coummandèrent à tous

ciaux qui là estoient, que nulx ne fuist si hardis qui s’entremesist

d’iaux, pour cose ne pour mescief qu’il veist. Et ensi fissent li

trente compaignon de monseigneur Robert de Biaumanoir. Chil trente

compaignon que nous appellerons Englèz, à ceste besoingne atendirent

longement lez autrez trente que nous appellerons Franchois.

Quant il furent venu, il descendirent à piet, et fissent adonc le

coummandement dessus dit. Et quant il furent l’un devant l’autre, il

parlementèrent un petit enssamble tout soissante, puis se retraissent

un petit arrière, li ungs d’une part et li autre d’autre part. Et

fissent touttez leurs gens traire arrière de le place, bien loing. Puis

fist li ungs d’iaux ung signe, et tantost se coururent seure, et se

combatirent fortement tous en ung tas. Et rescouoient bellement li ungs

l’autre, quant il veoient leurs compaignons à mescief.

Assés tost apriès ce qu’il furent assamblé, fu ochis li ungs dez

Franchois. Mès pour ce ne laissièrent mies li autre le combattre; ains

se maintinrent moult vassaument d’une part et d’autre, ºssi bien que

tout fuissent Rollans et Oliviers. Je ne say dire à le verité: «Chilz

s’i maintint le mieux, ne chilz autrez;» mès tant se combatirent

longement, que tout perdirent force et alainne et pooir entirement.

Si les couvint arester et reposer, et se reposèrent par acort li uns

d’une part et li autre d’autre. Et s’en donnèrent trieuwez jusques

adonc qu’il se seroient reposé et que li premier qui se releveroit,

rapelleroit les autrez. Adonc estoient mort quatre des Franchois et

deux des Englès. Il se reposèrent longement d’une part et d’autre. Et

telz y eult qui burent dou vin que on leur aporta en boutaillez, et

restraindirent leurs armures qui desrouttez estoient, et fourbirent

leurs plaies et rebendelèrent. Fº 99.

P. 113, l. 5: des leurs.--_Ms. B 3_: des François. Fº 162.

P. 113, l. 13: se coururent sus.--_Ms. B 5_: s’entrecoururent sus. Fº

361 vº.

P. 113, l. 22: plus avant.--_Ms. B 3_: mieulx. Fº 162 vº.

P. 114, l. 2 et 3: leurs armeures.... plaies.--_Ms. B 3_: leurs arnois

qui estoient gastez et nestoiarent leurs playes. Fº 162 vº.

§ =337=. P. 114, l. 4: Quant.--_Ms. d’Amiens_: Quant il furent assés

reposé, li premiers qui se releva, fist signe et rapella les autres.

Si recoummencha li bataille si forte comme en devant, et dura moult

longement; et se tinrent ceste seconde enpainte moult vaillamment.

Mès finablement li Englès en eurent le pieur; car, enssi que je oy

recorder chiaux qui les virent, li ungs des Franchois, qui estoit à

cheval, les debrisoit et defouloit laidement: si ques Blandebourch,

leur cappittainne, y fu tués, et huit de leurs compaignons. Si les

enmenèrent messires Robiers de Biaumanoir et li sien en leur garnison.

Enssi alla il de ceste besoingne. Fº 99.

P. 114, l. 8: et espois et daghes.--_Ms. B 3_: et espoisses dagues. Fº

163.

P. 114, l. 18: le pieur.--_Ms. B 3_: du pire. Fº 163.

P. 114, l. 20: les.--_Le ms. B 3 ajoute_: Anglois.

P. 114, l. 21: mesaisiement.--_Ms. B 4_: mesaisement. Fº 151 vº.

P. 114, l. 22: huit.--_Ms. B 6_: vingt. Fº 445.

P. 114, l. 24: aidier.--_Les mss. B 3 et 4 ajoutent_: qu’il ne les

couvint rendre ou mourir.

