Quelque soin que nous ayons pris de distinguer les différents caractères

des clochers qui couvrent le sol de la France actuelle jusqu'au XIIe

siècle, d'indiquer les écoles diverses, leurs croisements et les

influences qu'elles exercent les unes sur les autres, nous devons avouer

que notre travail est très-sommaire et qu'il nous a fallu laisser de

côté des détails d'un intérêt réel. À nos yeux, toutefois, cette

question a trop d'importance; elle se rattache trop à l'esprit du moyen

âge, aux efforts des constructeurs, pour que nous n'essayions pas de

faciliter à nos lecteurs le classement de ces diverses écoles, leur

marche et leurs progrès. L'érection des clochers ne suit pas

rigoureusement, d'ailleurs, les styles propres à chaque division

territoriale.

Jusqu'à la fin du XIIe siècle, le clocher est encore un édifice à part,

et les établissements monastiques, les cathédrales et les paroisses,

faisaient souvent annexer à l'église un clocher dont le type primitif

n'était pas en rapport intime avec le style local. Le clocher est,

pendant cette période du moyen âge, plutôt un monument de vanité (que

l'on veuille bien nous passer l'expression) qu'un monument d'utilité; il

n'est donc pas surprenant que l'on s'écartât quelquefois des traditions

locales pour se donner la satisfaction d'élever un édifice capable de

rivaliser avec ceux de telle ville ou de tel monastère, qui excitaient

l'admiration des étrangers. Le classement des clochers par écoles et

ramifications d'écoles coïncide, de province à province, avec les

relations commerciales et politiques; ce classement suit le mouvement

naturel de ces relations; au point de vue de l'histoire, il peut donc

être utile. Aussi, avant d'aller plus avant, et afin de résumer pour nos

lecteurs ce que nous avons dit sur ces monuments, nous donnons ci-contre

(61) une carte de la France sur laquelle nous avons marqué les points

centrals des différents types de clochers, et l'étendue de leurs

ramifications, vers le milieu du XIIe siècle, avant la grande révolution

architectonique du règne de Philippe-Auguste; révolution qui tendit à

substituer une école unique à ces écoles d'origines diverses.

Nous avons dit que le Périgord possède, dès la fin du Xe siècle et

commencement du XIe, deux types de clochers: celui de Saint-Front marqué

en A sur notre plan, fig. 61, et celui de Brantôme marqué en B.

