Ces deux indignations amères auxquelles le grand écrivain fait appel
sont donc absolument sans motif.
S'il s'agit de Valjean le riche, saint industriel, le monde n'est pas
fait ainsi. On l'aurait réhabilité avec l'honneur, ou bien il aurait
été toucher à loisir ses 700,000 fr. chez M. Laffitte, et se serait
abrité à l'étranger dans un vallon du Mexique ou dans un canton de la
Suisse.
S'il s'agit de Fantine, quel était donc l'asile plus miséricordieux et
plus approprié à la situation où la société pût préparer une meilleure
mort à une fille sans asile?
Pourquoi fanatiser le peuple, en style admirable, pour des misères ou
inévitables ou impossibles, quand il n'y a malheureusement que trop de
fautes et de misères réelles à offrir à la pitié des lecteurs?
Débauche de larmes qu'on verse par la magie de l'écrivain, et qu'on se
reproche d'avoir versées en rentrant de sang-froid dans le réel!