XII

La fête s’est achevée en bataille. Aussi, comment s’est-il grisé?

Pourquoi a-t-il grisé le petit apprenti? On ne les aurait pas plaisantés

tous les deux sur le compte de sa femme à lui, le pauvre Martin! à son

âge! Il n’aurait pas été furieux! Et le soir, dans la vieille maison

qu’il habite (la vieille, pas la sienne, pas la neuve!), demeuré seul

avec sa femme et son apprenti, il n’aurait pas vu rouge, et, d’un coup

de tranchet, blessé au bras le jeune homme!... Mais c’était son premier

dimanche! Il changeait, et pour toujours, de vie et d’habitude; il a

voulu faire une fête, la fête de sa vie, la seule, l’unique, et qu’on

dise: «Oh! Martin, ce jour-là, a bien fait les choses!» Et alors il est

rentré gris! et il les a battus, tous les deux; ils se sont défendus; il

y a eu des coups, des cris et du sang! Et (elle n’est pas gaie, cette

histoire, mais elle est vraie, hélas! pour le malheur du pauvre homme!)

il a, dans l’accès fou de sa colère d’ivresse, une lampe à la main, mis

le feu aux rideaux de son lit, aux rideaux des fenêtres, criant bien

fort: «Que tout brûle!...» Il en avait assez, de cette vie de travail où

le seul jour de fête qu’il ait voulu se donner s’est changé en jour de

malheur!...

Et devant la maison en flammes, tandis qu’on panse l’apprenti et que

l’on console la femme, Martin pleure, pleure! Martin pleure comme un

enfant.

L'Été à l'ombre · 第 116 / 135 题