Le prototype A pousse au sud une ramification le long de la rivière

d'Isle, s'étend sur les bords de la Dordogne inférieure et remonte la

Garonne jusqu'à Toulouse; un rameau pénètre jusqu'à Cahors. Vers le

nord, l'influence du prototype A s'étend plus loin; elle envahit

l'Angoumois, la Saintonge, l'Aunis, le Poitou, descend la Vienne, se

prolonge au nord, vers Loches, et remonte l'Indre jusqu'à Châteauroux

(clocher de Déols). Ce rameau passe la Loire entre Tours et Orléans, et

vient se perdre dans le Maine et l'Anjou. Le second type périgourdin B,

dont le Brantôme est le plus ancien modèle existant, remonte la vallée

de la Dordogne, traverse les montagnes au sud du Cantal, et vient

expirer au Puy-en-Vélay. Une autre branche vigoureuse pousse vers le

nord, passe à Limoges, se rencontre à Loches avec une des branches du

type A, traverse la Loire à Saint-Benoît et arrive jusqu'à Vendôme et

Chartres. L'Auvergne possède aussi son école; à Clermont en H est son

siége. Une de ses branches se dirige, en remontant l'Allier jusqu'au

Puy, où elle se rencontre avec celle venue de B. Au sud, le prototype H

jette un rameau directement sur la Garonne à Toulouse, à Agen, et, plus

bas, jusqu'au Mas d'Agenais. Au nord, il éparpille ses rameaux en

éventail à travers les plaines de la Limagne; une branche s'étend même

jusqu'à Nevers, une autre est arrêtée brusquement par les montagnes du

Lyonnais. Ces trois types ABH occupent toute l'ancienne Aquitaine de

Charlemagne et jettent quelques rameaux jusque dans la Neustrie. Le

prototype carlovingien, dont nous avons placé le siége en C, à

Aix-la-Chapelle, envahit la Meuse, la Moselle et le Rhin; il pousse un

rameau à travers les Ardennes jusque sur la Marne à Châlons, un autre

jusqu'à Besançon, un autre en Flandre jusqu'à Tournay, en remontant la

Sambre et descendant l'Escaut; il occupe l'Austrasie. Le prototype

bourguignon, que nous plaçons en D, à Autun, jette une branche à travers

le Morvan, va chercher la vallée de l'Yonne et descend cette rivière

jusqu'à Auxerre, où elle s'arrête. Une autre branche passe sous

Château-Chinon le long des montagnes, traverse la Loire à la Charité,

pousse quelques rameaux dans le Nivernais et se perd avant d'arriver à

Bourges. Un troisième rameau vivace se jette sur Beaune, Dijon, arrive à

Langres; puis, traversant la montagne, descend la Marne jusqu'à Châlons.

Un quatrième va chercher le Doubs et le remonte jusqu'à Besançon, vers

l'est. Un cinquième enfin suit la vallée de la Saône et s'étend jusque

vers Valence, en passant par Lyon et Vienne, se rencontre avec une des

branches du prototype I, placé à Arles. L'école D occupe l'ancien

royaume carlovingien de Bourgogne. Le type appartenant à l'Île de

France, dont le centre est placé à Paris en E, jette des rameaux tout

autour de lui: au nord-ouest jusqu'à Rouen; au nord jusqu'à Saint-Omer

et Tournay, Saint-Quentin, en remontant l'Oise; à l'est jusqu'à Reims et

Châlons; au sud-est jusqu'à Troyes, en remontant la Seine, et jusqu'à

Sens en remontant l'Yonne; au sud jusqu'à Orléans, et à l'ouest jusqu'à

Chartres. Enfin, le type normand, dont le centre est posé en G, à Caen,

se ramifie sur les côtes, au nord-ouest jusqu'à Eu, à l'ouest jusqu'à

Dol, et, remontant l'Orne, descend l'Eure jusqu'à Évreux. Un rameau

passe le détroit et couvre l'Angleterre. Ces deux dernières écoles

occupent la Neustrie. Sur notre carte, les divisions carlovingiennes

sont indiquées par des lignes ponctuées. Pendant la première période

carlovingienne, l'Aquitaine est, de toutes les provinces des Gaules,

celle qui est la plus riche par son étendue, son territoire et le

commerce qu'elle faisait avec la Bourgogne, le Nord et la Bretagne.

C'est celle aussi qui fait pénétrer le plus loin l'influence de ses

écoles d'architecture. La Neustrie, divisée par l'invasion normande, ne

prend, jusqu'à la prédominance des suzerains français, qu'une influence

limitée. Que l'on veuille bien examiner avec attention cette carte (fig.

61), on y trouvera l'occasion de faire de singulières observations. On

voit, par exemple, qu'au XIIe siècle, malgré les révolutions politiques

survenues depuis la division des Gaules faite par Charlemagne à sa mort,

les populations avaient conservé presque intact leur caractère

d'Aquitains, de Bourguignons, de Neustriens et d'Austrasiens. Nos

lecteurs penseront peut-être que nous prenons la question de bien haut,

à propos de clochers; et nous ne devons pas oublier que nous avons, plus

d'une fois depuis le commencement de cet ouvrage, été accusés de

supposer des arts nationaux, des écoles qui n'existeraient que dans

notre imagination; il faut donc que nous développions notre thème, en

adressant nos remercîments sincères à ceux qui nous obligent à accumuler

les renseignements et les preuves propres à éclairer la question

importante du développement de l'art de l'architecture sur le territoire

occidental du continent européen.

