XIV.

Un autre devoir de famille la rappelle à Paris: lisez ses apprêts de

voyage.

Le 11 novembre.

«La lune se lève à l'horizon où j'ai si souvent regardé: le vent

souffle à ma fenêtre comme je l'ai si souvent entendu; je vois ma

chambrette, ma table, mes livres, mes écritures, la tapisserie et les

saintes images, tout ce que j'ai vu si souvent et que je ne verrai

plus bientôt. Je pars. Oh! que je regrette tout ce que je laisse ici,

et surtout mon père, et ma soeur, et mon frère! Qui sait quand je les

reverrai? qui sait si je les reverrai jamais? On court tant de dangers

en voyage! Cette route de Paris est si triste pour moi! Il me semble

que le malheur est au bout. Lequel maintenant? Je l'ignore.»

Elle confie son père, sa cage d'oiseaux, son chien à sa soeur: rien

n'est oublié.

Elle part enfin. Tableau de sa désolation extrême quand elle se trouve

seule dans une auberge sur la route, remplie d'indifférents. Oh! que

les solitaires ont le coeur vulnérable, accoutumés qu'ils sont à peu

de rapports avec le monde, mais à des relations qu'ils aiment et dont

ils sont aimés!

Les vraies douleurs, comme le vrai attachement, sont au désert.

Cours familier de Littérature - Volume 15 · 第 220 / 229 题