Reprenons ses confidences, à elle. «Il ne nous manque au Cayla que
toi,» écrit-elle à ce frère chéri dans ces notes qu'il n'a jamais
lues, «cher membre que le corps réclame. Quand t'aurons nous? Rien ne
paraît s'arranger pour cela. Ainsi, nous passerons la vie sans nous
voir. C'est triste, mais résignons-nous à tout ce que Dieu veut ou
permet. J'aime beaucoup la Providence qui mène si bien toutes choses
et nous dispense de nous inquiéter des événements de ce monde. Un jour
nous saurons tout; un jour je saurai pourquoi nous sommes séparés,
nous deux qui voudrions être ensemble. Rapprochons-nous, mon ami,
rapprochons-nous de coeur et de pensée en nous écrivant l'un à
l'autre. Cette communication est bien douce, ces épanchements
soulagent, purifient même l'âme comme une eau courante emporte son
limon.»