Le clocher, plus qu'aucun autre édifice, nous facilite ce travail; car,

plus qu'aucun autre édifice, il indique les goûts, les traditions des

populations; il est le signe visible de la grandeur de la cité, de sa

richesse; il est l'expression la plus sensible de la civilisation à la

fois religieuse et civile de cette époque; il prend de l'importance en

raison du développement de l'esprit municipal; il se soustrait, plus que

tout autre monument, aux influences monastiques; c'est, pour tout dire

en un mot, au XIIe siècle, le véritable monument national, dans un temps

où chaque ville importante formait un noyau presque indépendant de la

féodalité séculière ou cléricale. Le clocher peut être considéré comme

le signe du développement industriel et commercial des cités. Les

exemples que nous avons donnés jusqu'à présent sont autant de jalons que

nous avons signalés, jalons qui sont posés sur les lignes tracées sur

notre carte. Les preuves sont donc matérielles, palpables. Observons

maintenant la direction de chacune de ces branches: elles suivent le

cours des rivières, ce qui est naturel, ou des grandes voies

commerciales qui existent encore aujourd'hui, voies qui ont

singulièrement aidé au travail de centralisation du pouvoir monarchique.

Prenons l'une de ces branches les plus étendues et qui ne tiennent pas

compte du cours des rivières; celle, par exemple, qui part de Périgueux,

passe par Limoges, et vient aboutir à Chartres. Ne voyons-nous pas là la

grande route centrale de Limoges à Paris, à peu de déviation près? Et

cette autre qui, du même centre, passe par Angoulême et le Poitou pour

se jeter sur la Loire et le Maine, n'est-elle pas aussi une grande voie

commerciale suivie de nos jours? Notre carte ne tient-elle pas compte de

cette barrière naturelle que la Loire a si longtemps établie entre le

nord et le sud de la France? Et cette ligne de la Bourgogne qui, de la

Marne, de Châlons, descendant jusqu'aux limites du Lyonnais au sud,

réunit Aix-la-Chapelle, le Rhin et la Moselle au Rhône par la Marne et

la Saône, n'est-elle pas encore une voie suivie et tracée de notre

temps? On ne saurait prétendre que notre carte est tracée d'après

certaines idées préconçues; encore une fois, les monuments sont là; et

d'ailleurs ces idées ne nous ont été suggérées que par la vue des lignes

réunissant les jalons épars que nous avons pu marquer. Dans les

localités où deux ou trois branches partant de deux ou trois centres

opposés viennent aboutir, nous pouvons constater l'influence et le

mélange des arts sortis de ces centres. Ce fait est sensible à Chartres,

à Châlons-sur-Marne, à Nevers, à Toulouse, à Valence, au Puy, à Auxerre,

à Rouen. Nos figures l'ont démontré ou vont le démontrer. Le croisement

des deux branches issues de Périgueux est sensible à Loches. Toutes ces

branches indiquent des routes tracées et suivies par le commerce au XIIe

siècle; et sans avoir la prétention de donner à ce travail une

importance exagérée, nous pouvons croire qu'il pourra contribuer à

détruire cette idée de confusion, d'intervention du hasard, dans la

marche et le développement des arts sur ce coin de l'Europe; peut-être

jettera-t-il quelques clartés sur l'histoire, si compliquée, de ces

temps reculés. Pour nous, ces centres, avec leurs branches qui tendent à

se réunir sur certain point, indiquent les premiers pas des populations

vers l'unité nationale au milieu du réseau féodal; ces faits peuvent

aider à retrouver les causes de la richesse de certaines cités dont nous

avons peine à comprendre aujourd'hui l'importance. Quand le pouvoir

monarchique s'établit, au XIIIe siècle, sur des bases de plus en plus

fermes, il trouva ouvertes ces communications entre des provinces

diverses d'origine, de moeurs et de langage, et y fit rapidement

pénétrer, avec de nouvelles institutions politiques, les arts du domaine

royal. On s'explique ainsi comment l'architecture romane fut tout à

coup, à cette époque, frappée d'impuissance; comment ces provinces de

l'ouest, de l'est et du midi, reçurent l'influence du domaine royal par

les mêmes voies qui leur avaient servi pendant deux siècles à répandre

au dehors les traditions de leurs arts propres.

