«Une bataille comme celle que nous racontons en ce moment n'est autre
chose qu'une convulsion vers l'idéal. Le progrès entravé est maladif,
et il a de ces tragiques épilepsies. Cette maladie du progrès, la
guerre civile, nous avons dû la rencontrer sur notre passage. C'est là
une des phases fatales, à la fois acte et entr'acte, de ce drame dont
le pivot est un damné social, et dont le titre véritable est: _le
Progrès_.
«Le Progrès!
«Ce cri que nous jetons souvent est toute notre pensée; et, au point
de ce drame où nous sommes, l'idée qu'il contient ayant encore plus
d'une épreuve à subir, il nous est permis peut-être, sinon d'en
soulever le voile, du moins d'en laisser transparaître nettement la
lueur.
«Le livre que le lecteur a sous les yeux en ce moment, c'est d'un bout
à l'autre, dans son ensemble et dans ses détails, quelles que soient
les intermittences, les exceptions ou les défaillances, la marche du
mal au bien, de l'injuste au juste, du faux au vrai, de la nuit au
jour, de l'appétit à la conscience, de la pourriture à la vie, de la
bestialité au devoir, de l'enfer au ciel, du néant à Dieu. Point de
départ: la matière; point d'arrivée: l'âme. L'hydre au commencement,
l'ange à la fin.»