P. 114, l. 28: rancenèrent.--_Ms. B 4_: ranchonnèrent. Fº 152.

P. 114, l. 29: resanet.--_Ms. B 3_: gueriz.

P. 114, l. 31: Englès.--_Ms. B 6_: Je n’oys oncques mais dire ne

raconter que sy faite astine ne entreprise ne fust pour recommander,

et partout là où il venroient, cheulx qui y furent et qui en

escapèrent en vie. Et osy furent il, il n’est pas doubte, car bien

vingt deus ans puissedy j’en vich ung seoir à la table du roy Charle de

Franche, que on apelloit monseigneur Ievain Caruiel. Et pour chu que il

avoit esté l’eun des Trente, on l’onnouroit deseure tous aultres. Et

ousy il moustroit bien à son viaire qu’il sçavoit que cops d’espées,

de daghes et de haches valloient, car il estoit moult plaiiés. Et ossi

oy jou dire de che tamps que messires Engherans d’Uedins avoit esté

avoecques en l’election, et pour che estoit il sy honnourés et amés

dou roy de Franche. Se che fu voir, il en valy mieulx, et tout chil

qui y furent, car che fut ung honnourable fait d’arme, et avint entre

Plaremiel et Castiel Josselin l’an de grace mil trois cens cinquante

un, le vingt septième de jullet. Fº 445 et 446.

P. 115, l. 1 à 11: Et.... outrecuidance.--_Cet alinéa manque dans le

ms. B 5_, fº 361 vº.

P. 115, l. 3: Yewains.--_Ms. B 3_: Gauvain. Fº 163.--_Ms. B 4_:

Jovains. Fº 152.

P. 115, l. 3: Charuelz.--_Ms. B 3_: Caruel.--_Ms. B 4_: Keruels.

P. 115, l. 7: bien.--_Ms. B 3 ajoute_: les enseignes.

§ =338=. P. 115, l. 12: Nous parlerons.--_Ms. d’Amiens_: Apriès le

departement dou siège de Saint Jehan l’Angelier, et que li roys de

France fut retrèz à Paris, il envoya son marescal, le seigneur de

Biaugeu, à Saint Omer, pour là garder lez frontières contre les Englès.

A ce donc estoit cappittainne de Calais messires Jehans de Biaucamp, et

avoit grant fuison de bons compaignons avoecq lui, qui souvent yssoient

et couroient sus le pays, d’une part et d’autre. Dont il avint une fois

qu’il se partirent de Callais à trois cens armurez de fer et quatre

cens archiers, et vinrent à un ajournement courir devant Saint Omer et

queillirent le proie et l’enmenoient devant yaux.

Ces nouvellez vinrent au seigneur de Biaugeu que les Englès

chevauchoient et avoient estet jusques ens ès fourbours de Saint Omer.

Tantost il fist sounner ses trompettes et armer touttes mannierres de

gens d’armes qui laiiens estoient, dont il avoit grant fuison; et tous

premiers se parti à ce qu’il avoit de gens, sans atendre les autres, et

vint sus les camps et fist desvoleper se bannierre. Si pooient y estre

en ceste premierre routte environ six vingt armures de fier, et toudis

veno[ient] gens. Si poursuiwirent les Englès bien quatre lieuwez, et

tant que assés priès d’Arde il les raconssuirent. Li Englèz ne veurent

plus fuir, mès se requeillièrent et entrèrent en un pret. Fº 99 vº.

P. 115, l. 28: trois cens.--_Ms. B 6_: quatre cens. Fº 446.

P. 115, l. 31: Saint Omer.--_Ms. B 6_: entre Arques et Saint Omer. Fº

446.

P. 116, l. 2: terne.--_Ms. B 3_: tertre. Fº 163.--_Ms. B 4_: tierne. Fº

152.

P. 116, l. 8: retraire.--_Ms. B 3_: eulx retirer.

P. 116, l. 28 et 29: ensi.... fait.--_Ms. B 3_: quant ilz furent

prestz. Fº 163 vº.

P. 116, l. 29: caudement.--_Ms. B 3_: hastivement.

P. 116, l. 32: Drues.--_Ms. B 3_: Drieuvez.

P. 117, l. 1 et 2: Guillaumes.--_Mss. B 3 et 4_: Gauvaing.

P. 117, l. 6: Cuvilers.--_Ms. B 4_: Civiliers.

P. 117, l. 7: Vermendois.--_Ms. B 6_: Et sy avoit bien six cens

bringans à pavais, dont Anbrose Bonnefin et Gorge de Pistoie et

Franchois de Rose estoient meneurs et capitaines. Si gardoient et

deffendoient le pais à leur pooir. Si chevauçoient une fois devers

Calais pour querir leur aventurez, et chil de Calais aloient ung aultre

jour. Ensy aloient il de l’un à l’autre; et toudis le comparoient les

povres gens. Fºs 439 et 440.