Le clocher vieux de la cathédrale de Chartres résume les efforts, les

goûts et les traditions des deux principales écoles du sol des Gaules,

dont nous venons de tracer l'histoire et les influences plus ou moins

étendues. Il possède, à la fois, la grandeur des conceptions des

artistes de l'ouest et la puissance de leurs constructions, la hardiesse

aventureuse des architectes normands, la sobriété, la finesse et

l'instinct de l'harmonie des proportions qui étaient le partage des

constructeurs du domaine royal, des vallées de la Seine, de l'Oise et de

l'Aisne. Le nom de l'architecte qui sut fondre dans un seul édifice ces

divers éléments ne nous est pas connu; mais son oeuvre impérissable,

dont le principal mérite est l'unité, nous prouve que cette qualité

dépend bien plus du génie de l'artiste que des éléments placés sous sa

main; que l'emploi d'éléments différents entre eux n'exclut pas

l'originalité, quand ces matériaux sont recueillis par un esprit juste,

une tête bien organisée et une main habile. Il est d'autres clochers en

France qui ne le cèdent guère au clocher vieux de Chartres comme

importance; mais aucun ne réunit à un degré aussi élevé des proportions

heureuses à l'interprétation exacte d'un programme, la sobriété à la

richesse, l'application de traditions étrangères les unes aux autres à

un seul édifice, sans efforts apparents. À voir ce clocher, rien ne

paraît plus simple, plus facilement conçu et exécuté; et cependant, si

on analyse sa structure avec quelque soin, on aperçoit les habiles

soudures entre des éléments divers, partout le raisonnement soumis à un

goût sûr. Il serait fort intéressant, pour l'histoire de la transition

de l'architecture romane à l'architecture française du XIIIe siècle, de

savoir d'où venait le maître des oeuvres auquel la construction du vieux

clocher de Chartres fut confiée, à quelle province il appartenait.

Était-il né dans l'une de ces villes des bords de l'Oise et de l'Aisne,

où les traditions gallo-romaines se conservèrent si longtemps? ou bien

était-il venu des bords de la Seine et de l'Eure, entre Paris et Rouen?

Nous pencherions vers cette dernière origine, car on retrouve, dans les

détails du clocher de Chartres, dans les profils des arcs, dans la

sculpture, la finesse et la grâce qui appartiennent à cette portion du

territoire français. Dans les bassins de l'Oise et de l'Aisne, jusqu'à

la fin du XIIe siècle, les profils sont plus simples, se dépouillent

moins des traditions gallo-romaines, la sculpture est barbare et péche

par le mépris de la forme. L'influence mérovingienne persiste très-tard

dans ces dernières contrées, tandis que dans la partie de l'Île de

France comprise entre Paris, Mantes et Dreux, il s'était formé là, dès

le XIe siècle, une école particulière, dont le goût s'épure de plus en

plus jusque vers le milieu du XIIe siècle, qui évite les exagérations et

marche d'un pas assuré vers un art plein d'élégance et de finesse,

délicat et contenu. Un architecte, sorti de cette école au milieu du

XIIe siècle, trouvant dans l'Orléanais les dernières traces des arts des

provinces du sud-ouest et quelques éléments de ceux de la Normandie,

apportait juste ce qu'il fallait pour bâtir le clocher vieux de Chartres

en mêlant ses qualités propres aux influences romanes qui avaient

pénétré cette province. Il est, en effet, curieux d'observer comme, à

cette époque et plus tard encore, au commencement du XIIIe siècle, les

architectes de l'Île de France, bien qu'ils fussent en avance sur les

écoles voisines, se pliaient aux traditions locales lorsqu'ils étaient

appelés en dehors de leur centre. Ce ne fut guère qu'à la fin du XIIIe

siècle, alors que l'architecture eut admis de véritables formules, que

cette souplesse des artistes disparaît totalement pour faire place à un

art qui, ne tenant plus compte ni des traditions ni des habitudes

locales, marche résolûment dans la voie unique qu'il s'est tracée. Pour

nous, nous préférons la souplesse à ces formules invariables, à cette

logique inexorable qui force l'art à se jeter dans les abus de ses

propres principes pour ne pas tomber dans la monotonie; aussi, nos

lecteurs voudront-ils nous pardonner de nous étendre si longuement sur

l'époque de transition, de recherche, de tâtonnements même, époque bien

plus variée et fertile en enseignements que celle qui la suit.

