[Note 49: C'est le sentier qui aboutit à la poterne S (voy.

la fig. 11); c'était en effet la seule entrée du château

Gaillard.]

[Note 50: Cette chaussée est encore visible aujourd'hui.]

[Note 51: La fig. 14 représente à vol d'oiseau le château

Gaillard au moment où, les approches étant à peu près

terminées, les assiégeants se disposent à aller combler le

fossé. On voit en A l'estacade rompue par les gens de

Philippe-Auguste pour pouvoir faire passer les bateaux qui

devaient attaquer l'île B; en C le Petit-Andely, en E l'étang

entre le petit et le grand Andely; D les tours de la ligne de

circonvallation et de contrevallation tracée par

Philippe-Auguste, afin de rendre l'investissement du château

Gaillard complet; F le val où moururent de faim et de misère

la plupart des malheureux qui s'étaient réfugiés dans le

château et que la garnison renvoya pour ne pas épuiser ses

vivres. On voit aussi, à l'extrémité de la chaussée faite par

l'armée assiégeante, pour arriver par une pente au fossé de

l'ouvrage avancé, deux grandes pierrières qui battent la tour

saillante contre laquelle toute l'attaque est dirigée; puis,

en arrière, un beffroi mobile que l'on fait avancer pour

battre tous les couronnements de cet ouvrage avancé et

empêcher les assiégés de s'y maintenir.]

[Note 52: Il s'agit ici, comme on le voit, de tout l'ouvrage

avancé dont les deux murailles, formant un angle aigu au

point de leur réunion avec la tour principale A, vont en

déclinant suivant la pente du terrain. La description de

Guillaume est donc parfaitement exacte.]

[Note 53: La fidélité scrupuleuse de la narration de

Guillaume ressort pleinement lorsqu'on examine le point qu'il

décrit ici. En effet, le fossé est creusé dans le roc, à fond

de cuve; il a dix mètres de large environ sur sept à huit

mètres de profondeur. On comprend très-bien que les soldats

de Philippe-Auguste, ayant jeté quelques fascines et des

paniers de terre dans le fossé, impatients, aient posé des

échelles le long de la contrescarpe et aient voulu se servir

de ces échelles pour escalader l'escarpe, espérant ainsi

atteindre la base de la tour; mais il est évident que le

fossé devait être comblé en partie du côté de la

contrescarpe, tandis qu'il ne l'était pas encore du côté de

l'escarpe, puisqu'il est taillé à fond de cuve; dès lors les

échelles qui étaient assez longues pour descendre ne

l'étaient pas assez pour remonter de l'autre côté. L'épisode

des trous creusés à l'aide de poignards sur les flancs de la

contrescarpe n'a rien qui doive surprendre, le rocher étant

une craie mêlée de silex. Une saillie de soixante centimètres

environ qui existe entre le sommet de la contrescarpe et la

base de la tour a pu permettre à de hardis mineurs de

s'attacher aux flancs de l'ouvrage. Encore aujourd'hui, le

texte de Guillaume à la main, on suit pas à pas toutes ces

opérations de l'attaque, et pour un peu on retrouverait

encore les trous percés dans la craie par ces braves

pionniers lorsqu'ils reconnurent que leurs échelles étaient

trop courtes pour atteindre le sommet de l'escarpe.]

[Note 54: C'est le bâtiment H tracé sur notre plan, fig. 11.]

[Note 55: C'étaient les latrines; dans son histoire en prose,

l'auteur s'exprime ainsi: «Quod quidem religioni contrarium

videbatur.» Les latrines étaient donc placées sous la

chapelle, et leur établissement, du côté de l'escarpement,

n'avait pas été suffisamment garanti contre une escalade,

comme on va le voir. Les latrines jouent un rôle important

dans les attaques des châteaux par surprise; aussi on verra

comme, pendant les XIIIe et XIVe siècles, elles furent

l'objet d'une étude toute spéciale.]

[Note 56: C'est le pont marqué sur notre plan et communiquant

de l'ouvrage avancé à la basse-cour E.]

[Note 57: C'est le pont L (fig. 14).]

[Note 58: Un _chat_ (voy. ARCHITECTURE MILITAIRE).

«Un chat fait sur le pont atraire.»

(Guill. Guiart, vers 4340.)]

