N'oublions pas de mentionner le projet de M. Hurel, qui est parti en
ballon avec cinq chiens destinés à revenir à Paris. C'étaient de
gros chiens bouviers, de bonnes bêtes, à l'oeil franc, à la figure
intelligente. Ils étaient fort robustes, et ne se seraient pas embarrassés
de dévorer un Prussien. Le propriétaire de ces animaux affirmait qu'ils
sauraient rentrer dans la capitale d'où ils étaient sortis; on leur aurait
attaché quelques dépêches entre les deux cuirs d'un collier.
Les chiens ont été lancés, mais on ne les a jamais revus. L'expérience n'a
pas été renouvelée, car peu de temps après le voyage de M. Hurel et de ses
courriers à quatre pattes, l'armistice est venu mettre un terme au siège
de Paris.
L'entreprise aurait-elle réussi une seconde fois? Il est permis d'en
douter. Certains chiens font de grands voyages, s'orientent, reviennent au
logis, mais ils en sont partis pédestrement, ils ont examiné la route. En
feraient-ils de même après un voyage en ballon? Auraient-ils l'instinct
des pigeons voyageurs?