Elle se trompait; nous avons lu avec attention et intérêt les deux
volumes d'essais et de correspondance de ce frère mort jeune, et dont
ses amis ont imprimé les oeuvres, sans doute par respect pour sa
soeur.
Il n'y a, selon nous, rien de supérieur, rien même de digne d'une
sérieuse attention dans tout cela.
Quelques lettres où l'on retrouve un peu de l'âme de sa soeur, et un
_Essai_ intitulé _le Centaure_, déclamation de rhétorique qui ne
mérite pas le bruit qu'on en a fait, et qui est tombée vite de ce
piédestal de complaisance dans le juste oubli qui lui était dû: voilà
tout, quant au prodigieux talent qu'on attribuait à ce jeune homme.
Nous ne savons pas ce qu'il serait devenu si Dieu l'avait laissé vivre
jusqu'à pleine maturité d'esprit. Il a été fauché dans sa verdeur.
Mais sa jeunesse avait été très-intéressante par ce contraste entre sa
naissance et sa condition à Paris.