[Note 59: Richard avait eu le tort de ne pas ménager des

embrasures à rez-de-chaussée pour enfiler ce pont, et le chat

garantissant les mineurs français contre les projectiles

lancés du sommet de la muraille, les assiégés sont obligés de

créneler la muraille au niveau du sol de la cour.]

[Note 60: Le château Gaillard fut réparé par Philippe-Auguste

après qu'il s'en fut emparé, et il est à croire qu'il

améliora même certaines parties de la défense. Il supprima,

ainsi qu'on peut encore aujourd'hui s'en assurer, le massif

de rocher réservé au milieu du fossé de la dernière enceinte

elliptique, et supportant le pont, ce massif ayant contribué

à la prise de la porte de cette enceinte. Le château Gaillard

fut assiégé une seconde fois au XVe siècle, et repris par le

roi Charles VII aux Anglais, ainsi que le raconte Alain

Chartier dans son histoire de ce prince. «Ce mois de

septembre (1449), le seneschal de Poictou, et Monseigneur de

Cullant, mareschal de France, messire Pierre de Brezé,

messire Denys de Chailly, et plusieurs autres, le roy

présent, firent mettre le siége devant Chasteau Gaillard, où

eut à l'arrivée de grans vaillances faictes, et de belles

armes. Le siége y fut longuement. _Car c'est un des plus

forts chateaulz de Normandie_, assis sur tout le hault d'un

rocq ioignant de la rivière de Seine; en telle manière que

nuls engins ne le pouvoient grever. Le roy s'en retourna au

soir au giste à Louviers, et de jour en jour, tant qu'il y

fut, alloit veoir et fortifier ledit siége, auquel l'en fit

_plusieurs bastilles_. Et après la fortification s'en

retournèrent lesdits seigneurs françois, fors seulement

lesdits de Brezé et de Chailly, qui là demourèrent

accompaignez de plusieurs francs-archers pour la garde

d'icelles bastilles. Ils se y gouvernèrent tous grandement et

sagement; et tant que au bout de cinq sepmaines, lesdits

Anglois se rendirent, et mirent ledit Chasteau Gaillard en

l'obéissance du roy...» Il est évident que ce siége n'est

qu'un blocus et que les Anglais n'eurent pas à soutenir

d'assauts; le manque de vivres les décida probablement à

capituler, car ils sortirent leurs corps et biens saufs; la

garnison se composait de deux cent vingt combattants. Même à

cette époque encore, où l'artillerie à feu était en usage, le

château Gaillard était une place très-forte.]

[Note 61: Ce château n'existe plus; le plan des élévations et

détails, d'un grand intérêt, sont donnés par Ducerceau dans

ses _Maisons royales de France_.]

[Note 62: Notes insérées dans le _Bulletin monum._ Vol. IX,

p. 246 et suiv.]

[Note 63: Voy. _les Notes sur quelques châteaux de l'Alsace_,

par M. Al. Ramé. Paris, 1855.]

[Note 64: _Some account of Domest. Archit. in Eng. from the

conq. to the end of the thirteenth century_. Ch. III.]

[Note 65: Il est entendu que nous ne parlons pas ici des

reconstructions entreprises et terminées à la fin du XIVe

siècle.]

[Note 66: Voyez, pour l'assiette du château de Coucy, à

l'article ARCHITECTURE MILITAIRE, fig. 20.]

[Note 67: Cette porte pouvait aussi être défendue, mais

beaucoup plus faiblement, contre la baille, dans le cas où

celle-ci eût été prise avant la ville.]

[Note 68: Depuis peu, M. le ministre d'État et de la maison

de l'Empereur a donné des ordres pour que ces restes puissent

être conservés et pour que des fouilles soient entreprises.

Ces travaux, commencés sous la surveillance de la Commission

des monuments historiques, sauveront d'une ruine totale le

château de Coucy, et permettront de retrouver des

dispositions anciennes d'un grand intérêt pour l'histoire de

l'art de la fortification au moyen âge.]

[Note 69: Les peintures, en grand nombre, que l'on trouve

encore dans les intérieurs des tours du château de Coucy,

sont d'un grand intérêt, et nous aurons occasion d'en parler

dans l'article PEINTURE.]

[Note 70: Nous espérons bientôt reconnaître et dégager

l'ensemble des souterrains de Coucy et pouvoir dire le

dernier mot sur cette partie si peu connue de l'art de la

fortification au XIIIe siècle.]

