bâti, au XIIIe siècle, sur un contre-fort dans le voisinage du choeur;
nous en donnons une vue (81). Dans les provinces méridionales, on
rencontre bon nombre de clochers de ce genre qui ont une certaine
importance, mais dont la construction ne remonte guère au delà du XIIIe
siècle. Il faut dire que ces sortes de bâtisses, exposées aux vents et à
la pluie, ne pouvaient résister aussi longtemps aux intempéries que des
tours couvertes, et les clochers romans à arcades simples, élevés dans
ces contrées, où les matériaux sont tendres et sensibles aux agents
atmosphériques, ont dû être souvent reconstruits. En effet, l'église de
Lalande de Libourne, dont nous donnons une élévation géométrale (82),
présente sur sa façade, qui date du XIIe siècle, un clocher à arcades
dont les jambages sont encore romans, et dont les archivoltes ont été
reconstruites au XIIIe ou au XIVe siècle.
Il existe des clochers d'une époque plus récente dans la Guyenne et le
Languedoc, où les constructions de brique sont si fréquentes, qui
possèdent jusqu'à cinq, six et même dix arcades propres à recevoir des
cloches; ce sont le plus souvent de simples pignons percés de baies
posées trois trois, ou trois et deux, trois, deux et une, ou quatre,
trois, deux et une. Ces sortes de clochers n'ont pas généralement de
caractère architectonique qui les distingue des bâtisses les plus
vulgaires; cependant on rencontre près de Toulouse quelques clochers
assez élégants élevés d'après ce principe: nous citerons entre autres
celui de Ville-Nouvelle, dont les deux étages d'arcades triples sont
flanqués de deux tourelles contenant des escaliers avec passage d'une
tourelle à l'autre devant les arcades.
Quant aux clochers couronnés par des pignons et des toits à double
égout, on les rencontre en grand nombre annexés à de petites églises et
qui datent des XIIIe, XIVe et XVe siècles, dans le Beauvoisis et la
Brie. Parfois même, au lieu de deux pignons, les tours en possèdent
quatre ou deux combles se pénétrant, formant ainsi quatre noues, et
couronnées par une flèche. La petite église de la Chapelle-sous-Crécy
(Seine-et-Marne) a conservé un clocher de ce genre, qui est un des plus
complets que nous connaissions; il date de la seconde moitié du XIIIe
siècle. Nous en présentons l'élévation (83). À l'extrémité dès quatre
noues, quatre gargouilles en pierre rejettent les eaux des combles loin
des parements. La petite flèche en bois, recouverte d'ardoise, est sur
plan octogone; ses arêtiers sont posés sur les faîtages des combles et
dans les noues, ce qui est parfaitement entendu[240] (voy. FLÈCHE).
Les clochers à quatre pignons sont très-fréquents sur les bords du Rhin,
à dater du XIIe siècle; mais leurs couronnements présentent une
singularité qui appartient uniquement à ces provinces et qui n'est guère
imitée en France que dans leur voisinage. Ces couronnements consistent
en une pyramide à huit pans, dont quatre des arêtiers posent sur les
angles de la tour et les quatre autres sur l'extrémité des quatre
pignons; de sorte que c'est l'inclinaison des faces de la pyramide qui
donne forcément la hauteur des pignons; plus la pyramide est aiguë, plus
ces pignons sont élevés. En effet, soit (84) A B C D le plan de la tour
carrée sur laquelle est posée la pyramide à plan octogonal. En élevant
un pignon sur le côté du carré A C, ce pignon devra puisqu'il porte
l'arêtier E O rencontrer cet arêtier au point G. Or, fig. 84 bis, E O
étant l'arêtier, EP l'axe de la pyramide, le pignon A C G du plan
figurée en coupe, élevé sur le point G, rencontrera l'arêtier en L; mais
si l'arêtier présente une plus forte inclinaison, suivant la ligne E'O
par exemple, le pignon figuré en coupe, élevé sur le point G,
rencontrera le second arêtier en M. Donc, les pignons ont d'autant plus
d'élévation que la flèche est plus aiguë.
