Pendant la seconde moitié du XIIIe siècle, soit que les évêques eussent

renoncé à conserver à leurs cathédrales les dispositions de vastes

salles propres aux grandes réunions populaires, soit que les chapitres

se trouvassent trop à découvert dans les choeurs accessibles de toutes

parts, on établit d'abord des jubés en avant des choeurs, puis bientôt

après des clôtures hautes, parfaitement fermées, protégeant des rangées

de stalles fixes garnies de hauts dossiers avec dais. Les chanoines

furent ainsi chez eux dans les cathédrales, comme les religieux cloîtrés

étaient chez eux dans leurs églises monastiques. Mais cependant, il

fallait, dans les cathédrales, que les fidèles pussent assister aux

offices, ne pouvant voir les cérémonies qui se faisaient dans les

choeurs fermés de toutes parts; c'est alors que l'on éleva, dans les

églises épiscopales, ces chapelles nombreuses autour des bas-côtés des

choeurs et même le long des parois des nefs (voy. CATHÉDRALE). La pensée

dominante qui avait inspiré les évêques à la fin du XIIe siècle,

lorsqu'ils se mirent à bâtir des cathédrales sur de nouveaux plans, fut

ainsi abandonnée lorsqu'elles étaient à peine achevées, et, en moins

d'un siècle, la plupart des choeurs de ces grandes églises furent

fermés, les cérémonies du culte dérobées aux yeux des fidèles. Nous

n'entreprendrons pas de rechercher ici ni d'expliquer les causes de ce

changement. Nous nous contenterons de signaler le fait qui doit se

rattacher, si nous ne nous trompons, à des discussions survenues entre

les évêques et leurs chapitres, discussions à la suite desquelles les

évêques durent céder aux voeux des chanoines, particulièrement

intéressés à se clore[184].

La cathédrale de Chartres éleva un jubé en avant de son choeur vers le

milieu du XIIIe siècle; nous ne savons aujourd'hui si, dès cette époque,

elle l'entoura d'une clôture; c'est probable. La cathédrale de Bourges

éleva une clôture en pierre autour de son choeur dès la fin du XIIIe

siècle. Celle de Paris commença aussi à clore son choeur vers la même

époque, et cette clôture était à peine achevée, que l'évêque Mattifas de

Bucy faisait construire la ceinture de larges chapelles qui enveloppe le

double bas-côté de l'abside. Ces clôtures nécessitaient donc la

construction de ces chapelles?