[Note 71: Cette vue est faite au moyen des ruines existantes

et de la vue donnée par Ducerceau dans ses _plus excellents

bâtiments de France_. Nous avons figuré, au sommet du donjon

et de la tour de droite, une portion de hourds posés.]

[Note 72: Cette vue de l'intérieur de la cour du château de

Coucy est supposée prise à côté de la chapelle regardant

l'entrée. À droite, on voit se dresser le donjon avec sa

poterne et son pont à bascule; au troisième plan est la porte

principale et la chemise; au premier plan, la chapelle et le

commencement du degré montant au chemin de ronde de la

chemise.]

[Note 73: _Instit. de saint Louis_, le comte Beugnot.]

[Note 74: Guill. de Nangis.]

[Note 75: _Instit. de saint Louis_, le comte Beugnot.]

[Note 76: _Les Olim_ (Ordonnances, t. I, p. 411).]

[Note 77: _Ibid._, note 35.]

[Note 78: _Le Roman de la Rose_, vers 3813.]

[Note 79: Guillaume de Lorris double ici les dimensions en

longueur et largeur; mais il faut bien permettre

l'exagération aux poëtes.]

[Note 80: En effet, devant la porte principale, vers la

Seine, était un petit ouvrage avancé propre à contenir un

poste.]

[Note 81: Ces quatre portes étaient une exception;

généralement les châteaux ne possédaient, à cette époque,

qu'une ou deux portes au plus, avec quelques poternes. Mais

le Louvre était un château de plaine à proximité d'une grande

ville, et la multiplicité des portes était motivée par les

défenses extérieures qui étaient fort importantes et par la

nécessité où se trouvait le souverain de pouvoir recevoir

dans son château un grand concours de monde. Nous voyons

cette disposition de quatre portes conservée, au XIVe siècle,

à Vincennes et au château de la Bastille, qui n'était

cependant qu'un fort comparativement peu important comme

étendue. Les quatre portes étaient surtout motivées, nous le

croyons, par le besoin qui avait fait élever ces forteresses

plantées autour de la ville de Paris pour maintenir la

population dans le respect. Il ne s'agissait pas ici de se

renfermer et de se défendre comme un seigneur au milieu de

son domaine; mais encore, dans un cas pressant, de détacher

une partie de la garnison sur un point de la ville en

insurrection, et, par conséquent, de ne pas se laisser

bloquer par une troupe d'insurgés qui se seraient barricadés

devant l'unique porte. Bien en prit, longtemps après, à Henri

III, d'avoir plusieurs portes à son Louvre.]

[Note 82: Il est évident qu'il s'agit ici de herses (portes

coulans).]

[Note 83: Les maîtres de l'oeuvre élèvent une tour avec une

grande habileté au milieu de l'enceinte; il est question ici

du donjon du Louvre, qui, contrairement aux habitudes des

XIIe et XIIIe siècles, se trouvait exactement au milieu de

l'enceinte carrée. Mais n'oublions pas que le donjon du

Louvre était une tour exceptionnelle, un trésor autant qu'une

défense. D'ailleurs les quatre portes expliquent parfaitement

la situation de ce donjon, qui les masquait et les enfilait

toutes les quatre.]

[Note 84: Il y a encore ici exagération de la part de

Guillaume de Lorris; le donjon du Louvre n'avait que vingt

mètres de diamètre environ sur trente mètres de haut; le

donjon de Coucy est bien autrement important, son diamètre

étant de trente-un mètres et sa hauteur de soixante-cinq

environ; cependant le donjon de Coucy devait être élevé

lorsque notre poëte écrivait son roman. Il est certain que ce

donjon ne fut bâti qu'après celui de Philippe-Auguste.

L'orgueilleux châtelain de Coucy, faisant dresser à la hâte

les murs de son château, dans l'espoir de mettre la couronne

de France sur sa tête, voulut-il faire plus et mieux que le

suzerain auquel il prétendait succéder?]

[Note 85: Pensait-on, du temps de Guillaume de Lorris, que la

chaux éteinte avec du vinaigre fit de meilleur mortier? et

cette méthode était-elle employée?]

