Digression. Instinct des animaux. Réclamation pour eux.
Quelque pressé que je sois, dans cette revue des simples, des humbles
fils de l'instinct, mon coeur m'arrête et m'oblige de dire un mot
des simples par excellence, des plus innocents, des plus malheureux
peut-être, je veux dire: des animaux.
Je remarquais tout à l'heure que tout enfant naissait noble. Les
naturalistes ont remarqué de même que le jeune animal, plus
intelligent à sa naissance, semblait alors rapproché de l'enfant. À
mesure qu'il grandit, il devient brute et tombe à la bête. Il semble
que sa pauvre âme succombe sous le poids du corps, qu'elle subisse la
fascination de la Nature, la magie de la grande Circé. L'homme se
détourne alors et n'y veut plus voir une âme. L'enfant seul, par
l'instinct du coeur, sent encore une personne dans cet être
dédaigné; il lui parle et l'interroge. Et lui aussi, de son côté, il
écoute, il aime l'enfant.
L'animal! sombre mystère!... monde immense de rêves et de
douleurs muettes... Mais des signes trop visibles expriment ces
douleurs, au défaut de langage. Toute la nature proteste contre la
barbarie de l'homme qui méconnaît, avilit, qui torture son frère
inférieur; elle l'accuse devant Celui qui les créa tous les deux!
Regardez sans prévention leur air doux et rêveur, et l'attrait que les
plus avancés d'entre eux éprouvent visiblement pour l'homme; ne
diriez-vous pas des enfants dont une fée mauvaise empêcha le
développement, qui n'ont pu débrouiller le premier songe du berceau,
peut-être des âmes punies, humiliées, sur qui pèse une fatalité
passagère?... Triste enchantement où l'être captif d'une forme
imparfaite dépend de tous ceux qui l'entourent, comme une personne
endormie... Mais, parce qu'il est comme endormi, il a, en récompense,
accès vers une sphère de rêves dont nous n'avons pas l'idée. Nous
voyons la face lumineuse du monde, lui la face obscure; et qui sait si
celle-ci n'est pas la plus vaste des deux?[71]
[Note 71: «Faisons aujourd'hui, si nous voulons, les fiers, les
rois de la création. Mais n'oublions pas notre éducation sous la
discipline de la nature. Les plantes, les animaux, voilà nos premiers
précepteurs. Tous ces êtres que nous dirigeons, ils nous conduisaient
alors mieux que nous n'aurions fait nous-mêmes. Ils guidaient notre
jeune raison par un instinct plus sûr; ils nous conseillaient, ces
petits, que nous méprisons maintenant. Nous profitions à contempler
ces irréprochables enfants de Dieu. Calmes et purs, ils avaient l'air,
dans leur silencieuse existence, de garder les secrets d'en haut.
L'arbre qui a vu tous les temps, l'oiseau qui parcourt tous les lieux,
n'ont-ils donc rien à nous apprendre? L'aigle ne lit-il pas dans le
soleil, et le hibou dans les ténèbres? Ces grands boeufs eux-mêmes,
si graves sous le chêne sombre, n'est-il aucune pensée dans leurs
longues rêveries?» (_Origines du droit._)]
L'Orient en est resté à cette croyance, que l'animal est une
âme endormie ou enchantée; le Moyen-âge y est revenu. Les religions,
les systèmes, n'ont pu rien pour étouffer cette voix de la nature.
L'Inde, plus voisine que nous de la création, a mieux gardé la
tradition de la fraternité universelle. Elle l'a inscrite au début et
à la fin de ses deux grands poèmes sacrés, le _Ramayana_, le
_Mahabharat_, gigantesques pyramides devant lesquelles toutes nos
petites oeuvres occidentales doivent se tenir humbles et
respectueuses. Quand vous serez fatigué de cet Occident disputeur,
donnez-vous, je vous prie, la douceur de revenir à votre mère, à cette
majestueuse Antiquité, si noble et si tendre. Amour, humilité,
grandeur, vous y trouvez tout réuni, et dans un sentiment si simple,
si détaché de toute misère d'orgueil, qu'on n'a jamais besoin d'y
parler d'humilité.
L'Inde fut bien payée de sa douceur pour la nature; chez elle, le
génie fut un don de la pitié. Le premier poète indien voit voltiger
deux colombes, et pendant qu'il admire leur grâce, leur poursuite
amoureuse, l'une d'elles tombe frappée d'une flèche... Il pleure; ses
gémissements mesurés, sans qu'il y songe, aux battements de son
coeur, prennent un mouvement rythmique, et la poésie est née...
