la fig. 11); c'était en effet la seule entrée du château
Gaillard.]
[Note 50: Cette chaussée est encore visible aujourd'hui.]
[Note 51: La fig. 14 représente à vol d'oiseau le château
Gaillard au moment où, les approches étant à peu près
terminées, les assiégeants se disposent à aller combler le
fossé. On voit en A l'estacade rompue par les gens de
Philippe-Auguste pour pouvoir faire passer les bateaux qui
devaient attaquer l'île B; en C le Petit-Andely, en E l'étang
entre le petit et le grand Andely; D les tours de la ligne de
circonvallation et de contrevallation tracée par
Philippe-Auguste, afin de rendre l'investissement du château
Gaillard complet; F le val où moururent de faim et de misère
la plupart des malheureux qui s'étaient réfugiés dans le
château et que la garnison renvoya pour ne pas épuiser ses
vivres. On voit aussi, à l'extrémité de la chaussée faite par
l'armée assiégeante, pour arriver par une pente au fossé de
l'ouvrage avancé, deux grandes pierrières qui battent la tour
saillante contre laquelle toute l'attaque est dirigée; puis,
en arrière, un beffroi mobile que l'on fait avancer pour
battre tous les couronnements de cet ouvrage avancé et
empêcher les assiégés de s'y maintenir.]
[Note 52: Il s'agit ici, comme on le voit, de tout l'ouvrage
avancé dont les deux murailles, formant un angle aigu au
point de leur réunion avec la tour principale A, vont en
déclinant suivant la pente du terrain. La description de
Guillaume est donc parfaitement exacte.]
[Note 53: La fidélité scrupuleuse de la narration de
Guillaume ressort pleinement lorsqu'on examine le point qu'il
décrit ici. En effet, le fossé est creusé dans le roc, à fond
de cuve; il a dix mètres de large environ sur sept à huit
mètres de profondeur. On comprend très-bien que les soldats
de Philippe-Auguste, ayant jeté quelques fascines et des
paniers de terre dans le fossé, impatients, aient posé des
échelles le long de la contrescarpe et aient voulu se servir
de ces échelles pour escalader l'escarpe, espérant ainsi
atteindre la base de la tour; mais il est évident que le
fossé devait être comblé en partie du côté de la
contrescarpe, tandis qu'il ne l'était pas encore du côté de
l'escarpe, puisqu'il est taillé à fond de cuve; dès lors les
échelles qui étaient assez longues pour descendre ne
l'étaient pas assez pour remonter de l'autre côté. L'épisode
des trous creusés à l'aide de poignards sur les flancs de la
contrescarpe n'a rien qui doive surprendre, le rocher étant
une craie mêlée de silex. Une saillie de soixante centimètres
environ qui existe entre le sommet de la contrescarpe et la
base de la tour a pu permettre à de hardis mineurs de
s'attacher aux flancs de l'ouvrage. Encore aujourd'hui, le
texte de Guillaume à la main, on suit pas à pas toutes ces
opérations de l'attaque, et pour un peu on retrouverait
encore les trous percés dans la craie par ces braves
pionniers lorsqu'ils reconnurent que leurs échelles étaient
trop courtes pour atteindre le sommet de l'escarpe.]
[Note 54: C'est le bâtiment H tracé sur notre plan, fig. 11.]
[Note 55: C'étaient les latrines; dans son histoire en prose,
l'auteur s'exprime ainsi: «Quod quidem religioni contrarium
videbatur.» Les latrines étaient donc placées sous la
chapelle, et leur établissement, du côté de l'escarpement,
n'avait pas été suffisamment garanti contre une escalade,
comme on va le voir. Les latrines jouent un rôle important
dans les attaques des châteaux par surprise; aussi on verra
comme, pendant les XIIIe et XIVe siècles, elles furent
l'objet d'une étude toute spéciale.]
[Note 56: C'est le pont marqué sur notre plan et communiquant
de l'ouvrage avancé à la basse-cour E.]
[Note 57: C'est le pont L (fig. 14).]
[Note 58: Un _chat_ (voy. ARCHITECTURE MILITAIRE).
«Un chat fait sur le pont atraire.»
(Guill. Guiart, vers 4340.)]
