L'_Osservatore romano_ a publié le texte de l'allocution que le Pape
vient de prononcer dans le consistoire tenu au Vatican le 25 juillet;
elle est entièrement et exclusivement consacrée à la loi sur les
corporations religieuses de la ville de Rome, votée le mois dernier par
le Parlement italien et promulguée par le roi. Nous n'apprendrons rien à
nos lecteurs en leur disant que le Saint-Père non-seulement désapprouve
cette loi, mais qu'il la condamne dans les termes les plus vifs.
Non content de déclarer qu'elle est opposée au droit divin et réprouvée
même par la science légale comme contraire à tout droit naturel et
humain, il la qualifie d'entreprise scélérate, inspirée par la malice et
par l'impiété. Aussi prononce-t-il l'excommunication majeure contre les
«mandants, fauteurs, consulteurs, adhérents, exécuteurs et acheteurs de
biens ecclésiastiques». Le gouvernement italien s'attendait à cet acte
de censure. Aussi le ministre garde des sceaux vient-il d'adresser aux
procureurs du roi une circulaire où sont indiquées les règles à suivre
dans le cas où l'allocution pontificale contiendrait des offenses à la
personne du roi ou aux lois de l'État. Il prescrit à ces magistrats de
saisir les journaux qui la publieraient. Les autorités locales sont
invitées à en interdire la lecture du haut de la chaire et à poursuivre
les prêtres qui se rendraient coupables d'une transgression de la loi.