M. l'amiral Labrousse a pu tenter une expérience de direction, en faisant
construire une nacelle spéciale pour le ballon _le Duquesne_. Cette
nacelle était munie d'une hélice, mue par quatre marins. Nous ferons
remarquer que le ballon _le Duquesne_ cubait 2,000 mètres, il était
sphérique, forme très-défavorable à toute tentative de direction. Voici un
extrait de la note que M. Labrousse a adressée à l'Académie des sciences,
au sujet de cette tentative:
«Le ballon _le Duquesne_ est parti ce matin (9 janvier) des ateliers de
M. Godard à la gare d'Orléans, armé de l'appareil d'hélice en question,
construit par les ordres de M. Dorian, ministre des travaux publics.
«Le vent portait directement à l'est, c'est-à-dire chez les Prussiens,
avec une vitesse approximative de 4 mètres par seconde; c'est pourquoi on
a recommandé aux hommes de faire agir les hélices de manière à pousser le
ballon dans la direction du sud. L'impression des personnes présentes a
été que le ballon gagnait en effet notablement dans cette direction; il
faut donc espérer qu'au lieu de tomber chez les Prussiens, il viendra
tomber dans les environs de Besançon, peut-être en Suisse.»
Qu'il nous suffise de dire que le ballon est tombé en pleine direction
d'est, tout près de Reims, où il a pu s'échapper des Prussiens, et que
par conséquent les hélices n'ont produit aucun effet efficace. Du reste
l'expérience a été contrariée pendant le voyage par les rotations
fréquentes de l'aérostat sphérique. Tous les aéronautes savent que le
ballon, dans l'air, tourne fréquemment autour de son axe.