Les clôtures modifièrent profondément les plans primitifs des

cathédrales dont les choeurs n'avaient nullement été disposés pour les

recevoir; elles donnèrent aux choeurs un aspect nouveau, contraire à

l'esprit qui avait dû diriger les premiers constructeurs. Ne pouvant

savoir aujourd'hui quelles étaient les dispositions premières des

choeurs de cathédrales, nous sommes obligés de nous en tenir à celles

adoptées à la fin du XIIIe siècle; elles sont d'ailleurs coordonnées

avec ensemble, et dignes en tous points de l'objet. De tous les choeurs

de cathédrales, celui sur lequel il reste le plus de renseignements

précis est le choeur de la cathédrale de Paris. Nous en donnerons donc

(1) une vue cavalière, accompagnée d'une description empruntée à

Corrozet et à Du Breul. Après la croisée, entre les deux gros piliers

des transsepts, un jubé de pierre fermait l'entrée du choeur. Sur

l'arcade principale qui servait de porte était un grand crucifix; cet

ouvrage, dit Du Breul, était un chef-d'oeuvre de sculpture; à droite et

à gauche, cette arcade se réunissait à la clôture en pierre peinte, de

cinq mètres de haut, représentant l'histoire de Jésus-Christ, et dont il

reste une grande partie. Cette clôture, du côté nord et du côté sud,

servait d'appui aux dossiers des stalles qui étaient de bois sculpté et

couronnées d'une suite de dais. Deux portes latérales percées dans la

clôture donnaient entrée dans le choeur, auquel on arrivait du côté du

cloître par la porte rouge, et du côté de l'évêché par une galerie

communiquant avec le palais épiscopal. Autour du rond-point

(sanctuaire), la clôture, dans sa partie supérieure, était à jour, de

sorte que les scènes de la vie de Notre-Seigneur, sculptées en

ronde-bosse, se voyaient du dedans du choeur aussi bien que des

bas-côtés. Au-dessous de cette partie à jour, des bas-reliefs

représentaient des scènes de l'Ancien Testament. Il était, de toutes

manières, impossible de voir, des collatéraux, ce qui se passait dans le

choeur et le sanctuaire. Des deux côtés de l'entrée du jubé donnant sur

la croisée étaient deux autels, suivant l'usage. Le choeur s'élevait de

quatre marches au-dessus du pavé de la nef; à la suite des stalles

venait le sanctuaire, élevé de trois marches au-dessus du choeur, et

sous la clef de voûte absidale le maître autel, dont une tapisserie et

une gravure[185] nous ont conservé la forme et les accessoires. Derrière

le maître autel était placée, sur une large table de cuivre, portée sur

quatre gros piliers de même matière, la châsse de saint Marcel,

surmontée d'une grande croix; d'autres châsses étaient disposées à

droite et à gauche; derrière la châsse de saint Marcel était, du côté

droit, le petit autel de la Trinité, dit des Ardents, sur lequel était

placée la châsse de Notre-Dame, contenant du lait de la sainte Vierge et

des fragments de ses vêtements. Près de l'entrée principale du choeur,

on voyait, en ronde-bosse, la statue de bronze de l'évêque Odon de

Sully, couchée sur une table de même métal élevé d'un pied environ

au-dessus du niveau du pavé du choeur. Odon de Sully contribua en partie

à la construction de la cathédrale; c'est sous son épiscopat que fut

probablement élevée la nef. Au milieu du choeur, sous le lutrin, étaient

incrustées, au niveau du pavé, quatre pierres tombales, couvrant les

restes de la reine Isabelle de Hainaut, femme de Philippe-Auguste, de

Geoffroy, duc de Bretagne, et de deux autres personnages inconnus.

Devant le grand autel, sous une table de cuivre, le coeur de Louise de

Savoie, mère de François Ier. D'autres tombes se voyaient encore

derrière le grand autel du temps de Corrozet, entre autres celles du

célèbre Pierre Lombard, archidiacre de la cathédrale et prince; car on

n'enterrait dans le choeur des cathédrales que des évêques, des princes

et princesses. À côté du maître autel, du côté du nord, s'élevait, sur

une colonne de pierre, la statue de Philippe-Auguste; à ses pieds était

la tombe en marbre noir de l'évêque Pierre de Ordemont, qui mourut en

1409.

Mais quelle que fût la richesse et la splendeur des choeurs des

cathédrales, ceux-ci n'égalaient pas, en étendue, en meubles richement

ouvragés, en châsses précieuses et en tombeaux magnifiques, les choeurs

et sanctuaires des grandes abbayes. Parmi ces abbayes, celle de

Saint-Denis, en France, se distinguait entre toutes, puisque le choeur

de son église servait de sépulture aux princes français. Le plan de ce

choeur et de ce sanctuaire est donné dans l'histoire de l'abbaye de

Saint-Denis, par dom Félibien; nous nous contenterons d'en tracer la vue

cavalière, qui fera mieux comprendre les dispositions principales de

cette clôture vénérée (2). Ici, comme dans toutes les églises

abbatiales, le choeur, proprement dit, occupait les dernières travées de

la nef, la croisée et une travée de l'abside; le sanctuaire, auquel on

montait par quatre rampes de dix-huit degrés chacune, deux petites de

chaque côté de l'autel et deux grandes dans les deux collatéraux,

s'étendait dans l'abside au-dessus de l'ancienne crypte carlovingienne.

