Il s'agit maintenant de reporter sur le papier l'esquisse qui se trouve
sur la tarlatane. Rien de plus aisé: on place le châssis sur une feuille
de papier blanc ou sur une toile; puis, appuyant avec les doigts de la
main gauche sur l'étoffe, on l'applique exactement sur le papier, et
avec une épingle tenue de la main droite, on soulevé le tissu de
quelques millimètres sur un certain nombres de points uniformément
répandus sur l'esquisse, et distants environ de quatre centimètres l'un
de l'autre. On retire le châssis, et l'on reconnaît que ces chocs légers
ont projeté la poussière du fusain qui avait traverse la gaze sur le
papier sous-jacent. On peut ainsi avoir deux ou trois épreuves, et
avoir, en retournant le cadre, des figures où la gauche se trouve à
droite et _vice versa_. L'empreinte de l'esquisse peut encore s'obtenir
en frottant l'étoffe avec un linge fin pendant qu'on la tient appliquée
sur le papier, ou bien en repassant avec le fusain sur tous les traits
de l'esquisse.
Pour conserver le dessin au fusain sur le papier, il y a plusieurs
procédés: ou bien l'on enduit le papier d'une couche d'huile à sa partie
postérieure, ou bien on le passe dans du lait; on peut aussi repasser
sur le trait au fusain avec un crayon noir ou de mine de plomb.
Le même châssis et la même étoffe peuvent servir pendant très-longtemps;
car il suffit, pour effacer complètement le fusain sur la tarlatane, de
la frotter légèrement avec une peau de gant.