[Note 59: Richard avait eu le tort de ne pas ménager des
embrasures à rez-de-chaussée pour enfiler ce pont, et le chat
garantissant les mineurs français contre les projectiles
lancés du sommet de la muraille, les assiégés sont obligés de
créneler la muraille au niveau du sol de la cour.]
[Note 60: Le château Gaillard fut réparé par Philippe-Auguste
après qu'il s'en fut emparé, et il est à croire qu'il
améliora même certaines parties de la défense. Il supprima,
ainsi qu'on peut encore aujourd'hui s'en assurer, le massif
de rocher réservé au milieu du fossé de la dernière enceinte
elliptique, et supportant le pont, ce massif ayant contribué
à la prise de la porte de cette enceinte. Le château Gaillard
fut assiégé une seconde fois au XVe siècle, et repris par le
roi Charles VII aux Anglais, ainsi que le raconte Alain
Chartier dans son histoire de ce prince. «Ce mois de
septembre (1449), le seneschal de Poictou, et Monseigneur de
Cullant, mareschal de France, messire Pierre de Brezé,
messire Denys de Chailly, et plusieurs autres, le roy
présent, firent mettre le siége devant Chasteau Gaillard, où
eut à l'arrivée de grans vaillances faictes, et de belles
armes. Le siége y fut longuement. _Car c'est un des plus
forts chateaulz de Normandie_, assis sur tout le hault d'un
rocq ioignant de la rivière de Seine; en telle manière que
nuls engins ne le pouvoient grever. Le roy s'en retourna au
soir au giste à Louviers, et de jour en jour, tant qu'il y
fut, alloit veoir et fortifier ledit siége, auquel l'en fit
_plusieurs bastilles_. Et après la fortification s'en
retournèrent lesdits seigneurs françois, fors seulement
lesdits de Brezé et de Chailly, qui là demourèrent
accompaignez de plusieurs francs-archers pour la garde
d'icelles bastilles. Ils se y gouvernèrent tous grandement et
sagement; et tant que au bout de cinq sepmaines, lesdits
Anglois se rendirent, et mirent ledit Chasteau Gaillard en
l'obéissance du roy...» Il est évident que ce siége n'est
qu'un blocus et que les Anglais n'eurent pas à soutenir
d'assauts; le manque de vivres les décida probablement à
capituler, car ils sortirent leurs corps et biens saufs; la
garnison se composait de deux cent vingt combattants. Même à
cette époque encore, où l'artillerie à feu était en usage, le
château Gaillard était une place très-forte.]
[Note 61: Ce château n'existe plus; le plan des élévations et
détails, d'un grand intérêt, sont donnés par Ducerceau dans
ses _Maisons royales de France_.]
[Note 62: Notes insérées dans le _Bulletin monum._ Vol. IX,
p. 246 et suiv.]
[Note 63: Voy. _les Notes sur quelques châteaux de l'Alsace_,
par M. Al. Ramé. Paris, 1855.]
[Note 64: _Some account of Domest. Archit. in Eng. from the
conq. to the end of the thirteenth century_. Ch. III.]
[Note 65: Il est entendu que nous ne parlons pas ici des
reconstructions entreprises et terminées à la fin du XIVe
siècle.]
[Note 66: Voyez, pour l'assiette du château de Coucy, à
l'article ARCHITECTURE MILITAIRE, fig. 20.]
[Note 67: Cette porte pouvait aussi être défendue, mais
beaucoup plus faiblement, contre la baille, dans le cas où
celle-ci eût été prise avant la ville.]
[Note 68: Depuis peu, M. le ministre d'État et de la maison
de l'Empereur a donné des ordres pour que ces restes puissent
être conservés et pour que des fouilles soient entreprises.
Ces travaux, commencés sous la surveillance de la Commission
des monuments historiques, sauveront d'une ruine totale le
château de Coucy, et permettront de retrouver des
dispositions anciennes d'un grand intérêt pour l'histoire de
l'art de la fortification au moyen âge.]
[Note 69: Les peintures, en grand nombre, que l'on trouve
encore dans les intérieurs des tours du château de Coucy,
sont d'un grand intérêt, et nous aurons occasion d'en parler
dans l'article PEINTURE.]
[Note 70: Nous espérons bientôt reconnaître et dégager
l'ensemble des souterrains de Coucy et pouvoir dire le
dernier mot sur cette partie si peu connue de l'art de la
fortification au XIIIe siècle.]