Dom Doublet[186] nous fournira la description détaillée de toutes les

parties du choeur et sanctuaire de la célèbre église abbatiale. L'entrée

du choeur était fermée par un jubé, sur le devant duquel, du temps de

dom Doublet, on voyait encore, sculptés en pierre, la vie et le martyre

de saint Denis, de saint Rustic et de saint Éleuthère. Sur l'arcade

principale s'élevait le crucifix donné par l'abbé Suger; les images de

la Vierge et de saint Jean accompagnaient la croix. C'était du haut du

jubé que, les jours de fêtes, on chantait l'Évangile. Dom Doublet dit

qu'autrefois ce frontispice était couvert de figures d'ivoire

entremêlées d'animaux de cuivre; ouvrage admirable, prétend-il, donné

par Suger, et que les huguenots détruisirent[187]. Avant le sacre et

couronnement de la reine Marie de Médicis, le choeur de Saint-Denis

n'avait toutefois subi aucune modification importante. Des deux côtés,

soixante stalles hautes et basses, richement sculptées et garnies de

dossiers en étoffe, s'adossaient aux piliers de la nef. À l'extrémité

des stalles, d'un des gros piliers de la croisée à l'autre, une _trabes_

traversait le choeur; cette poutre était peinte d'azur, semée de fleurs

de lis d'or; une croix d'or, que l'on prétendait avoir été fabriquée par

saint Éloy, s'élevait au milieu de sa portée. Entre les stalles était le

lutrin de bronze donné par le roi Dagobert et provenant de l'église

Saint-Hilaire de Poitiers. Ce pupitre était soutenu par les quatre

figures des Évangélistes, également en bronze. En remontant vers

l'autel, dans l'axe du choeur, on voyait le tombeau de Charles le

Chauve, en cuivre émaillé, porté sur quatre lions, et ayant, à chaque

angle, un des quatre docteurs de l'Église. Le pavé était magnifique, en

marbre blanc, noir, vert antique, jaspe et porphyre; c'était

probablement une de ces mosaïques connues en Italie sous le nom d'_opus

Alexandrinum_. À l'extrémité orientale du choeur, au-delà de la croisée

dans la première travée du sanctuaire, s'élevait l'autel de la Trinité,

dit autel matutinal, en marbre noir, enrichi de figures en marbre blanc

représentant le martyre de saint Denis; on couvrait son retable de

pierre d'un magnifique retable d'or aux fêtes solennelles (voy. AUTEL,

fig, 7). Une grille de fer, placée au-devant de l'autel matutinal, au

droit des deux premiers piliers de l'abside, formait un premier

sanctuaire inférieur. Derrière l'autel, on apercevait la châsse de saint

Louis, ouvrage d'argent et de vermeil. Des deux côtés, deux rampes

étroites montaient au sanctuaire supérieur. Quatre colonnes d'argent

portant les anges céroféraires accompagnaient ces rampes et servaient à

suspendre, au moyen de tringles, les voiles de l'autel matutinal. Le

sanctuaire supérieur était clos par des grilles de fer forgé, dont il

reste des débris admirables. Au fond de l'abside, les châsses de saint

Denis et de ses deux compagnons étaient placées sous un édicule d'un

travail précieux, accompagné d'un grand autel antérieur (voy. AUTEL,

fig. 6). Entre les stalles et l'autel de la Trinité, saint Louis avait

fait placer un grand nombre de tombes des princes ses prédécesseurs, en

respectant probablement les anciennes places occupées par leurs restes.

Le tombeau de Dagobert, monument d'une grande importance, également

refait du temps de saint Louis, était placé à côté de l'autel matutinal

(côté de l'épître). En face, plus tard, furent disposées les tombes de

Philippe V, de la reine Jeanne d'Évreux, de Charles le Bel son époux, de

Jeanne de Bourgogne, de Philippe de Valois et du roi Jean. Le magnifique

monument de Charles VIII, en bronze doré et émaillé, se trouvait, du

même côté, en avant de la clôture de l'autel matutinal (voy. TOMBEAU).

Toutes les églises abbatiales ne pouvaient réunir dans leurs choeurs une

aussi grande quantité de monuments précieux comme art et comme matière;

cependant elles rivalisaient de zèle et de soins pour décorer les

clôtures religieuses. Le choeur de l'abbaye de Cluny était magnifique,

le nombre des stalles considérable, le luminaire splendide. Le

sanctuaire était entouré de grilles et de tombeaux qui formaient

clôture. Cet usage d'employer les tombeaux en guise de clôture pour les

sanctuaires se retrouve également dans beaucoup d'autres églises

abbatiales et cathédrales, à Saint-Germain-des-Prés, à l'abbaye d'Eu,

dans les cathédrales de Rouen, d'Amiens, de Limoges, de Narbonne. Les

tombes des princes, des évêques, protègent les sanctuaires (voy.

CLÔTURE, TOMBEAU).