[Note 86: Ce passage mérite la plus sérieuse attention; il ne

s'agit plus ici du donjon, mais de l'ensemble du château. Les

courtines du Louvre de Philippe-Auguste n'étaient point

doublées de bâtiments à l'intérieur, et le château du Louvre

se composait seulement encore, comme les châteaux des XIe et

XIIe siècles, d'une enceinte flanquée de tours avec un donjon

au centre. Le seigneur habitait le donjon et la garnison les

tours. On comprend comment alors on pouvait voir par-dessus

les crénelages des courtines la partie supérieure des

pierrières et mangonneaux établis sur l'aire de la cour. Il

n'était pas possible de songer à placer ces énormes engins

sur les chemins de ronde des courtines, encore moins sur les

tours. Guillaume de Lorris dit bien «dedens le chastel,»

c'est-à-dire en dedans des murs; et les descriptions de

Guillaume de Lorris sont toujours précises. S'il y eût eu des

bâtiments adossés aux courtines, ces bâtiments auraient été

couverts par des combles, et on n'aurait pu voir le sommet

des engins par-dessus les créneaux. Ce passage du poëte

explique un fait qui paraît étrange lorsqu'on examine les

fortifications de la première moitié du XIIIe siècle, et

particulièrement celles des châteaux. Presque toutes les

forteresses féodales de cette époque qui n'ont point été

modifiées pendant les XIVe et XVe siècles présentent une

suite de tours très-élevées et de courtines relativement

basses; c'est qu'en effet, alors, les tours étaient des

postes, des fortins protégeant une enceinte, qui avaient

assez de relief pour garantir les grandes machines de jet,

mais qui n'étaient pas assez élevées pour que ces machines ne

pussent jeter des pierres sur les assaillants par-dessus les

crénelages. Lorsque Simon de Montfort assiége Toulouse, il

s'empare du château extérieur, qui passait, à tort ou à

raison, pour être un ouvrage romain, mais dont les murs

étaient fort élevés. Pressé par le temps, plutôt que de

déraser les murs entre les tours, pour permettre

l'établissement de grands engins, il fait faire des

terrassements à l'intérieur. Ainsi, le système défensif des

châteaux antérieurs à la seconde moitié du XIIIe siècle

consiste en des tours d'un commandement considérable, réunies

par des courtines peu élevées, libres à l'intérieur, afin de

permettre l'établissement de puissantes machines de jet

posées sur le sol. Ceci explique comment il se fait que, dans

la plupart de ces châteaux, on ne voit pas trace de bâtiments

d'habitation adossés à ces courtines. Au Château-Gaillard des

Andelys, il n'y a que deux logis adossés aux courtines, l'un

dans l'enceinte extérieure, l'autre dans l'enceinte

intérieure; mais ces logis sont élevés du côté de

l'escarpement à pic, qui ne pouvait permettre à l'assiégeant

de s'établir en face des remparts. Nous verrons bientôt

comment et pourquoi ce système fut complétement modifié au

XVe siècle.]

[Note 87: Les chemins de ronde supérieurs des donjons se

trouvaient munis d'armes de jet à demeure, outre les armes

transportables apportées par chaque soldat au moment de la

défense.]

[Note 88: En dehors de la porte du sud (porte principale)

donnant sur la Seine, une première défense, assez basse,

flanquée de tours, avait été bâtie à cinquante mètres environ

de l'entrée du Louvre; cette première défense était double

avec une porte à chaque bout. C'était comme un petit camp

entouré de murailles formant, en avant de la façade sud du

Louvre, ce qu'on appelait alors une lice. Ces ouvrages

avaient une grande importance, car ils laissaient à la

garnison d'un château, si elle parvenait à les conserver,

toute sa liberté d'action; elle facilitait les sorties et

remplissait l'office des barbacanes des grandes places fortes

(voy. ce mot). Comme le dit Guillaume de Lorris, ces ouvrages

bas, plantés en dehors des fossés, empêchaient la troupe

ennemie de venir d'emblée jusqu'au bord du fossé, sans

trouver de résistance. À une époque où les armes de jet

n'avaient pas une portée très-longue, il était fort important

d'entourer les châteaux d'ouvrages extérieurs

très-considérables; car, autrement, la nuit et par surprise,

une troupe aurait pu combler le fossé en peu d'instants et

écheller les murailles. Ce fait se présente fréquemment dans

l'histoire de nos guerres en France, lorsqu'il s'agit de

châteaux de peu de valeur ou qui n'avaient pas une garnison

assez nombreuse pour garnir les dehors.]

