Pourquoi est-ce une grande nouvelle, la naissance de Jésus? Parce que ce
petit enfant, devenu un homme, a appris à tout le monde de très belles,
de très bonnes choses que, depuis ce temps, les mères et les pères
conseillent toujours à leurs enfants.
Il a conseillé, le premier, à tous les hommes de s’aimer beaucoup entre
eux, de ne pas se faire du mal, et d’aimer même les bêtes, en souvenir
de l’âne et du bœuf qui le réchauffaient en soufflant sur lui leur
haleine chaude, lorsque, tout petit et tout nu, il était couché sur la
paille.
... Voilà donc la pièce qu’il faut montrer.
Au plafond de la crèche, on a collé du papier bleu, c’est le ciel. On y
a même collé des étoiles en papier d’argent. De ce plafond, c’est-à-dire
du ciel,--tombent deux ficelles: l’une au bout de laquelle est suspendu
l’ange Gabriel, sa trompette à la main, les deux ailes ouvertes--(il
plane, annonçant la bonne nouvelle);... l’autre, au bout de laquelle se
balance l’étoile--une comète--qui guide les rois mages. Ils sont trois,
dont un nègre, qui a un turban--et ils portent l’encens, la myrrhe et
l’or.
Tous ces personnages, chez nous, on les achète au marché, de bons
paysans qui les ont faits en terre--avec leurs doigts. Il y en a de
toutes les grandeurs; ils sont peints «artistement». Les couleurs sont
tendres et vives. C’est vraiment très gai. Les personnages ont les
costumes du pays où on les a faits.
Voici une femme qui va porter à Jésus un petit poulet. Elle le tient par
les pattes, la tête en bas--pauvre bête! Elle a un grand, grand chapeau
noir, grand comme un parapluie--à cause du soleil;--c’est la mode de
notre pays.
Voici un joueur de tambourin. La courroie de son long tambour est passée
à son bras gauche. La caisse de l’instrument lui bat les jambes... Il
marche, et pendant que sa main droite frappe le tambourin avec la fine
baguette, sa main gauche rapproche de ses lèvres la petite flûte dont il
va jouer en même temps.
Et puis, une foule de personnages suit ceux-là. Il y a le berger, en
grand manteau, avec tous ses moutons. Il y a la vieille qui file. Il y a
ceux qui portent des agneaux. D’autres qui portent des sacs... Chacun
fait ce qu’il peut.
Tous ces personnages, on les dispose du mieux possible dans le théâtre
qu’on a préparé.
Premièrement, dans une cabane ouverte à tous les vents, sur un peu de
paille, on met le petit enfant Jésus, puis ses parents, qui sont assis
pas trop loin; puis l’âne et le bœuf, tout près de lui, couchés, leurs
genoux pliés sous eux et le museau très près de Celui qu’ils veulent
réchauffer.
Ensuite, on pose les personnages qui sont déjà arrivés, ceux qui sont
entrés et qui se retireront tout à l’heure pour faire place à
d’autres... Quand les rois sont dans la crèche, il y a une chose drôle,
c’est que l’étoile d’or, la comète, est bien forcée de les attendre
dehors!...
Enfin, on arrange de tous les côtés tous les autres... Ici des bergers
qui écoutent l’ange... pendant que les moutons broutent la mousse, qui
joue le rôle de l’herbe. Là, des gens qui se sont rencontrés au détour
du chemin.--Où allez-vous?--A Bethléem.--Venez-donc avec moi.--Pourquoi
faire?--Je vous expliquerai ça en route, venez vite! Je suis
pressé!--Et, de tous les côtés, les gens vont dans tous les sentiers...
Il faut prendre soin qu’ils soient presque tous tournés dans la
direction de la crèche, puisqu’ils s’y rendent.
Et voilà comment s’amusent pour la Noël les petits enfants dans mon pays
de Provence.