Lisez, lisez toutes ces pages, et surtout celles de son voyage pour
arriver à temps: chemin de croix des justes! Mais, encore une fois,
pourquoi cette sainteté dans ce scélérat de nature et dans ce sournois
de vertu, ce Jean Valjean?
Est-ce que vous ne pouviez pas réserver à un homme éclairé d'en haut
et franchement vertueux ce rôle impossible dans un bandit, qui ne sait
pas même le nom de conscience; qui ne fait que ruminer, assassiner,
voler, parader, gagner de l'argent et afficher l'hypocrisie de la
probité utile? Est-ce qu'un paradoxe de plus était indispensable pour
donner l'apparence du sophisme à la vertu même?
Comme cela eût été plus beau, si cela pouvait être plus vrai! Mais
l'incrédulité poursuit le lecteur comme un remords, même en admirant!
Et cependant lisez, encore une fois lisez! C'est un chapitre de la
mort de Socrate, quelque chose d'héroïque.