quod, anno precedenti diem qua recepit illam, fecit stagium
suum Parisiis per vigenti septimanas; ita quod qualibet die
fecit horam unam vel in capitulo vel in ecclesia... Item
jurat quod domum illam et appendicias domus illius tenebit in
eque bono statu in quo est, quando accipit illam, vel etiam
meliori. Jurat etiam quod solvet pensionem domus illius et
alia onera diebus statutis ad hoc, nisi dilationem habuerit
ab illis ad quos pertinet receptio predictorum.» _Chartul.
Eccles. Parisiensis_, Pars II, lib. IX, feb. 1240, XXVIII.]
[Note 249:... «Vel nisi alique magnates mulieres, que sine
scandalo evitari non possunt...» _Ibid._, Pars III, lib. XX,
nov. 1245, 1.]
[Note 250: _Mém. concern. l'hist. civ. et ecclés. d'Auxerre_,
par l'abbé Lebeuf, publié par MM. Challe et Quantin, t. III,
p. 227.]
[Note 251: Le cloître de l'abbaye de Thoronet (Var) possède
encore un lavoir couvert sur la face de l'une de ses
galeries. À l'abbaye de Fontenay (Côte-d'Or), il existait de
même un lavoir couvert.]
[Note 252: Voy. la Notice sur ces trois abbayes par M. L.
Rostan. _Bullet. monum._, publ. par M. de Caumont, t. XVIII,
p. 107.]
[Note 253: Voy., _Archiv. des monum. hist._ près le minist.
d'État, le relevé de cette abbaye fait par M. Questel.]
[Note 254: On ne doit pas s'étonner si, dans cet article,
nous passons brusquement d'une province à l'autre, quelle que
soit la distance qui les sépare. Il s'agit ici de
dispositions générales, non de détails d'architecture, et
nous avons dit déjà que les établissements monastiques
agissaient, quelle que fût leur position sur le territoire
occidental, d'après une direction uniforme, en tant qu'elles
appartenaient au même ordre.]
[Note 255: Au XVIe siècle, un cadran solaire fut attaché à la
statue de l'ange; peut-être en existait-il un autre avant
cette époque. Nous devons les dessins de ce cloître à M.
Boeswilwald, architecte de la cathédrale de Laon.]
[Note 256: Nous devons ces dessins et ceux de Saint-Michel de
Cuxa à l'obligeance de M. Laisné, architecte diocésain
d'Auch, qui a relevé le cloître d'Elne pour la Commission des
monuments historiques.]
[Note 257: C'est la charpente du cloître de Saint-Papoul, qui
date du XIVe siècle.]
[Note 258: M. Ruprich Robert a bien voulu nous confier les
études qu'il a faites sur ce cloître; elles nous ont servi à
donner ces figures.]
[Note 259: En compulsant nos notes, nous sommes obligé de
reconnaître que, depuis le temps où quelques-unes d'entre
elles ont été prises, des exemples de cloîtres encore
existant il y a quelques années sont aujourd'hui détruits. On
ne doit point s'en étonner; la vie s'est retirée de ces
dépendances des églises depuis longtemps, et bien avant les
dernières années du dernier siècle déjà, la plupart des
cloîtres des cathédrales et des abbayes étaient laissés à
l'abandon, comme des constructions qui n'ont plus de raison
d'être.]
[Note 260: Ce cloître est aujourd'hui engagé dans des
constructions plus récentes et en partie détruit; cependant
il en reste assez pour prendre une idée complète de ses
dispositions générales, de sa construction et même de ses
détails.]
[Note 261: Les dessins de ce cloître nous ont été donnés par
M. Boeswilwald, architecte diocésain de Soissons.]
[Note 262: _OEuvres comp. de Rutebeuf_, recueillies par A.
Jubinal. Paris, 1839. _La Vie de sainte Elysabel_, t. II, p.
216.]
[Note 263: Il ne reste plus que des traces des bas-reliefs
qui, à la fin du dernier siècle, ont été brisés. M.
Boeswilwald a bien voulu nous fournir les dessins de ce
cloître.]
