La fête s’est achevée en bataille. Aussi, comment s’est-il grisé?
Pourquoi a-t-il grisé le petit apprenti? On ne les aurait pas plaisantés
tous les deux sur le compte de sa femme à lui, le pauvre Martin! à son
âge! Il n’aurait pas été furieux! Et le soir, dans la vieille maison
qu’il habite (la vieille, pas la sienne, pas la neuve!), demeuré seul
avec sa femme et son apprenti, il n’aurait pas vu rouge, et, d’un coup
de tranchet, blessé au bras le jeune homme!... Mais c’était son premier
dimanche! Il changeait, et pour toujours, de vie et d’habitude; il a
voulu faire une fête, la fête de sa vie, la seule, l’unique, et qu’on
dise: «Oh! Martin, ce jour-là, a bien fait les choses!» Et alors il est
rentré gris! et il les a battus, tous les deux; ils se sont défendus; il
y a eu des coups, des cris et du sang! Et (elle n’est pas gaie, cette
histoire, mais elle est vraie, hélas! pour le malheur du pauvre homme!)
il a, dans l’accès fou de sa colère d’ivresse, une lampe à la main, mis
le feu aux rideaux de son lit, aux rideaux des fenêtres, criant bien
fort: «Que tout brûle!...» Il en avait assez, de cette vie de travail où
le seul jour de fête qu’il ait voulu se donner s’est changé en jour de
malheur!...
Et devant la maison en flammes, tandis qu’on panse l’apprenti et que
l’on console la femme, Martin pleure, pleure! Martin pleure comme un
enfant.