P. 117, l. 27: cent.--_Ms. B 6_: quatre cens. Fº 447.

P. 118, l. 4: Evous.--_Ms. B 3_: Et vint.

P. 118, l. 4: venu.--_Ms. B 6_: et ceulx de son ostel tant seulement,

et vint jusques au pret, montés sur son coursier, se banière devant

luy, et monseigneur Oudart de Renty, monseigneur Bauduin d’Ennequin,

messire Baudart de Cuvillers, le seigneur de Haveskerke ossy delés

luy. Et toudis ly venoient gens, mais encores n’estoient point venu le

conte de Porsiien et sa banière ne messire Gilles de Bourbon ne messire

Gicart de Biaugeu son frère.

Quant le sire de Biaugeu fu venus jusques as Englès, et il les vit ens

ou pret, tantost imagina leur afaire et dist à ses gens: «A piet, à

piet! Nous ne les poons combattre aultrement.» Adonc se mist il à piet;

ossi firent tous ly aultres. Quant il fu à piet, il regarda entour

luy et se vit en petite compaignie. Sy demanda à messire Bauduin de

Cuvillers: «Où sont tous nos gens?» Respondy le chevalier: «Il vous

sievent, et vous vos estes trop hastés. Che seroit bon que d’ieaux

atendre: il venront tantost; et vous n’avés pas gens pour chy asallir à

yaulx à jeu party.»

Adonc se retourna le sire de Biaugeu et dist par mautalent: «Baudart,

Baudart, se vous avés paour, sy retournés et les atendés.»--«Sire,

nanil, dist le chevalier; ains vous sievray, mès je vous le disoie pour

bien.»

Adonc fist le sire de Biaugeu cheluy qui portoit sa banière passer

oultre le fosset; et il mesmes prit sa lance et en apoiant il sally

oultre. Et à che qu’il sally, il vint ung Englès qui le requelly de sa

glave, et le fery par desous ou fusiel, car il n’estoit point armés de

braies, de mailles, ne d’aultre armure deffensable à chel endroit. Fºs

448 et 449.

P. 118, l. 8: tourniier.--_Ms. B 3_: tournoier.

P. 118, l. 11: hurée.--_Ms. B 3_: levée. Fº 163 vº.

P. 118, l. 12: sallir.--_Le ms. B 3 ajoute_: à. Fº 164.

P. 118, l. 16: s’escueilla.--_Ms. B 3_: se reculla.--_Ms. B 4_:

s’esquellia. Fº 152 vº.

P. 118, l. 17: banière.--_Ms. B 3_: estandart.

P. 118, l. 20: s’abusça.--_Ms. B 3_: trebucha.

P. 118, l. 24: embara.--_Ms. B 3_: l’abatit.--_Ms. B 4_: embati.

P. 118, l. 30: vaillamment.--_Ms. B 6_: Adonc s’avanchèrent les deus

chevaliers et aultres qui estoient là venus avecques luy, messire

Oudart de Renty, messire Bauduin d’Annekin, le sire de Mannier, le sire

de Haveskerque, messire Lois d’Ecalles, messire Bauduin de Cuvillers,

et y firent mervelles d’armes. Fº 450.

P. 118, l. 32: foursené.--_Ms. B 3_: forcennez. Fº 164.

P. 119, l. 2: estekeis.--_Ms. B 3_: estry.

P. 119, l. 6 et 7: un oel.--_Ms. B 3_: Jehan Oel.

P. 119, l. 13: le trettié.--_Ms. B 3_: le trait. Fº 164.--_Ms. B 4_: le

traittiée.

P. 119, l. 15: esmerveilliés.--_Ms. B 3_: esbay.

P. 119, l. 28: reporter.--_Ms. B 6_: «.... ensevelir en nostre pais,

en l’abeie de Belleville là où nostre anciseur gisent.» Son frère tout

en plorant ly eult en couvent. Oncques depuis ces parolles le sire

de Biaugeu ne parla; là morut. Dieu en ait l’ame, car il fut moult

vaillant chevalier et preudons et bien congneu en pluiseurs pais.

