Il arrive assez souvent à des enfants, et même à des adultes, d'avaler
sans le vouloir des corps étrangers capables de déterminer des lésions
de l'estomac ou des intestins: des corps durs, métalliques, présentant
des aspérités ou des pointes. Evidemment, ces corps ont toutes les
chances d'être expulsés par les voies naturelles; mais, ce qui doit
préoccuper le malade et son entourage, c'est la possibilité, pour les
parties dures et pointues, de blesser le tube digestif. Peut-on écarter
ce danger? Un médecin anglais, M. Blair Bell, s'est posé cette question
à propos d'un enfant auprès de qui il fut appelé et qui avait avalé une
broche en or, et il l'a résolue de façon satisfaisante en faisant avaler
à la petite victime une certaine quantité d'ouate hydrophile, en partie
dans du lait, en partie sous forme de sandwich avec des confitures.
Quelques heures après, il fit prendre un peu d'huile de ricin, et
l'expulsion se fit. La broche était bien empaquetée dans le coton
hydrophile et n'occasionna aucune blessure. La même méthode fut suivie
dans un autre cas, celui d'un enfant ayant avalé un bouton de cuivre. Et
un autre médecin, un Irlandais, avait eu la même idée, avec plein succès
d'ailleurs, pour traiter un enfant qui avait avalé un râtelier
métallique. Il semble que le coton hydrophile soit particulièrement
attiré par le corps étranger: il l'englobe, et, par surcroît, les
matières fécales s'agglomèrent volontiers autour de ce noyau en
augmentant encore la protection contre le corps étranger et en diminuant
les chances qu'il a de blesser les organes qu'il traverse. En pareil
cas, on a souvent conseillé la mie de pain: mais celle-ci se désagrège
sous l'action des sucs digestifs; mieux vaut se servir de coton
hydrophile qui, lui, n'est pas attaqué et garde sa solidité et sa
cohérence.