[Note 89: Du côté de Saint-Germain-l'Auxerrois.]

[Note 90: Ce passage est fort curieux; il nous donne une idée

de la disposition des postes dans les châteaux. Chaque porte

composait une défense qui pouvait s'isoler du reste de la

forteresse, véritable châtelet muni de ses tours, de ses

salles, cuisines, fours, puits, caves, moulins même; le

seigneur en confiait la garde à un capitaine ayant un certain

nombre d'hommes d'armes sous ses ordres. Il en était de même

pour la garde des tours de quelque importance. Ces postes,

habituellement, n'étaient pas relevés comme de nos jours; la

garnison d'un château n'était dès lors que la réunion de

plusieurs petites garnisons, comme l'ensemble des défenses

n'était qu'une réunion de petits forts pouvant au besoin se

défendre séparément. Les conséquences du morcellement féodal

se faisaient ainsi sentir jusque dans l'enceinte des

châteaux. De là ces fréquentes trahisons d'une part, ou ces

défenses désespérées de l'autre, de postes qui résistent

encore lorsque tous les autres ouvrages d'une forteresse sont

tombés. De là aussi l'importance des donjons qui peuvent

protéger le seigneur contre ces petites garnisons séparées

qui l'entourent. Nous trouvons encore, dans ce passage de la

description du Louvre, la confirmation de ce que nous disions

tout à l'heure au sujet de la disposition des courtines et

des tours. Les tours étant des ouvrages isolés reliés

seulement par des courtines basses qu'elles commandaient, les

rondes étaient difficiles, ou du moins ne pouvaient se faire

qu'à un étage; les communications entre ces postes séparés

étaient lentes; cela était une conséquence du système

défensif de cette époque, basé sur une défiance continuelle.

Ainsi, à une attaque générale, à un siége en règle, on

opposait 1º les courtines basses munies par-derrière d'engins

envoyant des projectiles par-dessus les remparts; 2º les

crénelages de ces courtines garnis d'archers et

d'arbalétriers; 3º les tours qui commandaient la campagne au

loin et les courtines si elles étaient prises par escalade.

Pour se garantir contre les surprises de nuit, pour empêcher

qu'une trahison partielle pût faire tomber l'ensemble des

défenses entre les mains de l'ennemi, on renfermait, chaque

soir, les postes dans leurs tours séparées, et on évitait

qu'ils pussent communiquer entre eux. Des guetteurs placés

aux créneaux supérieurs des tours par les postes qu'elles

abritaient, des sentinelles sur les chemins de ronde posées

par le connétable et qui ne dépendaient pas des postes

enfermés dans les tours, exerçaient une surveillance double,

contrôlée pour ainsi dire. Ce ne sont pas là des conjectures

basées sur un seul texte, celui d'un poëte; Sauval, qui a pu

consulter un grand nombre de pièces perdues aujourd'hui,

entre autres les registres des oeuvres royaux de la chambre

des comptes, et qui donne sur le Louvre des détails d'un

grand intérêt, dit (p. 14, liv, VII.): «Une bonne partie des

tours, chacune, avoit à part son capitaine ou concierge, plus

ou moins qualifié, selon que la tour étoit grosse, ou

détachée du Louvre. Le comte de Nevers fut nommé, en 1411,

concierge de celle de Windal, le 20 septembre. Sous Charles

VI, les capitaines de celles du Bois, de l'Écluse et de la

Grosse tour furent cassés plusieurs fois.» Le commandement

d'une tour n'était donc pas une fonction transitoire, mais un

poste fixe, une charge donnée par le seigneur.]

[Note 91: Du côté de la Seine.]

[Note 92: Du côté de la rue du Coq. Peur a la charge de grand

connestable; la porte qui lui est confiée restant toujours

fermée. Il semblerait que, du temps de Guillaume de Lorris,

la porte du nord demeurait le plus souvent fermée, à cause du

vent de bise. Cette porte n'était d'ailleurs qu'une poterne

percée à la base d'une grosse tour servant probablement de

logement à la connétablie du Louvre. La garde de cette

poterne étant facile, puisqu'elle était fort étroite et

habituellement fermée, pouvait être confiée au connétable,

dont les fonctions consistaient à surveiller tous les postes,

à donner les ordres généraux et à se faire remettre chaque

soir les clefs des différentes portes.]

