L'appareil que nous venons de décrire nous donne le moyen du réduire les
objets dans toutes les proportions voulues; ainsi tout le monde comprend
que le dessin sera d'autant plus petit relativement à l'objet, que
celui-ci ou l'oeil du dessinateur seront plus éloignés du cadre, et
_vice versa_. Pour faire un portrait d'une grandeur déterminée, il
suffit de marquer sur l'étoile, au moyen de deux points, la hauteur que
l'on veut donner au portrait; puis, en rapprochant ou éloignant le cadre
du modèle ou de l'oeil, on finira par les placer à une distance telle
l'un de l'autre, que le sommet de la tête et le dessous du menton
coïncideront avec les deux traits marqués sur la toile. Ces réductions
ont une limite qu'il est difficile de dépasser, parce que si le modèle
est trop éloigné les contours deviennent indistincts, et le trait du
fusain n'est pas assez délié pour exprimer nettement les contours
d'objets trop petits. Toutefois, on peut réduire les objets dont les
contours deviennent indistincts à de grandes distances par un artifice
très-simple. Il consiste à dessiner d'abord l'objet à la distance où ses
couleurs sont parfaitement accusés, puis à reporter ce dessin sur une
feuille de papier, et copier ensuite ce dessin avec l'appareil en le
réduisant dans les proposions demandées. Néanmoins il est évident que le
procédé de M. Rouillet se prête peu à la reproduction des petits objets,
mais beaucoup mieux à ceux de grandes ou de moyennes dimensions.