Meismement le roy Englès et les seigneurs d’Engleterre en furent

courchiés de sa mort pour le proesche et le bien de luy. Fºs 451 et 452.

P. 120, l. 3: geules.--_Les mss. B 3, 4 ajoutent_: à trois lambaux (B

4: labiaus. Fº 153) de gueules. Fº 164.

P. 120, l. 10: requerre.--_Ms. B 3_: conquerre.

§ =339=. P. 120, l. 14: Tout à piet.--_Ms. d’Amiens_: Li sires de

Biaugeu, qui estoit chaux et boullans de combattre, descendi à piet

et fist descendre les siens, et alla autour de ce pret; et n’y pooit

entrer à sen aise pour un fosset qui y estoit, si ques par mautalent

il prist son glaive et sailli oultre. En saillans, uns Englès li bouta

son glaive ou fusiel où point n’estoit armés, et li embara ou corps

et là l’abati navret à mort. Quant ses gens virent le grant mescief,

il saillirent oultre qui mieux mieux. Et là eult deus chevaliers qui

se fissent tuer sus le corps le signeur de Biaugeu. Si ne durèrent li

Franchois qui là estoient, point longement, et furent tout mort et tout

pris chil premiers.

Evous venant grant secours de Saint Omer, messires Guichart de

Biaugeu, frère au dessus dit, le comte de Porsiien, messire Guillaumme

de Bourbon et bien trois cens armures de fier; si se boutèrent en

ces Englès. Et là eut de rechief grant bataille et dure, et maint

homme reverssé d’une part et d’autre. Et vous di que li Franchois

ne l’avoient mies d’avantaige, car li Englès s’i esprouvoient trop

vaillamment: et ewissent, enssi que on suppose, esté desconffi, se li

brigant, bien sept cens, ne fuissent là venu, mès chil parfissent le

besoingne et desconfirent les Englès. Si furent tout mort et tout pris,

et rescous cil qui pris estoient, et li proie ºssi rescousse; car li

sires de Bavelingehen, par où li foureur les menoient, yssi hors de se

fortrèce, et ossi fissent chil d’Arde. Si le rescoussent et furent tout

mort et tout pris chil qui le menoient, mès li sirez de Biaugeu morut

là sus le place, dont tous li Franchois lurent moult courouchiet; si

le ramenèrent à Saint Omer. Si le fist messires Guichars, ses frères,

enbausoummer et mettre en un sarqu, et le renvoya en son pays arrierre

en Biaugeulois. Si fu assés tost apriès envoiiés à Saint Omer messires

Ernoulx d’Audrehen, et fais marescaux de Franche. Chilx garda ung grant

tems le frontière contre lez Englès. Fº 99 vº.

P. 120, l. 26: son hardement.--_Ms. B 3_: l’ardiesse. Fº 164 vº.

P. 121, l. 5: essannés.--_Ms. B 3_: lassé.--_Ms. B 4_: ensannés. Fº 153.

P. 121, l. 9: plus de cinq cens.--_Ms. B 6_: six cens. Fº 453.

P. 121, l. 40: pavais.--_Ms. B 3_: pennons.

P. 121, l. 13: hodet.--_Ms. B 3_: ennuyez.

P. 121, l. 17: Biauvers.--_Ms. B 3_: Bauvères.--_Ms. B 5_: Beauvais. Fº

361 vº.

P. 121, l. 17: Tuiton.--_Ms. B 4_: Tuton.

P. 121, l. 24: devia.--_Ms. B 3_: trespassa.

P. 121, l. 24: place.--_Le ms. B 5 ajoute_: Dieux pardoint à tous

trespassés et à nous tous nos pechiés.

P. 121, l. 31: le proie.--_Ms. B 3_: la prise.

P. 121, l. 32: devint.--_Mss. B 3, 4_: de nuyt.

P. 122, l. 4: embusce.--_Ms. B 6_: Et estoient bien six vingt hommes

d’armes et trois cens à piet et mis en ung bosquet entre Ardre et

Ghines. Fº 454.

P. 122, l. 4 et 5: armeures de fer.--_Ms. B 4_: hommes d’armes.

P. 122, l. 11: Saint Omer.--_Mss. B 3, 4 ajoutent_: où on l’avoit levée.

Chroniques de J. Froissart, tome 04/13 · 第 34 / 41 段