[Note 264: Ce cloître n'appartient plus à la cathédrale; il
fut vendu par le Domaine il y a une vingtaine d'années; il
sert aujourd'hui de magasin à des marchands de meules à
aiguiser. Nous ne savons ce que le Domaine a retiré de cette
vente; mais lorsqu'on voudra racheter ce cloître, ce qu'il
faudra faire un jour ou l'autre, ne fût-ce que pour assainir
la cathédrale de Langres, il est probable qu'on payera cher
cet abandon.]
[Note 265: Les restes de ce cloître tombaient en ruine par
suite de surcharges sur les voûtes et de l'abandon dans
lequel ce précieux débris d'architecture était laissé.
L'administration des cultes depuis peu, a fourni à MM.
Barthélemy et Desmarets, architectes diocésains de Rouen, les
moyens de restaurer les parties les plus endommagées. Mais
des logements sont établis au premier étage et contribuent à
détruire ce qui reste des belles fenêtres. On ne saurait trop
souhaiter de voir enfin ce magnifique spécimen d'un cloître
de cathédrale débarrassé de services que rien n'empêche de
placer partout ailleurs.]
[Note 266: Nous devons les dessins de ce cloître à
l'obligeance de M. Alaux, architecte à Bordeaux.]
CLOTÊT, s. m. _Clotest_. Petite clôture. On donnait, pendant les XIIIe,
XIVe et XVe siècles, le nom de _clotêt_ à des clôtures en bois que l'on
établissait ordinairement dans les grandes salles des châteaux pour
garantir contre le vent un lit, ou seulement une partie de ces vastes
pièces. Ce mot s'entend aussi comme: petite chambre, cabinet, réduit:
«En un clostet esgarde et voit
Une clarté qui là estoit[267].»
On appelait encore les paravents mobiles des clotêts (voy. le
_Dictionnaire du Mobilier_, au mot PARAVENT).
[Note 267: Le _Roman du Saint-Graal_, pub. par M. Francisque
Michel; v. 2031.]
CLÔTURE, s. f. _Coulture_, _chancel_, _canchel_, _chaingle_. Obstacle de
pierre ou de bois entourant des champs, des constructions publiques ou
particulières, ou encore certaine partie d'un édifice. Nous diviserons
cet article en: 1° clôtures extérieures de villes ou bourgs; 2° clôtures
de propriétés particulières; 3° clôtures du choeur des églises.
CLÔTURES DE VILLES.--Pendant le moyen âge, la construction, l'entretien
et la garde des clôtures des cités étaient habituellement à la charge
des habitants; mais cependant, lorsqu'un seigneur prétendait avoir des
droits féodaux sur une ville ou portion de ville, il faisait établir une
clôture à ses dépens; alors tout l'espace compris dans cette clôture
était sous sa juridiction: Guillaume le Breton et Rigord assurent que
Philippe-Auguste acheta tous les terrains dont il avait besoin pour
élever la clôture de Paris; aussi, dans les chartes de son temps, ces
clôtures sont-elles appelées _Muri_ _Regis_. «Outre cela, dit
Sauval[268], dans un arrêt de 1261, le Parlement nomme les murailles de
la porte Saint-Marceau _Muri Regis_. En un mot, c'est le nom que les
murs de Paris prennent en 1273, 1280 et 1299, dans deux accords entre le
roi et saint Merry, l'autre entre Philippe le Hardy et saint Éloi; et
dans la permission donnée aux Templiers de bâtir à la porte du Chaume.
Au reste, ajoute-t-il, après que Philippe-Auguste eut achevé ses
murailles, il prétendit être seigneur des terres et des lieux qu'elles
embrassoient, et pour cela, dans l'Université, il voulut d'abord ôter à
l'abbé et aux religieux de Saint-Germain la justice des lieux et leur
juridiction qu'il venoit de renfermer; il en usa de même dans la ville à
l'égard de l'évêque de Paris pour la seigneurie tant du bourg vieux et
nouveau de Saint-Germain que de la coulture nouvelle et vieille,
c'est-à-dire des quartiers de Saint-Germain-l'Auxerrois, de Saint-Honoré
et de Saint-Eustache, qu'il avoit encore compris dans ses murs... Depuis
Philippe-Auguste, les murailles et les fortifications se sont toujours
faites aux dépens des Parisiens. Les successeurs de ce prince les ont
données au prévôt des marchands et échevins; ils leur en ont confié la
garde, la visite, la conduite, et le soin de les réparer, rétablir et
changer...»