Une vue (85) de l'un des clochers de la cathédrale de Spire fera
comprendre notre démonstration. À Spire, les flèches de couronnement
sont en grès; mais souvent ces couvertures des clochers sont en
charpente, quoiqu'elles affectent la forme indiquée ici. L'effet de ces
couronnements de clochers n'est pas heureux, car il semble que les
arêtiers qui rencontrent les sommets des pignons n'ont pas une assiette
suffisante, qu'ils poussent au vide, et nous ne saurions blâmer nos
architectes du moyen âge de n'avoir pas adopté ce système de
construction. Ce n'est pas là, d'ailleurs, le seul défaut que nous
pouvons reprocher aux clochers des bords du Rhin, de l'époque romane. On
voit (fig. 85) que les deux derniers étages de la tour sont identiques:
or il arrive souvent que ces tours possèdent jusqu'à six étages pareils
ainsi superposés; cela donne à ces édifices un aspect monotone qui
fatigue; on ne sait quel est celui ou ceux de ces étages qui contiennent
des cloches, ou s'ils n'en contiennent pas tous. Les clochers du Rhin
n'ont ni commencement ni fin, et on ne comprend pas pourquoi la
construction comporte tant d'étages, ou pourquoi elle s'arrête au
cinquième ou au sixième plutôt qu'au second. Les couronnements ne se
relient d'aucune manière avec les étages carrés. Il y a là un manque
total de goût et du sentiment des proportions, bien éloigné de nos
conceptions françaises de la même époque, dont toutes les parties se
lient avec art, et auxquelles il ne semble pas qu'on puisse rien
retrancher ni rien ajouter.
Puisque nous venons de faire une excursion hors de France, nous
parlerons aussi des clochers de Provence, qui ne sont pas plus français
que les clochers du Rhin. Si les arts de Lombardie et des côtes de
l'Adriatique avaient eu sur les bords du Rhin une puissante influence,
les monuments romains qui couvraient le sol de la Provence régnaient
encore en maîtres dans cette contrée au XIIe siècle. Les Romains de
l'antiquité n'avaient pas construit de clochers, mais ils avaient érigé
certains monuments votifs ou funéraires, comme celui de Saint-Remy par
exemple, qui, à la rigueur, pouvaient fournir des types de clochers aux
architectes du moyen âge. Ceux-ci, à défaut d'autres traditions ou
influences, ne manquèrent pas de prendre pour modèles ces débris de
l'architecture romaine. Nous trouvons, planté sur le pignon de la façade
de l'église de Molléges (Bouches-du-Rhône), un petit clocher du XIIe
siècle qui reproduit assez exactement, quoique d'une manière barbare, le
monument antique de Saint-Remy. Le clocher de Molléges n'a pas plus de
2m,06 à sa base hors oeuvre: il se compose d'un étage carré, porté sur
quatre piliers réunis par quatre archivoltes, et d'une lanterne sur plan
circulaire.
Nous donnons (86) le plan de l'étage inférieur, (87) le plan de la
lanterne, et (88) l'élévation, géométrale de ce clocher, dont l'unique
cloche était suspendue au centre de la lanterne circulaire[241]. Cette
cloche, dont le bord inférieur devait se trouver au niveau B, ne pouvait
être mise en branle; elle était fixée très-probablement à une traverse
intérieure posée sur la corniche au niveau A, et le sonneur, placé sous
l'arcature en C, se contentait de frapper le battant contre le bord de
la cloche, autrement dit, de tinter au moyen d'une cordelle attachée à
l'extrémité inférieure du battant, ainsi que cela se pratique encore
dans toute l'Italie méridionale. La partie supérieure de ce clocher de
Molléges, à partir du niveau A, n'existe plus.
Nous ne croyons pas nécessaire de nous étendre sur les diverses
applications de l'art antique romain aux clochers des églises
provençales, car ce serait sortir de notre sujet, ces exemples n'ayant
aucun des caractères de l'architecture française proprement dite, et ne
devant être signalés que comme ayant pu exercer une certaine influence
sur les constructions élevées le long du Rhône, en dehors de cette
province et jusque dans le Lyonnais.
Avant de terminer, nous devons signaler l'existence de clochers bâtis
sur plan barlong très-prononcé, qui servent de transition entre le
clocher à arcades simples comme ceux donnés fig. 80, 81 et 82, et les
clochers tours. Ces clochers sur plan barlong sont rares. Il en existe
un fort gros et fort ancien sur la façade de l'ancienne cathédrale de
Carcassonne servant originairement à la défense de la cité. Nous en
possédons un autre d'une époque plus récente (commencement du XIIIe
siècle), bâti sur le mur renforcé de l'unique chapelle latérale de la
petite église de Thoureil (Maine-et-Loire). Élevé dans le voisinage de
la sacristie et du sanctuaire, ce clocher était ainsi à portée du
desservant. Voici comment il est placé à rez-de-chaussée (89). A est le
plan de la chapelle latérale bâtie sur le bord de la Loire; un berceau
bandé sur le renfoncement B porte sur le pilier C et sur le massif E
contrebutté par un épais contre-fort descendant jusque dans le fleuve.