[Note 71: Cette vue est faite au moyen des ruines existantes
et de la vue donnée par Ducerceau dans ses _plus excellents
bâtiments de France_. Nous avons figuré, au sommet du donjon
et de la tour de droite, une portion de hourds posés.]
[Note 72: Cette vue de l'intérieur de la cour du château de
Coucy est supposée prise à côté de la chapelle regardant
l'entrée. À droite, on voit se dresser le donjon avec sa
poterne et son pont à bascule; au troisième plan est la porte
principale et la chemise; au premier plan, la chapelle et le
commencement du degré montant au chemin de ronde de la
chemise.]
[Note 73: _Instit. de saint Louis_, le comte Beugnot.]
[Note 74: Guill. de Nangis.]
[Note 75: _Instit. de saint Louis_, le comte Beugnot.]
[Note 76: _Les Olim_ (Ordonnances, t. I, p. 411).]
[Note 77: _Ibid._, note 35.]
[Note 78: _Le Roman de la Rose_, vers 3813.]
[Note 79: Guillaume de Lorris double ici les dimensions en
longueur et largeur; mais il faut bien permettre
l'exagération aux poëtes.]
[Note 80: En effet, devant la porte principale, vers la
Seine, était un petit ouvrage avancé propre à contenir un
poste.]
[Note 81: Ces quatre portes étaient une exception;
généralement les châteaux ne possédaient, à cette époque,
qu'une ou deux portes au plus, avec quelques poternes. Mais
le Louvre était un château de plaine à proximité d'une grande
ville, et la multiplicité des portes était motivée par les
défenses extérieures qui étaient fort importantes et par la
nécessité où se trouvait le souverain de pouvoir recevoir
dans son château un grand concours de monde. Nous voyons
cette disposition de quatre portes conservée, au XIVe siècle,
à Vincennes et au château de la Bastille, qui n'était
cependant qu'un fort comparativement peu important comme
étendue. Les quatre portes étaient surtout motivées, nous le
croyons, par le besoin qui avait fait élever ces forteresses
plantées autour de la ville de Paris pour maintenir la
population dans le respect. Il ne s'agissait pas ici de se
renfermer et de se défendre comme un seigneur au milieu de
son domaine; mais encore, dans un cas pressant, de détacher
une partie de la garnison sur un point de la ville en
insurrection, et, par conséquent, de ne pas se laisser
bloquer par une troupe d'insurgés qui se seraient barricadés
devant l'unique porte. Bien en prit, longtemps après, à Henri
III, d'avoir plusieurs portes à son Louvre.]
[Note 82: Il est évident qu'il s'agit ici de herses (portes
coulans).]
[Note 83: Les maîtres de l'oeuvre élèvent une tour avec une
grande habileté au milieu de l'enceinte; il est question ici
du donjon du Louvre, qui, contrairement aux habitudes des
XIIe et XIIIe siècles, se trouvait exactement au milieu de
l'enceinte carrée. Mais n'oublions pas que le donjon du
Louvre était une tour exceptionnelle, un trésor autant qu'une
défense. D'ailleurs les quatre portes expliquent parfaitement
la situation de ce donjon, qui les masquait et les enfilait
toutes les quatre.]
[Note 84: Il y a encore ici exagération de la part de
Guillaume de Lorris; le donjon du Louvre n'avait que vingt
mètres de diamètre environ sur trente mètres de haut; le
donjon de Coucy est bien autrement important, son diamètre
étant de trente-un mètres et sa hauteur de soixante-cinq
environ; cependant le donjon de Coucy devait être élevé
lorsque notre poëte écrivait son roman. Il est certain que ce
donjon ne fut bâti qu'après celui de Philippe-Auguste.
L'orgueilleux châtelain de Coucy, faisant dresser à la hâte
les murs de son château, dans l'espoir de mettre la couronne
de France sur sa tête, voulut-il faire plus et mieux que le
suzerain auquel il prétendait succéder?]
[Note 85: Pensait-on, du temps de Guillaume de Lorris, que la
chaux éteinte avec du vinaigre fit de meilleur mortier? et
cette méthode était-elle employée?]