Depuis ce temps, deux à deux, les mélodieuses colombes, renées dans le
chant de l'homme, aiment et volent par toute la terre. (_Ramayana._)
La nature reconnaissante a doué l'Inde d'un autre don admirable, la
fécondité. Entourée par elle de tendresse et de respect, elle lui a
multiplié, avec l'animal, la source de vie où la terre se
renouvelle. Là, jamais d'épuisement. Tant de guerres, tant de
désastres et de servitudes, n'ont pu tarir la mamelle de la vache
sacrée. Un fleuve de lait coule toujours pour cette terre bénie...
bénie de sa propre bonté, de ses doux ménagements pour la créature
inférieure.
Cette union touchante qui d'abord liait l'homme aux plus humbles
enfants de Dieu, l'orgueil l'a rompue... Mais non pas impunément; la
terre est devenue rebelle, elle a refusé de nourrir des races
inhumaines.
Le monde de l'orgueil, la cité grecque et romaine, eut le mépris de la
nature; elle ne tint compte que de l'art, elle n'estima qu'elle-même.
Cette fière Antiquité, qui ne voulait rien que de noble, ne réussit
que trop bien à supprimer tout le reste. Tout ce qui semblait bas,
ignoble, disparut des yeux; les animaux périrent, aussi bien que les
esclaves. L'Empire romain, débarrassé des uns et des autres, entra
dans la majesté du désert. La terre dépensant toujours et ne se
réparant plus, devint, parmi tant de monuments qui la couvraient,
comme un jardin de marbre. Il y avait encore des villes, mais plus de
campagnes; des cirques, des arcs de triomphe, plus de chaumières, plus
de laboureurs. Des voies magnifiques attendaient toujours le voyageur
qui ne passait plus; de somptueux aqueducs continuaient de porter des
fleuves aux cités silencieuses, et n'y trouvaient plus personne à
désaltérer.
Un seul homme, avant cette désolation, avait trouvé dans son
coeur une réclamation, une plainte pour tout ce qui s'éteignait. Un
seul, parmi les destructions des guerres civiles, où périssaient à la
fois les hommes et les animaux, trouva dans sa vaste pitié des larmes
pour le boeuf de labour qui avait fécondé l'antique Italie. Il
consacra un chant divin à ces races disparues[72].
[Note 72: Dans un autre chant, le plus achevé peut-être, un chant
qu'il consacre à son ami le plus cher, au consul, au poète Gallus, il
ne craint pas de lui donner pour frères et consolateurs les plus
humbles fils de la nature, des animaux innocents. Après avoir amené
tous les dieux champêtres pour adoucir la blessure du poète malade
d'amour: «_Ses brebis aussi se tenaient autour de lui_» (puis, par un
mouvement charmant, craignant de blesser l'orgueil de Gallus): _Nostri
nec poenitet illas; nec te poeniteat pecoris, divine poeta._]
Tendre et profond Virgile!... moi, qui ai été nourri par lui et comme
sur ses genoux, je suis heureux que cette gloire unique lui revienne,
la gloire de la pitié et de l'excellence du coeur... Ce paysan de
Mantoue, avec sa timidité de vierge et ses longs cheveux rustiques,
c'est pourtant, sans qu'il l'ait su, le vrai pontife et l'augure,
entre deux mondes, entre deux âges, à moitié chemin de l'histoire.
Indien par sa tendresse pour la nature, chrétien par son amour de
l'homme, il reconstitue, cet homme simple, dans son coeur immense,
la belle cité universelle dont n'est exclu rien qui ait vie, tandis
que chacun n'y veut faire entrer que les siens.
Le christianisme, malgré son esprit de douceur, ne renoua pas
l'ancienne union. Il garda contre la nature un préjugé judaïque; la
Judée, qui se connaissait, avait craint d'aimer trop cette soeur de
l'homme; elle la fuyait en la maudissant. Le christianisme,
fidèle à ces craintes, tint la nature animale à une distance infinie
de l'homme, et la ravala. Les animaux symboliques qui accompagnent les
évangélistes, le froid allégorisme de l'agneau et de la colombe, ne
relevèrent pas la bête. La bénédiction nouvelle ne l'atteignit pas; le
salut ne vint pas pour les plus petits, les plus humbles de la
création. Le Dieu-Homme est mort pour l'homme, et non pas pour eux.
N'ayant point part au salut, ils restent hors la loi chrétienne, comme
païens, comme impurs, et trop souvent suspects de connivence au
mauvais principe. Le Christ, dans l'Évangile, n'a-t-il pas permis aux
démons de s'emparer des pourceaux?