Les seigneurs laïques, les évêques et les abbés, réunis souvent dans une
même ville, avaient chacun des droits féodaux s'étendant sur certaines
portions de la cité; ces droits étaient circonscrits dans des enceintes
particulières, désignées sous les noms de «coulture de l'évêque,
coulture du comte, coulture de l'abbaye». Les habitants possédant des
propriétés en dehors de ces clôtures avaient aussi leur clôture, les
remparts de la ville élevés et entretenus à leurs dépens. On comprend
combien une pareille division devait amener de conflits. À Reims, par
exemple, dans l'enceinte de la ville, il y avait la clôture du seigneur
séculier qui tenait le château, la clôture de l'archevêque, celle du
chapitre de la cathédrale et celle de l'abbaye de Saint-Remy.
Quelquefois une rue étroite séparait deux clôtures, et on se battait de
muraille à muraille, à quelques mètres de distance.
En campagne, les armées entouraient leurs campements de clôtures,
conformément à la tradition romaine:
«Entour son ost fist li Rois faire
Fossés parfons jusqu'à deus paire,
Et i fist faire quatre entrées
De barbacanes bien fremées;
A cascune mist de ses gens
Pour bien garder dusqu'à deus cens[269]»
Quelquefois les clôtures en bois étaient mobiles, pouvaient être
démontées par parties, et transportées avec l'armée lorsqu'elle
changeait de campement.
CLÔTURES DE PROPRIÉTÉS.--Grégoire de Tours rapporte[270] qu'un homme
avait élevé un oratoire à saint Martin avec des branches entrelacées, et
qu'il s'était établi avec sa femme dans cet asile, qui n'était
réellement qu'une clôture faite de claies.
Pendant le moyen âge, comme de nos jours, on entourait les jardins, les
vergers, les prairies, de clayonnages ou de palissades:
«. . . . . . . .
Sa meson sist joste un plessié (bois taillis)
Qui estoit richement garnie
De tot le bien que terre crie,
Si con de vaches et de bués (boeufs),
De brebiz et de lait et d'ués (oeufs),
D'unes et d'autres norriçons
De gelines et de chapons,
De ce i avoit à plenté.
Or aura-il sa volenté
Renart s'il puet entrer dedenz;
Mès je cuit et croi par mes dens
Qu'il fera par de fors sejor,
Que clos estoit trestot entor
Et li jardins et la mesons
Di pïex agus et gros et lons[271]. »
Les palissades se composaient, si l'on s'en rapporte aux vignettes des
manuscrits, de pieux aigus enfoncés en terre, à claire-voie, reliés
entre eux par des branches souples à leur pied et près du sommet, ainsi
que l'indique la fig. 1.
Les clayonnages souvent figurés dans les manuscrits des XIVe et XVe
siècles paraissent être exécutés avec un soin particulier, formés
souvent de bois refendu (mairrain) et de branches d'arbres s'entrelaçant
en lozanges (2). De distance en distance, des branches A, prenant pied à
une certaine distance du clayonnage et s'y reliant, l'étayent et le
maintiennent dans son plan vertical. D'autres clôtures, plus simples, se
composent de perches posées horizontalement sur de petits chevalets
rustiques très-adroitement combinés, ainsi que l'indique la fig. 2 bis.
Ces sortes de clôtures étaient surtout employées pour parquer les
troupeaux; en enlevant les perches horizontales, les bêtes se trouvaient
libres. On trouve encore dans les pays de montagne, et particulièrement
dans le Tyrol qui a conservé la plupart des usages du moyen âge, des
clôtures de champs très-industrieusement travaillées, solides à l'aide
des combinaisons les plus simples.
Les rois, de riches seigneurs ou des abbés, les prieurs faisaient
quelquefois clore leurs jardins et leurs vergers de murs en pierre.