[Note 86: Ce passage mérite la plus sérieuse attention; il ne
s'agit plus ici du donjon, mais de l'ensemble du château. Les
courtines du Louvre de Philippe-Auguste n'étaient point
doublées de bâtiments à l'intérieur, et le château du Louvre
se composait seulement encore, comme les châteaux des XIe et
XIIe siècles, d'une enceinte flanquée de tours avec un donjon
au centre. Le seigneur habitait le donjon et la garnison les
tours. On comprend comment alors on pouvait voir par-dessus
les crénelages des courtines la partie supérieure des
pierrières et mangonneaux établis sur l'aire de la cour. Il
n'était pas possible de songer à placer ces énormes engins
sur les chemins de ronde des courtines, encore moins sur les
tours. Guillaume de Lorris dit bien «dedens le chastel,»
c'est-à-dire en dedans des murs; et les descriptions de
Guillaume de Lorris sont toujours précises. S'il y eût eu des
bâtiments adossés aux courtines, ces bâtiments auraient été
couverts par des combles, et on n'aurait pu voir le sommet
des engins par-dessus les créneaux. Ce passage du poëte
explique un fait qui paraît étrange lorsqu'on examine les
fortifications de la première moitié du XIIIe siècle, et
particulièrement celles des châteaux. Presque toutes les
forteresses féodales de cette époque qui n'ont point été
modifiées pendant les XIVe et XVe siècles présentent une
suite de tours très-élevées et de courtines relativement
basses; c'est qu'en effet, alors, les tours étaient des
postes, des fortins protégeant une enceinte, qui avaient
assez de relief pour garantir les grandes machines de jet,
mais qui n'étaient pas assez élevées pour que ces machines ne
pussent jeter des pierres sur les assaillants par-dessus les
crénelages. Lorsque Simon de Montfort assiége Toulouse, il
s'empare du château extérieur, qui passait, à tort ou à
raison, pour être un ouvrage romain, mais dont les murs
étaient fort élevés. Pressé par le temps, plutôt que de
déraser les murs entre les tours, pour permettre
l'établissement de grands engins, il fait faire des
terrassements à l'intérieur. Ainsi, le système défensif des
châteaux antérieurs à la seconde moitié du XIIIe siècle
consiste en des tours d'un commandement considérable, réunies
par des courtines peu élevées, libres à l'intérieur, afin de
permettre l'établissement de puissantes machines de jet
posées sur le sol. Ceci explique comment il se fait que, dans
la plupart de ces châteaux, on ne voit pas trace de bâtiments
d'habitation adossés à ces courtines. Au Château-Gaillard des
Andelys, il n'y a que deux logis adossés aux courtines, l'un
dans l'enceinte extérieure, l'autre dans l'enceinte
intérieure; mais ces logis sont élevés du côté de
l'escarpement à pic, qui ne pouvait permettre à l'assiégeant
de s'établir en face des remparts. Nous verrons bientôt
comment et pourquoi ce système fut complétement modifié au
XVe siècle.]
[Note 87: Les chemins de ronde supérieurs des donjons se
trouvaient munis d'armes de jet à demeure, outre les armes
transportables apportées par chaque soldat au moment de la
défense.]
[Note 88: En dehors de la porte du sud (porte principale)
donnant sur la Seine, une première défense, assez basse,
flanquée de tours, avait été bâtie à cinquante mètres environ
de l'entrée du Louvre; cette première défense était double
avec une porte à chaque bout. C'était comme un petit camp
entouré de murailles formant, en avant de la façade sud du
Louvre, ce qu'on appelait alors une lice. Ces ouvrages
avaient une grande importance, car ils laissaient à la
garnison d'un château, si elle parvenait à les conserver,
toute sa liberté d'action; elle facilitait les sorties et
remplissait l'office des barbacanes des grandes places fortes
(voy. ce mot). Comme le dit Guillaume de Lorris, ces ouvrages
bas, plantés en dehors des fossés, empêchaient la troupe
ennemie de venir d'emblée jusqu'au bord du fossé, sans
trouver de résistance. À une époque où les armes de jet
n'avaient pas une portée très-longue, il était fort important
d'entourer les châteaux d'ouvrages extérieurs
très-considérables; car, autrement, la nuit et par surprise,
une troupe aurait pu combler le fossé en peu d'instants et
écheller les murailles. Ce fait se présente fréquemment dans
l'histoire de nos guerres en France, lorsqu'il s'agit de
châteaux de peu de valeur ou qui n'avaient pas une garnison
assez nombreuse pour garnir les dehors.]