On ne saura jamais les terreurs où, plusieurs siècles durant, le
Moyen-âge vécut, toujours en présence du Diable! La vision du Mal
invisible, mauvais rêve, absurde torture! et de là une vie bizarre qui
ferait rire à chaque instant si l'on ne sentait qu'elle fut triste à
en pleurer... Qui douterait alors du Diable? Je l'ai vu, dit
l'empereur Charles. Je l'ai vu, dit Grégoire VII. Les évêques qui font
les papes, les moines qui prient toute leur vie, déclarent qu'il est
là derrière eux, qu'ils le sentent, qu'il n'en bouge pas... Le pauvre
serf des campagnes qui le voit sous figure de bête, sculpté au porche
des églises, a peur en revenant chez lui de le retrouver dans ses
bêtes. Celles-ci prennent le soir, aux mobiles reflets du foyer, un
aspect tout fantastique; le taureau a un masque étrange, la chèvre
une mine équivoque, et que penser de ce chat dont le poil,
dès qu'on le touche, jette du feu dans la nuit?
C'est l'enfant qui rassure l'homme. Il craint si peu ces animaux qu'il
en fait ses camarades. Il donne des feuilles au boeuf, il monte sur
la chèvre, manie hardiment le chat noir. Il fait mieux, il les imite,
contrefait leur voix... et la famille sourit: «Pourquoi craindre
aussi, j'avais tort! C'est ici une maison chrétienne, eau bénite et
buis bénit; il n'oserait approcher... Mes bêtes sont des bêtes de
Dieu, des innocents, des enfants... Et même, les animaux des champs
ont bien l'air de connaître Dieu; ils vivent comme des ermites. Ce
beau cerf, par exemple, qui a la croix sur la tête, qui va, comme un
bois vivant, à travers les bois, il semble lui-même un miracle. La
biche est douce comme ma vache, et elle a les cornes de moins; la
biche, au défaut de mère, aurait nourri mon enfant...» Ce dernier mot
exprimé, comme tout l'est alors, sous forme historique, finit, en se
développant, par produire la plus belle des légendes du Moyen-âge,
celle de Geneviève de Brabant: la famille opprimée par l'homme,
recueillie par l'animal, la femme innocente sauvée par l'innocente
bête des bois, le salut venant ainsi du plus petit, du plus humble.
Les animaux, réhabilités, prennent place dans la famille rustique
après l'enfant qui les aime, comme les petits parents figurent au bas
bout de la table dans une noble maison. Ils sont traités comme tels
aux grands jours, prennent part aux joies, aux tristesses,
portent habits de deuil ou de noces (naguère encore en Bretagne). Ils
ne disent rien, il est vrai, mais ils sont dociles, ils écoutent
patiemment; l'homme, comme prêtre en sa maison, les prêche au nom du
Seigneur[73].
[Note 73: Voir le petit sermon aux abeilles fugitives, dans mes
_Origines du droit_.]
Ainsi le génie populaire, plus naïf et plus profond que la sophistique
sacrée, opéra timidement, mais avec efficacité, la réhabilitation de
la nature. Celle-ci ne fut pas ingrate. L'homme fut récompensé; ces
pauvres êtres qui n'ont rien, donnèrent des trésors. L'animal, dès
qu'il fut aimé, dura, se multiplia... Et la terre redevint féconde, et
le monde qui semblait finir, recommença riche et puissant, parce qu'il
avait reçu, comme une rosée, la bénédiction de la miséricorde.
La famille une fois composée ainsi, il s'agit de la faire, si l'on
peut, entrer tout entière dans l'Église. Ici grandes difficultés! On
veut bien recevoir l'animal, mais pour lui jeter l'eau bénite,
l'exorciser en quelque sorte, et seulement au parvis... «Homme simple,
laisse là ta bête, entre seul. L'entrée de l'église, c'est le Jugement
que tu vois représenté sur les portes; la Loi siège au seuil, saint
Michel debout tient l'épée et la balance... Comment juger, sauver ou
damner ce que tu amènes avec toi? La bête, cela a-t-il une âme?... Ces
âmes de bêtes, qu'en faire? leur ouvrirons-nous des limbes, comme à
celles des petits enfants?»
N'importe, notre homme s'obstine; il écoute avec respect,
mais ne se soucie de comprendre. Il ne veut pas être sauvé seul, et
sans les siens. Pourquoi son boeuf et son âne ne feraient-ils pas
leur salut avec le chien de saint Paulin? ils ont bien autant
travaillé!
«Eh bien! je serai habile, dit-il en lui-même, je prendrai le jour de
Noël où l'Église est en famille, le jour où Dieu est encore trop petit
pour être juste... Justes ou non, nous passerons tous, moi, ma femme,
mon enfant, mon âne... Lui aussi! Il a été à Bethléem, il a porté
Notre-Seigneur. Il faut bien en récompense que la pauvre bête ait son
jour... Il n'est pas trop sûr d'ailleurs qu'elle soit ce qu'elle
paraît; elle est, au fond, malicieuse, fainéante; c'est tout comme
moi; si je n'étais aussi traîné, je ne travaillerais guère.»
