Sans doute, on admettrait difficilement, en certains pays, en France,
notamment, et particulièrement à Paris, que la variole est une maladie
évitable.
En effet, voici que Paris vient de subir une petite recrudescence
épidémique locale de cette maladie et, l'année dernière, on a relevé,
dans notre capitale, 88 décès par variole, soit 3,2 pour 100.000
habitants.
Or, ce qui prouve bien que la variole est une maladie évitable, c'est
que, grâce à des mesures de vaccination et de revaccination rigoureuses,
Berlin, Breslau, Dresde, Stuttgart, Hambourg, Vienne, Zurich, Edimbourg,
la Haye, Copenhague, Stockholm, Christiania, Bucarest, etc., n'ont pas
un seul décès depuis 1902.
Même en France, d'ailleurs, Lyon, en 1902, n'a pas eu de décès par
variole.
Un pays tout entier, la Norvège, n'a pas eu un seul décès. Nous pouvons
ajouter que, dans 75 villes du Danemark et dans 92 villes de Suède,
c'est-à-dire dans la presque totalité de ces deux pays, il n'y a pas eu
non plus de décès par variole. Alors que la mortalité par variole, pour
100.000 habitants, est à Paris de 3,2, cette mortalité est en Italie de
7,3, en Angleterre de 7,5, et en Belgique de 9,05.
Mais, en Allemagne, elle n'est que de 0,02; en Irlande, en Suisse, en
Hollande, de 0,01; et, en Ecosse, elle n'est que de 1,8. On voit combien
nous sommes à un degré inférieur de l'échelle dans la lutte contre la
variole.