Au-dessus du comble de l'église, le beffroi du clocher de Thoureil
présente le plan (90). La figure allongée de ce plan fait assez voir que
les cloches devaient être mises en branle dans le sens de la longueur.
En élévation (91), ce clocher, dont le couronnement n'existe plus à
partir du niveau F, est enrichi d'une arcature aveugle sous le beffroi,
et ne laisse pas d'être assez élégant, malgré l'extrême simplicité de
son plan[242].
À dater du XIVe siècle, en France, les clochers des églises conservent
longtemps la forme et les dispositions adoptées au XIIIe siècle, et n'en
diffèrent que par les détails qui suivent le mouvement imprimé dès cette
époque aux arts de l'architecture; c'est-à-dire que leurs points d'appui
tendent à devenir plus grêles, leurs flèches et couronnements de plus en
plus élancés. Les clochers se couvrent de découpures de pierre, se
percent d'ajours surprenants, mais la masse reste la même. Or ces
détails trouvant leur place dans le _Dictionnaire_, nous n'avons pas à
nous en occuper ici. D'ailleurs, ainsi que nous l'avons dit déjà, les
désastres politiques des XIVe et XVe siècles ne laissèrent pas aux
monastères, aux évêques et aux paroisses, le loisir d'élever des
clochers d'une certaine importance. Beaucoup de ces tours, commencées
vers le milieu du XIIIe siècle, restèrent inachevées et ne furent
terminées qu'à la fin du XVe siècle et au commencement du XVIe. Lorsque
l'architecture qui avait pris naissance, pendant le XIIe siècle, dans le
domaine royal et les provinces voisines, se fut répandue sur toute la
surface de la France, ces différences d'écoles, si intéressantes à
étudier pendant la période romane, disparurent pour faire place à des
reproductions à peu près uniformes d'un type unique. Le clocher est le
monument qui indique le plus nettement les nombreuses variétés de l'art
de l'architecture sur le sol des provinces françaises jusqu'au XIIe
siècle. L'esprit provincial s'éteignant sous la main du pouvoir royal,
cette variété s'efface. Si la nation y gagna au point de vue de la
politique, l'art y perdit de son originalité, et les reproductions des
types mis en honneur dans le domaine royal furent souvent incomplètes ou
mal comprises dans les provinces éloignées. Cependant les clochers
furent longtemps les monuments affectionnés par les villes; après chaque
désastre, les populations s'empressaient de les reconstruire ou de les
réparer du mieux qu'elles pouvaient. On dit encore, de notre temps,
l'_influence de clocher_, pour désigner l'esprit local, la défense
exclusive des intérêts de la ville, et nous voyons chaque jour de
pauvres villages s'imposer de lourdes charges pour élever un clocher sur
leur église.
L'état des arts de l'architecture aujourd'hui ne répond pas aux désirs
et aux efforts des populations des villes ou des campagnes, et les
clochers, en grand nombre, construits dans notre pays depuis trente ans,
ne fourniront pas, dans quelques siècles, un sujet d'étude intéressant
pour nos successeurs: mal conçus généralement, plus mal bâtis,
présentant des silhouettes lourdes ou démanchées, ils ne dureront guère,
et s'ils sont laids la plupart, nous pouvons au moins nous en consoler
en pensant qu'ils ne témoigneront pas longtemps de ce retour vers l'un
des goûts les plus vifs des populations au moyen âge. Après les tours
carrées, froides et flanquées de pilastres, élevées sur nos églises, de
1815 à 1840, on a cherché à se rapprocher des types laissés par les XIIe
et XIIIe siècles; mais ces derniers essais font, la plupart, ressortir
la faiblesse de nos études et la pauvreté d'invention des artistes
modernes.
[Illustration: Fig. 1.]
[Illustration: Fig. 2.]
[Illustration: Fig. 3.]
[Illustration: Fig. 4.]
[Illustration: Fig. 5.]
[Illustration: Fig. 6.]
[Illustration: Fig. 6 bis.]
[Illustration: Fig. 7.]
[Illustration: Fig. 8.]
[Illustration: Fig. 9.]
[Illustration: Fig. 10.]
