Un autre devoir de famille la rappelle à Paris: lisez ses apprêts de
voyage.
Le 11 novembre.
«La lune se lève à l'horizon où j'ai si souvent regardé: le vent
souffle à ma fenêtre comme je l'ai si souvent entendu; je vois ma
chambrette, ma table, mes livres, mes écritures, la tapisserie et les
saintes images, tout ce que j'ai vu si souvent et que je ne verrai
plus bientôt. Je pars. Oh! que je regrette tout ce que je laisse ici,
et surtout mon père, et ma soeur, et mon frère! Qui sait quand je les
reverrai? qui sait si je les reverrai jamais? On court tant de dangers
en voyage! Cette route de Paris est si triste pour moi! Il me semble
que le malheur est au bout. Lequel maintenant? Je l'ignore.»
Elle confie son père, sa cage d'oiseaux, son chien à sa soeur: rien
n'est oublié.
Elle part enfin. Tableau de sa désolation extrême quand elle se trouve
seule dans une auberge sur la route, remplie d'indifférents. Oh! que
les solitaires ont le coeur vulnérable, accoutumés qu'ils sont à peu
de rapports avec le monde, mais à des relations qu'ils aiment et dont
ils sont aimés!
Les vraies douleurs, comme le vrai attachement, sont au désert.