C'était un grand spectacle, touchant, plus que risible encore,
lorsque la bête du peuple était, malgré les défenses des évêques et
des conciles, amenée par lui dans l'église. La nature, condamnée,
maudite, rentrait victorieuse, sous la forme la plus humble qui pût
la faire pardonner. Elle revenait avec les saints du paganisme,
entre la Sibylle et Virgile[74]... On présentait à l'animal le
glaive qui l'arrêta sous Balaam; mais ce glaive de l'ancienne Loi,
émoussé, ne l'effrayait plus; la Loi finissait en ce jour, et
faisait place à la Grâce. Humblement, mais assurément, il allait
droit à la crèche. Il y écoutait l'office, et, comme un chrétien
baptisé, s'agenouillait dévotement. On lui chantait alors, pour lui,
partie en langue de l'Église, partie en gaulois, afin qu'il comprît,
son antienne, bouffonne et sublime:
À genoux! et dis amen!
Assez mangé d'herbe et de foin.
Amen! encore une fois.
Laisse les vieilles choses, et va!
[Note 74: Conservé longtemps à Rouen. Ducange, verbo _Festum_.]
L'animal profita peu de cette réparation[75]. Les conciles lui
fermèrent l'église. Les philosophes, qui pour l'orgueil et la
sécheresse continuèrent les théologiens, décidèrent qu'il n'avait
pas d'âme[76]. Il souffre en ce monde, qu'importe? il ne doit
attendre aucune compensation dans une vie supérieure... Ainsi, il
n'y aurait point de Dieu pour lui; le père tendre de l'homme serait
pour ce qui n'est pas homme un cruel tyran!... Créer des jouets,
mais sensibles, des machines, mais souffrantes, des automates, qui
ne ressembleraient aux créatures supérieures que par la faculté
d'endurer le mal!... Que la terre vous soit pesante, hommes durs
qui avez pu avoir cette idée impie, qui portez une telle sentence
sur tant de vies innocentes et douloureuses!
[Note 75: Le génie populaire fit plus pour son protégé. Sans
s'arrêter aux résistances de l'Église, il créa à l'animal une position
légale, le traita comme une personne, le fit ester en droit, et jusque
dans l'acte le plus grave, le jugement criminel; il y figura comme
témoin, quelquefois comme coupable. Nul doute que cette importance
attribuée à l'animal n'ait puissamment contribué à sa conservation, à
sa durée, et, par suite, à la fécondité de la terre, qui dépend
généralement des ménagements qu'il trouve en l'homme. C'est peut-être
la vraie cause pour laquelle le Moyen-âge se relevait toujours après
tant d'affreuses ruines.]
[Note 76: Le Jésuite Bougeant objecta que les bêtes devaient avoir
une âme, _puisqu'elles étaient des diables_.]
Notre siècle aura une grande gloire. Il s'y est rencontré un
philosophe qui eut un coeur d'homme[77]. Il aima l'enfant, l'animal.
L'enfant, avant sa naissance, n'avait excité l'intérêt que comme une
ébauche, une préparation de la vie; lui, il l'aima en lui-même, il le
suivit patiemment dans sa petite vie obscure, et il surprit dans ses
changements la fidèle reproduction des métamorphoses animales. Ainsi,
au sein de la femme, au vrai sanctuaire de la nature, s'est découvert
le mystère de la fraternité universelle... Grâces soient rendues à
Dieu!
[Note 77: Si glorieusement continué par son ami et son fils, MM.
Serres et Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire. Je vois avec bonheur une
jeunesse pleine d'avenir entrer dans cette voie scientifique, qui est
la voie de la vie.]
Ceci est la véritable réhabilitation de la vie inférieure. L'animal,
ce serf des serfs, se retrouve le parent du roi du monde.
Que celui-ci reprenne donc, avec un sentiment plus doux, le grand
travail de l'éducation des animaux, qui jadis lui soumit le globe[78],
et qu'il a abandonné depuis deux mille ans, au grand dommage de la
terre. Que le peuple apprenne que sa prospérité tient aux ménagements
qu'il aura pour ce pauvre peuple inférieur. Que la science se
souvienne que l'animal, en rapport plus étroit avec la nature, en fut
l'augure et l'interprète dans l'Antiquité. Elle trouvera une voix de
Dieu dans l'instinct du simple des simples.
[Note 78: Notre âge machiniste, qui partout veut des machines,
devait s'apercevoir, ce semble, que si l'on veut que les animaux ne
soient rien de plus, ce sont à coup sûr les premières de toutes,
donnant, outre une telle quantité de force positive, une autre force
infinie, qu'on ne peut apprécier et qui résulte (si l'on ne veut dire
de l'âme) de l'animation de la vie. Il semblait donc qu'on dût
reprendre l'étude et la domestication des animaux. Voir le bel article
_Domestication_, de M. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire, dans
l'_Encyclopédie nouvelle_, de MM. Leroux et Reynaud.]