[Illustration: Fig. 11.]
[Illustration: Fig. 12.]
[Illustration: Fig. 13.]
[Illustration: Fig. 14.]
[Illustration: Fig. 15.]
[Illustration: Fig. 16.]
[Illustration: Fig. 17.]
[Illustration: Fig. 18.]
[Illustration: Fig. 19.]
[Illustration: Fig. 20.]
[Illustration: Fig. 21.]
[Illustration: Fig. 22.]
[Illustration: Fig. 23.]
[Illustration: Fig. 24.]
[Illustration: Fig. 25.]
[Illustration: Fig. 26.]
[Illustration: Fig. 27.]
[Illustration: Fig. 28.]
[Illustration: Fig. 30.]
[Illustration: Fig. 31.]
[Illustration: Fig. 32.]
[Illustration: Fig. 33.]
[Illustration: Fig. 34.]
[Illustration: Fig. 35.]
[Illustration: Fig. 36.]
[Illustration: Fig. 37.]
[Illustration: Fig. 38.]
[Illustration: Fig. 39.]
[Illustration: Fig. 40.]
[Illustration: Fig. 41.]
[Illustration: Fig. 42.]
[Illustration: Fig. 43.]
[Illustration: Fig. 44.]
[Illustration: Fig. 45.]
[Illustration: Fig. 46.]
[Illustration: Fig. 47.]
[Illustration: Fig. 48.]
[Illustration: Fig. 49.]
[Illustration: Fig. 50.]
[Illustration: Fig. 51.]
[Illustration: Fig. 52.]
[Illustration: Fig. 53.]
[Illustration: Fig. 54.]
[Illustration: Fig. 55.]
[Illustration: Fig. 56.]
[Illustration: Fig. 57.]
[Illustration: Fig. 58.]
[Illustration: Fig. 59.]
[Illustration: Fig. 61.]
[Illustration: Fig. 62.]
[Illustration: Fig. 63.]
[Illustration: Fig. 64.]
[Illustration; Fig. 65.]
[Illustration: Fig. 66.]
[Illustration: Fig. 67.]
[Illustration: Fig. 68.]
[Illustration: Fig. 69.]
[Illustration: Fig. 70.]
[Illustration: Fig. 71.]
[Illustration: Fig. 72.]
[Illustration: Fig. 73.]
[Illustration: Fig. 74.]
[Illustration: Fig. 75.]
[Illustration: Fig. 75 bis.]
[Illustration: Fig. 76.]
[Illustration: Fig. 77.]
[Illustration: Fig. 78.]
[Illustration: Fig. 79.]
[Illustration: Fig. 80.]
[Illustration: Fig. 81.]
[Illustration: Fig. 82.]
[Illustration: Fig. 83.]
[Illustration: Fig. 84.]
[Illustration: Fig. 84 bis.]
[Illustration: Fig. 85.]
[Illustration: fig. 86.]
[Illustration: fig. 87.]
[Illustration: Fig. 88.]
[Illustration: Fig. 89.]
[Illustration: Fig. 90.]
[Illustration: Fig. 91.]
[Note 208: Telles sont les bases des clochers de Créteil près
Paris, de Saint-Germain-des-Prés, de Saint-Savin en Poitou,
de Poissy (voy. PORCHE).]
[Note 209: Créteil. De récentes restaurations font
malheureusement disparaître des portions peut-être uniques en
France, de cette curieuse construction du XIe siècle. M.
Patoueille, architecte, a bien voulu les relever pour nous,
et nous avons l'occasion d'y revenir au mot PORCHE.]
[Note 210: Créteil, Saint-Savin.]
[Note 211: Voy. ARCHITECTURE, et l'_Architecture byzantine en
France_, par M. de Verneilh.]
[Note 212: De nos jours encore, dans la Vienne, la Dordogne
et la Corrèze, on couvre les habitations privées de cette
manière: on dresse une charpente très-légère, qui n'est, à
proprement parler, qu'une _forme_, et sur cette forme on pose
des assises de moellons en encorbellement de la base au
faîte. La construction achevée, on pourrait enlever la
charpente intérieure. C'est évidemment là une tradition fort
ancienne.]
[Note 213: Bien que le Puy-en-Velay ne soit pas compris dans
les provinces occidentales, cependant, à cette époque, au XIe
siècle, il existait des relations fréquentes et suivies entre
l'Auvergne et le Limousin.]
[Note 214: Ces plans sont à l'échelle de 0,005m pour mètre.