[Note 93: Ceci est une épigramme à l'adresse des Normands.]

[Note 94: Du côté des Tuileries.]

[Note 95: Pour médire, répandre de mauvais bruits.]

[Note 96: Chaque chef de poste faisait donc le guet à tour de

rôle.]

[Note 97: La garnison du donjon, composée des plus fidèles,

et en grand nombre.]

[Note 98: Le _Roman du Renart_, vers 18463 et suiv.]

[Note 99: Renart fuit et se réfugie dans son château qu'il

fait réparer.]

[Note 100: Il était rare que l'on entrât à cheval dans le

château même, les écuries étant généralement bâties dans la

basse-cour comprise dans une première enceinte; on laissait

les montures devant le pont du château.]

[Note 101: Renart engage les ouvriers à terminer promptement

leur travail.]

[Note 102: Il fait faire un pont à bascule (voy. PONT).]

[Note 103: Il est encore question ici d'engins fixes dressés

sur les chemins de ronde des tours.]

[Note 104: Il fait élever une guette sur chaque tour pour

guetter les dehors.]

[Note 105: Il fait faire des hourds en dehors des murs (voy.

HOURD).]

[Note 106: Des ouvrages avancés en bois pour défendre les

dehors.]

[Note 107: En temps de guerre, on faisait faire, en dehors

des châteaux, de grandes barbacanes de bois, que l'on

garnissait de gens d'armes appelés par le seigneur. Celui-ci

n'aimait guère à introduire, dans l'enceinte même du château,

des soudoyers, les hommes qui lui devaient un service

temporaire, et de la fidélité desquels il ne pouvait être

parfaitement assuré.]

[Note 108: Ce dernier trait peint les moeurs du seigneur

féodal. Personne du dehors ne connaît ses desseins.]

[Note 109: _Extraits de Dolopathos_ d'Herbers, p. 282.]

[Note 110: Presque tous les châteaux n'ont qu'une entrée,

ainsi que nous l'avons dit plus haut à propos du Louvre. Dans

_Li Romans de Parise la Duchesse_, nous trouvons ces vers:

«An la porte devant a fet .i. pont lever.

. . .

N'i ot que .i. antrée, bien la firent garder.»

Et dans la seconde branche du roman d'Auberi le Bourguignon

(voy. la chanson de Roland, XIIe siècle, pub. par Francisque

Michel, 1837, p. XL):

«Fu li chastiax et la tors environ;

Bien fu assise par grant devision (réflexion, prévoyance)

De nulle part habiter (entrer) n'i puet-on

Fors d'_une part_, si comme nous cuidonz;

Là est l'antrée et par là i va-on.

Pont torneiz (à bascule) et barre à quareillon (à serrure)

Selve (forêt) i ot vielle dès le tans Salemon;

Bien fu garnie de riche venoison.

Las (proche) la rivière sont créu li frès jon

Et l'erbe drue que coillent li garson.

Li marois sont entor et environ

Et li fossé qui forment (entourent) sont parfont;

«Li mur de maubre, de chaus et de sablon,

Et les tornelles où mainnent li baron.

Et li vivier où furent li poisson.

Si fort chastel ne vît onques nus hom;

Là dedens ot sa sale et son donjon

Et sa chapelle por devant sa maison.

...]

[Note 111: La défense de la porte est toujours considérée

comme devant être très-forte.]

[Note 112: Les ponts-levis étaient assez rares au XIIIe

siècle; du moins ils ne tenaient pas encore aux ouvrages

mêmes des portes, mais ils étaient posés en avant, à l'entrée

ou au milieu des ponts, et se composaient d'un grand châssis

mobile posé sur deux piles ou deux poteaux, roulant sur un

axe et relevant un tablier au moyen de deux chaînes de

suspension (voy. ARCHITECTURE MILITAIRE, _PONT_).]

[Note 113: Une chaussée conduisait à l'entrée, qui était fort

étroite. Deux hommes n'y pouvaient passer de front.]

[Note 114: On faisait une distinction entre les _bailles_ et

les _lices_, les premières étaient, comme nous l'avons vu au

château d'Arques, une encloserie extérieure, une basse-cour,

comme encore au château de Coucy; les lices étaient les

espaces laissés entre deux enceintes à peu près parallèles,

entre les murs du château et les palissades extérieures.]

Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle - Tome 3 - (C suite) · 第 16 / 40 段