Les pigeons voyageurs.--La Société l'Espérance.--La poste terrestre.--La
poste aquatique.--Projets divers.--Les ballons dirigeables.
Ainsi, grâce aux ballons, Paris parlait à la province, les assiégés
envoyaient des messages aux amis du dehors; la grande ville n'avait pas
été bâillonnée. C'était beaucoup, mais ce n'était pas assez. Après avoir
ouvert le chemin de l'aller, il était nécessaire d'en trouver un pour le
retour. Le gouvernement fit appel aux inventeurs, aux hommes ingénieux,
à la science. L'appel fut entendu, mille projets prirent subitement
naissance, et si beaucoup d'entre eux n'ont pas rempli les promesses
qu'il était permis d'en attendre, il faut en accuser un ennemi non moins
puissant que la Prusse, c'était l'hiver, c'était le froid, c'étaient les
neiges et les glaces.
On fit de nombreuses tentatives de tout genre, dans toutes conditions,
mais c'est encore l'air qui se montra le plus favorable aux assiégés.--Les
pigeons voyageurs, emportés de Paris dans la nacelle des ballons,
rentrèrent dans les murs de la capitale cernée. Si la France n'a pu
secourir Paris par ses armées, elle n'a cessé de lui tendre la main
par-dessus les remparts des ennemis!