Nous les devons à l'obligeance de M. Mallay, ancien
architecte de la cathédrale du Puy.]
[Note 215: On voit encore, au-dessus de la voûte de la
croisée de la cathédrale de Bayeux, la souche du clocher, du
commencement du XIIe siècle, noyée dans les constructions du
XIIIe, qui indique que ce clocher primitif avait la même base
que celui actuel, reconstruit à diverses époques.]
[Note 216: Nous devons ces dessins, ainsi que ceux de
Brantôme, à M. Abadie, l'architecte de Saint-Front.]
[Note 217: Par M. Mallay, architecte. Ces clochers avaient
été détruits.]
[Note 218: La flèche en pierre n'existe plus et a été
remplacée par un comble en charpente.]
[Note 219: Le clocher de l'église de Cogniat, qui ressemble
beaucoup à celui de l'église d'Obasine et qui est plus
ancien, a conservé sa flèche en pierre à base octogone. Il
est gravé dans la _Revue d'Architecture_ de M. César Daly, t.
XII, nos 3, 4, 5 et 6.]
[Note 220: Voy. l'article du savant académicien, dans la
_Revue de l'Architecture_, t. VIII, p. 113, sur l'église de
Germigny, et les planches de M. Constant Dufeux, architecte.]
[Note 221: Ces quatre colonnes n'existent plus; mais on en
voit la trace sur l'assise de corniche. Les pinacles qui les
surmontaient ont, par conséquent, disparu; mais leur
disposition est écrite par les huit colonnes dégagées et la
direction de leurs chapiteaux.]
[Note 222: Le _Roman de Rou_, v. 16,194 et suiv.]
[Note 223: Voir les dessins d'ensemble et des détails du
clocher de Saint-Benoît-sur-Loire, dans l'_Architecture du Ve
au XVIe siècle_, par M. J. Gailhabaud.]
[Note 224: Ce monument a été relevé par M. Abadie,
architecte; c'est à lui que nous devons les dessins
reproduits ici.]
[Note 225: Des restaurations récentes ont fait perdre à la
base du clocher de Saint-Germnain-des-Prés de Paris tout son
caractère; mais il n'y a pas longtemps qu'elle existait
encore à peu près entière, sauf un portail extérieur du
XVIIIe siècle.]
[Note 226: De 859 à 861, l'église abbatiale de Saint-Bertin
de Saint-Omer, après avoir été incendiée par les Normands,
fut rebâtie, et le clocher de cette nouvelle église était
terminé par une charpente contenant trois étages de cloches,
sans compter la flèche; le tout était couvert de plomb. (Voy.
_les abbés de Saint-Bertin_, _d'après les anciens mon. de ce
monast._, par H. de Laplane; prem. part., p. 66; 1854,
Saint-Omer.)]
[Note 227: Les clochers posés à droite et à gauche du
sanctuaire étaient, particulièrement dans les églises
abbatiales, destinés à la sonnerie des offices. Du choeur,
les clercs étaient ainsi à portée des clochers sans sortir de
l'enceinte cloîtrée. Les clochers des façades étaient
réservés aux sonneries des fêtes et à celles qui appelaient
les fidèles du dehors.]
[Note 228: Ce mouvement, qui se produit, vers le milieu du
XIIe siècle, dans les arts et les lettres, est trop marqué
pour ne pas fixer l'attention de tous ceux qui étudient les
oeuvres de cette époque. Nous avons l'occasion de le signaler
bien des fois dans ce _Dictionnaire_. Il appartient à
l'esprit moderne, c'est son premier et son plus puissant
effort, et nous n'avons pu encore deviner pourquoi quelques
hommes distingués, savants, qui repoussent les préjugés
vulgaires, mais d'ailleurs étrangers à l'art de bâtir,
veulent séparer (en ce qui concerne l'art de l'architecture)
ces tendances de celles de notre époque, et surtout ne pas
admettre qu'elles appartiennent à notre pays, comme si
c'était une tache pour nous. Si nous parvenons à découvrir la
cause de ce dissentiment entre ces personnes et nous, pendant
le cours de notre ouvrage, nous promettons d'en instruire nos
lecteurs.]
[Note 229: Cette base n'a pas plus de 4m,20 hors oeuvre. Nous
devons ce dessin à M. Boeswilwald, qui a pris la peine de
relever ce clocher pour nous.]
[Note 230: Nous devons ce dessin à M. Ruprich Robert.]