Philippe-Auguste fit «clorre, dit Corrozet[272], le parc du bois de
Vincennes de hautes murailles, et y mit la sauvagine que le roy
d'Angleterre luy envoya.» Il nous est resté des fragments de belles
clôtures de jardins d'abbayes. Ces clôtures sont bâties en pierre de
taille, avec échauguettes aux angles pour surveiller les flancs des
murailles; quelquefois même elles sont crénelées à leur sommet. L'usage
d'entourer les monastères et leurs dépendances par des clôtures est fort
ancien. Frodoard rapporte que Séulphe, archevêque de Reims, «fit
entourer d'un mur le monastère de Saint-Remi avec les églises et les
maisons adjacentes, et y établit un château-fort[273].» Il existe encore
des portions de la clôture du parc de l'abbaye de Marmoustier près Tours
qui sont fort belles et bien construites. Cette clôture se composait
d'un mur renforcé de distance en distance de contre-forts intérieurs et
extérieurs donnant en plan la fig. 3 et en élévation perspective la fig.
4. Elle était élevée de cinq à six mètres au-dessus du sol; mais ici le
crénelage ne pouvait être utilisé qu'autant qu'on eût établi à
l'intérieur un chemin de ronde en bois, ce qu'en temps de guerre on
pouvait faire. La clôture du prieuré de Sainte-Marie d'Argenteuil nous
est conservée dans une gravure du dernier siècle[274]. Nous en
reproduisons ici une portion (5) donnant un angle et le milieu d'un des
côtés avec échauguettes flanquantes. À l'intérieur, ces clôtures
abritaient des arbres fruitiers disposés en espaliers, et beaucoup de
maisons religieuses étaient renommées pour la bonté de leurs fruits dont
elles tiraient un profit assez considérable.
Autour des manoirs ou des maisons de campagne de simples bourgeois, des
haies vives servaient seules de clôtures, et elles étaient entretenues
avec grand soin. La culture et l'élagage des haies des maisons
seigneuriales étaient à la charge des bordiers.
CLÔTURES DISPOSÉES DANS L'INTÉRIEUR DES ÉGLISES MONASTIQUES. Il ne reste
aujourd'hui nulle trace des clôtures nombreuses qui divisaient à
l'intérieur les églises monastiques. Pendant les premiers siècles du
moyen âge, des clôtures étaient disposées autour de chaque autel.
Frodoard[275] parle de l'autel que l'archevêque de Reims Hérivée «éleva
et consacra au milieu du choeur de la cathédrale en l'honneur de la
sainte Trinité, et qu'il entoura de tables revêtues de lames d'argent».
Dès le XIIe siècle, il paraîtrait que les nombreuses clôtures qui
divisaient l'intérieur des églises furent supprimées pour laisser,
probablement, plus de place aux fidèles; car, à dater de cette époque,
les textes et les monuments n'indiquent plus guère que les clôtures des
choeurs et celles des sanctuaires.
Le plan de l'abbaye de Saint-Gall[276], si curieux à consulter lorsque
l'on veut prendre une idée de ce qu'était, au IXe siècle, un grand
établissement monastique, nous fait voir dans l'église un grand nombre
de clôtures disposées de telle façon que l'espace réservé aux fidèles
devait être fort restreint, à moins que ceux-ci ne fussent appelés dans
l'église à l'occasion d'une cérémonie particulière, auquel cas ils
devaient être admis à l'intérieur de plusieurs de ces clôtures. Les
moeurs religieuses se sont évidemment successivement modifiées depuis
cette époque reculée. Alors les diverses parties des églises n'étaient
point ouvertes tout le jour comme elles le sont aujourd'hui en France,
et les fidèles qui voulaient faire une prière dans la maison du Seigneur
ne pouvaient circuler partout; ils se tenaient près de l'entrée dans un
espace assez restreint. Déjà, au XIIe siècle, les religieux réguliers
avaient senti le besoin de modifier cet état de choses au milieu de
populations dont la dévotion moins ardente avait besoin d'être soutenue
par le spectacle de grandes pompes religieuses. Vers le milieu de ce
siècle, les évêques, voulant reprendre l'importance que les grandes
abbayes leur avaient fait perdre, élevèrent, sur presque toute la
surface de la France, de vastes cathédrales dont les dispositions
intérieures contrastaient avec celles des églises monastiques en ce
qu'elles laissaient au contraire des espaces considérables à la foule,
et que les cérémonies du culte, faites à un autel unique, découvert de
toutes parts, pouvaient être vues par un grand nombre d'assistants (voy.