Les choeurs des églises paroissiales reproduisaient, sur de petites

dimensions, les dispositions adoptées dans les cathédrales. Cependant,

comme les églises paroissiales étaient, avant tout, faites pour les

fidèles, les choeurs ne furent guère entourés que de clôtures à jour en

fer ou en pierre, et les jubés laissaient voir l'autel sous des arcs

portés par de fins piliers. Il ne paraît pas, d'ailleurs, que des jubés

aient été très-anciennement élevés à l'entrée des choeurs des églises

paroissiales, tandis qu'à la fin du XVe siècle et au commencement du

XVIe, au contraire, on établit des jubés devant les choeurs de ces

églises (voy. JUBÉ). Nous ne devons pas omettre de signaler à nos

lecteurs les choeurs des églises qui étaient dépourvues de bas-côtés,

comme, par exemple, la cathédrale d'Alby. Dans ce cas, le choeur formait

une église dans l'église, avec un espace laissé entre cette clôture et

les chapelles rayonnantes; cette disposition est rare en France, et ne

se rencontrait que dans quelques églises du Midi.

Presque toutes les églises françaises, et particulièrement les grandes

églises abbatiales et cathédrales, présentent une déviation plus ou

moins prononcée dans leur axe, à la réunion du choeur avec les

transsepts, soit vers le nord, soit vers le sud. On a cherché

naturellement à donner l'explication de cette singularité. L'auteur du

moyen âge qui pouvait le mieux en donner la raison, Guillaume Durand,

qui applique à chaque partie de l'église une signification symbolique,

n'en dit mot. Les archéologues modernes ont voulu voir, dans cette

inclinaison donnée à l'axe des choeurs des églises, soit une

représentation mystique de l'inclinaison de la tête du Christ sur la

croix, soit une orientation particulière de l'abside vers le levant et

de la façade vers le couchant. Nous ne discuterons pas ces deux

opinions, qui ne sont basées sur aucun texte et qui sont plus

ingénieuses que vraisemblables; car, dans l'une ou l'autre hypothèse,

l'inclinaison serait toujours dirigée du même côté, ce qui n'est point,

et les écrivains du moyen âge qui ont parlé longuement de la

construction des églises en auraient dit un mot.

Nous hasarderons aussi notre opinion personnelle, sans toutefois

prétendre la donner comme résolvant la question; nous dirons tout

d'abord qu'elle n'est basée que sur une observation pratique et purement

matérielle. Les églises qui présentent cette déviation dans leur axe

sont toutes bâties à la fin du XIIe siècle ou au commencement du XIIIe;

on les construisait partiellement sur l'emplacement d'églises déjà

existantes; c'est-à-dire qu'en conservant la nef pour ne pas interrompre

les offices, on bâtissait le choeur, ou, ce qui était plus rare,

conservant le choeur ancien, on rebâtissait d'abord la nef, ainsi que

cela eut lieu pour la cathédrale d'Amiens. Il arrivait souvent qu'en

reconstruisant le choeur on élevait en même temps la façade occidentale,

afin de donner aux fidèles, le plus promptement possible, une idée de la

grandeur du monument et d'encourager leurs efforts; ou bien, par des

raisons d'économie faciles à comprendre, on comptait se servir des

fondations anciennes lorsque, l'abside achevée, on rebâtirait la nef.

Ces deux opérations successives, ce raccordement ne laissaient pas de

présenter des difficultés de plantation assez grandes, surtout à une

époque où l'on ne possédait pas d'instruments de précision appropriés à

la plantation des édifices, où l'on ne pouvait se servir que de cordeaux

et de jalons; alors même l'instrument très-imparfait, connu sous le nom

d'équerre d'arpenteur, n'était pas en usage. Il ne faut pas oublier

d'ailleurs que les cathédrales, aussi bien que les églises

conventuelles, étaient, à cette époque, entourées d'une quantité de

bâtiments accessoires, cloîtres, trésors, sacristies, librairies,

logements, que les évêques ainsi que les moines conservaient debout

aussi longtemps que cela était possible, puisque ces bâtiments servaient

journellement. Le maître de l'oeuvre, en plantant un choeur avec l'idée

de le raccorder plus tard à une nef existante ou à reconstruire sur

d'anciennes fondations, ne pouvait se mettre en communication immédiate

avec cette seconde partie. Il devait fermer hermétiquement la portion

conservée de l'édifice, et planter son abside au moyen de lignes

d'emprunt qu'il lui fallait prendre au milieu d'une masse compacte de

bâtiments. Or aujourd'hui, avec l'aide de nos instruments si parfaits,

cette opération présente d'assez sérieuses difficultés, ne réussit pas

toujours, et on constate des erreurs lorsqu'on en vient au raccordement.