Si, à Chartres, un architecte de l'Île-de-France a conçu et présidé à

l'exécution du clocher vieux, à Rouen, il est très-probable qu'un de ses

confrères a conçu et fait élever le clocher de la cathédrale connu sous

le nom de tour Saint-Romain. Le clocher de Saint-Romain de la cathédrale

de Rouen est contemporain du clocher vieux de Chartres (1140 à 1160). Le

couronnement primitif de ce clocher n'existe plus, ou ne fut jamais

élevé. Il devait se composer, probablement, d'une grande pyramide

octogone, comme celle qui termine l'escalier du même clocher. Quoi qu'il

en soit, la tour est entière et est certainement l'une des plus belles

de cette partie de la France; elle offre un mélange des deux styles de

l'Île de France et de la Normandie, dans lequel le premier élément

domine; là aussi l'artiste français s'est soumis aux influences locales,

mais il a évidemment apporté le goût de son école et son propre génie.

Voici (62) l'élévation du clocher Saint-Romain du côté de l'est où se

trouve l'escalier qui conduit à la base du beffroi. Le clocher

Saint-Romain de la cathédrale de Rouen est isolé sur trois côtés et

porte de fond, comme la plupart des clochers de façade antérieurs au

XIIIe siècle. Il se compose, à l'intérieur, comme celui de Chartres, de

deux salles voûtées superposées et d'un étage de beffroi divisé en deux.

Mais ici les dispositions mesquines, confuses, les divisions d'étages

égaux en hauteur des clochers normands ont été adoptées par le maître de

l'oeuvre français; en se soumettant à ces habitudes, il a cependant

répandu dans son oeuvre la grâce et la finesse, l'étude des détails, la

sobriété des saillies, la parfaite harmonie des profils et de la

sculpture avec l'ensemble, qui appartiennent à l'école d'où il sortait.

Il a surtout habilement ménagé les pleins et les vides, donnant d'autant

plus d'importance à ceux-ci et augmentant l'échelle des détails à mesure

que la tour s'élevait au-dessus du sol. Ces détails sont d'une grande

beauté; la construction est exécutée en petits matériaux, avec le soin

que les architectes du XIIe siècle mettaient dans leurs bâtisses; les

profils sont peu saillants et produisent, malgré leur extrême finesse,

beaucoup d'effet; les contre-forts sont habilement plantés et profilés.

L'escalier qui, du côté de l'est, dérange la disposition des baies, est

un chef-d'oeuvre d'architecture. La construction du clocher Saint-Romain

de Rouen, bien que très-légère en raison de la dimension extraordinaire

de cet édifice, n'a subi d'autre altération que celle produite par

l'incendie qui détruisit la cathédrale à la fin du XIIe siècle. Au XIIIe

siècle, on pratiqua en A une arcade dans une des baies géminées du

beffroi pour le passage des grosses cloches. Ce fait est curieux; il

indique, ou qu'avant cette époque les cloches étaient montées dans les

tours pendant leur construction, ou qu'elles étaient de petite

dimension, ainsi que nous l'avons dit plus haut.

Nous pourrions fournir encore de nombreux exemples de ces clochers de

l'époque de transition bâtis dans le voisinage de l'Île-de-France; mais

il faut nous borner. Il nous reste à faire voir comment les architectes

du XIIIe siècle surent profiter des tentatives de leurs prédécesseurs,

et appliquer les principes nés dans les provinces de l'Ouest, de l'Est

et du Nord, au nouveau mode de construction inauguré, à la fin du XIIe

siècle, dans l'Île-de-France.

Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle - Tome 3 - (C suite) · 第 29 / 40 段