CATHÉDRALE, CHOEUR). Cette observation, qui nous est suggérée par une
étude attentive des dispositions intérieures des églises du moyen âge,
et à laquelle nous attachons une certaine importance puisqu'elle nous
explique en partie le mouvement prodigieux qui fit reconstruire les
cathédrales sur de vastes plans, à la fin du XIIe siècle et au
commencement du XIIIe, ne saurait s'appuyer sur un monument plus ancien
et plus authentique que celui dont nous venons de parler, le plan
manuscrit de l'abbaye de Saint-Gall. L'église comprise dans ce plan est,
comme les églises rhénanes, à deux absides, l'une à l'occident, l'autre
à l'orient.
En voici (6) une copie réduite. Les fidèles entrent par l'abside
occidentale, pourvue d'un double bas-côté AA. Ils sont arrêtés par la
clôture qui entoure l'autel dédié à saint Pierre et par des barrières B,
B donnant entrée dans les deux ailes de la nef C, C. Un exèdre, ou banc
circulaire pour les religieux, entoure l'autel de Saint-Pierre E, élevé
de deux degrés. Un premier choeur clôturé est établi en F; puis on
trouve une seconde clôture entourant les fonts baptismaux G, à l'orient
desquels est un autel dédié à saint Jean l'Évangéliste. Vers le milieu
de la nef s'élève en H un troisième autel dédié au saint Sauveur et
surmonté d'un grand crucifix; cet autel est clôturé. Puis vient le grand
choeur divisé en plusieurs parties[277]; la première contient l'ambon I
pour la lecture des évangiles. Deux autres petits ambons K précèdent la
seconde clôture du choeur réservée aux offices de nuit. Dans l'axe, à
l'extrémité orientale de cette seconde clôture, est la descente à la
Confession ou crypte, contenant les restes du saint; deux petits autels
sont disposés en LL des deux côtés de cette descente. Sept marches M
montent au sanctuaire à droite et à gauche de l'entrée de la crypte.
Deux autres descentes donnent accès dans cette crypte en NN. L'autel
principal O, dédié à la Vierge et à Saint-Gall, est entouré d'une
galerie désignée sur le dessin par ces mots «_Involutio arcuum_». Cette
galerie paraît être une clôture double, derrière laquelle s'ouvre
l'abside orientale, dont l'autel P est dédié à saint Paul et est entouré
d'un exèdre et par conséquent d'une clôture. Dans les deux transsepts RR
sont deux autels dédiés à saint André et à saint Jacques et saint
Philippe, autels qui ont leur clôture. Chaque travée des bas-côtés est
pourvue d'un autel orienté avec clôtures divisant ces travées en
chapelles. Il est facile de se rendre compte, en examinant ce plan,
pourquoi le peuple ne pouvait circuler librement à travers tous ces
obstacles, et comment l'église était tout entière réservée aux divers
services religieux, c'est-à-dire presque uniquement occupée par les
moines. Ce sont ces dispositions que les abbés cherchèrent à modifier
plus tard, ainsi qu'il apparaît en étudiant les plans des églises des
ordres de Cluny et de Cîteaux, et que les évêques français des XIIe et
XIIIe siècles abandonnèrent absolument dans la construction de leurs
nouvelles cathédrales par les motifs déduits ci-dessus. Ce mouvement du
haut clergé français ne fut pas suivi également dans tout l'Occident, et
les cathédrales allemandes ou rhénanes conservent encore certaines
dispositions qui rappellent les clôtures des édifices monastiques
carlovingiens. C'est ainsi que les cathédrales de Bamberg et de Trèves,
pourvues de deux absides opposées comme toutes les cathédrales rhénanes,
ont conservé encore des clôtures des XIe et XIIe siècles, en pierre,
richement sculptées; elles nous indiquent quelle était la forme et la
décoration des clôtures d'églises abbatiales. À défaut de monuments
