Et la société est responsable de cette catastrophe du forçat et de la
fille publique: double matière à indignation présentée au peuple;
Double erreur.
Car, premièrement, comment supposer qu'un brave homme, condamné pour
une vétille, devenu un manufacturier opulent, le bienfaiteur d'une
province entière, magistrat adoré de sa ville adoptive, soit renvoyé
pour sa vie aux galères, sans discernement, sans justice et sans
grâce, par la société du dix-neuvième siècle?
Et, secondement, où pouvait mourir une fille publique, née sans père
ni mère, débauchée de moeurs d'abord, de misère ensuite; où
pouvait-elle mieux mourir que dans un hospice, providentiellement
recueillie par la bienfaisance, et dans la couche préparée par de
saintes filles sous les ailes de la religion?