[Note 231: Ces effets sont sensibles dans presque tous les
clochers romans, surtout depuis qu'on les a garnis de cloches
très-pesantes que l'on sonne à grande volée. N'oublions pas
que nous avons dit en commençant cet article que les cloches,
jusqu'au XIIe siècle, étaient petites, et quelles n'étaient
pas destinées à être sonnées à grande volée. Le clocher de la
Trinité de Vendôme est encore intéressant à étudier, à ce
point de vue qu'il indique évidemment, par la manière dont il
est construit, le placement de cloches pesantes sonnées à
grande volée.]
[Note 232: Au commencement du XIIIe siècle, ce porche fut
supprimé et le pignon de la nef avancé au ras du parement
occidental et des tours, ce qui leur fit perdre leur aspect
primitif (voy. CATHÉDRALE). Ce fut très-probablement à la
suite de l'incendie de 1194 que ce pignon fut reconstruit
dans cette nouvelle position. Du monument commencé par
Fulbert et achevé vers le milieu du XIIe siècle, il ne resta
debout, après cet incendie, que les deux clochers de la
façade occidentale. Le porche bas, recouvert d'une terrasse
qui les réunissait, fut supprimé, et la nouvelle nef du XIIIe
siècle avancée jusqu'au parement extérieur des deux clochers.
Pintard, dans son _Histoire chronologique de la ville de
Chartres_, dit, p. 193: «En l'année 1145, les deux grands
clochers furent bâtis _hors oeuvre_ au bout de la nef,
suivant la pensée de quelques-uns qui se persuadent que la
clôture de la nef et la façade de l'église n'ont été
apportées jusqu'à la ligne du devant des clochers que depuis
ce temps-là, quoiqu'il n'en paraisse aucun vestige sensible.»
Pintard est dans l'erreur, les vestiges de l'ancienne
disposition de porche sont parfaitement apparents, et
l'opinion des «quelques-uns» qu'il cite est de la plus grande
justesse. L'éditeur du _Livre des miracles de Notre-Dame de
Chartres_ (manuscrit du XIIIe siècle, en vers), M. Duplessis,
croit que la flèche du clocher vieux de Chartres est
postérieure à l'incendie de 1194. Mais cette opinion est
démentie par le caractère des sculptures et moulures de cette
flèche et par sa construction. Avant l'incendie de 1836, nous
avons vu, dans l'intérieur de cette flèche, les traces de
l'incendie de 1194, qui ne fit que brûler l'ancien beffroi,
probablement peu important, traces qui étaient absolument les
mêmes que celles encore visibles en dedans de l'étage carré
au-dessous de cette flèche.]
[Note 233: Voyez l'ensemble et les détails de cette belle
construction dans la _Monog. de la cathéd. de Chartres_, pub.
par le ministère de l'Instruction publique et des Cultes,
d'après les dessins de M. Lassus.]
[Note 234: Voy. l'article sur l'ARCHITECTURE MONASTIQUE.]
[Note 235: Voy., au mot BEFFROI, les fig. 9 et 10 qui donnent
les coupes du beffroi de la tour méridionale et de la
maçonnerie qui l'enveloppe.]
[Note 236: Même avant cette époque, ainsi que le fait voir le
clocher de Tracy-le-Val, fig. 49.]
[Note 237: Voy. ANIMAUX, fig. 3.]
[Note 238: Voy., pour les clochers des cathédrales de Paris
et de Reims, le mot FAÇADE.]
[Note 239: Notre dessin est fait d'après une charmante
gravure, très-rare aujourd'hui, datée de 1625 et signée de N.
De Son, Rémois. Contrairement aux habitudes des graveurs de
cette époque, le caractère de l'édifice est reproduit avec
une perfection qui ne laisse rien à désirer, les détails
dessinés avec une finesse qui rappelle les meilleures
gravures de Callot, la construction indiquée avec un soin
scrupuleux. Cette gravure porte 0,39 c. de hauteur sur 0,30
c. de largeur, non compris le titre et les armoiries gravés
en haut et en bas hors cadre. Une quantité de figures
finement touchées remplissent la place en avant du portail.
Il existe une copie de cette gravure qui lui est
très-inférieure.]
[Note 240: Ce dessin nous a été donné par M. Millet.]
[Note 241: M. Révoil a bien voulu nous donner le relevé exact
de ce clocher.]
[Note 242: M. Darcel a bien voulu nous communiquer les
dessins du clocher de Thoureil que nous donnons ici.]