analogues existant en France, on peut recourir aux monuments que nous
venons de citer. Celle du choeur oriental de Bamberg se compose, entre
chaque pile du sanctuaire, d'un mur élevé, dans le soubassement duquel
sont percés des arcs qui éclairent la crypte. Une arcature forme la
décoration principale à l'extérieur, et sous chaque arcade sont
sculptées deux figures d'apôtres de 1m,10 de hauteur environ, d'un grand
style quoique déjà maniéré. Ces apôtres semblent discuter entre eux; ils
ont tous un phylactère déroulé dans la main. Toute cette décoration
était peinte et les colonnes dorées. Il est regrettable que nous n'ayons
conservé en France aucune clôture de cette époque, car il n'est pas
douteux que ces monuments intérieurs dussent être fort beaux et traités
avec un grand soin. Il ne nous reste plus, dans quelques églises
monastiques, que des clôtures en fer d'une époque plus récente,
c'est-à-dire exécutées lorsque les abbés voulurent laisser voir le
choeur de leurs églises. Il y avait, dans l'église de Saint-Denis de
l'abbé Suger, de très-belles clôtures en fer forgé dont il existe encore
quelques fragments, et nous voyons encore autour du sanctuaire de
l'église abbatiale de Saint-Germer en Beauvoisis les grilles qui
servaient de clôture et qui datent du commencement du XIIIe siècle.
Jusque pendant le dernier siècle, les églises monastiques supprimèrent
autant qu'elles le purent les clôtures pleines pour les remplacer par
des claires-voies en pierre, en bois ou en fer; cependant on trouve,
dans quelques pauvres églises, des restes de clôtures fermées autour des
choeurs. L'église abbatiale de Saint-Seine en Bourgogne a conservé sa
clôture en grossière maçonnerie, couverte, du côté extérieur, de
peintures du commencement du XVIe siècle représentant l'histoire de
saint Seine.
CLÔTURES DES CHOEURS DES CATHÉDRALES. En France, des clôtures de choeur
existaient dans les églises cathédrales primitives; mais, lorsqu'au XIIe
siècle les évêques français reconstruisirent ces monuments sur des plans
beaucoup plus vastes et d'après des programmes nouveaux, il ne paraît
pas qu'ils aient songé à fermer les choeurs par des clôtures fixes (voy.
CHOEUR). Ce n'est que vers la fin du XIIIe siècle que nous voyons en
France élever des clôtures en pierre autour des choeurs des cathédrales.
L'une des plus anciennes est celle dont il reste des fragments derrière
les stalles de la cathédrale de Paris; elle fut commencée pendant les
dernières années du XIIIe siècle, et achevée en 1351 par Jean le
Bouteillier[278]. Cette clôture représente l'histoire de Notre-Seigneur
disposée par travées, formant une suite de scènes ronde-bosse entre les
piliers du choeur. Ces scènes, derrière les stalles, n'étaient vues que
des bas-côtés; mais, autour du sanctuaire, elles se trouvaient
complétement ajourées de manière à être vues de l'intérieur du choeur
comme des collatéraux (voy. CHOEUR, fig. 1). Un riche soubassement
décoré d'arcatures les supporte. Suivant l'usage, l'architecture et la
statuaire de la clôture du choeur de Notre-Dame de Paris étaient peintes
et dorées. Le choeur de la cathédrale de Bourges fut clos vers la même
époque; il ne reste que des fragments fort beaux de cette clôture,
déposés aujourd'hui dans la crypte. Les choeurs des cathédrales de
Limoges et de Narbonne sont encore clos en partie par des tombeaux
d'évêques. Il en était de même à Amiens. À Narbonne, outre les tombeaux,
on voit encore les restes d'une clôture architectonique du XIVe siècle,
dont nous donnons (7) une travée. Ce fragment de clôture, placé dans
l'axe du sanctuaire, est complétement peint.