[Note 89: Du côté de Saint-Germain-l'Auxerrois.]
[Note 90: Ce passage est fort curieux; il nous donne une idée
de la disposition des postes dans les châteaux. Chaque porte
composait une défense qui pouvait s'isoler du reste de la
forteresse, véritable châtelet muni de ses tours, de ses
salles, cuisines, fours, puits, caves, moulins même; le
seigneur en confiait la garde à un capitaine ayant un certain
nombre d'hommes d'armes sous ses ordres. Il en était de même
pour la garde des tours de quelque importance. Ces postes,
habituellement, n'étaient pas relevés comme de nos jours; la
garnison d'un château n'était dès lors que la réunion de
plusieurs petites garnisons, comme l'ensemble des défenses
n'était qu'une réunion de petits forts pouvant au besoin se
défendre séparément. Les conséquences du morcellement féodal
se faisaient ainsi sentir jusque dans l'enceinte des
châteaux. De là ces fréquentes trahisons d'une part, ou ces
défenses désespérées de l'autre, de postes qui résistent
encore lorsque tous les autres ouvrages d'une forteresse sont
tombés. De là aussi l'importance des donjons qui peuvent
protéger le seigneur contre ces petites garnisons séparées
qui l'entourent. Nous trouvons encore, dans ce passage de la
description du Louvre, la confirmation de ce que nous disions
tout à l'heure au sujet de la disposition des courtines et
des tours. Les tours étant des ouvrages isolés reliés
seulement par des courtines basses qu'elles commandaient, les
rondes étaient difficiles, ou du moins ne pouvaient se faire
qu'à un étage; les communications entre ces postes séparés
étaient lentes; cela était une conséquence du système
défensif de cette époque, basé sur une défiance continuelle.
Ainsi, à une attaque générale, à un siége en règle, on
opposait 1º les courtines basses munies par-derrière d'engins
envoyant des projectiles par-dessus les remparts; 2º les
crénelages de ces courtines garnis d'archers et
d'arbalétriers; 3º les tours qui commandaient la campagne au
loin et les courtines si elles étaient prises par escalade.
Pour se garantir contre les surprises de nuit, pour empêcher
qu'une trahison partielle pût faire tomber l'ensemble des
défenses entre les mains de l'ennemi, on renfermait, chaque
soir, les postes dans leurs tours séparées, et on évitait
qu'ils pussent communiquer entre eux. Des guetteurs placés
aux créneaux supérieurs des tours par les postes qu'elles
abritaient, des sentinelles sur les chemins de ronde posées
par le connétable et qui ne dépendaient pas des postes
enfermés dans les tours, exerçaient une surveillance double,
contrôlée pour ainsi dire. Ce ne sont pas là des conjectures
basées sur un seul texte, celui d'un poëte; Sauval, qui a pu
consulter un grand nombre de pièces perdues aujourd'hui,
entre autres les registres des oeuvres royaux de la chambre
des comptes, et qui donne sur le Louvre des détails d'un
grand intérêt, dit (p. 14, liv, VII.): «Une bonne partie des
tours, chacune, avoit à part son capitaine ou concierge, plus
ou moins qualifié, selon que la tour étoit grosse, ou
détachée du Louvre. Le comte de Nevers fut nommé, en 1411,
concierge de celle de Windal, le 20 septembre. Sous Charles
VI, les capitaines de celles du Bois, de l'Écluse et de la
Grosse tour furent cassés plusieurs fois.» Le commandement
d'une tour n'était donc pas une fonction transitoire, mais un
poste fixe, une charge donnée par le seigneur.]
[Note 91: Du côté de la Seine.]
[Note 92: Du côté de la rue du Coq. Peur a la charge de grand
connestable; la porte qui lui est confiée restant toujours
fermée. Il semblerait que, du temps de Guillaume de Lorris,
la porte du nord demeurait le plus souvent fermée, à cause du
vent de bise. Cette porte n'était d'ailleurs qu'une poterne
percée à la base d'une grosse tour servant probablement de
logement à la connétablie du Louvre. La garde de cette
poterne étant facile, puisqu'elle était fort étroite et
habituellement fermée, pouvait être confiée au connétable,
dont les fonctions consistaient à surveiller tous les postes,
à donner les ordres généraux et à se faire remettre chaque
soir les clefs des différentes portes.]