Le raccordement exact de l'axe ancien avec l'axe nouveau est _un_,

tandis que la chance d'erreurs est infinie. Nous sommes donc disposés à

penser que ces déviations des choeurs de nos églises proviennent

d'erreurs, inévitables alors, dans la plantation de monuments construits

à deux reprises. Si l'on pouvait nous fournir deux exemples seulement

d'églises bâties d'un seul jet et dans lesquelles les choeurs seraient

inclinés du même côté, nous serions disposés à admettre une raison

symbolique; jusqu'alors nous regarderons l'opinion que nous venons

d'émettre comme étant la plus probable.

On nous objectera peut-être que, lorsque les maîtres des oeuvres en

venaient à la reconstruction de la nef après avoir achevé celle du

choeur, il leur était facile de réparer leur erreur, et de prolonger

l'axe du sanctuaire pour en faire l'axe de la nef nouvelle. Certainement

cela leur eût été facile, s'ils n'eussent dû soit conserver de vieilles

fondations, soit se raccorder avec une façade déjà élevée de quelques

mètres, soit enfin, admettant qu'ils n'eussent ni fondations anciennes à

conserver, ni façade à respecter, se tenir entre des lignes de bâtiments

presque toujours accolés aux murs de l'église, tels que cloîtres, salles

capitulaires, logis, que l'on voulait conserver parce qu'on ne pouvait

s'en passer, même temporairement. Ces constructions que nous admirons

gênaient fort les chanoines ou les moines, et il fallait la ferme

volonté des abbés, au XIIe siècle, et des évêques, au XIIIe, et leur

souveraine puissance, pour vaincre des opositions nombreuses dont nous

retrouvons les traces même encore aujourd'hui. Or tous ceux qui sont

appelés à diriger des constructions savent quelles sont les difficultés

incessantes que soulèvent ces oppositions de chaque jour, quelles que

soient la fermeté et la volonté du maître. Il n'est pas surprenant que

les architectes des XIIe et XIIIe siècles n'aient pas eu leurs coudées

franches et aient été conduits souvent, par des motifs bien misérables,

à des erreurs ou des irrégularités qui nous paraissent inexplicables

aujourd'hui.

[Illustration: Fig. 1.]

[Illustration: Fig. 2.]

[Note 176: _Rational_, lib. I, cap. 1.]

[Note 177: «Sacerdos et Levita ante altare communicent, in

choro Clerus, extra chorum populus.» _Concil. Toletan._ IV,

cap. XVIII.]

[Note 178: _Rational_, lib. I, cap. III.]

[Note 179: Donc il n'y avait pas de dossiers fixes.]

[Note 180: Lib VI, cap. LXXXX.]

[Note 181: Donc il n'en existait pas à demeure.]

[Note 182: Voy. le _Dictionnaire du Mobilier_, au mot HERSE.]

[Note 183: Poutre posée en travers du choeur, supportant des

flambeaux. Voy. TRABES.]

[Note 184: «Le long de la clôture du choeur de Notre-Dame de

Paris allant vers l'orient,» dit Du Breul, «on voit la figure

d'un homme d'église, orné d'une dalmatique, à côté duquel ce

qui suit est gravé: «Maistre Pierre de Fayel, _chanoine_ de

Paris, a donné deux cents livres pour ayder à faire ces

histoires (qui décorent la clôture), et pour les nouvelles

verrières qui sont sur le choeur de ceans.» Le don du digne

chanoine indique assez que les chapitres tenaient à être bien

clos.]

[Note 185: Voyez AUTEL.]

[Note 186: _Histoire de l'abbaye de Saint-Denys en France_,

par D. Doublet. 1625.]

[Note 187: Il faut observer toutefois que le jubé avait dû

être rebâti sous le règne de saint Louis, avec la nef, la

croisée et une partie du sanctuaire. Il faut donc supposer

que ces images dont parle D. Doublet auraient été reposées

sur le jubé du XIIIe siècle. Le fait n'a rien d'ailleurs de

contraire aux habitudes de cette époque, souvent les

constructeurs du XIIIe siècle replacèrent dans leurs

monuments des bas-reliefs d'une époque antérieure.]

Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle - Tome 3 - (C suite) · 第 20 / 40 段