[Note 93: Ceci est une épigramme à l'adresse des Normands.]
[Note 94: Du côté des Tuileries.]
[Note 95: Pour médire, répandre de mauvais bruits.]
[Note 96: Chaque chef de poste faisait donc le guet à tour de
rôle.]
[Note 97: La garnison du donjon, composée des plus fidèles,
et en grand nombre.]
[Note 98: Le _Roman du Renart_, vers 18463 et suiv.]
[Note 99: Renart fuit et se réfugie dans son château qu'il
fait réparer.]
[Note 100: Il était rare que l'on entrât à cheval dans le
château même, les écuries étant généralement bâties dans la
basse-cour comprise dans une première enceinte; on laissait
les montures devant le pont du château.]
[Note 101: Renart engage les ouvriers à terminer promptement
leur travail.]
[Note 102: Il fait faire un pont à bascule (voy. PONT).]
[Note 103: Il est encore question ici d'engins fixes dressés
sur les chemins de ronde des tours.]
[Note 104: Il fait élever une guette sur chaque tour pour
guetter les dehors.]
[Note 105: Il fait faire des hourds en dehors des murs (voy.
HOURD).]
[Note 106: Des ouvrages avancés en bois pour défendre les
dehors.]
[Note 107: En temps de guerre, on faisait faire, en dehors
des châteaux, de grandes barbacanes de bois, que l'on
garnissait de gens d'armes appelés par le seigneur. Celui-ci
n'aimait guère à introduire, dans l'enceinte même du château,
des soudoyers, les hommes qui lui devaient un service
temporaire, et de la fidélité desquels il ne pouvait être
parfaitement assuré.]
[Note 108: Ce dernier trait peint les moeurs du seigneur
féodal. Personne du dehors ne connaît ses desseins.]
[Note 109: _Extraits de Dolopathos_ d'Herbers, p. 282.]
[Note 110: Presque tous les châteaux n'ont qu'une entrée,
ainsi que nous l'avons dit plus haut à propos du Louvre. Dans
_Li Romans de Parise la Duchesse_, nous trouvons ces vers:
«An la porte devant a fet .i. pont lever.
. . .
N'i ot que .i. antrée, bien la firent garder.»
Et dans la seconde branche du roman d'Auberi le Bourguignon
(voy. la chanson de Roland, XIIe siècle, pub. par Francisque
Michel, 1837, p. XL):
«Fu li chastiax et la tors environ;
Bien fu assise par grant devision (réflexion, prévoyance)
De nulle part habiter (entrer) n'i puet-on
Fors d'_une part_, si comme nous cuidonz;
Là est l'antrée et par là i va-on.
Pont torneiz (à bascule) et barre à quareillon (à serrure)
Selve (forêt) i ot vielle dès le tans Salemon;
Bien fu garnie de riche venoison.
Las (proche) la rivière sont créu li frès jon
Et l'erbe drue que coillent li garson.
Li marois sont entor et environ
Et li fossé qui forment (entourent) sont parfont;
«Li mur de maubre, de chaus et de sablon,
Et les tornelles où mainnent li baron.
Et li vivier où furent li poisson.
Si fort chastel ne vît onques nus hom;
Là dedens ot sa sale et son donjon
Et sa chapelle por devant sa maison.
...]
[Note 111: La défense de la porte est toujours considérée
comme devant être très-forte.]
[Note 112: Les ponts-levis étaient assez rares au XIIIe
siècle; du moins ils ne tenaient pas encore aux ouvrages
mêmes des portes, mais ils étaient posés en avant, à l'entrée
ou au milieu des ponts, et se composaient d'un grand châssis
mobile posé sur deux piles ou deux poteaux, roulant sur un
axe et relevant un tablier au moyen de deux chaînes de
suspension (voy. ARCHITECTURE MILITAIRE, _PONT_).]
[Note 113: Une chaussée conduisait à l'entrée, qui était fort
étroite. Deux hommes n'y pouvaient passer de front.]
[Note 114: On faisait une distinction entre les _bailles_ et
les _lices_, les premières étaient, comme nous l'avons vu au
château d'Arques, une encloserie extérieure, une basse-cour,
comme encore au château de Coucy; les lices étaient les
espaces laissés entre deux enceintes à peu près parallèles,
entre les murs du château et les palissades extérieures.]